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Terrains

Les Rocheuses en golf : Banff, Jasper et Kananaskis

Deux Stanley Thompson ouverts au public, une saison courte et un voyage qui se planifie. Banff, Jasper, Kananaskis et Canmore, l'altitude, le dénivelé, et où retrouver ce golf-là au Québec.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 10 min
Complexe de golf adossé à la montagne
Photo John Nail / Pexels

En bref

  • Banff Springs et Jasper Park Lodge ouvrent vers le 10 mai : la valeur est en début de saison.
  • L'altitude ajoute cinq à dix pour cent de portée, le dénivelé fait le reste.
  • Canmore loge moins cher que le parc et met Banff à vingt minutes.
  • Une ronde par jour, et une journée tampon pour la météo de montagne.

Les parcours des Rocheuses sont la raison pour laquelle des Québécois prennent l’avion vers l’Alberta. Banff Springs et Jasper Park Lodge sont deux tracés de Stanley Thompson posés entre les sommets et les rivières, ouverts au public, et leur saison est assez courte pour que la planification compte.

Banff Springs, un Stanley Thompson de 1928

Stanley Thompson, l’architecte de référence au Canada, a dessiné les dix-huit trous d’origine de Banff Springs en 1928. Le parcours s’étend sous le mont Rundle avec la rivière Bow en jeu, et c’est l’une des parties les plus photographiées du pays.

L’ouverture est annoncée au 10 mai, avec des droits de jeu de début de saison à partir d’environ 191 $ CA. Le début de saison est la fenêtre de valeur, et les conditions de la fin mai sont souvent excellentes.

Jasper Park Lodge, trois heures au nord

Le parcours de Jasper Park Lodge, également signé Thompson, ouvre à la même date, avec des tarifs de début de saison à partir d’environ 190 $ CA et des tarifs de fin de journée à partir d’environ 152 $ CA. Jasper est plus tranquille que Banff, et la route entre les deux, la promenade des Glaciers, est l’une des grandes routes d’Amérique du Nord.

Kananaskis, la troisième option

Au sud-est de Banff, le parcours de Kananaskis Country offre du golf de montagne à un tarif inférieur à celui des deux hôtels Fairmont, ce qui en fait la troisième partie logique d’un voyage plutôt qu’un choix par défaut.

Comment se joue le golf de montagne

Deux ajustements. L’altitude d’abord : la balle vole plus loin dans l’air raréfié, de cinq à dix pour cent de portée en plus, et davantage sur les longs bâtons que sur les courts. Le dénivelé ensuite : un coup joué d’un tertre surélevé vole bien plus loin que ne l’indique la carte, et une approche en montée joue beaucoup plus long.

Jouez la première partie sans compter et notez les distances réelles. Sur ces parcours, cette seule décision vaut plusieurs coups le lendemain.

La faune n’est pas un décor

Les wapitis sur l’allée sont normaux à Banff et à Jasper, et ce sont de grosses bêtes qui ont leur opinion. Laissez-leur de l’espace, ne jouez pas à travers, et suivez les consignes du club. Les ours existent aussi. C’est un parc national avec un terrain de golf dedans, pas l’inverse.

Construire le voyage

Quatre jours minimum : Banff, la promenade des Glaciers, Jasper, et une troisième partie à Kananaskis ou une journée de repos. Une partie par jour, parce que ces parcours se marchent plus longtemps que leur longueur ne l’indique et que l’altitude se ressent.

Réservez hébergement et départs ensemble dans les établissements Fairmont, les clients de l’hôtel étant prioritaires, et vérifiez les dates d’ouverture avant d’acheter les billets d’avion : un printemps tardif retarde l’ouverture.

Y aller depuis le Québec

La porte d’entrée est Calgary, desservie sans escale depuis Montréal, et il faut ensuite une auto : Banff est à environ une heure et demie de route à l’ouest de l’aéroport, et Jasper à environ trois heures et demie au nord de Banff par la promenade des Glaciers. Aucun de ces trajets ne se fait en transport en commun avec un sac de bâtons.

Comptez le décalage de deux heures dans votre planification. Un départ à sept heures du matin le lendemain de l’arrivée se joue à neuf heures selon votre horloge intérieure, ce qui est une bonne nouvelle : les premiers départs, les moins chers et les plus tranquilles, sont faciles à prendre les deux premiers jours.

Pour le transport des bâtons, vérifiez la politique de votre transporteur au moment de réserver plutôt qu’à l’aéroport, et prévoyez une tige de renfort dans la housse. La location sur place existe dans les deux hôtels Fairmont et revient souvent moins cher que l’aller-retour du sac pour un séjour de trois rondes.

Canmore, la vallée d’à côté

À une vingtaine de minutes de Banff, Canmore ajoute deux tracés de montagne ouverts au public. Silvertip, dessiné par Les Furber, est le plus spectaculaire et le plus exigeant, avec environ 180 mètres de dénivelé sur le parcours. Stewart Creek, bâti sur d’anciennes installations minières face aux Trois Sœurs, est plus large et plus tolérant, avec de vraies zones d’arrivée. Le Canmore Golf and Curling Club, fondé en 1926, est la version municipale : moins de dénivelé, plus de jouabilité, et des tarifs sans commune mesure avec ceux des hôtels.

Canmore est aussi la base d’hébergement la moins chère de la région, hors du parc national et donc hors des tarifs de parc. Pour un voyage de quatre ou cinq rondes, y dormir et monter à Banff pour une seule journée est souvent le meilleur calcul.

Quand y aller

La saison suit la neige, et elle est courte. La fin de mai et le mois de juin offrent les tarifs de début de saison, des journées très longues et des conditions déjà bonnes, avec le risque d’un printemps tardif. Juillet et août sont les mois les plus chers et les plus achalandés, et ce sont aussi ceux où la fumée des feux de forêt peut brouiller la vue et, certaines années, fermer un parcours quelques jours.

Septembre est le compromis de connaisseur : moins de monde, air clair, mélèzes qui jaunissent, tarifs qui redescendent. La contrepartie est le froid du matin, avec des départs sous les cinq degrés et un dégel qui peut retarder la première heure.

La stratégie qui marche en montagne

Trois habitudes suffisent. La première : jouer une série de tertres plus courte que d’habitude. Ces tracés se marchent longtemps, le dénivelé fatigue, et l’orgueil coûte plus cher ici qu’ailleurs.

La deuxième : viser le centre du vert, systématiquement. Les drapeaux de montagne sont souvent posés sur des plateaux étroits avec de fortes pentes autour, et un manqué du mauvais côté ne se rattrape pas.

La troisième : recalculer chaque coup en montée ou en descente avant de choisir le bâton, plutôt qu’après. Sur un coup de départ en descente, la balle vole longtemps ; ajoutez-y l’altitude et vous atteignez des fosses de sable qui semblaient hors de portée sur la carte.

Un dernier détail, propre à ces parcours : les verts sont plus rapides qu’ils n’en ont l’air et les pentes trompent le regard, parce que la montagne fausse la lecture. Quand vous hésitez, la balle part vers la vallée.

Ce que le voyage coûte en temps

Le piège habituel est de compresser. Quatre jours suffisent pour Banff, Jasper et une troisième ronde, à condition d’accepter que la promenade des Glaciers occupe une demi-journée complète : trois heures et demie de route qu’il serait absurde de faire sans s’arrêter, puisque c’est l’une des plus belles routes du continent.

Une ronde par jour est la bonne cadence. Ces parcours se marchent longtemps, le dénivelé fatigue davantage qu’on ne le prévoit, et un décalage de deux heures ajoute sa part. Deux rondes dans la même journée, ici, se paient le lendemain.

Prévoyez enfin une journée tampon en fin de séjour. La météo de montagne annule des départs, la neige tombe en juin comme en septembre, et les clubs replacent volontiers une réservation quand il reste une journée dans le calendrier. Sans marge, une seule matinée de mauvais temps coûte le parcours pour lequel vous avez traversé le pays.

Ce que coûte une ronde là-bas, et comment le réduire

Les droits de jeu des deux parcours Fairmont figurent parmi les plus élevés du pays en haute saison, et c’est le poste sur lequel il reste pourtant de la marge. Trois leviers fonctionnent, et ils se cumulent.

Le premier est la date : les tarifs de début de saison, à l’ouverture de la deuxième semaine de mai, coûtent une fraction de ceux de juillet, sur des terrains déjà en très bon état à la fin du mois de mai. Le second est l’heure : les tarifs de fin de journée existent aux deux endroits, et en juin le soleil se couche assez tard en Alberta pour terminer dix-huit trous partis en milieu d’après-midi.

Le troisième est l’hébergement. Les clients des hôtels Fairmont sont prioritaires pour les départs et bénéficient de forfaits qui combinent la nuit et la ronde ; à l’inverse, dormir à Canmore, hors du parc national, coûte nettement moins cher et met Banff à vingt minutes. Le bon compromis, pour un voyage de quatre ou cinq rondes, consiste souvent à mélanger les deux : une nuit dans l’hôtel pour la priorité de départ, le reste dans la vallée.

Confirmez toujours le total au moment de réserver, taxes, frais de parc et voiturette compris. Les tarifs de montagne changent d’une semaine à l’autre selon la saison et la demande, et le montant affiché en janvier n’est pas celui de juillet.

Où retrouver ce golf-là au Québec

Le voyage dans les Rocheuses se fait une fois, deux si l’on est chanceux. Le golf de montagne, lui, existe à trois heures de Montréal, et il pose les mêmes questions à un joueur : dénivelé, lecture faussée par le relief, choix de bâton qui change à chaque trou.

Mont-Tremblant et les Laurentides sont l’équivalent québécois le plus proche, avec plusieurs tracés de montagne ouverts au public et une infrastructure d’hébergement construite autour. Bromont et les Cantons-de-l’Est offrent la même chose à une heure de Montréal, avec des forfaits qui combinent nuitée et rondes. Et Charlevoix ajoute ce que les Rocheuses n’ont pas, le fleuve en contrebas et un vent qui se lève l’après-midi.

Ce sont aussi les régions où s’entraîner avant le grand voyage. Une fin de semaine à Tremblant en juin, jouée en notant les distances réelles en montée et en descente, prépare mieux à Banff qu’une saison entière sur un terrain plat, et elle coûte une fraction du prix.

Le répertoire des clubs de Golf Québec recense ces terrains avec leurs conditions d’accès. Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, les stations ou les hôtels cités.

Avant de réserver

  • Confirmez les dates d’ouverture et les tarifs directement auprès de chaque parcours ; la saison de montagne suit la neige.
  • Demandez les tarifs de début de saison et de fin de journée, où se trouve la valeur.
  • Vérifiez la politique de voiturette : certains tracés de montagne imposent de longs déplacements entre les trous.

Les tarifs cités sont ceux publiés pour le début de saison au moment d’écrire ces lignes. Faites confirmer le total au moment de réserver.

Où ça se joue vraiment

Trois parcours de notre annuaire qui valent le détour.

  • Club de golf Revermont : Neuf trous en 1968, dix-huit dix-huit ans plus tard sur un dessin de Marcel Notz : une normale 72 plate le long de la rivière Matapédia, et trente-sept fosses de sable.
  • Golf Saint-Prime sur le lac : Le seul parcours en bordure du lac Saint-Jean, fondé en 1973 et sauvé par une refonte en 2015 : normale 72, environ 6 420 verges, et le vent de l’après-midi.
  • Club de golf Edelweiss : Ouvert en 1985 dans les collines de la Gatineau, à vingt-cinq minutes d’Ottawa : du dénivelé sur presque chaque coup, des vues qu’on retient, un entretien discuté.

Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.

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