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Technique

Putting sur greens rapides : les exercices qui marchent

Sur un green rapide, le geste ne change pas : c'est le dosage et la lecture de pente qui changent. Trois exercices avant le départ suffisent à recalibrer une journée.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 6 min
Un joueur exécute un coup roulé sur un green rapide, bunkers en arrière-plan.
Sur un green rapide, c'est la longueur du mouvement qui change, pas le geste. — Photo Madison Wooley / Pexels

En bref

  • Le dosage se règle par la longueur du mouvement, pas par la force.
  • Lire la pente générale avant la cassure visible.
  • Le premier putt long décide de la journée.
  • Sur un green rapide, les putts courts prennent plus de cassure.

Sur un green rapide, le geste ne change pas : c’est la longueur du mouvement et la lecture de la pente qui changent. Les joueurs qui souffrent en passant de greens lents à des greens roulants ne putte pas moins bien, ils putte avec le même dosage. Voici les exercices qui règlent le problème en trois séances.

Comprendre ce que « rapide » veut dire

La vitesse d’un green se mesure au stimpmètre, un rail incliné qui libère la balle toujours de la même façon. La distance parcourue, exprimée en pieds, donne la valeur : autour de 8 pour un green de club bien entretenu, 10 à 11 pour un green rapide, 12 et plus pour une préparation de compétition professionnelle.

Entre un green à 8 et un green à 11, la même amplitude de mouvement envoie la balle environ 40 % plus loin. Et surtout, la pente compte davantage : plus la balle roule lentement en fin de course, plus elle suit la pente, donc plus la courbe est large.

Le réglage du dosage

Le meilleur outil est un exercice d’échelle. Posez trois tees à trois, six et neuf mètres du trou. Puttez trois balles vers chacun, sans viser le trou : l’objectif est de faire arriver la balle à trente centimètres derrière. Répétez jusqu’à ce que les trois distances sortent d’affilée.

Ce que cet exercice installe, c’est un mouvement de longueur variable avec un rythme constant. Le défaut le plus fréquent sur greens rapides est l’inverse : même longueur de mouvement, décélération à l’impact pour ne pas envoyer trop loin. La balle part alors à gauche ou à droite, jamais où elle est visée.

La lecture de la pente

Sur greens rapides, prenez plus de pente que vous ne le croyez, et visez un point d’entrée plutôt qu’une ligne. Choisissez sur le bord du trou l’endroit exact par lequel la balle doit entrer, puis remontez la courbe depuis ce point jusqu’à votre balle.

Un repère simple : sur un putt de quatre mètres avec une pente légère, un green lent demande une balle de large, un green rapide en demande deux à trois. Vous ne raterez presque jamais un putt parce que vous avez pris trop de pente ; vous en raterez beaucoup parce que vous n’en avez pas assez pris.

Les trois exercices à faire avant chaque tour

  • La porte. Deux tees espacés de deux centimètres de plus que la tête du putter, à trente centimètres devant la balle. Dix balles qui passent la porte sans la toucher : le départ de balle est propre.
  • Le cercle d’un mètre. Six balles autour du trou à un mètre. Il faut les rentrer toutes d’affilée, sinon on recommence. C’est l’exercice qui fait le plus baisser un score.
  • Le long putt en aveugle. Trois balles à quinze mètres, en fermant les yeux au moment de l’impact, puis en devinant où la balle s’est arrêtée. Le retour au ressenti de distance est immédiat.

Le matériel a moins d’importance qu’on ne le dit

Un putter plus lourd aide certains joueurs sur greens rapides parce qu’il stabilise un petit mouvement, mais l’effet est marginal comparé au dosage. Avant de changer de putter, vérifiez deux choses gratuites : la longueur (vos yeux doivent être au-dessus de la balle ou légèrement à l’intérieur) et le loft, qui doit être conservé à l’impact plutôt qu’annulé par un mouvement descendant.

Le jour d’une compétition sur greens rapides, arrivez trente minutes plus tôt et consacrez ce temps uniquement à l’exercice d’échelle. La lecture s’ajuste vite, le dosage non.

Le premier putt long décide de la journée

Sur un green rapide, la faute qui coûte le plus n’est pas de manquer la ligne, c’est de découvrir la vitesse au troisième trou.

Dix minutes sur le putting green avant la partie, entièrement consacrées aux putts de plus de dix mètres, suppriment cette découverte. Vous ne cherchez à rentrer aucune balle : vous calibrez la longueur de mouvement qui correspond à la vitesse du jour, seule variable qui compte sur un long putt.

L’exercice de l’échelle est le plus efficace : des balles à six, neuf et douze mètres du même trou, jouées dans l’ordre puis en sens inverse. Gardez un tempo identique et ne changez que l’amplitude, comme un balancier, parce qu’un dosage contrôlé par la vitesse des mains s’effondre dès que le putt compte.

Sur des greens vraiment rapides, ajoutez un repère mental : viser un point trente centimètres avant le trou sur les putts en descente. La balle qui meurt à l’entrée du trou rentre ; celle qui arrive avec un peu de vitesse en ressort.

Ce que la vitesse change aux putts courts

La conséquence la moins évidente d’un green rapide se joue à un mètre.

Sur une surface lente, on peut frapper un putt d’un mètre franchement et ignorer la pente. Sur une surface rapide, le même putt prend une casse visible, et la frapper fort la fait tourner autour du trou plutôt que d’y entrer.

La bonne réponse est de lire même les putts courts, ce que la plupart des joueurs ne font pas, et de viser un bord plutôt que le centre dès qu’une pente est perceptible. Trente secondes de plus par green, et le taux de réussite à moins d’un mètre cinquante change nettement.

Sur les putts en descente très rapides, une astuce ancienne et efficace : frappez la balle avec la pointe du putter plutôt qu’avec le centre. La balle part moins vite pour la même amplitude, ce qui permet de faire un vrai geste au lieu de tapoter.

Une dernière chose, gratuite

Sur un parcours que vous ne connaissez pas, demandez à l’accueil à quelle vitesse tournent les greens ce jour-là, et si un carottage a eu lieu récemment. La réponse prend dix secondes et vous évite de découvrir la surface au troisième trou.

Les équipes de terrain savent exactement où en sont leurs greens et sont en général contentes qu’on le leur demande, ce qui n’arrive presque jamais.

Le repère à garder

Sur une surface rapide, visez une balle qui finirait trente centimètres après le trou si elle manquait. Cette vitesse tient encore sa ligne, laisse une chance à la balle de tomber, et ne laisse pas un retour d’un mètre vingt en descente, qui est la vraie punition d’un green rapide.

Où travailler, et où choisir son putter

Le putting est la seule partie du jeu qu’on peut travailler sérieusement sans réserver un départ.

  • Le putting green de votre club reste le meilleur terrain : c’est le seul endroit où la vitesse est celle que vous jouerez le jour de la compétition. Demandez au greenkeeper la vitesse au stimpmètre du jour, la plupart la connaissent.
  • Pour choisir un putter : Golf Plus (35 magasins, essai avant achat et fitting sur rendez-vous) et Eurogolf (33 magasins, espaces de fitting équipés en radar et simulateur, atelier dans chaque magasin) permettent de comparer plusieurs modèles sur un vrai tapis roulant.
  • Pour s’entraîner chez soi : un tapis et un putter d’entrée de gamme chez Decathlon font le travail sur le dosage, à défaut de reproduire la pente.

Avant d’acheter, faites recouper la longueur et changer le grip de votre putter actuel en atelier : c’est dix fois moins cher qu’un modèle neuf, et cela règle une bonne partie des mauvais dosages. Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec ces enseignes.

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