Golf des jeunes en Romandie : l’ordre qui les garde sur le parcours
Trois causes d'abandon : des clubs d'adulte raccourcis, dix-huit trous trop tôt, et un parent qui commente chaque coup. La mesure du succès est de savoir si l'enfant redemande.
En bref
- Un club d'adulte raccourci reste trop lourd et trop rigide : série junior d'occasion.
- Commencer par le putting green, où la balle rentre vraiment dans le trou.
- L'école de golf du club fait plus pour l'assiduité que la qualité du cours.
- Ne pas compter les points tant que l'enfant ne le demande pas.
- Licence Swiss Golf 2026 : 22 CHF avant 13 ans, 25 CHF de 13 à 18 ans, 38 CHF de 19 à 25 ans.
Un enfant qui commence le golf abandonne rarement à cause du golf : il abandonne parce qu’on lui a fait porter un sac trop lourd, jouer dix-huit trous trop tôt, ou parce qu’un parent lui a donné trois conseils par coup. Voici l’ordre qui fonctionne, et ce que coûte chaque étape.
La mesure du succès, au début, n’est ni un swing ni un score. C’est de savoir si l’enfant redemande. Tout ce qui suit est organisé pour produire cette demande.
Du matériel à sa taille, et d’occasion
Un club d’adulte raccourci ne devient pas un club d’enfant. La tête pèse toujours autant, le manche reste bien trop rigide pour la vitesse d’un enfant, et l’équilibre est catastrophique.
Un enfant ne peut pas swinguer ce club sans compenser, en général en le levant avec les bras et en le lâchant depuis le haut, et ces compensations survivent des années au club qui les a créées.
Achetez une série junior à la taille de l’enfant, en occasion, et changez-la quand il grandit. Une croissance de dix centimètres impose une nouvelle série : c’est le rythme normal, et c’est pourquoi le marché de l’occasion junior est bien fourni. Rien d’autre dans le golf des jeunes ne donne un meilleur retour.
Trois clubs suffisent longtemps : un bois, un fer moyen, un putter. Le sac léger, porté par l’enfant lui-même, ce qui compte plus qu’on ne croit dans le sentiment d’être un joueur.
Commencer par le putting green
Le putting est le seul coup où un enfant de sept ans fait immédiatement aussi bien qu’un adulte. C’est aussi le seul terrain où l’on peut jouer une heure sans fatigue ni frustration, et où la balle rentre dans le trou, ce qui est le jeu tout entier à cet âge.
Les premières séances se passent là, puis sur les approches. Le driver vient beaucoup plus tard, et personne ne le regrette.
Les parcours compacts et les pitch and putt sont l’étape suivante et la structure la plus utile du golf des jeunes : chaque trou commence à portée du green, donc l’enfant a une chance réelle sur tous les trous plutôt que sur aucun.
Passer par l’école de golf
Les clubs suisses affiliés à la Swiss Golf proposent des écoles de golf le mercredi et le samedi, encadrées par un professionnel diplômé. C’est le dispositif le plus solide d’Europe pour la formation des jeunes, et il existe dans la quasi-totalité des clubs, y compris les petites structures.
Le groupe fait plus pour l’assiduité que la qualité de l’enseignement, si bon soit-il : un enfant revient pour ses camarades. Une bonne école de golf est bruyante, comprend des jeux, et enseigne l’étiquette en même temps que la technique.
Renseignez-vous auprès des clubs proches de chez vous sur les tarifs à l’année et sur les cartes jeunes, qui varient beaucoup d’un club à l’autre et sont souvent subventionnés par le comité ou la ligue. Beaucoup de clubs proposent aussi une formule d’essai sur un trimestre, ce qui est la bonne façon de commencer.
Ce que le parent ne doit pas faire
La cause numéro un d’abandon chez les enfants est un parent qui commente chaque coup.
- Ne pas enseigner. Le rôle du parent est de conduire, de payer et de se taire sur le swing. L’enseignement appartient au professionnel, et les conseils du bord du fairway contredisent en général ce que l’enfant vient d’apprendre.
- Ne pas compter les points avant que l’enfant le demande. Le système de score du golf est décourageant par construction pour un débutant, et l’introduire tôt apprend à un enfant qu’il est mauvais.
- Ne pas jouer dix-huit trous. Trois ou six trous en fin de journée, et on s’arrête pendant que c’est encore amusant. Un enfant qui joue trois trous et en réclame un quatrième a passé un après-midi parfait.
- Ne rien dire après un mauvais coup. Il l’a vu. Un « ça, c’était bien frappé » après un bon contact vaut dix corrections.
Le format qui accroche
Départs avancés, drapeaux atteignables, parties de neuf trous en scramble avec un adulte. Le golf devient un jeu où l’on marque, et non un exercice où l’on rate.
Beaucoup de clubs suisses installent des parcours courts, des pitch and putt ou des zones dédiées aux jeunes : cherchez-les, ce sont eux qui fabriquent les joueurs. Laissez aussi l’enfant tenir le drapeau, ratisser le bunker, réparer un pitch : tout ce qui n’est pas un coup compte beaucoup dans le sentiment d’appartenir.
Le rythme
Une séance par semaine suffit jusqu’à dix ans. Un enfant qui en réclame deux les réclamera de lui-même ; un enfant à qui on en impose trois arrête à treize ans.
La progression au golf se compte en années, et la seule variable qui compte vraiment est le nombre d’années jouées. Le taux d’abandon chez les enfants poussés tôt vers la compétition est connu de tous les professionnels de club, et un enfant qui aime encore le golf à dix-huit ans a mieux réussi qu’un enfant classé à treize et arrêté à quinze.
Le licencier ou non
Pour jouer des compétitions et faire tenir un index, il faut une carte Swiss Golf, obtenue soit par l’adhésion à un club, soit par l’ASGI ou la GolfCard Migros. Les deux organisations couvrent aussi l’assurance en responsabilité civile sportive.
Les tarifs sont échelonnés par âge et fortement réduits pour les enfants et les adolescents, parfois nuls quand un parent est lui-même membre. Les montants exacts et les conditions figurent sur les sites des deux organisations et changent d’une année civile à l’autre ; demandez-les par écrit avant de vous décider.
Ces montants couvrent la carte de membre simple, sans option ; le club peut y ajouter sa propre cotisation, et c’est là que se trouve la vraie variation d’un club à l’autre.
Un index n’est utile qu’à partir du moment où l’enfant veut jouer des compétitions. Avant cela, il n’apporte rien et il ajoute une note à quelque chose qui doit rester un jeu.
Où commencer en Suisse
L’école de golf de votre club le plus proche est le premier appel à passer, quelle que soit la taille de la structure. Les clubs publics et les golfs commerciaux sont souvent les moins chers et les moins impressionnants, et la plupart ont un compact ou un pitch and putt.
La Swiss Golf recense les clubs et leurs écoles de golf dans son annuaire, et les associations régionales organisent les circuits jeunes par catégorie d’âge, avec des droits d’engagement modestes. Les comités départementaux subventionnent fréquemment les carte de membres et les stages, ce qui est rarement affiché et toujours accordé quand on le demande.
Pour le matériel, les séries junior d’occasion se trouvent chez Golfers Paradise et golfshop.ch, qui ont tous deux un rayon d’occasion, ainsi que sur les bourses aux clubs organisées par les clubs eux-mêmes au printemps. Ochsner Sport propose des séries junior neuves à l’entrée de gamme sous la marque d’entrée de gamme, ce qui reste une option raisonnable pour une première année si l’occasion ne se présente pas.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes ou organismes cités et ne touche aucune commission.
Le premier mois, concrètement
- Semaine 1 : putting green uniquement, trente minutes, aucun swing complet.
- Semaine 2 : ajouter les approches, et une heure d’école de golf.
- Semaine 3 : practice, demi-swings au fer 7, vingt balles au maximum.
- Semaine 4 : trois trous sur un compact, sans compter les points.
Recommencez jusqu’à ce qu’il en redemande. Cette demande est le seul signe qui compte.



