Les plus beaux parcours de Suisse, de Samedan à Bad Ragaz
Six parcours pour six façons de jouer en Suisse : l'altitude, le relief, la précision et l'accessibilité. Ce n'est pas un classement.
En bref
- Engadin Samedan, fondé en 1893, est le plus ancien club du pays.
- Crans-sur-Sierre accueille l'Omega European Masters en septembre.
- Bad Ragaz est le seul resort suisse avec deux parcours en propre.
- Les Golfparcs sont le contre-modèle : pas d'index, pas d'adhésion.
- Les parcours d'altitude ouvrent en mai et ferment en octobre.
La Suisse compte 98 clubs affiliés à Swiss Golf et 1’530 trous aux normes USGA, sur un territoire qu’on traverse en quatre heures. Pour ramener ce choix à un week-end, il ne faut pas un classement mais un ordre. Ces six parcours représentent six façons différentes de jouer en Suisse.
Engadin Samedan, l’origine, à 1’700 mètres
L’Engadine Golf Club, fondé en 1893, est le plus ancien club de Suisse. Il se trouve à 1’700 mètres et exploite aujourd’hui deux parcours de dix-huit trous en par 72 : Samedan au fond de la vallée et Zuoz-Madulain plus haut. Plus de 1’350 membres en font l’un des plus grands clubs du pays.
Samedan est plat, traversé de ruisseaux et de petits lacs, et se joue tout autrement que son altitude ne le laisse supposer. Qui a vu l’endroit comprend pourquoi l’histoire du golf suisse commence là et non au bord d’un lac.
Crans-sur-Sierre, celui que le monde connaît
Sur le plateau de Crans-Montana, à environ 1’500 mètres, se déploient le parcours Severiano Ballesteros en dix-huit trous, le Jack Nicklaus en neuf trous et le Noas, neuf trous plus bas dans la station, ouvert presque toute l’année. Le Ballesteros accueille l’Omega European Masters en septembre, et c’est précisément ce qui le rend intéressant pour un amateur : vous jouez un parcours vu à la télévision deux semaines plus tôt.
La vue porte sur la vallée du Rhône jusqu’au Cervin et au Mont-Blanc. Prévoyez de jouer plus lentement que vous ne l’aviez planifié.
Bad Ragaz, le seul resort à deux parcours
Le Grand Resort Bad Ragaz est le seul resort suisse à posséder ses deux parcours, un championship de dix-huit trous et un executive de neuf trous. S’y ajoutent la source thermale du domaine et une cuisine qui répartit six étoiles Michelin et 75 points GaultMillau sur sept restaurants.
Le parcours executive est la moitié sous-estimée : neuf trous qu’on ajoute en fin d’après-midi après le grand parcours, sans faire exploser la journée.
Andermatt, le plus jeune des grands
Le championship de dix-huit trous d’Andermatt, dessiné par Kurt Rossknecht, a été désigné cinq fois meilleur parcours de Suisse. Il est ouvert de mai à octobre, ce qui, pour un parcours alpin, constitue une longue saison.
C’est le parcours de ceux qui aiment l’architecture moderne : fairways larges, bunkers nettement dessinés, et un tracé qui punit les fautes sans humilier.
Gstaad-Saanenland, dix-huit trous dans une réserve
Dix-huit trous en par 70 à 1’400 mètres, dans un bas-marais d’importance nationale. Cela explique le caractère du parcours : pas de grands terrassements, pas de lacs artificiels, mais des trous qui suivent le terrain.
Un par 70 à cette altitude signifie une carte courte mais peu de marge d’erreur. Jouer son index ici, c’est avoir bien joué.
Les Golfparcs, le contre-modèle
Les six Golfparcs Migros, dont Signal de Bougy sur La Côte, seule installation romande du réseau, sont l’inverse des grands noms : dix-huit trous, neuf trous et parcours courts pour débutants, sans affiliation, avec réservation en ligne.
Pour un tour de week-end décidé la veille, c’est la partie la plus fiable de l’offre suisse, et pour les vingt premiers tours d’un débutant, la plus raisonnable.
Ce qui distingue ces six adresses golfiquement
La sélection n’est pas un classement mais un ensemble de six problèmes différents. Qui sait lequel correspond à son jeu en tire davantage que celui qui les coche l’un après l’autre.
L’altitude est le problème de Samedan, de Crans et de Gstaad : entre 1’400 et 1’700 mètres, la balle porte environ dix pour cent plus loin, l’effet est maximal au driver et quasi nul au wedge. Qui retire un club partout se retrouve derrière le green avec un pitching wedge.
Le relief est le problème de Gstaad et d’Andermatt : des trous qui suivent le terrain, avec des dénivelés absents de la carte de parcours. Un club de plus en montée, un de moins en descente, et un télémètre à correction de pente vaut ici mieux que toute règle de calcul.
La précision est le problème de Bad Ragaz et des clubs du Plateau, où les arbres, l’eau et des couloirs étroits font du driver une décision plutôt qu’une évidence.
Et l’accessibilité est la qualité des Golfparcs : pas d’index minimal, pas d’adhésion, réservation en ligne. Pour les vingt premiers tours, c’est la seule catégorie qui compte.
La saison, parcours par parcours
La différence pratique la plus importante entre ces adresses n’est pas le prix mais la fenêtre pendant laquelle on peut jouer. Les parcours d’altitude à 1’400 mètres et au-dessus ouvrent selon l’enneigement en mai et ferment en octobre ; l’Engadine n’a certaines années qu’une saison de juin à septembre.
Bad Ragaz, dans la vallée du Rhin saint-galloise, et les Golfparcs du Plateau se jouent en revanche de mars à novembre, parfois sur greens d’hiver aux extrémités. Et le parcours Noas de neuf trous à Crans-Montana est ouvert presque toute l’année, ce qui en fait l’exception parmi les installations de montagne.
Vérifiez l’ouverture par téléphone plutôt que de vous fier au calendrier. En montagne, c’est la neige qui fixe le début de saison, et la date se déplace de plusieurs semaines d’une année à l’autre.
Ce qu’un visiteur doit demander
Quatre questions, un appel, et elles décident de la journée. Les visiteurs sont-ils admis le jour souhaité, ou le samedi matin appartient-il aux membres ? Quel index est demandé ? Une compétition interne bloque-t-elle le parcours plusieurs heures ? Et à quand remonte le dernier carottage ?
La dernière question est celle qu’on oublie le plus et la plus agaçante : après aération et sablage, les greens restent irréguliers deux à trois semaines. Les green fees sont souvent réduits pendant cette période, ce qui plaide pour une sortie improvisée et contre le tour de l’année qu’on attend depuis février.
Demandez dans le même appel les longueurs des marques de départ. Un parcours de championnat depuis l’arrière est une épreuve d’endurance pour la majorité des amateurs ; la même installation depuis les marques avancées est une très bonne journée, et l’index recalcule correctement chaque couleur.
Comment en faire un week-end
Deux parcours par week-end, pas trois. Les temps de trajet alpins sont plus longs que la carte ne le suggère, et un parcours à 1’700 mètres coûte physiquement davantage qu’un parcours de plaine.
Les paires évidentes : Samedan et Zuoz-Madulain en Engadine, du même club ; Crans et Verbier en Valais ; Bad Ragaz et Andermatt par l’Oberalp. Réservez les départs avant l’hôtel, jamais l’inverse.
Les parcours qui manquent à ce genre de liste
Six noms sont une sélection, pas une carte du pays. Ce qui passe régulièrement à la trappe, ce sont trois catégories plus importantes au quotidien que n’importe quel parcours de championnat.
Les clubs du Plateau et de l’arc lémanique sont entretenus, faciles d’accès et ouverts aux visiteurs en semaine presque partout. Ils n’ont pas de vue sur les quatre mille et ils ont la saison la plus longue du pays, ce qui est la propriété la plus utile pour une partie d’après-travail.
Les parcours de neuf trous sont la partie la plus sous-utilisée de l’offre suisse : deux heures, environ la moitié du green fee, et exactement aussi valables pour l’index qu’un tour complet. Pour quelqu’un qui travaille et a des enfants, c’est la différence entre jouer chaque semaine et jouer chaque mois.
Et les parcours compacts, où chaque green est atteignable. Environ deux tiers des coups d’un amateur se jouent à moins de cent mètres, et un par 3 est une heure de cela et de rien d’autre. C’est l’entraînement le plus efficace du golf, déguisé en partie.
L’accès, adresse par adresse
Ces six adresses diffèrent davantage par l’accès que par le prix. Les Golfparcs vendent des green fees à tout le monde et se réservent en ligne ; Bad Ragaz et Andermatt accueillent le visiteur à des conditions publiées ; les clubs classiques demandent souvent un index attesté et réservent les matinées de week-end aux membres.
Pour tous, la première démarche est la même : un appel au secrétariat, avec votre index, le jour souhaité et la question du tarif de fin de journée. Mentionnez votre club ou votre carte : les accords entre clubs et les réductions pour détenteurs de carte ne sont pratiquement jamais proposés spontanément.
Qui joue sans club a besoin de la Swiss Golf Card, obtenue par l’ASGI ou la Migros GolfCard. C’est la carte d’entrée sur la plupart des installations, et un justificatif qu’on ne peut pas montrer n’en est pas un.
Où réserver
- Engadine Golf Club, pour Samedan et Zuoz-Madulain.
- Golf Club Crans-sur-Sierre, avec les tarifs de la saison en cours.
- Golf Club Bad Ragaz et le Grand Resort pour la formule avec hôtel et thermes.
- Andermatt Swiss Alps, saison de mai à octobre.
- Golfclub Gstaad-Saanenland.
- Migros Golf pour les six Golfparcs.
- La liste complète des 98 clubs chez Swiss Golf, et la fiche de chaque parcours sur golf.ch.
Et si vous ne jouez qu’une seule de ces adresses dans votre vie : prenez celle dont le problème correspond à votre jeu, pas celle dont le nom est le plus connu. Un parcours où l’on a passé une bonne journée reste plus longtemps en mémoire qu’un parcours vu à la télévision sur lequel on a perdu douze balles.
Les green fees changent selon la saison, le jour et la carte : l’écart entre un Golfparc de plaine et un parcours alpin en haute saison se compte en centaines de francs. Faites-vous confirmer le montant au moment de réserver, et annoncez votre carte ou votre club à ce moment-là.
Où ça se joue vraiment
Trois parcours de notre annuaire qui valent le détour.
- Golf & Country Club de Neuchâtel : Un parcours de coteau de 1975 au-dessus du lac de Neuchâtel : arbres clairsemés, greens rapides et difficiles à lire, et un dénivelé que la carte ne dit pas.
- Golf Club Vuissens : Jeremy Pern dans un vallon de la Broye au pied d’un château du treizième siècle : dans les cinq meilleurs de Suisse depuis son ouverture, et à l’écart de tout.
- Golf Club de Lausanne : Jeremy Pern a reconstruit les dix-huit greens en 1996 sur les hauteurs de Lausanne : un rajeunissement salué, des surfaces surélevées, et une saison raccourcie par l’altitude.
Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.



