Wedges entre 40 et 100 mètres : bâtir son tableau de neuf distances
Avec un handicap index moyen proche de 28 en Suisse, les coups perdus se concentrent entre 40 et 100 mètres. Un tableau de neuf portées, relevé une fois et adapté à l'altitude, remplace le dosage à l'instinct.
En bref
- Trois wedges joués à trois amplitudes donnent neuf portées qui couvrent 40 à 100 mètres.
- Relevez la portée avec vos balles de jeu, pas la distance totale avec des balles de practice.
- En montagne, la balle vole environ 1,2 % plus loin tous les 300 mètres : tenez une colonne altitude.
- Gardez le même tempo et laissez l'amplitude du backswing fixer la distance.
- Au Domaine du Brésil, droit de tapis CHF 10 ; au Signal de Bougy, leçon avec Trackman.
Selon Swiss Golf, le handicap index moyen en Suisse tourne autour de 28. À ce niveau, le score ne se perd pas surtout au départ : il se perd entre 40 et 100 mètres du drapeau, là où un coup de wedge devrait laisser un putt raisonnable et laisse trop souvent un chip depuis l’autre côté du green.
La raison est presque toujours la même. Le joueur connaît la distance de son sand wedge joué plein, et rien d’autre. Dès que le drapeau est à 55 ou 70 mètres, il improvise en ralentissant les mains. Cet article propose une méthode simple pour remplacer l’improvisation par un tableau de neuf distances, et indique où le construire en Suisse romande sans y laisser un budget de matériel.
Un tableau à neuf cases plutôt qu’un swing à doser
Le principe tient sur une carte de visite. Trois wedges, par exemple pitching, gap et sand. Trois amplitudes de backswing pour chacun. Chaque combinaison produit une portée, et les neuf portées ensemble couvrent l’essentiel de l’espace entre 40 et 100 mètres.
Pour nommer les amplitudes, l’image du cadran d’horloge est la plus répandue : le bras gauche (pour un droitier) pointe vers neuf heures quand il est parallèle au sol, vers dix heures et demie à mi-chemin du sommet, puis vient le swing complet. On peut aussi parler de hanche, d’épaule et de swing plein. Le vocabulaire importe peu tant qu’il reste le même d’une séance à l’autre.
Il ne s’agit pas d’apprendre trois gestes. Ce sont vos swings actuels, simplement arrêtés à trois hauteurs. Ce qui manque, c’est la mesure de ce qu’ils produisent.
Relever les chiffres : méthode et pièges
La mesure demande une séance d’une heure environ. Frappez une dizaine de balles par case, oubliez la meilleure et la pire, et notez la valeur autour de laquelle les autres se regroupent. Ce chiffre-là, même décevant, est celui qui servira sur le parcours.
Trois règles évitent un tableau faux :
- Notez la portée, pas la distance totale. Le roulement dépend de la fermeté du green, qui n’est pas la même en avril qu’en août. Le choix du coup porte sur l’endroit où la balle se pose.
- Méfiez-vous des balles de practice. Elles sont conçues pour durer, volent en général moins loin que vos balles de jeu et varient d’une balle à l’autre. Si vous n’avez qu’elles, considérez le tableau comme provisoire et corrigez-le après quelques parties.
- Mesurez au bon endroit. Un télémètre pointé sur une cible balisée ou un radar donne la portée ; les panneaux de distance d’un practice, eux, sont approximatifs.
Une fois les neuf chiffres obtenus, rendez-les lisibles au-dessus de la balle : étiquette sur le manche, verso du carnet de parcours ou note sur le téléphone. Un tableau rangé dans le sac ne sert à personne.
Plaine, Plateau, montagne : un tableau qui voyage mal
Le golfeur romand a une contrainte que peu de joueurs connaissent : ses parcours s’étagent sur plus d’un millier de mètres de dénivelé, du bord du Léman jusqu’aux stations valaisannes. Une étude de Titleist citée par GOLF.com estime que la balle vole environ 1,2 % plus loin tous les 1’000 pieds, soit à peu près tous les 305 mètres d’altitude.
Sur un wedge, l’écart paraît minime, mais il compte à l’arrivée. Un tableau construit près du lac, vers 400 mètres, donnera des balles un peu longues à Crans-sur-Sierre, à 1’500 mètres : environ 4 % de portée en plus sur 1’100 mètres de différence, soit à peu près trois mètres sur un coup de 80 mètres. C’est la différence entre un birdie à deux mètres et une balle au fond du green. Le plus simple consiste à tenir deux colonnes, plaine et altitude, et à vérifier la seconde lors de la première partie en montagne.
La longueur décide, le tempo reste
La faute qui ruine le plus de tableaux consiste à garder le même backswing et à doser la distance avec la vitesse des mains. Au practice, cela fonctionne. En compétition, le jour où le coup compte, la vitesse devient un réglage à juger, et le jugement est la première chose que le stress dérègle.
L’amplitude, elle, est une position que le corps retrouve. Gardez un tempo identique sur les trois longueurs, comme un balancier qui bat au même rythme quelle que soit l’amplitude. Certains joueurs comptent « un-deux » à voix basse : le même compte pour un neuf heures et pour un swing plein, le club parcourant simplement un chemin plus long.
Contact : balle au centre, point bas devant
Pour un wedge partiel, placez la balle au centre du stance ou très légèrement en arrière, avec un peu plus de poids sur le pied avant, et laissez-le là jusqu’à la fin du geste. Le club doit toucher le sol juste après la balle.
Le réflexe qui consiste à vouloir soulever la balle déplace le point bas derrière elle. Il en résulte le couple bien connu de la motte et de la balle lamée, qui abîme tout le petit jeu. Exercice de contrôle : un tee planté quelques centimètres devant la balle, que le club doit effleurer après l’impact.
Pensez aussi au bounce, la semelle arrondie du wedge. Elle glisse sur le sol au lieu d’y entrer, à condition que le manche ne soit pas trop incliné vers la cible à l’impact. Sur les fairways détrempés d’un printemps romand, un manche un peu plus vertical laisse la semelle faire son travail et transforme une frappe légèrement grasse en coup jouable.
Quand le tableau ne suffit pas
Le chiffre du tableau vaut pour un lie propre, sans vent, sur terrain plat. Trois situations demandent un ajustement :
- Le rough. Quand l’herbe s’interpose entre la face et la balle, celle-ci sort avec moins d’effet rétro et roule davantage. Visez court du drapeau.
- Le vent. Un wedge reste longtemps en l’air pour sa distance, donc le vent le déplace beaucoup. Contre le vent, choisissez l’amplitude supérieure plutôt que d’accélérer, car l’accélération ajoute de l’effet et fait monter la balle.
- La pente. En descente, la balle part plus basse et va plus loin ; en montée, plus haute et plus courte. Changez de wedge plutôt que de swing.
S’entraîner aux distances qui dérangent
Tout le monde sait jouer un wedge plein. Un coup de 57 mètres, en revanche, ne ressemble à rien de connu, alors que c’est exactement le genre de distance qu’un parcours propose. Consacrez une partie de chaque séance à ces valeurs intermédiaires.
Un format efficace : trois cibles à des distances inhabituelles, deux balles par cible, et jamais deux coups de suite sur la même. Varier les cibles se transfère au parcours bien mieux que dix balles identiques sur le même drapeau, qui rendent surtout bon au practice.
Où construire son tableau en Suisse romande
Swiss Golf recense 35 driving ranges en Suisse en plus des zones d’entraînement des clubs, ainsi que 29 installations indoor. Pour un relevé en extérieur à petit prix, le Golf Club Domaine du Brésil affiche un droit de tapis et parcours école à CHF 10 pour un adulte et CHF 7 pour un junior, et un panier de 36 balles à CHF 5. Emportez un télémètre et vos propres balles pour la partie mesurée, si le règlement du practice le permet.
Pour obtenir les neuf chiffres avec un radar et un enseignant, l’académie Migros du Signal de Bougy propose une leçon avec Trackman. Le tarif des cours individuels Migros Golf est de CHF 65 pour 25 minutes et CHF 120 pour 50 minutes. Les simulateurs et radars personnels sont une autre option : chez un détaillant suisse, le Garmin Approach R10 est affiché à CHF 599.90.
Côté matériel, un tableau complet ne demande pas de wedges neufs. Si un renouvellement s’impose, les écarts de prix sont larges : un détaillant suisse affiche le Titleist SM11 à CHF 219.90 et le Cleveland RTZ Tour Satin à CHF 129.90. Certains magasins spécialisés organisent des journées de fitting gratuites dans plusieurs clubs romands pendant la saison. Faites contrôler les lofts de vos wedges actuels avant de conclure qu’il manque un club : des écarts irréguliers entre wedges créent des trous dans le tableau.
Enfin, pour relever les distances de vraies parties plutôt que d’une séance, les capteurs vissés dans le grip enregistrent chaque coup ; le Garmin Approach CT1 est affiché à CHF 99.90 chez un détaillant suisse. Prix relevés le 17 septembre 2026, susceptibles de changer.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes, clubs ou organismes cités.
Votre plan pour les quatre prochaines semaines
- Semaine 1 : relevez les neuf portées, avec vos balles de jeu si possible.
- Semaine 2 : notez le tableau sur le manche ou le carnet, et utilisez-le sur chaque coup de moins de 100 mètres.
- Semaine 3 : une séance entière sur des distances intermédiaires, cibles variées.
- Semaine 4 : lors d’une partie en altitude, notez l’écart réel et ouvrez la colonne montagne.
Neuf chiffres ne transforment pas un swing. Ils transforment la décision prise avant le swing, et c’est elle qui fait la différence entre 40 et 100 mètres.
Comment cette page a été faite
Prix relevés en septembre 2026 chez Golfers Paradise (Suisse). Panxis n’a aucun lien commercial avec ce magasin.






