Approches de 40 à 110 verges : relever ses distances de cocheur avant la fin de la saison au Québec
Entre 40 et 110 verges, le golfeur récréatif perd des coups faute d'un chiffre fiable pour chacun de ses élans. Une heure dans une aire de jeu court ou devant un simulateur suffit à relever neuf portées, qu'il reste à vérifier sur le parcours.
En bref
- Choisissez trois repères de montée (9 h, 10 h 30, complet) et gardez la même cadence sur les trois.
- Relevez la portée, pas la distance totale, avec vos balles de parcours quand c'est possible.
- L'aire de jeu court de L'Express, le Toptracer du Blainvillier ou l'analyse des écarts en magasin spécialisé donnent les chiffres en une séance.
- Un relevé sur tapis flatte les chiffres : vérifiez-les au télémètre pendant cinq ou six rondes.
- Au printemps comme par matin frais d'automne, prévoyez un repère de montée ou un bâton de plus.
Soixante-cinq verges, vent nul, drapeau au centre. Sur n’importe quel parcours du Québec, c’est la situation la plus banale d’une ronde, et pourtant la majorité des golfeurs récréatifs la gâchent : un cocheur d’allée plein qui survole le vert, ou un cocheur de sable « retenu » qui retombe dans l’herbe longue avant l’entrée. Le problème n’est pas l’élan. C’est l’absence d’un chiffre fiable pour chaque élan qu’on possède déjà.
Cet article propose une méthode de relevé en trois étapes, un endroit précis où la faire près de chez vous, et quelques pièges propres à nos saisons, du sol détrempé de mai au gel des matins d’octobre.
Le calcul qui justifie une séance entière
Comptez vos coups joués entre 40 et 110 verges sur une ronde. Selon votre longueur, il y en a souvent plusieurs : la deuxième frappe sur une normale 5 manquée, la sortie des arbres qui laisse une approche moyenne, le coup d’après un départ écourté. Chacun de ces coups peut finir près du trou ou transformer une normale en boguey.
Contrairement au bois 1, cette zone ne demande ni force ni souplesse. Elle demande de savoir ce que produit un demi-élan avec tel bâton. Cette donnée ne s’invente pas et ne se devine pas sur le tertre : elle se relève, une fois, puis se vérifie chaque printemps.
Étape 1 : fixer trois repères de montée
Pas besoin d’apprendre un coup nouveau. Choisissez trois positions de montée que vous pouvez reproduire les yeux fermés. Le repère le plus répandu est celui du cadran : le bras gauche (pour un droitier) à l’horizontale, soit « 9 h » ; le bras entre l’horizontale et le sommet, soit « 10 h 30 » ; puis l’élan complet.
Si l’image de l’horloge ne vous parle pas, prenez la hauteur des mains : à la hanche, à l’épaule, au-dessus de la tête. Ce qui compte, c’est que la position soit une sensation claire, pas un effort dosé.
Avec trois cocheurs (par exemple cocheur d’allée, cocheur d’écart, cocheur de sable), ces trois repères donnent neuf distances. Sur la plupart des sacs, elles couvrent l’essentiel de l’intervalle entre 40 et 110 verges.
Étape 2 : relever les chiffres, en portée
Dix balles par repère et par bâton. Ignorez la meilleure et la pire, puis notez la valeur qui revient le plus souvent. Deux règles pour que le tableau serve vraiment :
- La portée, pas la distance totale. Le roulement varie selon que le vert est tondu serré en août ou gorgé d’eau après une semaine de pluie. Ce qu’on contrôle, c’est l’endroit où la balle atterrit.
- Vos balles de parcours, si l’installation le permet. Les balles de champ de pratique n’ont ni la même construction ni la même régularité que celles que vous jouez. Si vous n’avez pas le choix, inscrivez « champ » à côté des chiffres et corrigez-les lors de vos premières rondes.
Une ligne de chiffres utile doit se lire au moment de jouer : une étiquette collée sous la poignée du cocheur, une note dans le téléphone, une ligne au dos de la carte de pointage. La séance de champ de pratique qui suit ce relevé devient alors un exercice de vérification plutôt qu’une série de balles frappées au hasard.
Étape 3 : vérifier sur le terrain
Le tableau du champ de pratique est une hypothèse. Sur le parcours, mesurez la distance au drapeau avec un télémètre ou un GPS, jouez l’élan prévu, et regardez où la balle se pose. Après cinq ou six rondes, corrigez les chiffres qui mentent. Les écarts les plus fréquents viennent de la balle et de la température, pas de l’élan.
Où relever ses distances au Québec
Trois types d’endroits conviennent, avec des avantages différents. Les tarifs ci-dessous ont été relevés le 17 septembre 2026 sur les sites des établissements ; Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec eux.
Une aire de jeu court avec des cibles à distance connue. Au Club de golf L’Express, à La Prairie, la section jeu court offre des verts d’approche pour les coups de 120 verges et moins, deux verts de 1 500 pieds carrés et des fosses de sable ; on frappe autant de balles qu’on veut pendant le temps réservé, soit 17,25 $ pour 60 minutes ou 25 $ pour 120 minutes, taxes en sus (12,25 $ et 20 $ pour les 16 ans et moins). Pour les distances intermédiaires, c’est l’installation la plus proche d’un vrai coup d’approche, parce que la balle retombe sur une surface qui ressemble à un vert.
Un champ de pratique qui affiche la portée. Le Club de golf Le Blainvillier annonce la technologie Toptracer sur son aire de pratique, avec 22 espaces de frappe sur tapis, deux verts pour les coups roulés et les approches roulées, et deux autres verts réservés aux approches levées et aux sorties de sable pour les coups de 45 verges et moins. Un système de suivi de balle donne la portée coup par coup, ce qui évite de deviner l’impact.
Un simulateur, surtout l’hiver. Dans une grande chaîne de golf, chaque magasin est équipé d’un moniteur Foresight GCHawk ou GC Falcon, selon l’enseigne. L’ajustement de cocheurs y coûte 39,99 $ et l’analyse des écarts de distance de tout le sac 99,99 $ ; les frais sont annulés pour un achat de plus de 549 $ dans les 30 jours. L’analyse des écarts est précisément le relevé décrit plus haut, fait avec un technicien. Pour un appareil à la maison, voyez notre dossier sur les radars personnels.
Une réserve sur les tapis : le Golf Dorval, champ public de la région de Montréal, a fermé sa section sur gazon pour le reste de la saison afin de laisser repousser l’herbe, et ne propose plus que ses 46 postes sur tapis (panier d’environ 50 balles à 10 $). C’est une situation courante en fin de saison. Or un tapis pardonne une frappe légèrement grasse que l’herbe punit : un relevé fait sur tapis peut flatter vos chiffres.
Le tempo, ou pourquoi forcer ne marche pas
Beaucoup de golfeurs font toujours la même montée et règlent la distance en frappant plus ou moins fort. Au champ de pratique, avec vingt balles d’affilée, ça fonctionne. Au huitième trou, avec un étang devant le vert, ça ne tient plus : juger une vitesse est la première chose que le stress dérègle.
La position de la montée, elle, ne se juge pas, elle se sent. Gardez donc une cadence identique sur les trois repères. Certains comptent « un » à la montée et « deux » à l’impact, quel que soit l’élan : c’est la longueur de l’arc qui change la distance, comme un pendule plus ou moins lancé.
Contact : balle, point bas et semelle
Placez la balle légèrement derrière le centre de votre position, gardez un peu plus de poids sur le pied avant, et laissez le bas de l’arc arriver après la balle. Le geste qui cherche à « soulever » la balle recule le point bas et produit le coup gras suivi du coup lame, deux fautes qui partent de la même intention. Pour ce travail de contact, notre article sur les trois approches propose des exercices complémentaires.
La semelle du cocheur est dessinée pour glisser sur le sol. Si vous inclinez fortement le manche vers la cible à l’adresse, vous enfoncez l’arête d’attaque et perdez cet effet de rebond. Sur les coups partiels, un manche plus vertical donne une balle un peu plus haute qui se pose en douceur. Revoir sa prise et sa posture règle souvent ce détail.
Ajuster les chiffres selon la saison québécoise
Mai et début juin. Les allées sont souvent molles après le dégel. La balle roule peu à l’atterrissage : la portée compte encore plus. Si le comité a mis en vigueur une règle locale de positions privilégiées (règle locale type E-3 des Règles de golf), vous jouerez souvent d’une bonne position ; sinon, attendez-vous à des positions boueuses qui ralentissent la face.
Juillet et août. Air chaud et sol ferme : la balle vole un peu plus et roule davantage. Visez un point d’atterrissage plus court que le drapeau.
Septembre et octobre. Les matins frais font perdre de la portée à la balle, et la rosée sur les verts la freine. Un chiffre relevé en juillet peut se révéler long le matin d’une ronde d’automne : prévoyez un repère de montée de plus ou un bâton de plus.
Le vent. Un coup de cocheur reste longtemps en l’air pour sa distance, donc le vent l’affecte plus qu’on ne le pense. Face au vent, allongez la montée plutôt que de frapper plus fort : l’accélération ajoute de l’effet rétro, et c’est cet effet que le vent amplifie.
L’herbe longue. Quand l’herbe se glisse entre la face et la balle, l’effet diminue et la balle peut voler plus loin que votre chiffre, puis rouler. Le tableau reste un point de départ.
Entraîner les distances « entre deux »
Le parcours ne vous laisse jamais 50, 70 ou 90 verges tout ronds. Une fois les neuf chiffres connus, travaillez les écarts : 58, 77, 83 verges. Choisissez l’élan le plus proche et ajustez légèrement la longueur de montée.
Un exercice qui se transfère bien : trois cibles, trois distances différentes, une balle à la fois en changeant de cible à chaque coup. Frapper vingt fois la même distance donne une impression de maîtrise ; varier les cibles prépare à ce qui arrive vraiment en ronde.
Votre plan pour les prochaines semaines
- Choisissez trois repères de montée et gardez-les pour toute la saison.
- Réservez une heure dans une aire de jeu court ou un champ muni d’un suivi de balle et relevez neuf portées.
- Notez les chiffres là où vous les lirez pendant la ronde.
- Vérifiez-les au télémètre pendant cinq ou six rondes et corrigez-les.
- Avant la fermeture des terrains, refaites le relevé par temps frais : ce sont les chiffres d’avril prochain.
Neuf chiffres, une heure de pratique, aucun bâton à acheter : c’est l’amélioration la moins chère qu’un golfeur québécois puisse s’offrir avant la fin de la saison.
Comment cette page a été faite
Prix relevés le 17 septembre 2026 chez Golf Town (Canada). Panxis n’a aucun lien commercial avec ce détaillant.






