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Technique

Distances de wedge : les trois longueurs qui manquent

Trois longueurs de swing sur trois wedges donnent neuf chiffres entre 40 et 100 mètres. Vous n'apprenez aucune technique : vous mesurez jusqu'où vont les swings que vous faites déjà.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 7 min
Deux golfeurs sur un practice, l'un montrant la cible
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • Neuf heures, dix heures et demie, complet : neuf distances reproductibles.
  • Mesurez en portée avec vos propres balles : celles de practice volent moins loin.
  • Tempo identique, seule la longueur du backswing change la distance.
  • Laissez le manche plus vertical pour que le bounce rattrape une frappe lourde.
  • Travaillez les distances bâtardes, pas les swings complets que tout le monde sait faire.

À moins de 100 mètres, la plupart des amateurs n’ont qu’un seul coup : un swing complet avec le wedge le plus proche du chiffre. C’est pour cela que la balle finit vingt mètres court ou vingt mètres long depuis une distance où elle devrait s’arrêter à quatre mètres du drapeau. La solution tient en trois longueurs de swing, apprises une fois et réutilisées pour le reste de votre vie de golfeur.

C’est aussi l’entraînement au meilleur rendement du golf, pour une raison simple. Un joueur d’index moyen affronte plusieurs fois par tour une distance comprise entre 40 et 100 mètres, n’en transforme presque aucune en occasion de birdie, et n’a jamais mesuré une seule fois ce que ses propres swings produisent depuis ces distances.

Trois longueurs, pas trois techniques

Imaginez votre bras avant comme l’aiguille d’une horloge, vue de face. Neuf heures, quand le bras est parallèle au sol. Dix heures et demie, à peu près à mi-chemin du sommet. Et complet.

Chacune de ces positions donne une distance reproductible avec chaque wedge, et trois wedges font neuf chiffres, ce qui couvre généralement tout ce qui se trouve entre 40 et 100 mètres sans trou gênant.

Le point essentiel : vous n’apprenez aucune technique nouvelle. Ce sont les swings que vous faites déjà. Vous mesurez jusqu’où ils vont, information que vous n’avez pas et qui ne coûte rien à obtenir.

Mesurez une fois, notez pour toujours

Allez sur un practice équipé d’un radar, ou dans un champ avec un télémètre et vos propres balles, et tapez dix coups depuis chaque position avec chaque wedge. Écartez le meilleur et le pire. Retenez le chiffre qui revient, pas celui qui vous ferait plaisir.

Mesurez en portée, pas en distance totale : le roulement dépend du sol, qui change chaque semaine, et vous choisissez un club pour poser la balle quelque part.

Utilisez vos propres balles si vous le pouvez. Les balles de practice volent nettement moins loin, souvent de 5 à 10 %, et elles sont irrégulières entre elles : un tableau construit avec des balles de practice envoie tous vos wedges au-delà du drapeau sur le parcours. Si vous n’avez que cela, notez-le comme un tableau de practice et corrigez-le après vérification sur un parcours.

Puis collez les neuf chiffres sur le manche du pitching wedge, au dos d’un carnet de parcours, ou dans votre téléphone. Un tableau que vous ne pouvez pas consulter au-dessus de la balle est un tableau que vous n’utiliserez pas.

Le rythme fait la distance, pas l’effort

L’erreur la plus fréquente consiste à faire le même backswing à chaque fois et à doser avec la vitesse des mains. Cela fonctionne parfaitement au practice et s’effondre complètement sous pression.

La raison est que la vitesse est une variable qu’il faut juger, et le jugement est la première chose qui disparaît quand un coup compte. La longueur du backswing, elle, est une position, et les positions tiennent.

Gardez donc un tempo identique sur les trois longueurs et laissez la longueur fixer la distance, comme un balancier. Si cela aide, comptez le swing : le même compte pour un neuf heures et pour un swing complet, le club parcourant simplement plus de chemin dans le même temps.

Position de balle et point bas

Sur les wedges partiels, jouez la balle juste en arrière du centre, le poids légèrement côté cible, et n’en bougez plus pendant le coup. Le club doit atteindre le bas de son arc après la balle, en prenant un petit divot devant l’endroit où elle était.

Vouloir aider la balle à monter déplace le point bas derrière elle, et c’est exactement ce qui produit le duo gratte-lame qui ruine le petit jeu : une balle plantée dans le sol, la suivante lamée par-dessus le green, les deux avec la même intention.

Un contrôle utile à l’entraînement : plantez un tee trois centimètres devant la balle et essayez de le toucher après l’impact.

Le bounce est un allié que vous n’utilisez pas

La semelle arrondie d’un wedge est faite pour glisser au lieu de creuser, et c’est ce glissement qui rattrape une frappe légèrement lourde sur un sol tendre.

Présenter le club avec le manche très penché en avant, ce que font les joueurs qui cherchent à comprimer la balle, retire le bounce du jeu et met l’arête d’attaque dans le sol. Un petit défaut devient une grosse motte.

Sur les coups partiels, laissez le manche plus vertical que ce qui vous paraît naturel. La balle sortira un peu plus haut et se posera plus doucement, ce qui est de toute façon ce que vous vouliez.

Les deux autres variables : le lie et le vent

Une balle enfoncée dans le rough sortira avec moins d’effet et roulera davantage : le chiffre du tableau est un point de départ, pas une réponse. Depuis un lie où l’herbe s’intercale entre la face et la balle, un wedge peut aller dix à quinze mètres plus loin que prévu, ce qui explique un grand nombre de balles derrière le green.

Le vent compte plus sur un wedge qu’on ne le croit, parce qu’un coup de wedge passe longtemps en l’air par rapport à sa distance. Contre le vent, prenez une longueur de swing de plus plutôt que de frapper plus fort : un swing plus fort ajoute de l’effet, et c’est l’effet que le vent punit.

Les lies en montée et en descente modifient le loft effectif. La règle générale : la balle part plus bas et plus loin depuis une pente descendante, plus haut et plus court depuis une pente montante, et il est plus fiable d’ajuster le club que le swing.

Travaillez les distances bâtardes

Tout le monde sait taper un sand wedge plein. Presque personne ne sait jouer 57 mètres, ce qui est précisément le genre de chiffre qu’un parcours produit.

Passez une séance à viser un drapeau à une distance inconfortable en ajustant la longueur du swing jusqu’à ce que la balle se pose à côté, et notez ce qu’a donné le bon swing. C’est la distance que vous aurez sur le parcours et celle que personne ne répète.

Un bon exercice : trois cibles à des distances bâtardes, deux balles sur chacune en alternance, et jamais deux fois le même coup d’affilée. L’entraînement aléatoire se transfère au parcours ; l’entraînement en blocs vous rend bon au practice.

Où mesurer tout cela en France

Une heure de radar est le chemin le plus rapide et donne les neuf chiffres en une séance. Les structures indoor avec simulateur se réservent à l’heure dans la plupart des grandes villes, et les espaces de fitting de certains magasins spécialisés disposent de radars et de simulateurs si vous préférez qu’un technicien soit présent.

En extérieur, un practice avec des cibles balisées fait l’affaire à condition d’apporter un télémètre, et un practice sur herbe vaut nettement mieux qu’un practice sur tapis pour le travail de wedge, puisque le tapis pardonne la frappe lourde que l’herbe punit. Les practices sur gazon naturel sont rares et méritent le détour pour cet usage précis.

Si vous préférez les chiffres de vos vraies parties plutôt que ceux de l’entraînement, les systèmes de suivi de coups fixés sur les grips enregistrent les distances de wedge depuis de vrais lies sur toute une saison, ce qui est la donnée la plus honnête qui existe pour l’usage sur parcours.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes, structures ou systèmes cités.

À faire ce mois-ci

  • Relevez neuf chiffres : trois wedges par trois longueurs de swing, en portée.
  • Utilisez vos propres balles, et écrivez le tableau là où vous pourrez le lire sur le parcours.
  • Consacrez une séance entière à des distances qui ne sont pas des swings complets.
  • Gardez un tempo identique et ne changez que la longueur du backswing.
  • Sur le parcours, choisissez le swing qui correspond au chiffre plutôt que le club qui vous y emmène.

Le jeu de wedge est le gain le moins cher du golf : il ne demande ni matériel ni condition physique, seulement neuf chiffres que vous n’avez pas encore.

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