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Technique

Bunker de fairway : passer la lèvre avant tout

À 140 mètres depuis le sable, c'est la lèvre qui choisit le club, pas la distance. Une frappe lourde coûte dix mètres sur l'herbe et cinquante dans le sable.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 8 min
Bunker de fairway sur un parcours de links
Photo cottonbro studio / Pexels

En bref

  • Prenez le club qui passe la lèvre largement, pas celui qui atteint le green.
  • Un club de plus, swing aux trois quarts, pieds à peine enfoncés.
  • Descendez d'un centimètre sur le grip et restez grand : la balle d'abord.
  • Sable mou ou pente descendante : wedge de côté, pas de coup héroïque.
  • Dix minutes sur une ligne tracée règlent la peur, qui est le vrai problème.

Le bunker de green concentre tout l’entraînement et le bunker de fairway coûte tous les coups. À 140 mètres depuis le sable, l’amateur moyen touche la lame dans la lèvre ou prend tellement de sable que la balle avance de quarante mètres. Les deux viennent de la même erreur : vouloir jouer un coup de fer normal depuis une surface qui ne le permet pas.

La bonne nouvelle est que presque tout le progrès disponible ici tient dans la décision plutôt que dans la technique. Un joueur qui ne change rien à son swing mais choisit correctement son club économisera plus de coups dans les bunkers de fairway qu’un joueur qui travaille le geste et continue de vouloir atteindre tous les greens.

La première décision, c’est la lèvre, pas la distance

Regardez le bord avant du bunker avant de regarder le chiffre, et prenez le club qui le passe largement, pas celui qui atteint le green.

L’arithmétique est brutale et sans appel. Un fer 7 qui franchit la lèvre et finit vingt mètres court du green laisse une approche et un putt pour le par. Un fer 5 planté dans la face laisse le coup suivant depuis le même bunker, dans une pire position, avec la même lèvre, et le trou est un double au mieux.

Soyez honnête sur ce que « passer largement » veut dire. Votre balle part plus bas depuis le sable que depuis l’herbe, parce que le swing est plus court et la frappe légèrement plus fine : un club qui passe tout juste la lèvre sur l’herbe ne passera pas ici. Prenez de la marge.

La position de la balle dans le bunker compte autant que la hauteur de la lèvre. Une balle à dix mètres d’une face d’un mètre vingt n’a rien à voir avec une balle collée à deux mètres de cette même face, et la seconde est un wedge de côté quelle que soit la distance affichée.

Un club de plus, un swing plus court

Vous allez faire un swing contrôlé aux trois quarts, donc la balle volera moins loin que d’habitude. Prenez un club de plus et raccourcissez le backswing, plutôt que de prendre le club habituel et de swinguer normalement.

Vouloir jouer un fer 7 plein depuis le sable est la façon la plus sûre de reculer dans l’impact. Un swing complet demande une base stable, et le sable n’en fournit pas : le corps sent l’instabilité et compense en glissant ou en se relevant, ce qui est précisément la manière dont le club finit trois centimètres derrière la balle.

N’enfoncez presque pas les pieds

C’est ici que la technique du bunker de green vous nuit activement. Là-bas, on s’ancre pour la stabilité et on veut que le club entre dans le sable. Ici, s’enfoncer vous abaisse par rapport à la balle et rend la grosse motte presque certaine.

Bougez juste assez pour être stable, pas davantage : un centimètre suffit. Puis descendez d’un centimètre sur le grip pour compenser le fait que vous êtes plus bas, ce qui conserve au club la même longueur utile par rapport à la balle.

Balle légèrement en arrière, mains en avance, bas du corps calme

Reculez un peu la balle par rapport à votre position habituelle pour ce club et gardez le bas du corps plus tranquille que d’ordinaire. L’objectif est de toucher la balle en premier et presque pas de sable : idéalement le club effleure la surface après la balle, pas avant.

Tout se joue sur le contact. Sur l’herbe, une frappe un peu lourde coûte dix mètres. Dans le sable, elle en coûte cinquante, parce que le sable absorbe l’énergie comme le gazon ne le fait pas. C’est cette asymétrie qui justifie à elle seule le changement de technique.

Restez grand pendant le coup

La pensée la plus fiable est de conserver votre hauteur. Les joueurs qui s’affaissent en cherchant de la puissance, en général pour atteindre un green qu’ils ne devraient pas viser, touchent le sable en premier à chaque fois.

Fixez la tête, gardez la poitrine au même niveau à l’impact, et laissez les bras balancer. Un swing aux trois quarts qui touche la balle proprement bat un swing complet qui prend le sable trois centimètres trop tôt, et ce n’est même pas serré.

Un point de règle utile : vous pouvez désormais retirer les détritus dans un bunker, mais vous ne pouvez toujours pas toucher le sable avec le club avant le coup, y compris pendant un swing d’essai. Gardez le club en suspension à l’adresse, ce que beaucoup de joueurs trouvent d’ailleurs favorable au contact.

Sable mouillé, sable sec : la variable française

La nature du sable change ce coup plus qu’on ne l’imagine, et elle varie beaucoup d’un parcours à l’autre.

Un sable ferme, humide ou tassé se comporte presque comme un lie serré : le club ne s’enfonce pas, le contact est plus facile, et la balle sort avec plus de vitesse que prévu. Prenez un peu moins de club que depuis un lie mou.

Un sable mou, profond et anguleux, comme celui que beaucoup de clubs utilisent pour la performance des bunkers de green, est le cas difficile. La balle s’assoit, les pieds s’enfoncent et la marge pour une frappe propre se réduit. Depuis un sable vraiment mou, le club honnête est souvent deux de plus que la distance, ou un wedge.

Quand renoncer au green

Sable mouillé avec la balle enfoncée, pente descendante, balle contre le mur arrière, lèvre à quelques mètres : prenez un wedge, sortez de côté ou vers l’avant jusqu’à une distance de wedge complet, et acceptez le bogey.

Tous les golfeurs le savent et environ un sur cinq le fait. Ceux qui le font jouent leur index les mauvais jours ; les autres transforment un mauvais coup de départ en 7 qui ruine la carte.

Le test privé avant de s’engager : sauriez-vous réussir ce coup quatre fois sur dix ? Sinon, ce n’est pas un coup de golf, c’est un billet de loterie payé avec des coups que vous possédez déjà.

Une séance suffit

La technique est simple et c’est la confiance qui manque, ce qui veut dire qu’une seule séance change ce coup pour des années.

Dix minutes suffisent. Tracez une ligne dans le sable et faites des swings qui effleurent la surface après la ligne plutôt qu’avant, sans balle. Puis jouez cinq coups au fer 7 en ne pensant qu’au point d’entrée du club. Une fois que vous avez senti un contact propre depuis le sable, le coup cesse de faire peur, et la plupart des mauvais résultats en bunker de fairway viennent de la peur plutôt que de la technique.

Où s’entraîner en France

Le vrai obstacle est l’accès. Beaucoup de parcours français ont un putting green et un practice sans bunker d’entraînement, et ceux qui en ont un l’ont presque toujours construit comme un bunker de green plutôt que de fairway.

Avant d’acheter un seau, demandez à l’accueil si la zone d’entraînement comprend du sable et si elle est ouverte. Les parcours publics et les golfs dotés d’une vraie zone d’approche sont le meilleur rapport qualité-prix du pays pour cela, et l’accès au practice y coûte quelques euros.

Si votre club a des bunkers accessibles en dehors des heures chargées, demandez au professionnel si vous pouvez taper quelques balles depuis une fosse de fairway tôt le matin. La plupart diront oui si vous ratissez correctement ensuite. À défaut, une leçon de petit jeu dans un vrai bunker avec un enseignant de l’AFGP vaut plus que n’importe quel volume de balles au practice sur ce coup précis.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les structures ou organismes cités.

La liste, dans l’ordre

  • Est-ce que je passe la lèvre avec ce club, largement ? Sinon, plus de loft.
  • Un club de plus que la distance, swing aux trois quarts.
  • Pieds à peine enfoncés, un centimètre plus bas sur le grip.
  • Balle légèrement reculée, rester grand, toucher la balle en premier.
  • Mauvais lie, pente descendante ou lèvre proche : wedge vers une distance confortable et bogey accepté.

Personne ne réussit un bunker de fairway par hasard. Les bons viennent d’une décision prise avant que le club ne sorte du sac.

Où ça se joue vraiment

Trois des parcours les plus longs de notre annuaire, où le coup de départ décide de la partie.

  • Le Golf National — l’Albatros : Le stadium course de la Ryder Cup 2018, rouvert après deux ans de travaux : un entretien que tout le monde salue, et un rough dont tout le monde se plaint.
  • Golf de Chantilly — le Vineuil : Tom Simpson dans les bois de Chantilly depuis 1920 : le meilleur parcours de forêt de France pour beaucoup, avec un rough qui mange les balles et un accès très fermé.
  • Golf Club Esery — Grand Genève : Michel Gayon sur les coteaux d’Esery face au Mont-Blanc, un club affilié aux deux fédérations : état salué, et des greens qui distribuent les trois putts.

Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.

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