Manger, boire et tenir jusqu’au dix-huitième
La fatigue touche les décisions avant la frappe, ce qui explique que la carte se défasse au quinzième pendant que le geste paraît intact. Peu et souvent bat un seul arrêt au demi-tour.
En bref
- Additionnez les trous 13 à 18 de vos dix dernières cartes : le motif saute aux yeux.
- Buvez dès le premier départ : la soif arrive après la baisse de performance.
- Mangez peu toutes les cinq ou six trous plutôt qu'un sandwich au neuvième.
- Un deuxième café à jeun au demi-tour, c'est l'origine des trois-putts.
- Par forte chaleur, partez tôt et traitez vertiges ou mal de tête comme un motif d'arrêt.
Un parcours de golf, c’est quatre heures d’effort modéré ponctuées de quelques instants intenses, le plus souvent au soleil. Personne ne s’effondre au douzième trou, mais beaucoup de joueurs y prennent de moins bonnes décisions qu’au deuxième, et la raison tient le plus souvent à un ventre vide et deux cafés.
Ce sont des conseils pratiques pour un adulte en bonne santé qui joue au golf de loisir, pas un avis médical, et la réserve à la fin de l’article en est la partie importante.
C’est le retour qui le montre
La concentration baisse avant le swing. Le schéma est connu de quiconque tient une carte : un aller correct, deux départs approximatifs autour du demi-tour, puis un trois-putts et un mauvais choix de club au quinzième.
L’ordre compte, parce qu’il indique quoi corriger. La fatigue touche la prise de décision plus tôt et plus fort que la frappe, ce qui explique que la carte se dégrade avant que le geste ne donne l’impression de changer. On ne se sent pas devenir moins bon, on voit le score.
Il existe un moyen simple de le vérifier sur soi. Prenez vos dix dernières cartes et additionnez séparément les trous 1 à 6, 7 à 12 et 13 à 18. Si le dernier bloc est régulièrement un ou deux coups plus mauvais que le premier, le problème est plus probablement dans le fond du sac que dans le fond du swing.
Buvez avant d’avoir soif
La soif arrive après le moment où la performance commence à baisser, ce qui en fait un mauvais signal d’organisation. Emportez plus d’eau que vous ne croyez nécessaire et commencez à boire au premier départ, pas au dixième.
Un repère raisonnable par temps chaud est un demi-litre par heure, davantage en vraie chaleur, et la version pratique est une gourde que l’on remplit au demi-tour plutôt qu’un gobelet acheté à la buvette. En été, ajouter des électrolytes pour le retour aide vraiment : par forte chaleur on perd du sel autant que de l’eau, et ne remplacer que l’eau peut donner l’impression d’aller plus mal.
Par temps frais, vous perdez encore du liquide, simplement sans le sentir, et les golfeurs d’hiver ne boivent pratiquement rien sur dix-huit trous. En altitude et par air sec, la perte est plus importante qu’elle n’en a l’air parce que la transpiration s’évapore avant qu’on la remarque.
L’alcool sur le parcours est un choix personnel et ceci n’est pas un sermon. Il est utile de savoir que c’est un diurétique, qu’une bière au demi-tour un jour de chaleur fait exactement l’inverse de ce dont un golfeur a besoin, et que le putting de la plupart des gens ne s’en trouve pas amélioré.
Mangez peu et souvent, pas une fois au demi-tour
Le sandwich complet à la buvette du neuvième produit le coup de pompe classique des onzième et douzième trous : un pic de glycémie suivi d’une chute, qui arrive exactement là où la partie se décide.
Quelque chose de petit toutes les cinq ou six trous fonctionne bien mieux : une banane, une poignée d’amandes, une barre de céréales, un demi-sandwich. L’objectif est un apport régulier plutôt qu’un pic suivi d’une chute, et les quantités en jeu sont modestes. Il ne s’agit pas de préparer un marathon.
Chez la plupart des joueurs, le moment compte plus que le contenu. Manger quelque chose au cinquième, au dixième et au quatorzième trou, quoi que ce soit, fera davantage que d’optimiser ce qu’il y a dans le sac.
Ce qu’il y a à mettre dans le sac
- De l’eau, plus que prévu, et une boisson ou des pastilles d’électrolytes en été.
- Deux fruits et un petit sachet d’oléagineux ou de fruits secs.
- Une barre ou un demi-sandwich pour le demi-tour, mangé sur deux trous plutôt qu’en une fois.
- Crème solaire, casquette et serviette. La chaleur coûte plus de coups que la faim.
- Par temps froid, une boisson chaude et une paire de gants secs.
La caféine aide, puis elle n’aide plus
Un café avant de partir est très bien et légèrement utile : la caféine améliore réellement la vigilance et la perception de l’effort, ce qui vaut quelque chose sur quatre heures.
Le problème est le deuxième café au demi-tour, sur un estomac vide. C’est l’origine des mains fébriles et des trois-putts, et le moment où un léger effet diurétique rencontre un joueur qui n’a pas bu d’eau. Si vous fonctionnez au café, accompagnez-le de quelque chose à manger et d’un peu plus d’eau que d’habitude.
La chaleur, et la version française du problème
Le golf d’été dans le sud de la France, en Corse ou en vallée du Rhône n’a rien à voir avec le golf d’été en Bretagne, et c’est la situation où les conseils ci-dessus cessent de porter sur le score pour porter sur la sécurité.
Les mesures pratiques sont les évidentes, faites sérieusement : jouer tôt, prendre l’ombre quand le trajet en offre, porter des couleurs claires et un chapeau à bord large, mouiller une serviette, et boire selon un horaire plutôt qu’en fonction de la soif. Les parcours du sud avancent leurs grilles de départs en juillet et août exactement pour cela.
Connaissez les signaux d’alerte et considérez-les comme une raison de s’arrêter : mal de tête, vertiges, confusion, nausées, ou avoir cessé de transpirer en pleine chaleur. Ce n’est plus un problème de golf, et aucun score ne vaut la peine d’être terminé.
Marcher ou prendre une voiturette
Dix-huit trous à pied représentent environ huit kilomètres, et les faire en portant un sac représente une dépense réelle. Cela rend le plan boisson et nourriture plus important, pas moins, et c’est la raison pour laquelle les marcheurs sentent les quatre derniers trous.
La voiturette réduit l’effort mais pas l’exposition au soleil, et les joueurs en voiturette boivent régulièrement moins parce qu’ils ne perçoivent pas la dépense et que la glacière est derrière eux. Si vous roulez en été, l’horaire de boisson compte davantage, pas moins.
Le chariot est l’option intermédiaire et, pour la plupart des gens, la meilleure : l’exercice de la marche sans la charge sur une épaule.
Où s’approvisionner en France
La buvette du neuvième et la voiturette de restauration sont l’option la plus chère et la moins pratique, et c’est aussi la raison pour laquelle la plupart des golfeurs mangent une grosse chose au demi-tour plutôt que cinq petites. Acheter ce qu’il faut avant d’arriver coûte une fraction et permet de manger à son propre rythme.
Concrètement : un arrêt en supermarché sur la route, des fruits, des oléagineux et la barre que vous mangerez vraiment. Les pastilles et poudres d’électrolytes se trouvent en pharmacie et dans les enseignes de sport, et ne prennent aucune place dans un sac.
Pour la glacière elle-même, les magasins de golf spécialisés et les enseignes de sport vendent des poches isothermes qui entrent dans une poche de sac, ce qui compte plus qu’il n’y paraît : une bouteille restée deux heures au soleil est une bouteille que personne ne boit. Vérifiez la politique de votre club sur la nourriture apportée de l’extérieur, elle varie et certains la font appliquer.
La réserve utile
Ce sont des conseils pratiques pour un adulte en bonne santé qui joue au golf de loisir, pas un avis médical. Si vous suivez un traitement ou vivez avec une affection sensible à la chaleur, à l’hydratation ou à la glycémie, demandez à votre médecin quoi emporter et quoi surveiller. Cette conversation prend dix minutes et vaut mieux que n’importe quel article sur le sujet.
À tester au prochain parcours
- Commencez à boire au premier départ, pas au demi-tour.
- Mangez peu toutes les cinq ou six trous au lieu d’un seul arrêt.
- Additionnez les trous 13 à 18 de vos dix dernières cartes, puis recommencez après un mois.
- En été, ajoutez des électrolytes pour le retour et prenez le départ le plus matinal possible.
C’est le changement le moins cher du golf : ni matériel, ni leçon, et il agit exactement là où la plupart des parties amateurs se défont.
Comment cette page a été faite
Disponibilité des produits (pastilles d’électrolytes, poches isothermes) relevée chez Decathlon, Golf Plus et Eurogolf (France). Panxis n’a aucun lien commercial avec ces enseignes et ne touche aucune commission.






