Putting : la méthode pour ne plus faire trois putts
Les trois putts sont un problème de dosage, pas de geste. Plantez un tee un mètre derrière le trou et faites de ce couloir la cible : c'est le gain de trois coups le moins cher du golf.
En bref
- À douze mètres, le trou fait un mètre de large pour votre deuxième putt.
- Une balle trente centimètres après le trou a pris la meilleure ligne ; une balle courte n'en a pris aucune.
- L'échelle à six, neuf et douze mètres, sur le green que vous allez jouer.
- Marchez la ligne : le dénivelé change le dosage plus que toute courbe visible.
- Donnez au deuxième putt la même routine qu'au premier.
Les trois putts ne sont pas un problème de mouvement, mais de dosage. Un joueur qui laisse chaque putt long à un mètre du trou marquera de meilleurs scores qu’un joueur au geste plus élégant qui passe deux mètres trop loin, et le dosage s’entraîne bien plus facilement que la ligne.
C’est aussi le domaine du golf où la plus petite quantité d’entraînement produit le plus gros changement, parce que presque personne n’en fait. Dix minutes sur le putting green avant une partie, entièrement consacrées aux putts de plus de vingt mètres, valent plus qu’une heure de practice pour la plupart des amateurs.
De loin, la ligne compte moins qu’on ne le croit
À douze mètres, le trou fait pratiquement un mètre de large du point de vue de votre deuxième putt. Ratez la ligne de trente centimètres et il vous reste un putt à rentrer les yeux fermés. Ratez le dosage de deux mètres et la ligne n’avait aucune importance.
Répartissez votre temps d’entraînement en conséquence, et votre temps de lecture aussi. L’instinct est de lire longuement un putt de douze mètres puis de le frapper avec la vitesse qui vient : c’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire. La lecture d’un long putt mérite cinq secondes, et le dosage tout le reste de l’attention.
Un dosage se travaille avec une cible atteignable
Plantez un tee un mètre derrière le trou et essayez de laisser chaque putt long dans le couloir entre le trou et le tee. C’est ce couloir, et non la coupe, qui est la cible.
Deux choses se produisent. Vous obtenez un objectif que l’on peut réellement atteindre, donc l’entraînement produit des réussites plutôt qu’une série de presque. Et vous supprimez l’habitude de mourir court, qui est le réflexe amateur le plus répandu et celui qui retire toute chance de rentrer la balle.
Une balle qui finit trente centimètres après le trou a pris la meilleure ligne disponible, parce qu’elle a tenu sa ligne dans les derniers mètres, là où la pente agit le plus. Une balle qui s’arrête avant n’en a pris aucune, et elle n’allait pas rentrer dès l’instant où elle a quitté le putter.
L’échelle, dix minutes avant de jouer
Posez des balles à six, neuf et douze mètres du même trou, jouez-les dans l’ordre, puis reprenez en sens inverse.
Vous ne cherchez à rentrer aucune balle. Vous calibrez la longueur du mouvement pour une distance donnée, seule variable qui compte sur un putt long. Gardez un tempo identique et ne changez que la longueur du geste, comme un balancier, parce qu’un dosage contrôlé par la vitesse des mains s’effondre sous pression.
Faites-le sur le green d’entraînement du parcours que vous allez jouer : la vitesse des greens du jour est la seule que vos mains ont besoin de connaître.
Lire la pente avec les pieds
Marchez de la balle au trou en suivant la ligne du putt, et écoutez vos chevilles plutôt que vos yeux.
Vos pieds vous diront si ça monte ou si ça descend bien avant vos yeux, et le dénivelé change le dosage bien plus que toute courbe visible. Sur un green vraiment pentu, le même putt de dix mètres demande deux fois plus de mouvement dans un sens et moitié moins dans l’autre.
Faites-le pendant que vos partenaires puttent : cela ne coûte aucun temps au groupe.
Arrêtez de regarder la balle sur les longs putts
Essayez cinq putts de douze mètres en regardant le trou plutôt que la balle. Presque tout le monde se rapproche.
La raison est qu’un putt long est une tâche d’évaluation de distance, et que le cerveau évalue mieux quand il voit la cible. Vous ne lanceriez pas une balle à quelqu’un en fixant votre propre main.
Vous n’avez pas besoin de putter ainsi sur le parcours, même si de bons joueurs le font. Vous avez besoin de ce que l’exercice révèle : l’écart entre ces cinq putts et vos putts habituels correspond à la quantité de guidage que vos mains ajoutaient sans que vous le sachiez.
La vitesse des greens change tous les jours
Un green couvert de rosée le matin est nettement plus lent que le même green à quatorze heures. Un green dans la semaine qui suit un carottage l’est encore plus, et il est plus irrégulier. Un green dans une deuxième semaine d’août sèche est plus rapide que tout ce que vous avez joué en mai.
Si vous n’avez pas mis les pieds sur le green d’entraînement, vos trois premiers putts longs de la partie sont des paris, et les paris coûtent des coups. C’est l’information la moins chère du golf et elle est comprise dans le green-fee.
Deux particularités françaises utiles à connaître. Le pâturin annuel, présent sur beaucoup de greens de plaine, pousse dans la journée et devient plus irrégulier l’après-midi : sur un départ tardif, frappez les longs putts un peu plus fermement. Et sur les parcours de bord de mer, un green ferme et venté roule bien plus vite que son apparence ne le suggère.
Le deuxième putt est un coup, pas une formalité
La plupart des trois putts sont un mauvais dosage suivi d’un putt d’un mètre vingt manqué, et ce putt est manqué parce qu’il a été joué avec agacement et sans routine.
Traitez le deuxième putt comme un coup à part entière. Marquez la balle, lisez-la, et faites la même routine que sur le premier départ. Le joueur qui prend dix secondes de plus sur le putt qu’il n’aurait pas dû avoir en rentre la grande majorité ; celui qui tape dedans par dépit en rentre environ la moitié.
Où travailler cela en France
Le putting green du parcours que vous allez jouer est toute la réponse, et il est compris dans le green-fee ou dans la cotisation partout. Arriver dix minutes plus tôt est le coût total de l’opération.
À la maison, un tapis de putting est réellement utile pour le geste et la ligne de départ, et parfaitement inutile pour le dosage, puisqu’un tapis roule à une seule vitesse et qu’un parcours non. Servez-vous du tapis pour les putts d’un mètre et du green d’entraînement pour tout le reste.
Si vous voulez savoir si le problème vient du dosage ou du geste lui-même, les espaces de fitting de certains magasins spécialisés mesurent l’orientation de face et la direction de départ, en général dans le cadre d’un fitting de putter, et un enseignant de l’AFGP vous dira en vingt minutes lequel des deux vous coûte des coups.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes ou organismes cités.
Trois choses à tenter au prochain parcours
- Comptez vos trois putts. C’est ce chiffre, et non le total de putts, qui dit si le dosage est votre problème.
- Cherchez à finir chaque putt de plus de huit mètres après le trou plutôt qu’avant.
- Dix minutes de green d’entraînement avant chaque partie, entièrement consacrées aux putts longs.
- Marchez la ligne pendant que les autres puttent, et croyez vos pieds plutôt que vos yeux.
- Donnez au deuxième putt la même routine qu’au premier.
Personne ne rentre les longs putts volontairement. Les poser près du trou volontairement est une compétence, et c’est le gain de trois coups le moins cher accessible à la plupart des joueurs.






