Humidex, maringouins et casse-croûte : tenir 18 trous au Québec
Au Québec, c'est l'humidité plus que la température qui défait les retours de parcours. Un humidex de 42 à 30 °C, un seul gros repas au virage et un deuxième café à jeun suffisent à perdre trois coups entre le 13 et le 18. Le plan en trois temps qui les évite.
En bref
- Regardez l'humidex, pas seulement la température : à 30 °C, il passe de 34 à 42 selon l'humidité.
- Buvez avant le premier départ et à chaque tertre, sans attendre la soif.
- Une petite collation tous les cinq ou six trous vaut mieux qu'un hot-dog au virage.
- Insectifuge (30 % de DEET au plus au Canada) et écran solaire s'appliquent au stationnement.
- Maux de tête, confusion ou peau sèche en pleine chaleur : arrêtez ; Info-Santé 811 pour un conseil, 911 en urgence.
Un samedi de fin juillet, départ à 13 h dans la Montérégie. Il fait 30 °C, l’air est lourd, et la météo parle d’un humidex au-dessus de 40. À l’aller, tout va bien. Au 14, vous ratez un coup roulé de deux pieds, vous choisissez le mauvais bâton au 15 et vous ne comprenez pas pourquoi. La réponse se trouve rarement dans votre élan. Elle se trouve dans ce que vous avez bu et mangé depuis le dîner.
Ce texte donne des repères pratiques à un adulte en bonne santé qui joue pour le plaisir. Ce n’est pas un avis médical : la dernière section dit quand arrêter et qui appeler.
Regarder l’humidex avant de réserver l’heure de départ
Au Québec, la chaleur d’été se mesure mal au thermomètre. C’est l’humidité qui fait la différence, et c’est pour cela que les météorologues canadiens utilisent l’humidex, un indice créé au Canada qui combine température et humidité.
Environnement Canada en donne une lecture simple :
- moins de 30 : aucun inconfort ;
- de 30 à 39 : un certain inconfort ;
- 40 et plus : beaucoup d’inconfort ;
- au-dessus de 45 : danger, un coup de chaleur est probable.
L’écart entre deux journées de même température est énorme. À 30 °C avec un point de rosée de 15 °C, l’humidex vaut 34. À la même température avec un point de rosée de 25 °C, il grimpe à 42. Le golfeur qui regarde seulement le 30 °C de son application joue en réalité dans deux mondes différents.
La décision la plus utile se prend donc la veille. Quand l’humidex prévu dépasse 35, réservez un départ tôt le matin plutôt qu’en début d’après-midi, prévoyez le double d’eau et choisissez la voiturette ou le chariot plutôt que le sac sur l’épaule.
Un plan en trois temps plutôt qu’un arrêt au virage
La plupart des golfeurs mangent comme ils jouent un par 5 : un gros effort au milieu, rien avant, rien après. Un plan en trois temps fonctionne mieux.
Avant le premier tertre
Un vrai repas deux à trois heures avant le départ, avec des glucides et un peu de protéines : des rôties et des œufs pour un départ à 8 h, un sandwich et un fruit pour un départ à 13 h. Un grand verre d’eau au stationnement, un autre au vert d’exercice. Arriver au départ déjà hydraté vaut plus que tout ce que vous boirez au 16.
Pendant l’aller
Quelques gorgées à chaque tertre de départ, sans attendre la soif. La soif est un signal tardif : quand elle apparaît, la concentration a déjà commencé à baisser. Une petite collation vers le 5 ou le 6.
Au virage et au retour
Remplissez la gourde au casse-croûte ou à la fontaine du 9 ou du 10. Mangez la moitié d’un sandwich au virage, l’autre moitié au 12. Une autre collation vers le 15. C’est le retour qui décide de la carte de pointage, et c’est là que les réserves manquent.
L’eau d’abord, le sel quand il fait lourd
Un repère raisonnable par temps chaud est d’environ un demi-litre à l’heure, davantage quand l’humidex dépasse 40 et que vous marchez. Sur quatre heures et demie de jeu, cela représente plus que la bouteille unique qu’on glisse dans le sac.
Par une journée humide, vous transpirez beaucoup, et vous perdez du sel en même temps que l’eau. Boire uniquement de l’eau pendant cinq heures peut laisser une impression de faiblesse ou de crampes. Une boisson ou des comprimés d’électrolytes pour le retour règlent le problème sans alourdir le sac.
Les boissons gazeuses sucrées, elles, apportent un pic d’énergie suivi d’une baisse, exactement ce qu’on cherche à éviter au 13.
Que manger, trou par trou
| Moment | Quoi | Pourquoi |
|---|---|---|
| Trous 5-6 | Une banane ou une poignée d’amandes | Maintenir l’énergie avant qu’elle baisse |
| Virage (9-10) | Un demi-sandwich, pas un hot-dog frites | Un repas lourd provoque le creux des trous 11 et 12 |
| Trou 12 | L’autre demi-sandwich ou une barre | Étaler l’apport |
| Trou 15 | Des fruits séchés, un fromage en bâtonnet | Tenir jusqu’au 18 sans coup de fatigue |
Le contenu exact compte moins que la régularité. Une petite chose tous les cinq ou six trous, même banale, fait mieux qu’une collation parfaite prise au mauvais moment.
Le café du matin et la bière de l’après-midi
Un café avant un départ matinal aide réellement à la vigilance. Le deuxième, bu à jeun au casse-croûte du virage, donne plus souvent des mains nerveuses sur les verts qu’autre chose. Si vous en prenez un, accompagnez-le d’une collation et d’un verre d’eau.
La voiturette de rafraîchissements qui passe au 12 en après-midi fait partie de la culture de bien des clubs québécois, et personne ne vous dira quoi boire. Sachez simplement que l’alcool augmente les pertes en eau et qu’une bière froide un jour d’humidex à 38 remplace mal une bouteille d’eau. Alternez, et gardez la bière pour le 19e trou.
Les maringouins et le soleil font partie du plan
Une partie en fin de journée près d’un boisé ou d’un étang, en juin, se joue aussi contre les maringouins et les mouches noires. Les piqûres dérangent la concentration autant que la faim. Un insectifuge appliqué au stationnement évite de se gratter pendant les coups roulés. Santé Canada limite depuis sa réévaluation de 2002 la concentration de DEET des insectifuges vendus au pays à 30 % : inutile de chercher plus fort. Appliquez d’abord l’écran solaire, ensuite l’insectifuge.
Côté soleil, quatre heures et demie à découvert entre 11 h et 15 h représentent une exposition réelle, même par temps voilé. Chapeau à large bord, lunettes et écran solaire à large spectre réappliqué au virage.
Mai et octobre : l’autre extrême
Les parties d’ouverture et de fermeture de saison au Québec posent le problème inverse. À 8 °C, par un matin venteux d’octobre, on ne sent pas la soif, on ne boit rien, et on perd pourtant de l’eau par la respiration et l’effort.
- Un thermos de thé ou de bouillon chaud remplace avantageusement la bouteille d’eau glacée.
- Le corps dépense de l’énergie pour se garder au chaud : les collations comptent autant qu’en juillet.
- Des gants de rechange secs dans une poche imperméable, pour les mains mouillées par la rosée.
Marcher, pousser ou rouler
Dix-huit trous à pied représentent environ huit kilomètres, parfois plus sur les parcours vallonnés des Laurentides ou des Cantons-de-l’Est. Porter le sac ajoute un effort considérable. Les marcheurs ont donc besoin de plus d’eau et de collations, pas de moins.
En voiturette, on bouge moins mais on reste autant exposé au soleil, et on boit souvent moins parce que la glacière est derrière soi et que la fatigue ne se sent pas. Le chariot, poussé ou électrique, offre le meilleur compromis : la marche sans le poids sur l’épaule.
Où s’approvisionner avant la partie
Le casse-croûte du club dépanne, mais il vous pousse vers le gros repas unique du virage. Mieux vaut préparer le sac avant de partir.
- À l’épicerie ou au dépanneur sur la route : fruits, noix, bâtonnets de fromage, barres, eau en grand format.
- En pharmacie : comprimés ou poudres d’électrolytes, écran solaire, insectifuge.
- Dans un magasin d’articles de sport : gourdes isolées et petites glacières souples qui entrent dans une poche du sac. Une bouteille restée deux heures au soleil sur une voiturette est une bouteille qu’on ne boit plus.
Vérifiez la politique de votre club sur la nourriture et les boissons apportées de l’extérieur : certains clubs l’encadrent, surtout pour l’alcool.
Quand arrêter, et qui appeler
Maux de tête, étourdissements, nausées, confusion, crampes fortes, ou peau chaude qui ne transpire plus en pleine chaleur : ce ne sont plus des soucis de pointage. Arrêtez, mettez-vous à l’ombre, buvez et prévenez le personnel du club. En cas de confusion ou de malaise grave, composez le 911.
Pour un conseil sans urgence, Info-Santé 811 permet au Québec de parler à une infirmière qui évalue l’état de santé et oriente vers le bon service. Si vous suivez un traitement ou vivez avec une condition sensible à la chaleur, à l’hydratation ou à la glycémie, parlez-en à votre médecin avant la saison.
Pour la prochaine partie
- Regardez l’humidex la veille, pas seulement la température.
- Deux verres d’eau avant le premier départ.
- Quelques gorgées à chaque tertre, une collation tous les cinq ou six trous.
- Électrolytes au retour quand il fait lourd, thermos chaud en mai et en octobre.
- Insectifuge et écran solaire au stationnement, pas au 7.
- Comparez vos trous 13 à 18 sur vos dix dernières cartes, puis refaites le calcul dans un mois.






