Boire et manger sur le parcours, de la canicule du Rhône aux matins de Crans
Les coups perdus en fin de partie viennent souvent d'un ventre vide et d'une gourde oubliée plus que du swing. En plaine l'été comme en altitude l'automne, le plan tient en quelques gestes, et l'OFSP fixe les limites à ne pas franchir par forte chaleur.
En bref
- Comparez les trous 13 à 18 de vos dix dernières cartes aux trous 1 à 6 : l'écart dit si la fatigue vous coûte des coups.
- Par canicule, l'OFSP conseille d'éviter l'effort de 11 à 17 heures et de boire au moins 1,5 litre par jour.
- Un petit en-cas toutes les cinq ou six trous vaut mieux qu'un gros sandwich au demi-tour.
- En altitude et par temps frais, la transpiration passe inaperçue : buvez à heure fixe.
- Vertiges, confusion ou maux de tête : on arrête, et si rien ne s'améliore, médecin ou 144.
Un samedi de juillet au Golf de Lavaux, à Puidoux, le départ de 11 heures tombe en plein dans la plage que l’Office fédéral de la santé publique demande d’éviter pour l’effort physique par forte chaleur : le soleil de midi, de 11 à 15 heures, puis les heures les plus chaudes, de 15 à 17 heures. Le même joueur, un matin d’octobre à Crans-sur-Sierre, part avec des doigts gelés et ne pense même pas à boire. Dans les deux cas, la carte se défait au même endroit, sur les six derniers trous, et rarement pour une question de swing.
Ce qui suit s’adresse à un adulte en bonne santé qui joue pour le plaisir. Ce n’est pas un avis médical, et la dernière partie de l’article, sur les limites de ces conseils, est la plus importante.
D’abord, mesurer si le problème vous concerne
Sortez vos dix dernières cartes et faites trois additions : les trous 1 à 6, 7 à 12, puis 13 à 18. Si le dernier bloc coûte régulièrement un ou deux coups de plus que le premier, sur des parcours dont la difficulté est répartie de façon égale, il y a de bonnes chances que la fatigue en soit la cause.
Le mécanisme est connu : la lucidité baisse avant la frappe. Les coups paraissent toujours corrects, mais les choix se dégradent, un club mal choisi, une attaque de drapeau inutile, un trois-putts sur un green pourtant lu. Le joueur ne se sent pas moins bon, il constate seulement le score.
Avant de quitter la maison
Le plan d’une partie commence la veille. Un vrai repas, pas un café avalé sur l’autoroute. Et un arrêt dans un supermarché sur la route du parcours, où quelques francs suffisent pour tenir quatre heures : deux fruits, une poignée d’amandes ou de fruits secs, une barre que vous aimez vraiment, un demi-sandwich. La buvette du club reste agréable, mais elle pousse à manger une seule grosse portion au demi-tour.
Pour l’eau, l’OFSP recommande de boire régulièrement, au moins 1,5 litre par jour en période de chaleur, et de préférence l’eau du robinet. En Suisse, remplir sa gourde avant de partir ne coûte donc rien. Prévoyez plus que ce que vous croyez nécessaire : on revient rarement d’un parcours avec une bouteille pleine, souvent avec une bouteille vide depuis le douzième.
Du premier départ au sixième trou
La soif est un signal tardif : elle arrive quand la performance a déjà commencé à baisser. Buvez donc dès le départ du 1, par petites gorgées, à intervalle fixe plutôt qu’à l’envie. Par temps chaud, un repère pratique courant est d’environ un demi-litre par heure, davantage par grosse chaleur.
Le café avant le départ ne pose pas de problème, et il aide même un peu : la caféine améliore la vigilance et diminue la perception de l’effort. Mangez quelque chose de léger vers le cinquième trou, avant d’en avoir envie.
Autour du demi-tour : le piège du sandwich et du second café
Le grand sandwich englouti au neuvième trou produit un creux classique vers le onzième et le douzième : la glycémie monte, puis retombe exactement au moment où la partie se joue. Coupez-le en deux et mangez chaque moitié sur deux trous différents.
Le second café au demi-tour, à jeun, est l’autre erreur typique. Il donne des mains nerveuses sur les greens et coïncide souvent avec un joueur qui n’a pas assez bu. Si vous le prenez, accompagnez-le d’un en-cas et d’un verre d’eau.
Même remarque pour la bière de la terrasse. Chacun fait comme il l’entend, mais l’alcool est diurétique, et un jour de chaleur il travaille contre vous exactement quand vous avez besoin de liquide.
Les six derniers trous
C’est là que tout se joue, et c’est là que la plupart des joueurs n’ont plus rien dans le sac. Un fruit ou quelques fruits secs vers le quatorzième trou suffisent. Le principe tient en une phrase : peu, mais souvent, toutes les cinq ou six trous. Le moment compte davantage que le contenu, et il ne s’agit pas de préparer un marathon.
En été, une boisson ou des pastilles d’électrolytes pour le retour, qu’on trouve en pharmacie comme dans les magasins de sport, ont un vrai sens : par forte chaleur, on perd du sel autant que de l’eau, et boire seulement de l’eau peut laisser une impression de faiblesse.
Juillet en plaine : Léman et vallée du Rhône
La Suisse romande a deux golfs d’été très différents. En plaine, au bord du Léman ou dans la vallée du Rhône, au Golf Club de Sion par exemple, les après-midis de juillet et d’août peuvent être éprouvants. Là, la question n’est plus seulement le score mais la sécurité.
- Réservez tôt. Le conseil de l’OFSP, faire de l’exercice tôt le matin ou le soir, se traduit au golf par un départ matinal ou en fin de journée.
- Protégez-vous. Chapeau à large bord, vêtements clairs, crème solaire, serviette mouillée autour du cou.
- Buvez à heure fixe, pas quand la soif se fait sentir.
- Surveillez les alertes de MétéoSuisse et d’Alertswiss, que l’OFSP renvoie pour les avis de canicule.
Les signaux d’alerte listés par l’OFSP sont la faiblesse, la confusion, les vertiges, les maux de tête, les crampes, la bouche sèche, les nausées, une température corporelle élevée ou un pouls rapide. Face à l’un d’eux, on arrête la partie. Si les symptômes ne s’améliorent pas rapidement, l’OFSP demande d’appeler immédiatement un médecin ou le 144. Aucune carte ne mérite d’être terminée dans cet état.
L’altitude et l’automne : boire sans soif
Le golf de montagne trompe dans l’autre sens. À Crans-sur-Sierre, à 1’500 mètres, où le parcours Severiano Ballesteros ouvre de mai à octobre, l’air est plus frais et plus sec, et la transpiration s’évapore avant qu’on la remarque. On perd du liquide sans rien sentir, et les parties de début ou de fin de saison, par matin froid, sont celles où l’on boit le moins.
Dans ces conditions, une boisson chaude dans un thermos remplace avantageusement la bouteille d’eau glacée que personne n’a envie de boire, et une paire de gants secs de rechange rend service autant que l’en-cas.
À pied, au chariot ou en voiturette
Dix-huit trous à pied représentent une bonne marche, et un parcours vallonné y ajoute des montées. Porter son sac alourdit encore la dépense, ce qui rend le plan d’hydratation plus important, pas moins.
La voiturette réduit l’effort, pas le soleil. Au Golf de Lavaux, elle est facturée CHF 60 aux visiteurs, et le chariot électrique CHF 25 pour dix-huit trous, selon les tarifs affichés par le club. Le piège de la voiturette est psychologique : on ne sent pas la dépense, la glacière est derrière le siège, et l’on boit moins. Le chariot, électrique ou non, reste pour beaucoup le meilleur compromis, la marche sans la charge sur l’épaule.
Où s’approvisionner et se restaurer autour des parcours romands
La solution la plus simple et la moins chère reste l’eau du robinet et les courses faites avant le départ. Les pastilles d’électrolytes se trouvent en pharmacie et dans les magasins de sport, et ne prennent aucune place dans le sac.
Pour un vrai repas avant ou après la partie, les restaurants de club sont souvent ouverts largement : celui du Golf de Lavaux affiche un service tous les jours de 9 à 21 heures, et le Golf Club de Sion dispose d’un restaurant et bistro. Mangez-y avant le départ plutôt qu’au demi-tour, quand la digestion prendrait la place de la concentration.
Renseignez-vous aussi sur la politique de votre club concernant la nourriture apportée de l’extérieur : elle varie d’un parcours à l’autre, surtout sur les terrasses.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs et organismes cités.
Les limites de ces conseils
Il s’agit de conseils pratiques pour un adulte en bonne santé qui joue au golf de loisir, pas d’un avis médical. Si vous suivez un traitement, si vous êtes diabétique ou si une affection vous rend sensible à la chaleur, à l’hydratation ou à la glycémie, demandez à votre médecin ce qu’il faut emporter et ce qu’il faut surveiller. Dix minutes de consultation valent mieux que n’importe quel article.
Votre prochaine partie, en quatre gestes
- Gourde remplie au robinet, en-cas achetés sur la route, avant d’arriver au club.
- Première gorgée au départ du 1, puis à intervalle fixe.
- Un petit en-cas toutes les cinq ou six trous, le sandwich coupé en deux.
- En été, départ tôt ou tard, en dehors de la plage de 11 à 17 heures ; en altitude, boire même sans soif.
Refaites l’addition des trous 13 à 18 après un mois : c’est l’amélioration la moins chère du golf, sans matériel ni leçon.






