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Technique

Progresser sans moniteur : Swiss Golf App, practices du Léman et neuf trous d’automne

L'automne romand se prête bien au travail en solitaire : parcours plus calmes, neuf trous faciles à caser après le bureau. Encore faut-il savoir quoi travailler, et ce qu'il vaut mieux laisser tomber.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 9 min
Golfeuse seule sur une zone d'entraînement, un tas de balles à ses pieds, qui prépare une approche
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • La fonction General Play de la Swiss Golf App enregistre des scores comptant pour le handicap et suit vos statistiques ; 18'244 joueurs l'ont utilisée en 2025.
  • Près de la moitié des 66'532 parties saisies en 2025 via l'application étaient des neuf trous, un format idéal pour les tours d'entraînement.
  • D'après Mark Broadie, 40 % de l'écart entre 90 et 80 vient des approches et 17 % des coups à moins d'environ nonante mètres.
  • Une seule modification, trois semaines minimum, jugée sur la vidéo et le point d'impact avant de l'être sur la carte.

Fin septembre, les greens romands sont encore rapides, les matinées fraîches et les heures de départ plus faciles à obtenir qu’en juillet. C’est le moment où beaucoup de joueurs se disent qu’ils aimeraient finir la saison avec un handicap plus bas, sans forcément réserver une série de cours. Bonne nouvelle : on peut progresser seul, à condition de viser juste. Mauvaise nouvelle : la plupart des heures passées au practice ne servent presque à rien. Ce guide trie les deux.

Il ne s’agit pas de se passer des pros. Une heure avec un bon enseignant évite parfois une saison de tâtonnements, et notre article sur la façon de profiter de ses leçons le détaille. Il s’agit de ce que vous faites entre deux leçons, ou quand l’agenda et le budget ne permettent pas d’en prendre.

Le diagnostic d’abord : où filent vos coups ?

Le réflexe naturel est de travailler ce qu’on aime. Au practice, cela veut dire le driver, encore et toujours. Commencez plutôt par établir un état des lieux honnête, sur cinq tours, avec quatre colonnes par trou :

  • la mise en jeu est-elle restée sur le fairway ou jouable ;
  • le green a-t-il été atteint en régulation ;
  • combien de chips et de pitchs dans un rayon d’environ 45 mètres ;
  • combien de putts, plus une croix par coup de pénalité.

Cinq tours suffisent en général pour voir le problème. Celui qui enchaîne 38 putts et trois balles hors limites ne soigne pas la même maladie que celui qui tient huit fairways et ne trouve que deux greens.

Pour situer ces chiffres, on peut s’appuyer sur Mark Broadie. Ce professeur de la Columbia Business School, père des statistiques de coups gagnés reprises par le PGA Tour, a comparé dans Every Shot Counts (2014) les joueurs qui rendent 90 et ceux qui rendent 80. Résultat : quelque 40 % de la différence tient aux approches, 28 % aux coups de départ, 17 % aux coups joués à moins de 100 yards, soit environ nonante mètres, et 15 % au putting. Autrement dit, le long jeu pèse plus lourd que le dicton ne le prétend. Mais une moyenne n’est pas votre jeu. Pour bien des handicaps élevés, les points les plus vite gagnés restent les pénalités évitées et les trois-putts supprimés.

Remplacer l’œil du pro

Le vrai cadeau d’un enseignant, ce n’est pas l’astuce du jour, c’est le regard du dehors. Vous sentez une chose, vous en faites une autre. Trois outils simples réduisent cet écart.

Filmer. Votre natel, un petit trépied à hauteur de hanche, deux prises de vue : de face, bien perpendiculaire au torse, puis dans la ligne, derrière les mains, orientée vers la cible. Même emplacement à chaque séance, sans quoi vous comparez des pommes et des poires. Le mode ralenti est précieux. Regardez peu de choses à la fois : posture à l’adresse, posture à l’impact, orientation du club au sommet, déplacement de la tête et du bassin. Et tournez une première vidéo avant toute modification, comme référence.

Observer le vol. Retenez ceci : la balle part à peu près là où la face regardait à l’impact, et elle tourne selon l’écart entre la face et la trajectoire du club. Départ à droite puis courbe vers la droite, c’est une face ouverte par rapport au chemin. Départ à gauche puis courbe encore plus à gauche, c’est une face fermée par rapport à un chemin qui file déjà à gauche. Avec cette clé, la moitié des conseils contradictoires sur le slice et le hook deviennent lisibles.

Marquer la face. Du ruban d’impact ou un peu de poudre en spray pour les pieds révèle le point de contact. Les frappes en talon ou en pointe coûtent souvent plus de mètres que bien des défauts de swing. Sur l’herbe, lisez la motte : elle devrait débuter juste devant l’emplacement de la balle et viser grossièrement la cible.

Un radar de mesure chiffre tout cela si vous en avez un sous la main. Utile, jamais indispensable.

Un chantier à la fois

Le piège classique de l’autodidacte : un tutoriel le lundi, un essai le mardi, trois balles ratées et un autre tutoriel avant le week-end. Au bout de l’été, vingt pistes explorées, aucune retenue.

La règle est simple. Une seule modification, tirée de votre diagnostic, écrite en une phrase courte (« mains un peu plus en avant à l’adresse », « terminer en équilibre sur le pied gauche »). Trois semaines minimum avant de trancher. Et une tolérance pour la phase où tout empire : un mouvement neuf semble maladroit et donne des coups curieux avant de donner de bons coups. Le juge, c’est d’abord la vidéo et la marque sur la face ; le score vient en dernier.

Côté sources, même sobriété : un seul enseignant ou une seule chaîne dont le langage vous parle vaut mieux qu’un flot de conseils. Quand deux avis s’opposent, votre film et votre vol de balle départagent.

S’entraîner comme on joue

Tirer un panier entier au fer 7 sur le même piquet rassure, mais apprend peu. Ce travail répétitif aide au tout début d’un geste nouveau. Ensuite, il faut varier, car le parcours ne répète jamais le même coup. Les recherches en apprentissage moteur, depuis les années septante, vont dans le même sens : un entraînement mélangé paraît plus pénible sur le moment et laisse davantage de traces ensuite.

Quand la modification commence à sembler naturelle, changez de club et de cible à chaque balle, reprenez votre routine entière, simulez des trous : départ, coup suivant selon le résultat, puis wedge. Notre plan de séance de practice propose une séance complète sur ce modèle.

Mettez-vous une note. Dix balles, une zone cible, un point par balle dedans. La semaine d’après, faites mieux. Le chiffre ne ment pas sur l’efficacité de votre travail.

Autour du green, le meilleur rendement

Près du drapeau, la force ne compte pas, et un putting green ou une zone d’approche suffit, souvent sans panier de balles à payer. C’est le secteur où le travail en solitaire rapporte le plus vite. Quelques exercices :

  • La ronde. Six balles en cercle à un mètre du trou ; toutes dedans, sans faute, puis on recule de vingt centimètres. Rien ne coûte autant de coups que les petits putts manqués.
  • Les paliers. Depuis 9, 12 et 15 mètres, arrêtez la balle dans la longueur d’un club au-delà du trou. Notre article sur les putts longs détaille le dosage.
  • Le sauvetage. Dix balles lâchées à dix endroits autour du green, un chip, puis on termine. Combien de sauvetages sur dix ? Notez-le.
  • L’horloge des wedges. Trois amplitudes de backswing par wedge, et vous voilà avec neuf à douze distances connues. Notre méthode des longueurs de wedge explique comment les mesurer.

Des tours d’entraînement, pas seulement des tours

Au practice on apprend des mouvements, sur le parcours on apprend à jouer. Une boucle de neuf trous en fin d’après-midi, seul ou avec un ami, est un excellent terrain d’exercice.

Quelques formules : deux balles à chaque coup en jouant la moins bonne, pour connaître votre coup moyen ; neuf trous avec quatre clubs seulement ; ou une consigne unique pour la partie, par exemple aucune pénalité, qui guide chaque choix au départ. Une bonne part des coups perdus vient de mauvaises décisions, et la gestion de parcours se travaille sans changer une ligne de son swing.

Les fausses bonnes idées

  • Vider un panier au driver. Dix drives suffisent, chacun vers un fairway imaginé.
  • Changer d’astuce chaque semaine. Impossible alors de savoir ce qui marchait.
  • Compter sur un nouveau club. Le matériel vient après le geste, comme le rappelle un bon fitting des fers.
  • Taper sans viser. Même sur la pelouse du jardin, chaque balle a une cible.
  • Juger sur un seul tour. Un score isolé ne dit rien ; cinq tours disent quelque chose.

Le moment de réserver un pro

Si un défaut résiste à un mois de travail consciencieux, si une douleur apparaît, si la vidéo reste muette ou si vous faites vos premiers pas, prenez une leçon. Idéalement une seule, ciblée sur ce que votre diagnostic a montré, avec un exercice à reprendre ensuite seul. Elle s’insère sans peine dans la démarche décrite ici.

Où progresser seul en Suisse romande : Swiss Golf App et practices du Léman

Pour la partie statistique, la Swiss Golf App fait l’essentiel du travail. On s’y connecte avec sa Swiss Golf Card, et la fonction General Play permet d’enregistrer aussi souvent qu’on le souhaite des scores comptant pour le handicap lors de parties libres, avec un marqueur invité dans l’application, qui valide la carte avant qu’elle soit transmise à Swiss Golf. L’application sert aussi à suivre ses statistiques et son évolution. Selon Swiss Golf, 18’244 golfeuses et golfeurs ont utilisé General Play au moins une fois en 2025, pour 66’532 parties enregistrées, dont 47,5 % sur neuf trous.

Ce dernier chiffre est une bonne nouvelle pour qui veut progresser en automne : un neuf trous compte, et il se case facilement dans une fin de journée d’octobre. Notre sélection de neuf trous et parcours compacts en Suisse romande donne des idées, et notre article sur les départs à choisir aide à jouer un parcours à sa mesure, pour garder les approches que Broadie juge décisives.

Pour l’entraînement, le Golf Parc du Signal de Bougy, entre Genève et Lausanne, revendique l’une des plus grandes infrastructures d’entraînement du bassin lémanique : practice des deux côtés, côté lac et côté Jura, putting green, chipping green, zone d’approche et un practice équipé Trackman. De quoi mener l’essentiel du programme ci-dessous au même endroit. Pensez aussi que les journées raccourcissent vite en octobre : c’est maintenant, tant que la lumière le permet après le travail, qu’il faut jouer les cinq tours du diagnostic.

Le programme en six semaines

  • Semaines 1 et 2 : cinq tours avec les quatre colonnes, dans la Swiss Golf App ou sur papier, et une vidéo sous chaque angle.
  • Semaine 3 : choix du secteur le plus coûteux et d’une modification unique, écrite noir sur blanc.
  • Semaines 3 à 6 : deux séances brèves par semaine, la moitié sur la modification, l’autre sur le petit jeu, avec un exercice noté pour finir.
  • Chaque semaine : un neuf trous tranquille avec une consigne.
  • Au terme de la sixième semaine : nouvelle vidéo, comparaison des statistiques, puis décision : on garde, on ajuste ou on appelle un pro.

Un but, un regard lucide, un chiffre à battre. Tenu six semaines, ce petit cadre vaut largement une saison entière de bonnes intentions, et il vous laisse encore quelques week-ends d’automne pour voir le résultat sur la carte.

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