Handicap élevé, partie fluide : le trait du Stableford et le General Play de la Swiss Golf App
Entre une carte de 80 et une carte de 105, l'écart ne coûte qu'une dizaine de minutes de frappe. Le reste se perd entre les coups : recherches, remontées vers le tee, sorties manquées, trous terminés alors que le Stableford ne rapportait plus rien. Le World Handicap System, les Règles et la Swiss Golf App offrent déjà de quoi les éviter.
En bref
- Le score maximal retenu sur un trou est le double bogey net : par plus deux plus les coups reçus, soit le zéro point du Stableford. Sans handicap, la limite est par plus cinq.
- Trois minutes de recherche depuis 2019 : au moindre doute, une provisoire annoncée. Golfimport affichait la Pro V1 à CHF 65.– la douzaine en septembre 2026.
- Le General Play de la Swiss Golf App enregistre gratuitement des parties comptant pour le handicap, marqueur invité avant le départ ; 66'532 parties y ont été saisies en 2025, dont 47,5 % sur neuf trous.
- Selon l'ASGI, le premier handicap s'obtient avec 18 points Stableford sur 9 trous ou 36 sur 18 ; le handicap maximal est 54.
Sur une carte de Stableford, il existe un signe que tout joueur romand connaît : le trait. Il veut dire « zéro point », et il veut surtout dire que le trou est terminé. Pourtant, chaque week-end, sur les parcours de Suisse romande, des joueurs à 36 ou 45 de handicap continuent de frapper une balle qui ne rapportera plus rien, pendant que la partie suivante attend au départ. Un handicap élevé n’a jamais ralenti personne. Ce qui ralentit, ce sont quelques réflexes, et ils se changent sans leçon de swing.
Ce texte vise les joueurs dont le handicap se situe entre 20 et 54, et ceux qui viennent de réussir l’autorisation de parcours. Les principes valables pour tout le monde, le prêt-à-jouer, le chariot garé sur le chemin du tee suivant, l’arrivée au départ dix minutes avant l’heure, figurent dans notre article sur le rythme de jeu sur les parcours suisses. On s’intéresse ici à ce qui change quand on joue beaucoup de coups : davantage de balles égarées, davantage de positions délicates, davantage de choix à faire.
Vingt-cinq coups de plus, dix minutes tout au plus
Le calcul rassure. Entre une carte de 80 et une carte de 105, l’écart est d’environ vingt-cinq frappes. La Règle 5.6b recommande de jouer en quarante secondes au maximum lorsque c’est votre tour, et généralement plus vite. À ce tempo, ces frappes supplémentaires représentent dix à quinze minutes, diluées dans une partie de quatre qui marche, attend et putte de toute façon.
Le temps perdu se loge entre les frappes : la balle qu’on cherche une seconde fois dans la forêt, la remontée à pied vers le tee, l’hésitation entre deux clubs, la sortie tentée entre deux sapins qui finit contre un troisième. C’est sur ces moments que l’on peut agir, et c’est ce que fait la suite.
Le plafond que le handicap vous accorde déjà
Le World Handicap System plafonne chaque trou. Une fois votre handicap établi, le score maximal pris en compte est le double bogey net : par plus deux, plus les coups reçus sur le trou. Sans handicap, la limite est fixée à par plus cinq.
Un exemple sur un par 3 où votre handicap de jeu, autour de 40, vous donne deux coups. Votre plafond vaut 3 + 2 + 2, soit 7. Si la balle n’est pas dans le trou après le septième coup, elle ne changera plus rien à votre handicap. Relevez-la, inscrivez 7 et dirigez-vous vers le tee suivant. Terminer en 9 lors d’une partie privée n’apporte qu’une chose : deux minutes d’attente à tout le monde.
En Stableford, la logique est la même et encore plus visible. Le double bogey net correspond exactement à zéro point : dès que vous l’avez atteint sans finir, le trait est acquis, la balle se ramasse. Beaucoup de compétitions de club se jouent dans cette formule, pensée pour qu’un mauvais trou ne coûte jamais plus que zéro point. En stroke play, au contraire, chaque trou se termine balle dans le trou. Troisième cas : le score maximum de la Règle 21.2, où le Comité fixe un plafond, double du par ou double bogey net par exemple, au-delà duquel on relève sa balle. Notre guide des formules de jeu les compare.
Forêts, vignes et trois minutes
Entre les lisières du Jorat, les sapins du Jura et les vignes qui bordent certains parcours lémaniques, une balle égarée n’a rien de rare. Le temps de recherche est de trois minutes depuis 2019, contre cinq auparavant, et il commence dès que vous ou votre caddie vous mettez à chercher.
La parade tient en un geste : au moindre doute sur une balle qui peut être perdue hors d’une zone à pénalité, ou hors limites, jouez une provisoire avant de quitter le tee, en l’annonçant à voix haute. Balle d’origine retrouvée en jeu, vous relevez la provisoire sans pénalité. Balle introuvable, vous jouez déjà votre coup suivant, sans remonter la pente jusqu’au départ.
Un mot sur le prix. Golfimport affichait la Pro V1 à CHF 65.– la douzaine en septembre 2026, soit un peu plus de CHF 5.40 la balle. Trois minutes de quatre joueurs, multipliées par les parties qui suivent, coûtent bien plus que cela. Et une balle partie chez un voisin du parcours est perdue : on ne va pas la chercher derrière la clôture.
Certains clubs ont adopté la règle locale type E-5, alternative au coup et distance pour une balle perdue ou hors limites. On droppe alors près de l’endroit où la balle a été perdue ou est sortie, jusqu’au bord du fairway le plus proche, avec deux coups de pénalité. Elle est pensée pour le jeu de tous les jours et ne s’applique que si le Comité l’a adoptée : consultez les règles locales, souvent publiées sur le site du club.
Une seule sortie, vers l’herbe tondue
La trajectoire miracle entre deux troncs est le coup le plus cher du golf amateur. Ratée, elle laisse la balle au même endroit ou pire, avec un coup de plus, et la partie qui patiente sur le fairway.
Visez l’herbe tondue la plus proche, même si cela veut dire jouer de côté ou vers l’arrière. Deux coups sûrs valent mieux qu’une tentative qui réussit une fois sur cinq et en coûte souvent trois.
Pensez aussi à la balle injouable. Partout sauf dans une zone à pénalité, un coup de pénalité vous offre trois options : coup et distance, recul sur la ligne, dégagement dans les deux longueurs de club. Dans un bunker, les deux dernières vous laissent dans le sable, mais une quatrième option permet, pour deux coups de pénalité au total, de dropper en arrière sur la ligne à l’extérieur du bunker. Deux coups, c’est souvent moins que ce que coûtent trois tentatives dans le même sable.
Le chariot sur les parcours en pente
Un joueur à handicap élevé multiplie les petits coups, et chacun peut provoquer un aller-retour jusqu’au chariot. Sur un parcours en relief, où le chariot reste parfois vingt mètres plus haut, la note s’alourdit. Partez donc avec trois clubs : celui que vous visez, un club plus long et un wedge. À l’approche du green, prenez le wedge et le putter ensemble.
Si vous partagez une voiturette, déposez d’abord votre partenaire près de sa balle avec ses clubs, puis rejoignez la vôtre plutôt que d’attendre qu’il ait joué.
Quarante secondes, une seule pensée
Face à la difficulté, on a tendance à en rajouter : plusieurs swings d’essai, une longue immobilité, trois consignes techniques à la fois. À votre niveau, cela n’améliore pas le contact et cela allonge chaque coup.
La routine courte fonctionne mieux. Le club est choisi pendant que les autres jouent. À la balle : un coup d’œil depuis l’arrière vers la cible, un seul swing d’essai, la mise en place, la frappe. Une seule idée en tête, par exemple « tourner jusqu’au bout », et le reste reste au practice. On se crispe moins quand on reste moins longtemps immobile.
Sur le green, puis ailleurs
Davantage de chips et de putts signifie davantage de temps autour du drapeau. Préparez votre putt pendant que les autres jouent, en observant de côté sans marcher sur les lignes. Depuis 2019, le drapeau peut rester dans le trou quand vous puttez : inutile de le faire tenir, ni de l’enlever pour un chip depuis l’avant-green. En partie privée, terminez les putts courts plutôt que de marquer la balle.
Une fois le trou fini, quittez le green. La carte se remplit au tee suivant, pas au bord du trou que la partie de derrière attend.
Le mot d’accueil au départ du 1
Annoncez la couleur avant le premier coup : « Dès que j’atteins mon double bogey net, je relève ma balle. » Les partenaires apprécient de savoir, et vous jouez plus détendu. Demandez-leur aussi de suivre votre balle jusqu’à l’arrêt.
À deux, avec une partie plus rapide dans votre dos, faites-la passer sur un par 3. Deux minutes perdues contre la fin de cette sensation d’être talonné, celle qui pousse à précipiter le swing.
Où les golfeurs romands à handicap élevé gagnent du temps
Enregistrer ses parties privées dans la Swiss Golf App. Relever sa balle au double bogey net ne coûte rien, à condition que la carte compte. La fonction General Play de la Swiss Golf App permet d’enregistrer gratuitement, et aussi souvent que vous le souhaitez, des scores comptant pour le handicap. La partie se configure avant le départ, avec le choix du parcours, du tee et l’invitation du marqueur, puis joueur et marqueur la confirment électroniquement à la fin. Une fois la carte transmise, les scores ne peuvent plus être modifiés ni supprimés. Le succès est réel : selon le bilan publié en mai 2026 sur golf.ch, 66’532 parties ont été enregistrées ainsi en 2025, par 18’244 golfeurs différents, et 47,5 % d’entre elles sur neuf trous.
Viser le premier handicap sans stress. Pour les golfeurs indépendants, l’ASGI indique qu’après l’examen d’autorisation de parcours, le premier handicap s’obtient avec 18 points Stableford sur 9 trous ou 36 points sur 18 trous, le handicap maximal étant 54. Les membres de la Migros GolfCard passent eux aussi par le General Play de la Swiss Golf App pour faire vivre leur handicap. Notre article sur club, ASGI ou Migros GolfCard détaille les différences.
Choisir le bon tee et le bon format. Un départ trop reculé ajoute un coup sur presque chaque par 4, et chaque coup coûte du temps : voyez notre guide depuis quels départs jouer. Et puisque près de la moitié des scores General Play sont désormais réalisés sur neuf trous, les neuf trous et parcours compacts romands sont l’endroit idéal pour jouer à votre rythme en fin de journée, carte comprise.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les organisations et l’enseigne citées.
À retenir avant samedi
- Votre plafond : double bogey net, par plus cinq sans handicap. En Stableford, c’est le trait.
- Provisoire annoncée dès que la balle file vers la forêt. Trois minutes de recherche au maximum.
- Une seule sortie, vers l’herbe tondue ; la balle injouable, y compris hors du bunker pour deux coups.
- Trois clubs en quittant le chariot, wedge et putter ensemble près du green.
- Coup d’œil, swing d’essai, frappe, en quarante secondes au plus.
- General Play activé avant le départ, marqueur invité.
Votre swing reste le même, et personne ne vous demande de courir. Il s’agit simplement que les coups supplémentaires ne se transforment pas en minutes supplémentaires pour tout le parcours. Pour faire baisser le chiffre, poursuivez avec la gestion de parcours, en plaine comme en altitude et trois approches pour le petit jeu.






