Rythme de jeu : quatre heures sans jamais courir
Une partie à quatre joue trois cents coups, soit cinquante minutes. Tout le reste est de la marche, des décisions et de l'attente, et c'est là que quatre heures deviennent cinq.
En bref
- Rejoindre sa balle sans attendre le groupe est le plus gros gain disponible.
- Le prêt-à-jouer est recommandé par les Règles en stroke play, pas toléré.
- Sac ou chariot côté départ suivant : une minute par trou et par joueur.
- Portée de driver multipliée par 28 : la longueur de parcours qui vous va.
- L'étalon, c'est la partie devant. Un trou libre devant vous, vous êtes lents.
Un tour de quatre heures trente devrait être une exception ; il est devenu la norme. La lenteur ne vient presque jamais du swing, mais de ce qui se passe entre les coups. Voici où partent les minutes, et comment les récupérer sans jamais se presser.
L’arithmétique vaut la peine d’être posée, parce qu’elle est rassurante. Une partie à quatre joue environ trois cents coups dans un tour. À dix secondes par coup, cela fait cinquante minutes de golf. Tout le reste est de la marche, des décisions et de l’attente, et c’est là que quatre heures deviennent cinq.
Marcher vers sa balle, pas vers celle du groupe
La partie qui avance ensemble d’un point à l’autre perd un temps considérable. Chacun rejoint sa balle dès que la sécurité le permet, prépare son coup, et joue quand vient son tour.
Le gain se compte en dizaines de minutes sur dix-huit trous, et personne dans la partie ne sent la moindre pression. C’est la mesure qui rapporte le plus et celle qui demande le moins d’effort.
Le prêt-à-jouer
Celui qui est prêt joue, sans attendre l’ordre théorique. Ce n’est pas une tolérance entre amis : le prêt-à-jouer est explicitement encouragé par les Règles en stroke play, à condition que ce soit fait en sécurité et sans désavantager personne.
Concrètement : le joueur arrivé le premier à sa balle joue, les joueurs courts partent du départ pendant qu’un long attend que le green se dégage, et celui qui a un coup simple passe devant celui qui est dans les arbres.
La règle de l’honneur au départ garde son intérêt social, en particulier en match play où elle fait partie du jeu. Sur un parcours chargé en partie amicale, elle coûte cher.
Trois minutes, montre en main
Le temps de recherche est de trois minutes, réduit de cinq en 2019, et il commence quand vous arrivez et commencez à chercher.
Une balle provisoire annoncée au départ économise davantage encore : elle supprime le retour en arrière, qui reste la principale cause de bouchon derrière un groupe. Le mot « provisoire » doit être prononcé, sinon la seconde balle devient la balle en jeu.
Et suivez les balles de vos partenaires jusqu’au bout. Quatre paires d’yeux perdent beaucoup moins de balles qu’une seule.
Le chariot et le sac du bon côté
Posez le sac ou le chariot entre le green et le départ suivant, jamais devant le green, et emportez deux ou trois clubs jusqu’à la balle plutôt que de revenir chercher celui qui manque.
Ce seul réflexe fait gagner une minute par trou aux quatre joueurs, soit près de vingt minutes sur un tour, et évite quelques centaines de mètres de marche inutile.
Préparer son coup pendant que les autres jouent
Distance, club, lecture du vent, choix de la cible : tout cela se fait avant votre tour, pas après. La routine commence quand vous prenez le club, pas quand vous arrivez à la balle.
Un joueur rapide n’est pas un joueur pressé, c’est un joueur préparé. Et un seul swing d’essai suffit : deux swings d’essai par coup, sur quatre-vingts coups, représentent un quart d’heure passé à ne pas jouer.
Le putting
Lisez votre ligne pendant que vos partenaires puttent, en marchant de la balle au trou plutôt qu’en restant accroupi derrière la balle.
Et terminez les putts courts au lieu de marquer la balle pour la remettre trois secondes plus tard. Rien ne ralentit autant un green qu’une partie qui marque quatre balles à quarante centimètres, et en partie amicale cela ne vous apporte rien.
La carte se remplit sur le départ suivant, pendant que quelqu’un joue, jamais à côté du green que l’on vient de quitter.
Jouer les départs qui correspondent à votre jeu
Un joueur qui porte son driver à 180 mètres sur un parcours de 6 200 mètres ajoute un coup entier sur la plupart des par 4, et chacun de ces coups prend du temps.
Le repère promu par les fédérations est simple : multipliez votre portée de driver par 28 pour trouver la longueur de parcours qui vous convient. Une portée de 180 mètres pointe vers un parcours d’environ 5 000 mètres. Choisir les bonnes marques accélère le tour et baisse le score en même temps, ce qui est une combinaison rare.
Laisser passer
Si vous avez un trou de retard sur la partie devant vous et un groupe qui attend derrière, laissez passer. Ce n’est pas une défaite, c’est de la politesse, et la partie redevient agréable dès la minute suivante.
Le seul étalon qui compte est la partie devant, pas celle derrière : s’il y a un trou libre devant vous, vous êtes lents, quelle que soit la distance à laquelle se tient le groupe suivant.
Ce que les clubs peuvent faire
Les intervalles de départ trop serrés créent des bouchons qu’aucun joueur ne peut rattraper. Une partie lente sur une feuille de départs à huit minutes bloque toute la journée, parce qu’il n’existe aucun trou pour absorber le retard.
Certains clubs suisses sont passés à des créneaux de dix ou douze minutes plutôt que huit, publient un temps de référence par trou sur la carte de score, et font passer un responsable de parcours aux heures chargées. Aucune de ces mesures ne coûte quoi que ce soit, et le sujet mérite d’être posé au comité.
Où trouver un tour rapide en Suisse
Tôt ou tard, jamais au milieu. Les deux ou trois premiers départs de la journée et les créneaux de fin d’après-midi sont le golf le plus rapide de n’importe quel parcours, et souvent le moins cher : beaucoup de clubs proposent un tarif réduit après une heure donnée.
Les parcours de neuf trous et les compacts sont l’option sous-estimée pour la même raison. Deux heures après le travail sans jamais attendre représentent plus de golf que quatre heures trente d’arrêts et de redémarrages un samedi matin, et la Suisse est bien pourvue en neuf trous.
Enfin, posez la question directement à l’accueil : quel est l’intervalle de départ ce matin-là, et la feuille est-elle pleine. Dans un club bien tenu on vous répondra honnêtement, et la réponse vous dit quel après-midi vous venez d’acheter.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les structures citées.
Le rythme se décide sur le premier départ
La chose la plus efficace qu’une partie puisse faire pour son rythme se dit en trente secondes, avant le premier coup : décider ensemble qu’on jouera en prêt-à-jouer, qu’on annoncera une provisoire au moindre doute, et qu’on ramassera quand le trou est perdu.
Cette conversation, personne ne l’a jamais, et son absence est la raison pour laquelle une partie de quatre inconnus met cinq heures là où les mêmes quatre joueurs prévenus en mettent quatre.
Elle évite aussi le moment désagréable du douzième trou, quand l’un des joueurs commence à soupirer et que les trois autres ne savent pas s’ils doivent accélérer. Un accord pris au calme au départ du 1 est infiniment plus facile à tenir qu’un reproche formulé au milieu du parcours.
L’objectif raisonnable
- Rejoindre sa balle sans attendre le groupe, et préparer son coup avant son tour.
- Prêt-à-jouer, un seul swing d’essai.
- Balle provisoire annoncée au moindre doute, trois minutes de recherche maximum.
- Sac ou chariot côté départ suivant, deux ou trois clubs en main.
- Putts courts terminés, carte remplie sur le départ suivant.
Quatre heures à quatre joueurs marchés sur un parcours plein, trois heures trente à deux. Ces temps sont atteignables sans jamais courir, à condition que les quatre joueurs appliquent les mêmes réflexes.
Où ça se joue vraiment
Trois parcours de notre annuaire qui demandent des jambes.
- Golf de Villars : Fondé en 1922 à 1 660 mètres, dessiné par Donald Harradine : le seul dix-huit trous de montagne des Alpes vaudoises, et 460 mètres de dénivelé cumulé.
- Golf & Country Club Blumisberg : Von Limburger en pays fribourgeois depuis 1959, dans les cinq meilleurs de Suisse : neuf trous en forêt, neuf en pâturage, et un parcours que les avis réservent aux bons joueurs.
- Golf & Country Club Wallenried : Un slope de 133 sur moins de six kilomètres en pays fribourgeois : le vent, les grands greens et l’eau font le travail que la longueur ne fait pas.
Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.



