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Technique

Handicap élevé, ronde fluide : tertres avancés et scores à inscrire avant le 31 octobre au Québec

Vingt-cinq coups de plus n'ajoutent qu'une dizaine ou une quinzaine de minutes à une ronde. Ce qui retarde un golfeur à handicap élevé se passe entre les coups : la recherche dans les feuilles, le retour à l'aire de départ, la sortie ratée, la normale 5 terminée en 12. Le double boguey net, la balle provisoire et de bons tertres règlent l'essentiel, et au Québec la saison active d'inscription des scores se termine le 31 octobre.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 10 min
Golfeur, sac sur l'épaule, et golfeuse avec son chariot, de dos, face au parcours
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • Le score maximal qui compte sur un trou est le double boguey net : la normale plus deux plus vos coups de handicap. Sans facteur de handicap, c'est la normale plus cinq.
  • Une balle est perdue après trois minutes de recherche. Au moindre doute, balle provisoire annoncée : la Pro V1 était affichée 77,99 $ la douzaine chez Golf Town en septembre 2026.
  • Selon l'initiative de l'ACGP et de Golf Canada, un coup de départ d'environ 200 verges appelle un parcours de 5 200 à 5 400 verges.
  • Au Québec, la saison active d'inscription des scores va généralement du 15 avril au 31 octobre ; Golf Canada recommande d'inscrire ses scores trou par trou pour appliquer le double boguey net.

Mi-septembre, les journées raccourcissent et les terrains du Québec se remplissent de golfeurs qui veulent profiter des dernières belles fins de semaine. C’est aussi la saison où l’on entend la même phrase au troisième trou : « Ça bloque encore devant. » Et devant, bien souvent, il y a un quatuor qui joue au-dessus de 100 et qui termine chaque trou jusqu’au dernier coup roulé. Pourtant, jouer beaucoup de coups et jouer lentement, ce n’est pas la même chose. Le premier est une question de niveau. Le second, une question d’habitudes, et celles-là se corrigent dès la prochaine ronde, sans toucher à votre élan.

Ce texte s’adresse aux golfeurs dont le facteur de handicap dépasse 20, 30 ou davantage, et à ceux qui n’ont pas encore inscrit leurs premiers scores. Les bonnes manières valables pour tous, le golf prêt à jouer, un seul élan d’essai, la voiturette stationnée du côté du tertre suivant, sont couvertes dans notre article sur le rythme de jeu au Québec. Ici, on regarde ce qui vous concerne en propre : ce qu’on fait des coups en trop, des ennuis en trop et des décisions en trop.

Combien de temps coûtent vraiment 25 coups de plus

Moins qu’on le croit. Un golfeur qui joue 105 frappe environ 25 coups de plus qu’un autre qui joue 80. Les Règles recommandent de jouer en 40 secondes au plus quand c’est votre tour, et habituellement plus vite. Joués d’un bon pas, ces coups ajoutent une dizaine ou une quinzaine de minutes à la ronde, réparties entre quatre golfeurs qui marchent, attendent et roulent leurs balles de toute façon.

Le temps s’envole plutôt entre les coups. La deuxième recherche dans le bois. Le retour à pied vers l’aire de départ. La discussion sur le bâton à prendre. Le coup de sortie qui frappe une branche et reste sous les érables. C’est sur ces minutes-là qu’on travaille. Vos coups, eux, vous appartiennent.

Le double boguey net : votre permission de ramasser

Le système de handicap mondial vous donne déjà la règle. Une fois votre facteur de handicap établi, le score maximal qui compte sur un trou est le double boguey net : la normale, plus deux, plus les coups de handicap que vous recevez sur ce trou. Si vous n’avez pas encore de facteur, la limite est la normale plus cinq.

Prenez une normale 5 sur laquelle votre handicap vous accorde deux coups. Double boguey net : 5 + 2 + 2, soit 9. Tout ce qui se passe après le neuvième coup n’a aucun effet sur le score que vous inscrirez. Finir en 11 ou 12 dans une ronde amicale fait patienter tout le monde trois minutes pour rien. Arrivé à votre plafond, la balle toujours pas dans la coupe, ramassez-la, notez 9 et marchez vers le tertre suivant.

En compétition, lisez la feuille du tournoi. En partie par coups, on termine chaque trou, sans exception. En Stableford, un trou est fini dès que vous ne pouvez plus marquer de point. Et en score maximum, selon la Règle 21.2, le comité fixe un plafond, le double de la normale ou le double boguey net par exemple, et l’on relève sa balle en l’atteignant. Les Règles ne se contentent d’ailleurs pas de le permettre : elles l’encouragent, pour le rythme de jeu. Notre article sur les formules de jeu fait le tour de ces formats.

La balle provisoire, le réflexe qui sauve le plus de minutes

Vous avez trois minutes pour trouver une balle, à partir du moment où vous, ou votre cadet, commencez à chercher. Avant 2019, c’était cinq. La limite a été réduite justement parce que la recherche est l’endroit où les rondes s’enlisent, et à l’automne, quand les feuilles couvrent les abords des allées, trois minutes filent très vite.

Votre version de la règle : chaque fois que la balle risque d’être perdue ailleurs que dans une zone de pénalité, ou hors limites, jouez une balle provisoire avant d’avancer, et prononcez le mot « provisoire ». Si la première balle est retrouvée en jeu, vous ramassez la provisoire et ne perdez rien. Sinon, vous êtes déjà en jeu et personne ne vous regarde retourner 250 verges en arrière.

Et ne comptez pas le prix de la balle. Golf Town affichait la Pro V1 à 77,99 $ la douzaine en septembre 2026, soit environ 6,50 $ la balle. Trois minutes de quatre golfeurs, sans parler des groupes derrière, valent davantage.

Certains clubs adoptent aussi la règle locale type E-5, une solution de rechange au coup et distance pour une balle perdue ou hors limites. Plutôt que de revenir en arrière, vous laissez tomber une balle dans une zone définie près de l’endroit où la balle a été perdue ou est sortie, jusqu’en bordure de l’allée la plus proche, avec deux coups de pénalité. Elle vise le jeu de tous les jours et n’existe que si le comité l’a adoptée : vérifiez la carte de pointage ou demandez au préposé au départ.

Sortir du bois en un seul coup

Sur les terrains taillés en forêt, des Laurentides à la Beauce, on finit tôt ou tard derrière un tronc. C’est là que naît la tentation du fer 5 glissé dans un trou de feuillage large comme une porte de garage. Quand il touche une branche, la balle revient à vos pieds, votre pointage prend un coup de plus et les trois autres attendent, bras croisés.

Visez plutôt la sortie la plus courte vers l’allée, quitte à jouer à angle droit ou même vers l’arrière. Un petit coup bas pour revenir dans l’allée, puis un plein coup : deux coups, et vous voilà reparti. L’ouverture miracle, qui passe peut-être une fois sur cinq, finit en moyenne par en coûter davantage, et le groupe derrière le sent.

Retenez aussi vos options de balle injouable. N’importe où hors d’une zone de pénalité, un coup de pénalité vous permet de choisir entre coup et distance, le dégagement par recul sur la ligne et le dégagement à deux longueurs de bâton. Dans une fosse de sable, ces deux derniers dégagements doivent rester dans le sable, mais une quatrième option existe : pour deux coups de pénalité au total, vous pouvez laisser tomber une balle en arrière sur la ligne, à l’extérieur de la fosse de sable. Ça paraît cher, jusqu’à ce qu’on le compare à un troisième et un quatrième élan dans le même sable.

Voiturette : chacun sa balle, trois bâtons en main

La voiturette est omniprésente sur les terrains québécois, et c’est aussi là que se perdent bien des minutes. Déposez votre partenaire à sa balle avec ses bâtons, puis roulez vers la vôtre. La voiturette qui va à une balle, attend, puis repart vers l’autre est la façon la plus lente de jouer.

Avec un handicap élevé, vous jouez plus de coups courts : coups d’approche, coups roulés hors du vert, sorties. Chaque fois, c’est une occasion de revenir à la voiturette chercher un autre bâton. En la quittant, prenez-en trois : celui que vous pensez jouer, un bâton de plus et un cocheur. Près du vert, apportez le cocheur et le fer droit ensemble, pour qu’une approche trop courte ne vous renvoie pas de l’autre côté de l’allée.

Une routine qui entre dans 40 secondes

Quand ça va mal, le réflexe naturel est d’ajouter de la réflexion : un deuxième puis un troisième élan d’essai, une pause interminable au-dessus de la balle, cinq consignes techniques qui se bousculent. À 25 ou 30 de handicap, ce surplus ne donne pas un meilleur contact. Il donne seulement des rondes plus longues.

La méthode courte tient en quatre temps. Le bâton se décide dans la voiturette ou pendant le coup d’un partenaire. Rendu à la balle, vous regardez la cible une fois, de derrière. Vous prenez un élan d’essai, pas deux, puis vous frappez. Gardez une image unique, « la boucle de ceinture vers la cible » par exemple, et laissez le reste au champ de pratique. Les joueurs qui restent figés longtemps se crispent ; ceux qui enchaînent frappent souvent plus librement.

Sur le vert et autour

Un golfeur à handicap élevé passe forcément plus de temps autour du vert : une approche de plus, parfois trois coups roulés. Profitez du tour des autres pour étudier la pente, accroupi sur le côté, loin des lignes de jeu. Le drapeau peut rester dans la coupe depuis 2019, ce qui évite à un partenaire d’aller le tenir quand vous jouez depuis le tablier. Et une balle à deux pieds se termine tout de suite, sauf si vous deviez pour cela piétiner une autre ligne.

Dès que la dernière balle tombe, quittez le vert. On compte les coups et on remplit la carte au tertre suivant, jamais sous les yeux du groupe qui attend dans l’allée.

Le dire au premier tertre

Au Québec, on joue souvent avec des inconnus jumelés au comptoir. Raison de plus pour annoncer votre plan avant le premier coup de départ : « Je suis en apprentissage. Quand j’arrive à mon double boguey net, je ramasse ma balle. » Personne ne s’inquiète plus pendant 18 trous, vous non plus. Profitez-en pour demander à chacun de garder l’œil sur votre balle jusqu’à ce qu’elle s’arrête.

Si vous jouez en duo et qu’un groupe plus rapide vous talonne, faites-lui signe de passer sur la prochaine normale 3. Deux minutes d’attente, et la pression disparaît : c’est elle qui pousse à précipiter l’élan et à rater le coup suivant.

Où les golfeurs québécois à handicap élevé trouvent du temps

Des tertres à la mesure de votre coup de départ. L’ACGP (la PGA du Canada) et Golf Canada appuient ensemble l’initiative « Partir des tertres avancés », qui associe la distance moyenne du coup de départ à une longueur de parcours. Un golfeur qui envoie sa balle à environ 200 verges devrait jouer un parcours de 5 200 à 5 400 verges ; à 175 verges, la recommandation descend à 4 400 à 4 600 verges. Les deux organismes présentent l’initiative comme une façon d’accélérer le jeu, de le rendre plus facile et plus agréable. C’est le changement qui rapporte le plus de minutes, loin devant toutes les astuces de cet article. Notre article quels tertres jouer vous aide à trouver les vôtres.

Inscrire ses scores trou par trou. Golf Canada encourage ses membres à inscrire leurs scores trou par trou, dans l’application Golf Canada ou au Centre de scores, afin que l’ajustement au double boguey net soit correctement appliqué. Vous n’avez donc pas à calculer votre plafond dans le stationnement. Pour une ronde incomplète de 10 à 17 trous, le guide de l’application demande d’entrer 0 pour les trous non joués. Ramasser à votre plafond ne vous coûte rien sur votre facteur de handicap.

Six semaines avant le 31 octobre. Au Québec, rappelle Golf Canada, la saison active d’inscription des scores s’étend généralement du 15 avril au 31 octobre. Vous pouvez inscrire une ronde jouée plus tard, mais elle ne comptera pas pour le calcul du facteur de handicap. Les rondes d’automne sont donc les dernières à peser sur votre handicap d’ici le printemps : raison de plus pour les jouer au bon rythme, et pour les inscrire. Notre article pour bien fermer la saison fait le point sur le reste.

Choisir son heure et son format. Les premiers départs du matin et ceux de fin de journée sont les plus tranquilles sur la plupart des terrains publics, et les parcours de neuf trous et de normales 3 permettent de jouer tous les coups en deux heures, sans groupe qui attend.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les organismes et le détaillant cités.

Votre carte pour une ronde fluide

  • Connaître son plafond. Double boguey net, ou normale plus cinq sans facteur de handicap. Atteint, on ramasse et on inscrit.
  • Balle provisoire au moindre doute, annoncée comme telle. Trois minutes de recherche, pas cinq.
  • Sortir du bois en un coup. Le chemin le plus court vers l’herbe courte, et les options de la balle injouable en tête.
  • Trois bâtons en quittant la voiturette, cocheur et fer droit ensemble près du vert.
  • Un regard, un élan d’essai, on frappe. Le bâton se choisit en marchant.
  • Les bons tertres, et des scores inscrits trou par trou avant le 31 octobre.

Rien de tout cela ne change votre élan, et rien ne vous demande de vous presser. Il s’agit seulement d’empêcher les coups de trop de devenir des minutes de trop. Pour faire baisser le chiffre ensuite, commencez par sauver des coups sans changer votre élan et trois approches autour du vert.

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