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Technique

Golf en altitude : de combien la balle vole-t-elle plus loin ?

À 1 500 mètres, l'air est environ 15 % moins dense et la balle vole plus loin. La difficulté n'est pas le gain de distance, c'est de savoir de combien, club par club.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 6 min
Parcours de golf de montagne, sommets enneigés et pins en arrière-plan.
Illustration. En altitude, la question n'est pas si la balle vole plus loin, mais de combien. — Photo Timm Stein / Pexels

En bref

  • Environ 2 % de distance en plus par 300 mètres d'altitude.
  • Les clubs longs gagnent plus que les wedges.
  • Le dénivelé du trou compte souvent plus que l'altitude.
  • Refaire ses distances sur place, dès le premier tour.

À Crans-Montana, à Verbier ou à Megève, la balle vole plus loin. Ce n’est pas une impression : à 1 500 mètres, l’air est environ 15 % moins dense qu’au niveau de la mer, et la balle rencontre moins de résistance. Le problème n’est pas le gain de distance, c’est de savoir de combien, et sur quels clubs.

La règle des 2 % par 300 mètres

Le repère utilisé par la plupart des enseignants est simple : comptez environ 2 % de distance en plus par tranche de 300 mètres d’altitude. À 1 500 mètres, cela fait à peu près 10 %. Un fer 7 qui porte 140 mètres chez vous en portera environ 154.

Cette règle vaut pour la portée, c’est-à-dire la distance de vol. Le roulement, lui, dépend de la dureté du terrain, et les parcours de montagne sont souvent secs en été, ce qui ajoute encore de la distance.

Tous les clubs ne gagnent pas la même chose

Le gain est proportionnel au temps de vol. Un driver, qui reste plusieurs secondes en l’air, profite pleinement de l’air raréfié. Un wedge de quarante mètres, qui vole une seconde et demie, gagne à peine deux mètres. C’est là que se font les erreurs de club.

Club Distance au niveau de la mer Distance à 1 500 m Écart
Driver 210 m 231 m +21 m
Fer 7 140 m 154 m +14 m
Pitching wedge 100 m 110 m +10 m
Wedge 40 m 40 m 42 m +2 m

Conséquence pratique : sur les longs coups, prenez un club de moins. Sur les coups d’approche courts, ne changez rien. Le joueur qui applique une correction uniforme sur tout le sac se retrouve systématiquement long au wedge et court au driver.

Le dénivelé compte plus que l’altitude

Sur un parcours de montagne, la vraie difficulté n’est pas l’air raréfié, c’est la pente. Un coup joué vers un green situé vingt mètres plus bas ajoute grossièrement un club de distance ; vingt mètres plus haut en retire un. Les télémètres avec fonction de pente calculent cela, mais leur usage est interdit en compétition dans la plupart des formats : apprenez à estimer.

En montagne, on joue la différence d’altitude entre la balle et le drapeau avant de jouer la distance affichée.

Ce que l’altitude fait à votre corps

Au-dessus de 1 200 mètres, l’effort se ressent, surtout sur un parcours vallonné joué à pied. Buvez davantage que d’habitude, l’air sec déshydrate sans que la soif prévienne. Prévoyez de quoi manger au neuvième trou. Et si vous arrivez le matin même d’une altitude basse, attendez-vous à une fin de tour plus difficile que le départ.

La protection solaire est une vraie question : le rayonnement ultraviolet augmente d’environ 10 % par 1 000 mètres, et un tour de golf dure quatre heures à découvert. Crème, casquette, lunettes.

Ajuster son jeu, pas son swing

La tentation est de vouloir « profiter » de l’altitude en frappant plus fort. C’est le contraire qu’il faut faire : sur un parcours étroit et pentu, la précision vaut bien plus que les vingt mètres gagnés. Un tour de reconnaissance avec un carnet où vous notez vos distances réelles trou par trou vaut mieux que n’importe quelle règle de calcul.

Si vous jouez en montagne pour la première fois cette saison, faites votre premier tour sans compter les points et notez uniquement vos distances. Le score du deuxième tour vous remerciera.

Refaire ses distances sur place, pas dans sa tête

Le calcul théorique donne un ordre de grandeur ; il ne remplace pas une mesure. La bonne habitude, en arrivant sur un parcours d’altitude, est de passer vingt minutes au practice avec un télémètre et de refaire trois chiffres.

Prenez un club court, un club moyen et un club long, dix balles chacun, et notez la portée qui revient. Vous obtenez trois points de calage plutôt qu’un pourcentage appliqué de mémoire au-dessus de la balle, et cela vous évitera de traverser trois greens le premier jour.

Notez ces trois chiffres sur la carte de score et gardez-les pendant le séjour : le gain n’est pas linéaire d’un club à l’autre, et un pourcentage unique appliqué à tout le sac se trompe systématiquement en bas et en haut.

Refaites la mesure en rentrant chez vous, ou au moins soyez conscient que la première partie au retour se jouera avec des distances qui ont recommencé à être normales. Le joueur qui garde ses chiffres de montagne pendant une semaine en plaine est court sur toutes ses approches.

Le vent et l’air sec, les deux effets qu’on oublie

L’altitude n’agit pas seule. Deux facteurs l’accompagnent presque toujours et modifient encore les distances.

L’air de montagne est sec, ce qui accentue la portée dans le même sens que la faible densité, et il est souvent frais le matin, ce qui la réduit. Une matinée à huit degrés à 1 200 mètres et un après-midi à vingt-deux degrés au même endroit ne donnent pas les mêmes distances, et l’écart peut dépasser celui de l’altitude elle-même.

Le vent, ensuite, se comporte différemment en relief. Il tourne dans les vallées, s’accélère dans les couloirs et tombe complètement derrière une crête. Se fier au drapeau du green plutôt qu’à la sensation au départ est le réflexe utile, parce que le vent du départ et celui du green sont fréquemment opposés.

Enfin, les greens de montagne sont souvent plus lents qu’ils n’en ont l’air, l’herbe y poussant plus dru en été. Dix minutes de putting green avant la partie valent doublement ici.

Le premier tour, à traiter comme une mesure

Acceptez que le premier tour en altitude serve surtout à recalibrer. Jouez-le sans carte, prenez systématiquement un club de moins que d’habitude, et notez sur trois ou quatre trous l’écart réel entre ce que vous attendiez et ce que la balle a fait.

C’est un tour de golf agréable et une séance de mesure en même temps, et cela vaut mieux que de passer une semaine à traverser des greens en s’en étonnant chaque fois.

Où jouer en altitude

Les parcours d’altitude ouvrent tard et ferment tôt : la saison dépend de la neige, pas du calendrier. Vérifiez toujours l’ouverture avant de partir.

  • Crans-sur-Sierre, à Crans-Montana (Valais), sur un plateau à environ 1 500 mètres : le parcours Severiano Ballesteros en 18 trous, le Jack Nicklaus en 9 trous, et le Noas en 9 trous plus bas dans la station, ouvert presque toute l’année.
  • Verbier (Valais), à 1 531 mètres, ouvert de mai à novembre selon l’enneigement, avec le parcours des Esserts sur les hauteurs et celui des Moulins dans la vallée. La réservation est indispensable le week-end.
  • Megève, en moyenne montagne : l’un des parcours alpins qui ouvrent le plus tôt en saison.
  • Tignes, franchement en altitude, où la balle vole le plus loin et où la neige traîne parfois jusqu’à la mi-juin.

Côté français, les coordonnées et les conditions d’accès de Megève et de Tignes figurent dans le Guide des golfs de la ffgolf.

Un tour de repérage sans compter les points, uniquement pour noter vos distances réelles trou par trou, vaut mieux que n’importe quelle règle de calcul appliquée de loin.

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