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Technique

Plots de couleur, carnet de parcours et slope : lire un golf en France

Carte de score, panneau de départ, carnet, écran GPS : chaque plan dit autre chose, et la première question est toujours la même, mesuré depuis où et jusqu'où. En France, les couleurs des plots ne sont pas normalisées, les chiffres vont souvent à l'entrée du green, et le SSS et le slope de votre repère disent déjà où le parcours se défend.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 9 min
Parcours de golf vu d'en haut, greens, bunkers et plans d'eau entre les arbres
Photo lil artsy / Pexels

En bref

  • Avant tout chiffre, deux questions : depuis quel repère, et jusqu'à l'entrée ou au centre du green. Entre les deux, sur un green de 27 mètres, il y a un club.
  • Construisez le trou à l'envers : sur un par 4 de 355 mètres, un bois 3 à 205 mètres ou un hybride à 185 évitent le bunker et la zone à pénalité qui se resserrent vers 230 mètres.
  • Couleurs non normalisées : au golf de Troyes la Cordelière, plots blancs à 200 mètres, jaunes à 150, rouges à 100 et bleus à 50, mesurés à l'entrée du green. Vérifiez sur la carte de score.
  • La carte donne SSS et slope par repère (113 = difficulté moyenne) et les règles locales au verso. Un carnet de parcours du Golf National (l'Aigle) se vend 16 € chez Golf in the Pocket.

La plupart des golfeurs regardent un plan de parcours comme le plan du métro d’une ville étrangère : assez longtemps pour trouver la prochaine station, jamais assez pour comprendre le réseau. Le dessin de la carte de score, le panneau du départ, le carnet du pro-shop, l’écran d’une application contiennent pourtant bien plus qu’une image du trou. Lus correctement, ils vous disent de quel côté le trou accepte que vous le manquiez.

Un plan n’améliore pas votre swing. Il vous évite d’envoyer un bon swing vers le seul endroit où il coûte un coup.

Ce que dit vraiment un plan de parcours

Quatre sortes de plans ne disent pas la même chose. Le schéma de la carte de score est un croquis, rarement à l’échelle : forme du trou, principaux obstacles, quelques chiffres. Le panneau du départ reprend souvent ce croquis en grand, avec la longueur depuis chaque repère. Le carnet de parcours, lui, est dessiné à l’échelle à partir d’un relevé, avec les distances pour atteindre ou survoler bunkers et zones à pénalité. L’écran GPS, enfin, se superpose à une image satellite et mesure depuis l’endroit où vous vous tenez.

Avant de croire un chiffre, posez deux questions. Mesuré depuis où ? Les boules de départ ont pu être déplacées d’une dizaine de mètres le matin même. Mesuré jusqu’où ? Centre ou entrée du green : la réponse change d’un parcours à l’autre, parfois d’un support à l’autre.

Cherchez ensuite l’échelle. Un fairway généreux sur le croquis peut ne mesurer que 27 mètres de large là où tombe votre drive. Sur un carnet, mesurez avec le pouce une distance connue et vous avez une règle pour tout le trou.

Cinq choses à repérer sur chaque trou

  • Votre zone de chute. Prenez votre portée réelle avec le club prévu, pas le meilleur drive de la saison, et regardez ce qui s’y trouve : fairway, bunker, zone à pénalité, dogleg que vous allez traverser ?
  • La largeur à cette distance. Le fairway peut faire 40 mètres de large à 180 mètres et 23 mètres à 230. C’est souvent le meilleur argument pour un club plus court au départ.
  • Les lignes qui coûtent des coups. Les piquets blancs marquent le hors limites : coup et distance. Les rouges et les jaunes délimitent les zones à pénalité, avec un coup de pénalité. Hors limites serré d’un côté, zone à pénalité de l’autre : le plan vient de vous dire vers où jouer.
  • La profondeur et la forme du green. Un green de 32 mètres de profondeur représente deux ou trois clubs d’écart selon le drapeau.
  • Le mauvais côté. Manquer du côté sans bunker, avec de la surface pour l’approche, coûte au pire un bogey. De l’autre côté naissent les doubles.

Lire les chiffres : atteindre, survoler, entrée, fond

Un bon carnet donne deux chiffres par obstacle, et les confondre est la façon la plus courante de trouver le bunker qu’on voulait passer. Atteindre, c’est le bord avant ; survoler, le bord arrière. Sur un bunker de fairway, l’écart peut atteindre 18 à 23 mètres. Si votre drive porte à 200 mètres et que le bunker est à 187 pour l’atteindre et 208 pour le survoler, vous jouez droit dedans.

Même logique sur le green. Un trou à 140 mètres du centre peut être à 126 de l’entrée et 152 du fond. Drapeau devant, le chiffre du centre vous donne un club de trop ; drapeau au fond, un club de moins.

Le dénivelé est ce qu’un plan montre le plus mal. Quelques carnets ajoutent des flèches ou un chiffre en plus ou en moins, les vues satellites rien du tout. En nette montée, prenez plus de club que le chiffre.

Construire le trou à l’envers, depuis le green

L’habitude qui transforme un plan en coups gagnés : décidez d’où vous voulez jouer l’approche, puis remontez jusqu’au départ.

Prenez un par 4 de 355 mètres. Bunker de fairway à gauche, à 210 mètres pour l’atteindre et 235 pour le survoler ; zone à pénalité le long de la droite entre 215 et 255 mètres ; green de 27 mètres de profondeur, bunker court à gauche. Le driver semble le club naturel. C’est aussi celui qui met les deux obstacles en jeu.

Votre approche pleine la plus fiable est un fer 9 à environ 125 mètres. Pour la laisser, le départ doit parcourir 230 mètres, précisément là où les obstacles se resserrent. Un hybride à 185 mètres laisse 170 mètres, une longue approche, mais depuis la partie la plus large du fairway. Un bois 3 à 205 mètres laisse 150 mètres et un fer 6, en deçà du bunker. Le plan a transformé un driver plein d’espoir en choix entre deux clubs raisonnables, et il vous dit de viser la moitié droite du green, loin du bunker court.

Faire du plan votre propre outil

Si vous jouez souvent le même parcours, imprimez les schémas des trous et annotez-les chez vous.

  • Inscrivez sur chaque départ votre portée au driver, au bois 3 et à l’hybride.
  • Entourez les endroits où un coup manqué coûte cher, avec une flèche vers le côté sûr.
  • Notez sur chaque par 4 et par 5 votre distance d’approche préférée.
  • Après chaque partie, placez un point là où vos départs ont fini. Au bout de trois parties, les points disent mieux qu’une leçon de quel côté vous manquez.

Les Règles autorisent tout cela. Les notes manuscrites sont permises, tant que vous ne reproduisez pas une carte détaillée des pentes du green. Depuis le 1er janvier 2019, l’USGA et le R&A limitent les images de greens utilisées pendant un tour à une échelle de 1:480, soit environ 1 cm pour 4,8 m, ou plus petite ; les guides traditionnels montrant le contour et les pentes générales restent autorisés. Télémètre et GPS sont permis, sauf si le comité a adopté la règle locale type G-5, mais la fonction de mesure du dénivelé est interdite. Première infraction, pénalité générale ; deuxième dans le même tour, disqualification.

Les erreurs courantes

  • Prendre le chiffre du plot pour celui du drapeau. Entrée ou centre, il ne mesure jamais le trou du jour.
  • Lire le mauvais repère. Les schémas donnent souvent la longueur depuis les départs les plus reculés. Faites la soustraction.
  • Se fier à un vieux plan. Bunkers comblés, arbres abattus, départs déplacés : un carnet de dix ans peut être faux là où cela compte.
  • Construire le trou pour son meilleur coup. Prenez la portée atteinte sept fois sur dix. Le plan protège les trois autres.

Où lire les repères de distance sur un parcours en France

Commencez par les plots du fairway, et oubliez vos habitudes si vous avez joué aux États-Unis, où beaucoup de parcours utilisent le rouge pour 100 yards, le blanc pour 150 et le bleu pour 200. En France, les couleurs ne sont pas normalisées, et un tout autre code se rencontre. Au golf de Troyes la Cordelière, par exemple, les règles locales indiquent des plots au milieu du fairway, blancs à 200 mètres, jaunes à 150, rouges à 100 et bleus à 50, mesurés jusqu’à l’entrée du green. Sur beaucoup de parcours, les plots se comptent ainsi à l’entrée, alors que la longueur inscrite au départ va en général au centre. Ajoutez la moitié de la profondeur du green au chiffre du plot, et vérifiez le code sur la carte de score ou à l’accueil avant le premier départ.

Sur les départs, la couleur ne désigne plus un public. Les repères vont du noir, quand il existe, à l’orange, quand il est installé, en passant par le blanc, le jaune, le bleu, le rouge et le violet. La ffgolf recommande à chaque licencié une couleur selon son niveau et son sexe, avec l’âge pour les moins de 17 ans. Cette recommandation n’est pas une obligation ; elle figure sur la licence dans My ffgolf et l’application ffgolf. C’est la colonne de la carte qui vous concerne.

La carte de score donne pour chaque repère son SSS et son slope. Le SSS est le score attendu d’un joueur scratch dans des conditions normales ; le slope mesure la difficulté relative pour un joueur de 20 à 24 d’index, entre 55 et 155, 113 étant la moyenne. Ces valeurs viennent des équipes d’étalonnage de la ffgolf. Un slope nettement au-dessus de 113 annonce des fairways étroits ou des obstacles bien placés : les trous où construire le coup à l’envers rapporte le plus. Au verso, les règles locales. À la Cordelière, elles classent les fossés en zones à pénalité à piquets rouges et autorisent les appareils de mesure en compétition, sauf ceux qui évaluent dénivelé, vent ou température.

Pour un carnet de parcours, le pro-shop du club reste la première adresse. Des éditeurs en publient aussi : Golf in the Pocket vend sur son site un « Pocket Book » du parcours de l’Aigle, au Golf National, à 16 €. Côté écrans, une voiturette ne garantit pas un GPS en France. Certains golfs équipent leur flotte de systèmes comme YamaTrack, de Yamaha, avec un écran de 10 pouces et une vue 3D du trou. Posez-lui la même question qu’à une application : connaît-il le drapeau du jour, ou seulement le centre du green ?

Le type de parcours change enfin ce que le plan apporte. En forêt, comme à Fontainebleau, inauguré en 1909 et dessiné par Tom Simpson, les arbres cachent la zone de chute depuis le départ, et le plan montre ce que vos yeux ne voient pas, dont 103 bunkers. Sur un links de bord de mer comme Dinard Golf, à Saint-Briac-sur-Mer, tracé en 1887 par Tom Dunn parmi les dunes et les ajoncs, le vent relativise le chiffre du plot : lisez d’abord largeurs et obstacles, puis ajustez le club. Sur un parcours vallonné, le plan écrase le relief : prenez plus de club en montée.

Une routine de trente secondes à chaque départ

  • Vérifiez votre couleur de repère, et si les chiffres vont à l’entrée ou au centre du green.
  • Trouvez votre portée réelle sur le plan, ce qui s’y trouve et la largeur à cet endroit.
  • Repérez hors limites et zones à pénalité, et choisissez le côté à privilégier.
  • Fixez votre distance d’approche idéale et le club de départ qui la laisse.
  • Notez le mauvais côté du green avant d’y arriver.

Cinq questions, trente secondes, dix-huit trous. Pour aller plus loin, lisez comment gagner des coups sans changer votre swing, et pour l’appareil qui donnera les chiffres, télémètre ou GPS : lequel fait baisser les scores. Et pour les règles appliquées de travers, les règles de golf les plus mal comprises. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les golfs, éditeurs et marques cités.

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