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Grip et placement : ce que l’autorisation de parcours ne pardonne pas

Avant le premier swing, les mains, le dos et les pieds ont déjà décidé d'une bonne partie du coup. Ce sont des réglages gratuits, qu'on ne juge pas seul, et qu'un pro Swiss PGA ou une vidéo au téléphone corrigent en quelques minutes.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 9 min
Mains d'un golfeur en prise sur le grip
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • Deux jointures visibles sur la main du haut : plus, la face se ferme, moins, elle reste ouverte.
  • Par un matin frais au bord du lac, les mains froides serrent trop : gardez-les au chaud et essuyez le grip.
  • Golf Pride conseille de changer ses grips une fois par an ou environ toutes les 40 parties.
  • Le buste s'incline depuis les hanches, les bras pendent, le poids reste au milieu des pieds.
  • L'hiver est le bon moment pour changer de prise : les quinze jours d'inconfort ne coûtent aucune carte.

Au practice du Golf Vieille-Bâtie, à Collex, l’examen technique de l’autorisation de parcours commence par six drives, dont trois doivent dépasser 80 mètres pour un homme et 70 mètres pour une femme. Aucun débutant n’échoue parce que son swing manque d’élégance. Ceux qui ratent échouent presque toujours pour une raison qu’on voit avant même que le club ne bouge : des mains mal posées, un dos arrondi, des pieds qui visent ailleurs que la balle.

Ces réglages statiques, grip et placement, coûtent zéro franc, n’exigent aucune souplesse particulière et suivent le golfeur toute sa vie, du premier seau de balles à son premier tournoi de club. Ils méritent donc qu’on s’y arrête, que vous prépariez l’examen de Swiss Golf ou que vous jouiez depuis quinze ans sans avoir jamais vérifié.

Ce que l’autorisation de parcours contrôle vraiment

En Suisse, on n’entre pas sur un parcours de club sans autorisation de parcours. Le programme proposé par la Geneve Golf Academy de Renaud Guillard, pro Swiss PGA installé au Golf Vieille-Bâtie, en donne une idée précise : un examen théorique de 40 questions sur les règles et l’étiquette, dont 28 réponses justes sont exigées, puis un volet technique qui passe par le drive, le jeu long, le pitching, le chipping, le bunker et un parcours de putting de neuf trous à jouer en 21 coups au maximum. Le forfait de dix heures de cours y coûte CHF 1’100 pour une personne et CHF 1’400 à deux.

À ce prix, la question n’est pas de savoir si le grip compte, mais combien de ces dix heures vous voulez passer à le corriger. Un débutant qui arrive avec des mains correctement placées libère du temps de cours pour le petit jeu, qui fait l’essentiel des points de l’examen. Un débutant qui les place mal passera la moitié du forfait à entendre la même remarque.

Les mains orientent la face, le reste suit

La face du club regarde là où vos mains la conduisent. C’est la seule phrase de mécanique à retenir, et elle explique pourquoi tant de corrections de swing échouent : si la position des mains ramène la face ouverte à l’impact, tout mouvement parfait envoie quand même la balle à droite pour un droitier.

Le repère se prend à l’adresse, en baissant les yeux sur la main du haut (la gauche pour un droitier). Vous devez y voir deux jointures. Le V formé entre pouce et index pointe à peu près vers l’épaule droite.

  • Trois ou quatre jointures visibles : grip dit fort, face qui a tendance à se fermer, balles qui tournent à gauche ou partent basses.
  • Une seule jointure : grip faible, face qui reste ouverte, et le slice que tant d’amateurs combattent partout sauf dans leurs mains.

Le club repose dans les doigts de la main du haut, pas au creux de la paume. Posé dans la paume, il empêche les poignets d’armer, ce qui coûte à la fois de la longueur et de la précision. Quant à la liaison des deux mains, chevauchement, entrecroisement ou grip à dix doigts, le choix dépend de la taille des mains et du confort : les petites mains s’accommodent souvent de l’entrecroisement, les grandes du chevauchement, et le grip à dix doigts reste une solution honorable qui n’a rien d’un aveu de faiblesse. Ce qui importe, c’est que les deux mains agissent comme une seule.

Prévenez-vous d’une chose : un grip corrigé paraît faux pendant une quinzaine de jours. Les mains semblent sans force, les premières balles partent de travers, et la tentation de revenir à l’ancienne prise arrive vers le troisième trou. C’est normal, et c’est précisément le moment de tenir.

Serrer juste, y compris un matin frais au bord du Léman

Sur une échelle de un à dix, la plupart des enseignants demandent une pression de quatre ou cinq. À dix, les avant-bras se raidissent et les poignets cessent de travailler. À deux, le club tourne dans les mains et la face devient une loterie. Un test à deux : tendez le club devant vous et demandez à quelqu’un de le tirer doucement vers lui. S’il glisse sans résistance, vous tenez trop mollement ; si vos avant-bras sont durs au toucher, vous étranglez le club.

Le piège n’est pas tant la pression à l’adresse que celle qui monte en cours de swing, souvent au sommet, quand le joueur se prépare à frapper la balle au lieu de la traverser. Des mains douloureuses le soir d’une partie en sont le symptôme le plus fiable.

La saison romande amplifie le problème. En plaine, on joue d’avril à octobre, et en avril comme en octobre, les départs de huit heures se font souvent par une matinée fraîche et humide, avec de la rosée sur les grips. Des mains froides serrent davantage sans s’en rendre compte, et un grip mouillé pousse à serrer encore. Deux réflexes simples : garder les mains au chaud dans les poches entre les coups, et essuyer le grip avec une serviette avant chaque coup plutôt que de compenser par la force.

Le grip lui-même : taille et usure

La prise en main dépend aussi du caoutchouc. Un grip trop fin laisse les mains trop actives à l’impact, ce qui se traduit par des balles qui tournent à gauche. Un grip trop épais les empêche de relâcher, et la balle reste bloquée à droite. Les clubs neufs sortent d’usine avec une taille standard, calée sur une main moyenne qui n’est celle de personne. La pointure du gant donne une première indication, un professionnel tranche en une minute.

L’usure compte autant. Golf Pride, principal fabricant de grips, recommande de les changer au moins une fois par an ou environ toutes les 40 parties, parce que le caoutchouc se dégrade sous l’effet de la chaleur, de la transpiration, des ultraviolets et du gras des mains. Un golfeur romand qui joue une fois par semaine de Pâques à la Toussaint atteint ce chiffre en une saison. Un grip lisse et brillant oblige à serrer plus fort, et vous revenez au problème précédent.

Se pencher depuis les hanches, pas depuis le dos

Debout, posez les mains dans le pli de l’aine et repoussez le bassin vers l’arrière jusqu’à ce que le buste bascule en avant. Laissez pendre les bras. Vous y êtes.

Cette posture place les mains à la verticale des épaules, où les bras peuvent se balancer sans entrave, répartit le poids au milieu des pieds et conserve à la colonne sa courbure naturelle. Plier le haut du dos donne l’inverse : des bras projetés devant le corps et un buste qui se redresse à l’impact pour faire de la place, défaut que beaucoup de joueurs soignent pendant des années sans en trouver la cause.

Deux vérifications de profil : les épaules doivent se trouver à peu près au-dessus de l’avant du pied, et les genoux simplement déverrouillés. Une flexion prononcée paraît sportive, mais elle bloque la rotation des hanches.

Position de balle et alignement : là où l’œil vous trompe

Trois repères suffisent pour tout le sac : le driver face au talon du pied avant, les fers moyens deux largeurs de balle devant le milieu du stance, les wedges juste en arrière du milieu. Les autres clubs se rangent entre ces trois points. La logique tient au point bas de l’arc, qui reste au même endroit par rapport à votre corps : déplacer la balle revient à choisir le moment de l’arc où le club la rencontre. Un driver placé au centre est frappé en descente, bas et avec trop d’effet ; un wedge placé devant est pris fin.

Pour l’alignement, l’ordre compte. Posez d’abord la face du club sur la cible, puis placez les pieds parallèlement à cette ligne. L’instinct fait l’inverse, en orientant le corps vers le drapeau, ce qui ouvre la face vers la droite, et le swing tire ensuite à travers la balle pour la ramener : voilà un slice fabriqué avec les meilleures intentions. Choisissez un repère au sol, une feuille ou une touffe d’herbe, à un mètre devant la balle sur la ligne visée, et alignez la face dessus. Et à chaque séance de practice, posez un club au sol le long des orteils : l’alignement dérive sans prévenir.

Où faire vérifier grip, posture et matériel en Suisse romande

Ces trois réglages ont un point commun : on ne peut pas les juger seul, parce que la sensation ment. Un regard extérieur les règle en quelques minutes.

Un pro Swiss PGA. L’association des professionnels suisses met en ligne un outil de recherche, le ProFinder, qui trie les enseignants par lieu dans un rayon choisi. Une leçon consacrée uniquement au grip, à la posture et à l’alignement rapporte souvent davantage que plusieurs leçons sur le swing, et coûte moins qu’un green-fee de week-end sur bien des parcours.

Les académies des parcours publics. Au Golfparc Migros du Signal de Bougy, au-dessus de Rolle, l’académie propose des cours pour débutants, des cours privés et un cours intensif d’autorisation de parcours, également donné dans les cinq autres Golfparcs Migros du pays. À Collex, la Geneve Golf Academy prépare l’autorisation de parcours sur le neuf trous compact du Golf Vieille-Bâtie, dont le practice compte 24 postes, dont sept couverts, pratiques quand il pleut.

Pour les grips. Un grand magasin spécialisé romand change les grips et raccourcit les manches dans son atelier, et y propose des fittings sur simulateur. Un autre, présent dans les pro-shops du Golf de Lavaux et du Golf Club Domaine du Brésil, pose des grips en taille standard, undersize ou midsize, en boutique ou lors de ses passages dans les clubs. Demandez dans les deux cas que la taille soit choisie d’après votre main, pas d’après ce qui est en stock.

Sans enseignant. Un téléphone posé au sol derrière la balle, filmant dans l’axe de la cible, montre les trois défauts presque aussi bien qu’un pro. Comparez l’image à ce que vous pensiez faire : l’écart est souvent spectaculaire.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes, académies ou organismes cités.

L’hiver, le meilleur moment pour changer ses mains

Entre novembre et mars, la plupart des parcours de plaine romands tournent au ralenti et ceux d’altitude sont fermés. C’est la période idéale pour modifier un grip : les quinze jours pendant lesquels la nouvelle prise paraît étrangère ne coûtent aucune carte. Cinq minutes par soir, club en main devant un miroir, suffisent à installer deux jointures visibles et un V bien orienté. Au printemps, la prise sera devenue la vôtre avant le premier départ.

La liste à relire avant votre prochain départ

  • Deux jointures visibles sur la main du haut, le V vers l’épaule arrière, le club dans les doigts.
  • Pression de quatre ou cinq sur dix, mains au chaud et grip essuyé par temps frais.
  • Grips changés au moins une fois par an ou toutes les 40 parties environ.
  • Buste incliné depuis les hanches, bras relâchés, poids au milieu des pieds.
  • Face alignée sur un repère proche, pieds placés ensuite, trois positions de balle pour tout le sac.

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