Fitting de fers : ce qu’il révèle, et où le faire en Romandie
Le fitting est vendu sur la distance, mais les quatre mesures qui changent vos scores sont l'angle de semelle, le poids du manche, la longueur et le grip. Trois se corrigent sur les clubs que vous avez déjà.
En bref
- Deux degrés d'erreur de lie déplacent une balle de fer 7 de sept à dix mètres.
- Le poids du manche compte plus que la rigidité pour la plupart des joueurs.
- Un bon fitteur regarde le point d'impact avant de regarder l'écran.
- Demandez ce qu'il changerait sur les clubs que vous possédez déjà.
- Le vrai trou du sac est sous le pitching wedge : trente à quarante mètres de vide.
Le fitting de fers est vendu comme un gain de distance. C’est la chose la moins intéressante qu’il apporte. Un bon fitting explique pourquoi vos mauvais coups partent d’un côté plutôt que de l’autre, et supprime les causes matérielles, ce qui vaut infiniment plus que cinq mètres.
Le joueur qui sort d’une séance en sachant que son angle de semelle était trois degrés trop plat a appris quelque chose dont il se servira pendant dix ans. Celui qui en sort en sachant qu’il porte son fer 7 à 145 mètres au lieu de 141 a acheté un chiffre.
La confusion se comprend : le fitting se vend à côté des séries neuves, et le chiffre affiché en fin de séance est celui sur lequel le magasin peut vendre. Mais les quatre mesures qui changent réellement vos scores coûtent peu à corriger, et trois d’entre elles se corrigent sur les clubs que vous avez déjà.
Les quatre chiffres qui comptent
L’angle de semelle vient en premier, et de loin. C’est l’angle entre le manche et le sol quand le club est posé. Si la pointe se relève à l’adresse et accroche à l’impact, la face vise à gauche de votre visée au moment où elle touche la balle, et aucun entraînement ne corrige cela. Deux degrés d’erreur déplacent une balle de fer 7 de sept à dix mètres à 140 mètres, soit la différence entre le milieu du green et le bunker côté court. C’est aussi le défaut le moins cher à réparer : une machine à cintrer règle un fer en une minute.
Le poids du manche compte davantage que la rigidité pour la plupart des amateurs, ce qui est l’inverse de la façon dont les manches se vendent. La rigidité décrit combien le manche plie ; le poids décrit ce que le club fait sentir au démarrage de la descente. Trop lourd, vous traînez le manche et laissez la face ouverte. Trop léger, le tempo s’emballe et vous chronométrez la frappe au lieu de la répéter. L’écart entre un manche de 95 et un de 115 grammes se sent en dix balles ; celui entre regular et stiff au même poids, souvent pas.
La longueur est la discrète. La longueur standard est calculée pour une moyenne qui ne correspond exactement à personne, et un centimètre change à la fois votre posture et l’endroit de la face que vous touchez. Longueur et lie interagissent, ce qui explique qu’un fitteur ne doive jamais changer l’un sans revérifier l’autre.
La grosseur du grip coûte quelques francs et se néglige pour cette raison. Trop fin, les mains travaillent trop à l’impact, ce qui donne un hook. Trop épais, elles ne se libèrent pas, ce qui donne un bloqué. Si votre gant est en taille L et que vous jouez des grips standard sortis du carton, il y a de bonnes chances que vous jouiez une taille trop petite.
À quoi ressemble une bonne séance
Vous arrivez échauffé, parce qu’un fitting fait sur des mains froides mesure un swing qui ne vous appartient pas. Vous frappez d’abord vos fers actuels, pour avoir une référence à opposer aux chiffres ensuite.
Puis, avant de changer quoi que ce soit, le fitteur regarde le point d’impact avec un spray ou un adhésif sur la face.
C’est le signe qui compte. La qualité de frappe explique la majorité des chiffres affichés à l’écran : une balle touchée un centimètre vers la pointe perd de la vitesse et part à droite, et aucun manche du présentoir ne corrige cela. Un fitteur qui lit la frappe avant de lire les chiffres établit un diagnostic. Celui qui va droit à l’écran vend.
Ensuite, une variable à la fois. Si l’on change tête, manche et longueur simultanément pour vous montrer un meilleur chiffre, vous n’avez rien appris sur le pourquoi, et vous ne saurez pas reproduire la décision la prochaine fois.
Les questions à poser
Quel est mon point d’impact ? Quelle est ma dispersion, et non ma distance moyenne, parce que la distance moyenne est une statistique de vanité et que la dispersion est ce qui vous met sur le green ? Quel changement a produit quel effet ?
Et surtout, la question qui sépare un fitteur d’un vendeur : que changeriez-vous sur les clubs que je possède déjà ?
Un fitteur qui répond honnêtement à celle-là mérite qu’on revienne pendant quinze ans. La réponse honnête est très souvent l’angle de semelle et les grips, pour une fraction du prix d’une série neuve, et un fitteur prêt à le dire dans un magasin qui vend des fers vous renseigne sur la façon dont il vous traitera le jour où vous achèterez vraiment.
Quand il ne faut pas se faire fitter
Si vous débutez et que votre swing change chaque semaine, le fitting mesure un swing qui n’existera plus dans six mois. Jouez une saison avec des clubs d’occasion, prenez des leçons, faites-vous fitter quand la frappe se stabilise.
Si vous êtes en plein changement de swing avec un enseignant, attendez que cela tienne. Se faire fitter sur un swing en reconstruction fige le geste que vous essayez de quitter, et vous paierez deux fois.
Les trous de distance, le point oublié
Vérifiez les écarts entre vos clubs, et commencez par le bas du sac plutôt que par le haut.
Beaucoup de joueurs ont un pitching wedge à 44 ou 45 degrés et un sand wedge à 56, ce qui fait onze ou douze degrés et trente à quarante mètres de vide entre deux clubs consécutifs. Ce trou se situe exactement là où les approches se jouent le plus souvent, et c’est pour cela que le coup de 70 mètres paraît impossible : vous frappez trop fort un wedge ou trop mou un pitching, et personne ne travaille ni l’un ni l’autre.
Un wedge correctement espacé coûte une fraction d’une série neuve et supprime le problème définitivement. Mesurez l’écart au radar en portée, pas en distance totale, parce que le roulement parle du sol et pas du club.
Le bounce, en deux phrases
Un bounce élevé, autour de dix degrés et plus, convient aux sols tendres et au sable mou et pardonne une frappe un peu lourde. Un bounce faible, quatre à huit degrés, convient aux sols fermes et aux lies serrés.
Si votre parcours est lourd au printemps, davantage de bounce pardonnera davantage. Si vous jouez des sols sableux qui drainent, moins de bounce vous laissera utiliser l’arête. Un fitteur le déduit de vos divots en cinq minutes.
Ce que coûte un fitting en Suisse
Les tarifs varient selon l’enseigne, la région et le type de séance, et beaucoup d’enseignes déduisent tout ou partie du fitting d’un achat effectué dans la foulée. La vraie question à poser en réservant n’est pas le prix affiché mais si la séance est déductible, et ce qu’elle comprend : le nombre de manches disponibles, la présence d’un radar, et si le réglage de lie et de longueur est inclus ou facturé à part.
Un réglage d’angles sur une série que vous possédez déjà coûte nettement moins qu’une séance complète, et c’est souvent tout ce dont vous avez besoin.
Où faire mesurer ses clubs en Suisse
Golfers Paradise exploite depuis 1994 douze super stores et quatre outlets en Suisse, avec des spécialistes du fitting et des simulateurs sur place, l’essai avant achat et un rayon d’occasion. Les shops des GolfParcs Migros travaillent au radar et tiennent des clubs de test, et golfshop.ch couvre la vente en ligne avec les sites suisses des marques.
C’est là que se règlent un angle de semelle et une longueur sans acheter de série neuve, et c’est aussi la première question à poser : que changeriez-vous aux clubs que je possède déjà ?
Pour l’entrée de gamme, Ochsner Sport et ses gammes propres couvrent le premier équipement. En ligne, golfshop.ch et les sites suisses des marques vendent le matériel mais ne remplacent pas une séance avec un radar et quelqu’un qui regarde votre frappe.
Commencez toutefois par le pro-shop de votre club. Beaucoup de professionnels enseignants mesurent les angles et changent les grips sur place, souvent pour moins cher qu’un déplacement en magasin, et ils vous voient jouer chaque semaine, ce qu’aucune cabine de fitting ne peut mesurer.
Si vous achetez d’occasion, prévoyez une vérification d’angle de semelle après coup : un club de seconde main a été cintré par le fitting de quelqu’un d’autre, ou par un arbre.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec ces enseignes et ne touche aucune commission.
Par quoi commencer
- Faites vérifier les angles de semelle, même sur de vieux clubs. C’est peu cher et cela change la direction immédiatement.
- Mesurez vos écarts de wedges au radar, en portée, et comblez le plus grand.
- Vérifiez la taille de vos grips contre celle de votre gant avant de dépenser autre chose.
- N’envisagez une série neuve qu’ensuite, et achetez-la fittée plutôt qu’en rayon.
Fait dans cet ordre, les trois premiers points coûtent moins qu’un week-end de golf et retirent plus de coups que le quatrième. C’est la partie que le marketing ne mettra jamais en avant.



