Les moins de 40 ans et ce que les clubs en font
446 000 licenciés, un âge moyen de 54 ans, et des arrivants qui viennent du practice urbain plutôt que de l'école de golf. Les clubs qui ont rajeuni ont fait trois choses précises, et aucune n'était coûteuse.
En bref
- Record de licences en 2025, mais c'est la part des moins de 40 ans qui compte.
- Beaucoup savent frapper une balle avant de savoir ce qu'est une provisoire.
- Les compétitions de neuf trous comptant pour l'index ne coûtent presque rien au club.
- Cotisations par paliers d'âge, formules semaine et cotisations familiales.
- Demandez l'âge moyen des membres, et celui d'il y a cinq ans.
La ffgolf a franchi les 446 000 licenciés en 2025, un record, avec un âge moyen de 54 ans et 26 % de femmes. Le chiffre qui compte pour l’avenir n’est pourtant pas le total : c’est la part des moins de quarante ans, et ce que les clubs font pour la retenir.
Ce qui suit n’est pas un plaidoyer pour que le golf change. C’est une description de ce qui a déjà eu lieu, de ce que les clubs qui ont grandi ont fait différemment, et des questions qu’un joueur de moins de quarante ans devrait poser avant de signer quoi que ce soit.
Ce qui a changé
La pratique a progressé pendant les années de pandémie et n’est pas redescendue. Le record de licences en est la trace la plus visible, mais la composition compte davantage que le total.
Les arrivants ne viennent pas majoritairement de l’école de golf d’un club privé. Ils viennent des practices urbains, des simulateurs, des structures indoor et des parcours compacts, et ils savent frapper une balle avant de savoir ce qu’est une balle provisoire.
Cette distinction explique la plupart des frictions qui suivent. Un club dont les habitudes supposent qu’un nouveau membre a appris à quatorze ans avec un parent déjà licencié n’est pas équipé pour un adulte de trente-quatre ans qui porte un fer 7 à 140 mètres et n’a jamais rempli une carte de score.
Ils sont entrés par le practice, pas par le premier départ
C’est l’inverse du chemin traditionnel, et cela change ce qu’un club doit proposer : une porte d’entrée pour des gens qui ont un swing et aucune idée de l’étiquette, des règles ou du rythme de jeu.
La carte verte joue ce rôle en France, et tout dépend de la façon dont le club la traite. Une formation accueillante, en petit groupe, qui explique l’étiquette et le rythme autant que la technique, transforme un joueur de practice en golfeur. Un examen administratif le renvoie au practice.
Les clubs qui gèrent bien cette transition ont en général quelque chose d’explicite : un compact ou un neuf trous pour débuter, un stage collectif consacré à l’étiquette, une compétition de neuf trous où personne n’est jugé, ou simplement un membre chargé d’accompagner les nouveaux pendant leur premier mois. Ceux qui la gèrent mal comptent sur l’osmose et se plaignent ensuite du rythme de jeu.
Si vous êtes le nouveau venu, la chose utile à savoir est que personne ne reproche à un débutant de mal jouer, tant qu’il suit le rythme, répare son pitch et sait laisser passer. Le niveau n’est pas la norme ; le comportement l’est.
Neuf trous, tarifs creux et le problème des quatre heures
Une partie de quatre heures et demie le samedi matin est difficile à vendre à quelqu’un qui a de jeunes enfants et un travail. Ajoutez le trajet et l’échauffement, et un tour de golf coûte six heures d’une journée de week-end, ce qui est beaucoup à demander à un foyer où deux adultes travaillent.
Les clubs qui ont fait progresser leurs moins de quarante ans ont en général fait trois choses précises. Des compétitions sur neuf trous qui comptent pour l’index, de sorte qu’un neuf après le travail soit une vraie partie et non un lot de consolation. Des tarifs hors pointe réellement moins chers, et pas seulement affichés comme tels. Et un travail sérieux et suivi sur le rythme de jeu, parce que le joueur qui a acheté deux heures ne peut pas absorber un tour de cinq.
Le point du neuf trous est celui sur lequel il faut le plus insister, parce qu’il ne coûte presque rien au club : la grille de départs est vide à dix-sept heures, le logiciel sait déjà enregistrer les neuf trous, et la seule vraie décision est celle d’un comité qui accepte qu’une compétition de neuf trous compte.
Les codes se desserrent
Polo hors du pantalon, sweat à capuche sur le parcours, disparition de la cravate au restaurant : des clubs qui auraient refusé il y a dix ans l’acceptent aujourd’hui. Une partie de ce mouvement vient du golf professionnel, où un sweat par une matinée froide a cessé d’être remarquable ; une autre vient de l’arithmétique d’une liste d’attente qui n’existe plus.
Que ce soit un progrès ou un renoncement est affaire de goût. Que cela change la composition des nouveaux membres ne fait pas vraiment débat, et les clubs qui ont conservé les codes les plus stricts sont en général ceux dont l’âge moyen a monté le plus vite.
La version pratique pour un candidat : lisez le règlement vestimentaire avant de visiter, et regardez s’il est écrit comme une liste d’interdictions ou comme une phrase d’attente. Cela en dit long sur le comité.
Les formules qui fonctionnent
Trois structures reviennent partout où l’âge moyen a baissé.
Les cotisations jeunes et étudiantes qui montent par paliers d’âge, typiquement de vingt à quarante ans, si bien qu’on entre à une fraction du tarif plein et qu’on l’atteint dix ans plus tard, quand on peut le payer. C’est la plus ancienne des trois et toujours la plus efficace.
Les formules semaine et les abonnements convertibles en parties, pour le joueur qui fait vingt tours par an et ne peut pas justifier une cotisation pleine. Les clubs y ont longtemps résisté au motif que cela diluait le corps social ; ceux qui les ont adoptées constatent généralement l’inverse, puisque ces membres deviennent des membres pleins.
Les cotisations familiales couvrant conjoint et enfants sous un même abonnement, ce qui transforme le golf d’une activité où un parent disparaît en une activité du foyer. C’est la catégorie qui retient le mieux un membre pendant les années où les enfants sont petits, c’est-à-dire exactement quand les clubs perdent des gens.
Toutes existent parce qu’une cotisation pleine est un mauvais produit pour quelqu’un de trente ans avec un crédit immobilier, et qu’un club qui ne vend que ce produit vend à un groupe qui rétrécit.
La question du golf hors parcours
Une part notable de la croissance vient de gens qui frappent des balles sans jouer de parcours, et les clubs ont eu tendance à voir là une menace. Les faits vont plutôt dans l’autre sens : les practices urbains et les structures indoor sont le plus gros entonnoir dont le golf dispose, et la vraie question est de savoir si un parcours est organisé pour recevoir ceux qui en sortent.
Les clubs qui convertissent ce flux ont en général un simulateur ou une structure couverte pour l’hiver, un compact ou une zone d’entraînement agréable où passer une heure, et un moyen de jouer neuf trous sans réserver. Rien de tout cela n’est exotique, et tout cela coûte moins cher qu’un système d’arrosage.
Ce que cela veut dire pour vous
Si vous choisissez un club, l’âge moyen des membres et les catégories proposées disent à quoi ressemblera l’endroit dans cinq ans. Un club sans catégorie intermédiaire dont l’âge moyen approche soixante-dix ans n’est pas une proposition stable, quelle que soit la qualité du parcours.
Si vous êtes déjà membre, le programme neuf trous et hors pointe est ce qu’il faut défendre en assemblée générale : cela ne coûte presque rien au club et c’est ce qui garde les jeunes membres pendant les années où ils ne peuvent pas donner un samedi.
Où chercher en France
Pour le golf public et commercial, les réseaux de parcours des grands groupes proposent des formules d’abonnement multi-sites et des tarifs hors pointe lisibles, et leurs grilles sont publiées en ligne, ce qui permet de comparer sans se déplacer.
Pour les clubs associatifs, l’annuaire de la ffgolf recense les clubs par département, et la ligue régionale est un meilleur point de départ qu’un classement : les clubs qui engagent des équipes en interclubs sont ceux qui ont des joueurs de trente ans.
Pour la moitié hivernale de l’année, les structures indoor avec simulateur se sont multipliées dans les grandes villes françaises et organisent souvent des ligues d’hiver, qui sont une vraie porte d’entrée sociale et pas une curiosité.
Posez trois questions directement au secrétariat et jugez le club à l’aise avec laquelle il y répond. Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, réseaux ou structures cités.
Questions à poser
- Le club organise-t-il des compétitions sur neuf trous comptant pour l’index ?
- Existe-t-il une catégorie jeune, étudiante, semaine ou familiale, et combien coûte-t-elle réellement la première année et la dixième ?
- Quelle est la durée moyenne d’une partie aux heures où vous joueriez vraiment, pas un mardi matin ?
- Quel est l’âge moyen des membres, et quel était-il il y a cinq ans ?
- Que se passe-t-il en janvier : peut-on taper des balles quelque part, et y a-t-il une vie sociale ?
Le golf français ne manque pas de nouveaux joueurs. Il manque de clubs organisés autour de la façon dont ces joueurs vivent, et ceux qui se sont réorganisés ne peinent pas à remplir leur grille de départs.






