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Tendances

Eau et produits : ce que les parcours ont changé

L'arrosage est le premier poste environnemental du golf et celui sur lequel les intendants ont le plus travaillé. Un fairway jauni en août est un choix.

La rédaction Panxis Golf · · 3 min
Fairway de links bordé de dunes de sable et d'herbes hautes.
Illustration. Sur un links, la balle basse remplace la balle haute. — Photo cottonbro studio / Pexels

Le golf occupe du terrain, consomme de l’eau et utilise des produits phytosanitaires, et la profession s’entend le dire depuis vingt ans. Ce qui a réellement changé sur le terrain est plus intéressant que la critique comme que la défense, et l’essentiel se voit sur les parcours que vous jouez déjà.

Où part l’eau

L’arrosage est le premier poste environnemental d’un parcours et celui sur lequel les intendants ont le plus travaillé. Les signes visibles sont des fairways qui jaunissent sur les bords en août, des roughs qu’on n’arrose plus et des arroseurs réglés en secteur plutôt qu’en cercle complet. Un parcours vert d’une clôture à l’autre en plein été est un parcours qui arrose des zones où personne ne joue.

Les restrictions d’usage de l’eau prises par arrêté préfectoral lors des sécheresses récentes ont accéléré ce mouvement plus vite que n’importe quel discours : beaucoup de clubs français ont dû prouver qu’ils pouvaient réduire, et l’ont fait.

Le jaune n’est pas de la négligence

Un fairway ferme et doré roule davantage, se draine mieux et demande moins d’eau et moins de fongicide. Il ressemble aussi, pour un œil habitué à la télévision, à un parcours mal tenu. Les membres qui se plaignent de la couleur sont l’un des vrais obstacles à la baisse de la consommation, et les clubs qui ont franchi l’étape sont ceux où l’intendant explique avant que les plaintes n’arrivent.

Les produits : moins, et mieux ciblés

Le traitement est passé du calendrier fixe à l’application ciblée en fonction de la météo et de la pression des maladies. Les greens restent traités parce qu’un green perdu ferme un trou pour une saison, mais fairways et roughs de moins en moins. Demandez à votre intendant à quoi ressemble le programme d’aujourd’hui comparé à celui d’il y a dix ans : la plupart sont ravis qu’on le leur demande.

Le terrain qui n’est pas en jeu

Un dix-huit trous a un tiers ou plus de sa surface hors jeu, et c’est là que se trouve l’essentiel de la valeur écologique. Roughs non tondus, lisières boisées, mares laissées tranquilles : tout cela accueille beaucoup plus de vivant qu’un fairway tondu. La ffgolf porte depuis plusieurs années un programme « Golf pour la biodiversité » mené avec le Muséum national d’Histoire naturelle, et la certification internationale GEO joue le même rôle à l’échelle européenne.

Ce qu’un joueur peut faire

Peu de choses, mais pas rien. Relever son pitch garde un green sain sans produit. Éviter la voiturette sur sol détrempé réduit le tassement, qui est la raison de la moitié des carottages dont on se plaint. Et ne pas râler devant un fairway jauni en août est une contribution réelle.

Les limites, honnêtement

Un parcours de golf n’est pas une réserve naturelle, et un parcours construit sur une zone humide drainée ne devient pas vertueux parce qu’il recycle son eau. La question utile n’est pas de savoir si le golf est bon pour l’environnement, mais si un parcours donné est mieux géré cette année que l’an dernier. Celle-là a une réponse.

À demander à votre club

  • D’où vient l’eau d’arrosage, et les volumes ont-ils baissé ?
  • Quelle part du domaine est hors jeu et laissée en gestion douce ?
  • Le parcours participe-t-il au programme biodiversité de la ffgolf ou à une certification GEO ?

Les réponses en disent plus sur la gestion d’un club que n’importe quelle plaquette, et ceux qui font le travail sont en général heureux qu’on le remarque.

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