Eau et traitements : ce qui a changé sur les parcours
L'arrosage est le premier poste environnemental d'un parcours. Les étés secs et les restrictions cantonales ont fait plus que les discours.
Le golf occupe du terrain, consomme de l’eau et utilise des traitements, et la profession l’entend depuis vingt ans. Ce qui a changé sur les parcours romands est plus instructif que le débat, et l’essentiel se voit sur ceux que vous jouez déjà.
Où part l’eau
L’arrosage est le premier poste environnemental d’un parcours et celui sur lequel les intendants ont le plus travaillé. Fairways qui jaunissent sur les bords en août, roughs qu’on n’arrose plus, arroseurs réglés en secteur : ce sont les signes d’un parcours qui a cessé d’arroser là où personne ne joue.
Les étés secs et les restrictions cantonales de prélèvement ont poussé le mouvement plus vite que n’importe quelle déclaration d’intention : plusieurs clubs romands ont dû démontrer qu’ils pouvaient réduire, et l’ont fait.
Le jaune n’est pas de la négligence
Un fairway ferme et doré roule davantage, se draine mieux et demande moins d’eau et moins de fongicide. Il ressemble aussi, pour un œil habitué à la télévision, à un parcours mal tenu. Les membres qui se plaignent de la couleur sont l’un des vrais obstacles à la baisse des volumes.
Les traitements : moins, et mieux ciblés
On est passé du calendrier fixe à l’application ciblée selon la météo et la pression des maladies. Les greens restent traités parce qu’un green perdu ferme un trou pour une saison ; fairways et roughs de moins en moins. Demandez à votre intendant à quoi ressemble le programme d’aujourd’hui comparé à celui d’il y a dix ans.
Le terrain qui n’est pas en jeu
Un dix-huit trous a un tiers ou plus de sa surface hors jeu, et c’est là que se trouve la valeur écologique : roughs non fauchés, lisières, mares laissées tranquilles. Swiss Golf mène un programme environnemental pour ses clubs, et la certification internationale GEO joue le même rôle à l’échelle européenne.
Ce qu’un joueur peut faire
Peu, mais pas rien. Relever son pitch garde un green sain sans produit. Éviter la voiturette sur sol détrempé réduit le tassement, cause de la moitié des carottages dont on se plaint. Et ne pas râler devant un fairway jauni en août est une contribution réelle.
Les limites, honnêtement
Un parcours n’est pas une réserve naturelle, et un parcours d’altitude installé sur un alpage ne devient pas vertueux parce qu’il recycle son eau. La question utile n’est pas de savoir si le golf est bon pour l’environnement, mais si un parcours donné est mieux géré cette année que l’an dernier.
À demander à votre club
- D’où vient l’eau d’arrosage, et les volumes ont-ils baissé ?
- Quelle part du domaine est laissée en gestion extensive ?
- Le parcours participe-t-il au programme environnemental de Swiss Golf ou à une certification GEO ?
Les réponses en disent plus sur la gestion d’un club que n’importe quelle plaquette, et il faut bien commencer par les demander en francs et en mètres cubes plutôt qu’en intentions.


