Eau et pesticides : ce que le Code a changé
Le Québec encadre les pesticides depuis vingt ans, et les surintendants ont appris à entretenir un gazon avec moins de produits.
Le golf occupe du terrain, consomme de l’eau et utilise des pesticides, et au Québec la discussion est plus ancienne et plus encadrée qu’ailleurs. Ce qui a réellement changé sur les terrains est plus instructif que le débat lui-même.
Le Code de gestion des pesticides a changé le métier
Le Québec encadre l’usage des pesticides depuis le début des années 2000, et les terrains de golf sont soumis à des obligations particulières, dont la production d’un plan de réduction et la reddition de comptes. Le résultat pratique est une génération de surintendants qui ont appris à entretenir un gazon avec moins de produits, plus de surveillance et de meilleures pratiques culturales, parce qu’ils n’avaient pas le choix.
Où part l’eau
L’arrosage est le premier poste environnemental d’un terrain et celui sur lequel les surintendants ont le plus travaillé. Les signes visibles sont des allées qui jaunissent sur les bords en août, des herbes longues qu’on n’arrose plus et des gicleurs réglés en secteur plutôt qu’en cercle complet.
Le jaune n’est pas de la négligence
Une allée ferme et dorée roule davantage, se draine mieux et demande moins d’eau et moins de fongicide. Pour un œil habitué à la télévision, elle a l’air d’un terrain mal tenu. Les membres qui se plaignent de la couleur sont l’un des vrais obstacles à la baisse des volumes.
La moisissure des neiges, un problème d’ici
Les verts québécois affrontent une menace que peu de pays connaissent : des mois sous la neige et la glace, et les maladies qui vont avec. Le traitement préventif avant le gel est la seule application que même le surintendant le plus réducteur défendra, parce qu’un vert perdu à la moisissure est un vert fermé jusqu’en juillet. C’est aussi pourquoi les verts dont vous vous plaignez en mai sont ceux qui ont survécu.
Le terrain qui n’est pas en jeu
Un dix-huit trous a un tiers ou plus de sa surface hors jeu, et c’est là que se trouve la valeur écologique : herbes longues renaturalisées, boisés, milieux humides laissés tranquilles. Le programme Audubon certifie un bon nombre de terrains canadiens sur cette base, et la certification internationale GEO joue le même rôle ailleurs.
Ce qu’un joueur peut faire
Réparez votre marque de balle. Gardez la voiturette hors des sols détrempés au printemps : le tassement d’un sol saturé est la raison de la moitié des aérations dont on se plaint. Et ne râlez pas devant une allée jaunie en août.
Les limites, honnêtement
Un terrain de golf n’est pas une réserve naturelle. La question utile n’est pas de savoir si le golf est bon pour l’environnement, mais si un terrain donné est mieux géré cette année que l’an dernier.
À demander à votre club
- D’où vient l’eau d’arrosage, et les volumes ont-ils baissé ?
- Quelle part du domaine est renaturalisée et hors jeu ?
- Le terrain est-il certifié Audubon ou GEO, et où en est son plan de réduction ?
Les réponses en disent plus sur la gestion d’un club que n’importe quelle brochure.


