Aller au contenu
Tendances

Index WHS en France : de la zone tampon EGA à la partie loisir certifiée, cinq ans de changements

Il y a cinq ans, une carte sous la zone tampon coûtait un dixième d'index, point final. Le WHS a remplacé ce verdict par une moyenne de huit cartes sur vingt et ouvert le calcul aux parties entre amis. Ce que la bascule de 2020 et la révision de 2024 ont changé en France, et comment obtenir et faire vivre un index.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 11 min
Trois golfeurs amateurs sur un green : un homme en bleu joue son putt pendant que deux joueuses attendent leur tour, drapeau rouge et blanc au centre
Photo David Luebbert / Pexels

En bref

  • Avant le WHS, la France appliquait la méthode EGA : zones tampons en stableford net, remontée de 0,1 par contre-performance, et un index qui ne remontait plus au-delà de 18,4.
  • Depuis 2020, l'index est la moyenne des 8 meilleurs index joués sur les 20 dernières cartes ; en France, un premier index est attribué dès la première carte (index joué moins 2), et le calcul a été étendu à tous les joueurs le 1er février 2021.
  • La révision entrée en vigueur le 1er janvier 2024 ouvre l'index aux 9 trous à partir de 690 mètres et aux 18 trous à partir de 1 370 mètres, accepte les parties interrompues après 9 trous et rend le PCC systématique.
  • Les parties loisir certifiées se saisissent dans l'application Kady, à partir de 17 ans et au-dessus de 11,4 d'index, avec un marqueur licencié ; la licence adulte 2026 coûte 62 €.

Il y a cinq ans, un golfeur français qui rendait une carte de 31 points en stableford net savait ce qui l’attendait : un dixième de plus sur son index, et rien d’autre. S’il en faisait 40, la baisse se calculait de tête, point par point au-dessus de 36. Ce petit rituel a disparu avec le World Handicap System, que la ffgolf a mis en place en 2020. Depuis, l’index se calcule comme une moyenne, les parties loisir peuvent compter, un premier index s’obtient dès la première carte et, depuis janvier 2024, les golfs compacts et les parties interrompues entrent dans le calcul. Voici ce qu’était le système d’avant, ce qui a changé pour vous, ce que la révision de 2024 a ajouté, et comment obtenir et tenir un index aujourd’hui en France.

Avant 2020 : le système EGA, ses zones tampons et son plafond

Jusqu’en 2020, six méthodes de calcul du handicap coexistaient dans le monde. La France, comme la plupart des pays d’Europe continentale, appliquait celle de l’European Golf Association, dite méthode EGA. Son principe tenait en une phrase : votre index évoluait en fonction de votre dernière compétition, et d’elle seule.

Tout passait par le stableford net. Chaque catégorie d’index avait sa zone tampon, une fourchette de points dans laquelle rien ne bougeait. Un joueur classé entre 11,5 et 18,4, par exemple, restait au même index avec un résultat de 33 à 36 points nets. En dessous de 33, il remontait de 0,1. Au-dessus de 36, chaque point supplémentaire lui retirait 0,3. Les catégories inférieures baissaient plus lentement, les supérieures plus vite.

Le système avait ses qualités : il était lisible, et chacun pouvait vérifier son index en sortant du green du 18. Il avait aussi ses travers.

  • Une remontée bloquée. Au-delà de 18,4, l’index ne remontait plus, quels que soient les résultats. Un joueur qui avait atteint 17 lors d’une belle saison pouvait le garder des années après avoir perdu son niveau.
  • Une mémoire courte. Seule la dernière carte comptait. Une excellente journée faisait chuter l’index d’un coup ; une série de cartes moyennes ne le faisait remonter que d’un dixième à la fois.
  • Peu de place pour le jeu amical. L’index se construisait surtout en compétition, avec en appoint les Extra Day Scores, ces cartes enregistrées par le club hors compétition.
  • Des corrections de conditions moins systématiques. Le SSJ, scratch score du jour, puis la ZTA, zone tampon ajustée, ajustaient les résultats d’une compétition difficile, mais seulement à l’échelle de cette compétition.

Un détail mérite d’être rappelé, parce qu’il distingue la France des États-Unis : la formule du handicap de jeu, Index × (Slope ÷ 113) + (SSS − Par), était déjà en usage avant le WHS. La ffgolf le souligne dans sa présentation du nouveau système : ce calcul « reste inchangé », il s’applique désormais simplement à tous les index, y compris ceux de 36,0 à 54,0.

Ce qui a changé pour le joueur français

La Fédération avait annoncé le basculement pour le printemps 2020, accompagné d’une série de tutoriels vidéo lancée le 24 février de cette année-là. Au moment de la bascule, aucun index n’a été modifié d’office : chacun a gardé le sien jusqu’à l’enregistrement de sa première carte officielle sous le nouveau régime. Le 1er février 2021, la ffgolf a étendu le calcul WHS aux joueurs qui n’avaient encore rendu aucune carte, et leur nouvel index est apparu dans l’espace licencié. Pour reconstituer vingt scores, le système est remonté dans les historiques jusqu’en 2012 si nécessaire. La Fédération indique que les écarts avec l’ancien index se sont révélés mineurs.

Ce qui change vraiment, c’est la logique du calcul.

Une moyenne au lieu d’un verdict. Votre index est la moyenne des huit meilleurs scores différentiels de vos vingt dernières cartes. Une mauvaise journée ne vous coûte plus rien tant qu’elle ne fait pas partie de vos huit meilleures ; une bonne journée pèse pour un huitième, pas davantage.

Le score brut ajusté remplace le stableford. Pour le calcul, chaque trou est plafonné à votre par net plus deux. Sur un par 5 où vous recevez deux coups, votre par net est de 7 et votre plafond de 9 : le 10 inscrit sur la carte compte pour 9. Le stableford reste une formule de jeu, il n’est plus l’outil de calcul.

L’index joué. La ffgolf a gardé une expression française pour le score différentiel : l’index joué. Il se calcule ainsi : (113 ÷ Slope) × (score brut ajusté − SSS − PCC). L’exemple de la Fédération : un 92 ajusté sur un parcours noté 72,1 / 122 donne un index joué de 18,3.

Un premier index dès la première carte. C’est une différence notable avec d’autres pays, qui exigent 54 trous avant d’attribuer un premier index. En France, votre premier score enregistré vous donne un index égal à l’index joué moins 2 : un débutant qui joue 50,2 démarre à 48,2. Le calcul se resserre ensuite carte après carte, du meilleur score moins 2 pour les trois premières jusqu’à la moyenne des huit meilleurs à partir de vingt.

La fin du blocage. L’index peut désormais remonter jusqu’à 54. Pour éviter les envolées après une blessure ou une saison sans entraînement, deux freins existent : le soft cap ralentit la remontée, le hard cap l’arrête à 5 points au-dessus de votre meilleur index des douze derniers mois. Dans l’autre sens, un index joué inférieur d’au moins 7 points à votre index fait baisser celui-ci de 1 ou 2 points supplémentaires pour score exceptionnel.

Le PCC à l’échelle de la journée. Contrairement au SSJ et à la ZTA, le calcul des conditions de jeu prend en compte tous les scores enregistrés sur le parcours dans la journée : compétitions du matin et de l’après-midi, parties certifiées, Extra Day Scores. Il faut au moins huit cartes de joueurs d’index 36 ou moins pour le déclencher. L’ajustement va de −1 à +3 et se calcule le lendemain : votre index joué apparaît d’abord sans PCC, et l’application vous prévient si le second calcul le modifie.

Les parties loisir certifiées. La ffgolf a choisi de faire compter des parties amicales dès 2020, à condition qu’elles soient encadrées. Nous y revenons plus bas, car c’est la porte d’entrée de la plupart des golfeurs qui ne jouent pas en compétition.

Une révision annuelle qui disparaît. Le système EGA prévoyait une révision des index chaque année. Elle n’existe plus en tant que telle, mais les commissions sportives des clubs et la Fédération conservent un droit de révision pour initialiser ou ajuster un index.

La révision de janvier 2024 : compacts, parties tronquées et PCC systématique

L’USGA et le R&A ont annoncé une première série d’ajustements du WHS, entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Pour le golfeur français, trois points comptent.

  • Les petites structures entrent dans le calcul. Un parcours de 9 trous peut désormais recevoir un SSS et un Slope à partir de 690 mètres, un 18 trous à partir de 1 370 mètres. Les golfs compacts et les pitch & putt, que la ffgolf souhaite voir se multiplier, peuvent donc être étalonnés et accueillir des cartes qui comptent pour l’index.
  • Les parties interrompues comptent. Si vous avez joué au moins neuf trous, la partie peut être enregistrée même si l’orage ou la nuit vous arrête au 12, au 14 ou au 16. Les trous non joués sont complétés par un score attendu, calculé d’après votre index, qui produit un différentiel sur 18 trous immédiatement utilisable. Avant 2024, la méthode française complétait un 9 trous avec votre par net sur les trous non joués, plus un coup : le score attendu est plus fidèle à votre niveau réel.
  • Le PCC devient systématique. Auparavant, son déclenchement relevait du club ou de l’organisateur. Depuis 2024, les conditions de la journée sont prises en compte à chaque fois que le nombre de cartes le permet.

Une règle française limite toutefois la portée de ces ouvertures pour les meilleurs joueurs : sous 11,5 d’index, seuls les scores réalisés en compétition et sur 18 trous comptent pour l’index. Pas de 9 trous, pas d’Extra Day Score, pas de partie loisir certifiée. Le neuf trous du soir ne fera donc bouger que les index de 11,5 et plus.

Ce que disent les chiffres de la ffgolf

La Fédération ne publie pas, à notre connaissance, de bilan annuel du nombre de cartes enregistrées ou de la part des parties loisir dans les historiques. Elle publie en revanche ses statistiques de licences, et elles donnent une idée du public concerné, puisque l’index officiel est rattaché à la licence.

  • 446 547 licenciés en 2025, un record absolu, devant 2023. Sur dix ans, la progression atteint 9,6 %, soit 38 978 licences de plus.
  • 61 % des licenciés sont membres d’une association sportive ou abonnés d’un golf ; 39 % sont des joueurs indépendants. Chez les nouveaux licenciés, la part de membres tombe à 55 %.
  • Les femmes représentent 26 % des licenciés, et 22 % des nouveaux.
  • La moyenne d’âge reste de 54 ans, 57 ans chez les dames et 53 ans chez les messieurs.
  • La Fédération rappelle que le faible nombre de licenciés de 2020, l’année même de la bascule, s’explique par la pandémie de Covid-19.

Ces chiffres ne mesurent pas l’usage de l’index, mais ils rappellent une réalité : près de quatre licenciés sur dix ne sont rattachés à aucun club. Pour eux, la partie loisir certifiée est souvent le seul moyen de faire vivre un index sans s’inscrire aux compétitions.

Où obtenir et tenir un index en France

La licence d’abord. Pas d’index officiel sans licence ffgolf. Pour la saison 2026, la licence adulte coûte 62 € ; la licence jeune adulte 38 €, la licence jeune 25 € et la licence enfant 22 €. La carte physique est en option, avec une participation de 5 € au-delà de 10 ans ; la licence dématérialisée se présente depuis l’espace My ffgolf ou les applications de la Fédération.

Par un club ou sans club. Si vous êtes membre ou abonné d’un golf, c’est obligatoirement par lui que vous prenez votre licence. Si vous n’avez pas de club d’attache, vous pouvez la prendre à l’accueil de n’importe quel golf de France, ou directement auprès de la Fédération, en ligne ou par courrier : vous avez alors le statut d’indépendant, avec un index officiel comme les autres. Seule limite : pour représenter un club en compétition par équipes, il faut être membre de son association sportive.

Deux applications, deux usages. L’application ffgolf et l’espace My ffgolf affichent votre index à jour, votre historique de cartes et la fiche de chaque parcours avec son SSS et son Slope. Les parties loisir certifiées, elles, se saisissent exclusivement dans l’application Kady, jamais directement dans l’espace licencié.

Les conditions d’une partie loisir certifiée. Elles sont précises, et c’est souvent là que les cartes se perdent :

  • avoir 17 ans ou plus, une licence active, être à jour de ses obligations médicales et avoir plus de 11,4 d’index ;
  • déclarer dans Kady son intention de faire compter la carte avant de saisir le score du 1er trou ;
  • désigner un marqueur licencié, présent dans la partie, qui certifie la carte dans l’application à la fin ;
  • jouer en simple, en stroke play ou en stableford, sur 9 ou 18 trous, sur un parcours de 6, 9 ou 18 trous, un compact ou un pitch & putt ;
  • saisir tous les scores du format choisi.

Une partie incomplète ou non signée dans les 48 heures est traitée comme une carte non rendue, et entraîne un score de pénalité : la plus mauvaise performance de vos vingt dernières cartes est ajoutée à votre historique. Un abandon justifié, en revanche, n’est pas sanctionné. Les clubs peuvent par ailleurs continuer à enregistrer des Extra Day Scores pour le compte de leurs joueurs.

Cinq ans après : la liste avant votre prochaine partie

  • Vérifiez dans l’application ffgolf votre meilleur index des douze derniers mois : c’est lui qui explique pourquoi votre index remonte moins vite que vos scores.
  • Si vous êtes au-dessus de 11,4, ouvrez Kady et déclarez la partie avant le départ du 1 : un neuf trous du soir bien saisi compte désormais tout de suite.
  • Choisissez un marqueur licencié et faites certifier la carte le jour même plutôt que d’attendre la limite des 48 heures.
  • Sur un compact ou un pitch & putt, vérifiez dans la fiche parcours qu’un SSS et un Slope existent : sans étalonnage, la carte ne peut pas compter.
  • Après une saison blanche ou une blessure, adressez-vous à la commission sportive de votre club, qui garde un droit d’ajustement.

Le WHS n’a pas rendu les golfeurs français meilleurs. Il a remplacé un index qui réagissait à la dernière compétition par un index qui résume vingt cartes, ouvert le calcul aux parties entre amis et, depuis 2024, aux petits parcours où beaucoup apprennent le jeu. Pour près de 450 000 licenciés, c’est un chiffre qui dit enfin à quoi ressemble leur golf du moment.

Comment cette page a été faite : les règles du WHS telles que la ffgolf les applique (calcul de l’index, score brut ajusté, index joué, premier index, hard cap et soft cap, PCC, bascule de 2020 et du 1er février 2021) viennent de la page « WHS les détails du calcul » de la ffgolf ; les conditions des parties loisir certifiées de sa page « Un index en partie loisir » ; les chiffres de licences de sa page de statistiques publiée en janvier 2026 ; les tarifs et les modalités de licence de sa page tarifs et du formulaire de licence 2026. L’ancien système EGA est décrit d’après les présentations publiées par des associations sportives de clubs et la presse golf spécialisée en 2020, l’annonce du calendrier de bascule d’après la Ligue de golf Paris Île-de-France (février 2020), et la révision de 2024 d’après Golf Planète. Toutes ces sources ont été lues en octobre 2026. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les organismes cités.

Un article par jour ne suffit pas ?

La lettre mensuelle rassemble ce qu’il fallait lire, sans le bruit.

À lire aussi

Parcours de notre annuaire

Golf d’Avoriaz — Morzine

Neuf trous sur un plateau d'alpages à 1 600 mètres, ouverts trois mois par an : entretien parfait, dévers permanents, et du foin qui…

Golf d’Étretat

Un parcours de 1908 posé sur la falaise, cinquante mètres au-dessus de la Manche : entretien salué, greens rapides, et un vent d'ouest qui…