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Technique

Coups en dévers au Québec : deux questions avant de choisir le bâton, du Géant à la plaine

Sur les plateaux du Géant ou dans le cratère de Baie-Saint-Paul, la position plate est l'exception. Une pente ne demande pas un autre élan : elle change le loft ou l'orientation de la face, et se règle avant de se placer.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 11 min
Fairway vallonné et buttes herbeuses sur un parcours de golf
Photo Calvin Seng / Pexels

En bref

  • Pente dans l'axe : la montée ajoute du loft (deux bâtons de plus), la descente en retire (un ou deux de moins).
  • Pente en travers : balle au-dessus des pieds, la face regarde à gauche ; en dessous, elle regarde à droite.
  • Quand les pentes se combinent, réglez le dénivelé, puis la pente dans l'axe, puis la cible.
  • Vous pouvez placer fermement vos pieds, mais aplanir le talus coûte la pénalité générale (règle 8.1a).
  • Une balle qui bouge quand vous enlevez des feuilles hors du vert se replace avec un coup de pénalité (règle 15.1b).

Au Golf Le Géant, à Mont-Tremblant, la station décrit des plateaux sculptés à même le flanc de la montagne. Au Golf Baie-Saint-Paul, Tourisme Charlevoix parle d’un terrain « escarpé et perché », tracé dans le cratère laissé par une météorite. Sur ce genre de parcours, la balle qui s’arrête sur une surface plate est l’exception. Et même dans la plaine, autour de Montréal ou de Québec, une butte au bord de l’allée suffit pour que vos pieds ne soient plus au niveau de la balle.

Le champ de pratique, lui, est plat. On y construit un élan pour un sol horizontal, puis on l’emporte sur une pente et on s’étonne du résultat. Or une pente ne demande pas un autre élan. Elle demande de répondre à deux questions, dans l’ordre, avant de choisir le bâton et la cible.

Première question : la pente monte-t-elle ou descend-elle vers la cible?

Quand le sol monte ou descend dans l’axe du coup, c’est l’angle d’ouverture réel du bâton qui change. Cet angle se mesure par rapport au sol sur lequel vous vous tenez, pas par rapport à l’horizon. Votre fer 7 n’a donc pas le même loft sur une pente qu’au champ de pratique.

En montée, le terrain ajoute du loft. La balle monte plus haut, retombe plus à pic et perd beaucoup de distance. C’est la pente la plus indulgente pour le contact, et pourtant celle où l’on reste court le plus souvent, parce qu’on prend le bâton de la distance à plat. Sur une montée franche, prenez deux bâtons de plus.

À l’adresse, alignez les épaules sur la pente : l’épaule avant plus haute que l’autre, le poids surtout sur le pied arrière, la balle un peu plus avancée que d’habitude. Puis laissez le bâton remonter la pente après l’impact. Le joueur qui veut rester à l’horizontale frappe dans le talus et enterre la tête du bâton derrière la balle. Comme le poids reste en arrière et que les mains tournent tôt, la balle a aussi tendance à tirer à gauche : visez un peu à droite.

En descente, c’est l’inverse, et c’est la plus exigeante des quatre situations. Le terrain retire du loft : un fer 7 vole comme un fer 5, bas, et roule longtemps. Prenez un ou deux bâtons de moins et prévoyez ce roulement. Là encore, les épaules suivent la pente, mais le poids passe sur le pied avant et la balle recule vers le centre, voire un peu derrière. Après l’impact, la tête du bâton doit continuer à descendre avec le terrain. Le réflexe d’aider la balle à monter donne un coup mince qui file au-delà du vert. La balle tend à partir à droite : visez légèrement à gauche.

Si la descente est raide et que le vert ne retiendra pas une balle basse, le meilleur coup est souvent un cocheur vers une zone plate, puis un coup complet depuis là.

Deuxième question : la balle est-elle au-dessus ou en dessous des pieds?

Quand la pente est perpendiculaire à la ligne de jeu, c’est l’angle de semelle qui change, et avec lui la direction de la face au moment de l’impact. La balle part du côté où la face pointe, quelle que soit la qualité de l’élan.

La balle au-dessus des pieds rapproche la balle de vous et relève la pointe du bâton, qui repose surtout sur son talon. La face regarde à gauche. Pour un droitier, la balle part à gauche et continue vers la gauche, et l’élan, plus plat autour du corps, accentue la courbe. Cette situation paraît confortable, ce qui explique qu’elle coûte autant de verts manqués à gauche.

N’essayez pas de la combattre : un coup retenu part bloqué à droite, le pire des résultats. Acceptez plutôt la courbe :

  • raccourcissez la prise sur la poignée, puisque le bâton est maintenant trop long pour la distance qui vous sépare de la balle ;
  • tenez-vous un peu plus droit, le poids légèrement vers l’avant des pieds pour ne pas basculer en arrière ;
  • visez à droite en proportion de la pente, de quelques verges sur un faux plat jusqu’au bord du vert sur un talus prononcé.

Prenez aussi un bâton de moins : la face refermée réduit le loft, et la balle sort plus basse, plus vite, puis roule.

La balle en dessous des pieds éloigne la balle et fait plonger la pointe du bâton. La face regarde à droite, et la balle part à droite pour continuer à droite. C’est la situation où l’équilibre compte le plus. La faute type vient d’un réflexe : se redresser pendant l’élan pour « aller chercher » une balle placée plus bas. Résultat, la balle est frappée mince, sur l’arête inférieure de la face.

L’adresse n’a rien à voir avec celle du terrain plat :

  • plus de flexion aux hanches et surtout aux genoux ;
  • le poids vers les talons, et le bâton tenu au bout de la poignée ;
  • cette hauteur conservée jusqu’après l’impact.

Visez franchement à gauche et prenez un bâton de plus, puisque la posture ralentit l’élan. Frappez à environ quatre-vingts pour cent de votre vitesse habituelle : sur ce dévers, l’élan complet mène droit au coup de talon.

Quand deux pentes se superposent

Sur un parcours de montagne, la balle repose rarement sur une seule pente. Elle peut être en montée et au-dessus des pieds, sur une allée en balcon qui mène à un vert plus haut que vous. Trois corrections s’additionnent alors, et beaucoup de joueurs les mélangent en une seule estimation vague.

Traitez-les séparément, toujours dans le même ordre :

  1. Le dénivelé jusqu’au vert donne la distance réelle à jouer.
  2. La pente dans l’axe (montée ou descente) ajuste le nombre de bâtons.
  3. La pente en travers (balle au-dessus ou en dessous des pieds) fixe la cible.

Choisissez le bâton après les deux premières étapes, la ligne après la troisième, puis engagez-vous sans revenir en arrière. L’erreur la plus fréquente sur ces parcours est l’approche jouée depuis une descente vers un vert en contrebas : le joueur retire un bâton pour le dénivelé et oublie que la pente lui en a déjà retiré un autre. La balle passe derrière le vert.

La routine sur un talus

Faites toujours un élan d’essai à côté de la balle, sur une pente de même inclinaison, en frôlant l’herbe. Regardez où le bâton touche le sol : c’est là qu’il touchera au vrai coup. Cette marque vous renseigne mieux que n’importe quelle règle générale, parce qu’elle vient de ce morceau de terrain précis.

Ensuite, posez-vous trois questions à voix basse :

  • Montée ou descente : combien de bâtons de plus ou de moins?
  • Au-dessus ou en dessous des pieds : de quel côté part la balle, et où je vise?
  • Est-ce que je finis en équilibre à quatre-vingts pour cent?

Si la réponse à la dernière est non, vous avez un bâton de trop dans les mains, ou un coup trop ambitieux en tête.

Les Règles : vos pieds, les feuilles et le vent

Aucune règle ne vous accorde un dégagement parce que la position est inconfortable. La règle 8.1b(6) vous permet de prendre position de façon raisonnable, mais précise que le joueur n’a pas nécessairement droit à une prise de position ou à un élan normal.

Ce qui est permis. La règle 8.1b(5) autorise à placer fermement ses pieds en prenant position, y compris à creuser raisonnablement avec les pieds dans le sable ou la terre meuble. La règle 8.1b(4) permet d’appuyer légèrement le bâton contre le sol derrière la balle, c’est-à-dire de laisser l’herbe porter son poids.

Ce qui coûte la pénalité générale (deux coups en partie par coups), selon la règle 8.1a, si cela améliore les conditions du coup :

  • modifier la surface du sol, par exemple aplanir le talus pour se fabriquer une plateforme ;
  • plier ou casser une branche qui gêne l’élan ;
  • presser le bâton contre le sol derrière la balle ;
  • placer un détritus pour se donner un meilleur appui.

Faites donc vos élans d’essai là où ils ne changent rien à la position de la balle.

Les feuilles d’automne. En octobre, sous les érables, les talus se couvrent de feuilles mortes. Ce sont des détritus, et la règle 15.1a permet de les enlever sans pénalité. Mais attention : selon la règle 15.1b, si leur enlèvement fait bouger votre balle ailleurs que sur le vert ou dans l’aire de départ, vous devez la replacer et ajouter un coup de pénalité. Sur une pente couverte de feuilles, où la balle tient à peu de chose, il vaut souvent mieux laisser les feuilles près de la balle et n’écarter que celles qui sont loin.

La balle qui roule toute seule. Si le vent ou la pente font bouger votre balle au repos sans que vous en soyez la cause, la règle 9.3 ne prévoit aucune pénalité. La balle se joue alors de son nouvel emplacement, et non de l’ancien, sauf exceptions (notamment sur le vert, pour une balle déjà levée et replacée).

La sortie de secours. Si aucune position ne permet un élan sûr, la balle injouable (règle 19.2) coûte un coup de pénalité, avec trois options de dégagement. C’est souvent moins cher qu’un coup manqué, une chute ou une balle qui dévale le talus. Les Règles du golf de Golf Canada donnent le texte complet.

Où les golfeurs québécois rencontrent ces pentes

En montagne. Au Géant, à Tremblant, les plateaux taillés dans la pente imposent presque à chaque trou de combiner dénivelé et dévers. Le Diable, son voisin de 7 003 verges dessiné par Michael Hurdzan et Dana Fry, mise plutôt sur de longues allées étroites et des fosses de sable au sable rouge. Sur un tel tracé, chaque allée manquée est une occasion de jouer depuis un terrain qui n’est pas plat. En 2026, Le Géant ouvrait du 5 juin au 12 octobre et Le Diable du 8 mai au 18 octobre.

Dans Charlevoix. Le Golf Baie-Saint-Paul est tracé dans le cratère de Charlevoix, et son terrain est décrit comme escarpé et perché, avec vue sur l’Isle-aux-Coudres. Plus à l’est, le Club de golf Fairmont Le Manoir Richelieu, à La Malbaie, compte 27 trous au-dessus du fleuve. Au premier trou du parcours Saint-Laurent, on a l’impression, selon Tourisme Charlevoix, de frapper la balle directement dans le fleuve. Quand le départ domine le point de chute, comptez le dénivelé avant de choisir le bâton.

Dans la plaine. Autour de Montréal et de Québec, le relief est plus doux, et le piège est l’inverse de la montagne : la pente de quelques degrés qu’on ne remarque pas et qu’on ne compense donc pas. Les buttes qui séparent deux allées voisines placent aussi souvent la balle nettement au-dessus ou en dessous des pieds. Sur ces terrains, prenez l’habitude de regarder la balle de côté avant de choisir le bâton.

Au printemps et à l’automne. Après le dégel, un sol encore gorgé d’eau laisse le bâton s’enfoncer davantage en montée. Plus tard dans la saison, les feuilles mouillées rendent les appuis glissants. Dans les deux cas, le coup à quatre-vingts pour cent n’est plus une option : c’est la règle.

S’exercer aux pentes quand le champ de pratique est plat

La plupart des postes de frappe sont plats, qu’ils soient sur tapis ou sur gazon. Il faut donc chercher la pente ailleurs.

  • Les abords du vert d’exercice. Le talus qui borde un vert de pratique offre un vrai dévers latéral. Vingt minutes de courtes approches depuis ce talus, balle au-dessus puis en dessous des pieds, en apprennent plus qu’un seau complet sur tapis. Certaines installations louent un secteur de jeu court : au Club de golf L’Express, à La Prairie, la section jeu court coûte 17,25 $ pour 60 minutes, avec deux verts de 1 500 pieds carrés aux pentes variées.
  • Un neuf trous tranquille en fin de journée. Sur un neuf trous peu achalandé, demandez à la boutique si vous pouvez jouer une deuxième balle depuis une pente, et laissez passer les groupes derrière vous.
  • L’hiver, les distances. Un simulateur n’enseigne pas l’équilibre sur un talus. En revanche, c’est le bon moment pour mesurer ce que donne chaque bâton à plat, avec un radar personnel ou en séance de champ de pratique. Toutes les corrections de cet article se comptent en bâtons, et elles ne valent rien sans des distances fiables. Pour les coups partiels, voyez nos distances de cocheur.

Les tarifs, les dates d’ouverture et les descriptions de parcours cités ont été relevés le 17 septembre 2026 sur les sites de Tremblant, de Tourisme Charlevoix et du Club de golf L’Express. Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec ces établissements.

L’aide-mémoire à glisser dans le sac

  • Montée : épaules sur la pente, poids derrière, deux bâtons de plus, cible un peu à droite.
  • Descente : épaules sur la pente, poids devant, balle reculée, un ou deux bâtons de moins, cible un peu à gauche, roulement prévu.
  • Balle au-dessus des pieds : prise raccourcie, posture plus droite, un bâton de moins, cible à droite.
  • Balle en dessous des pieds : genoux fléchis, poids sur les talons, un bâton de plus, cible à gauche, hauteur tenue.
  • Pentes combinées : dénivelé, puis pente dans l’axe, puis pente en travers.
  • Toujours : élan d’essai sur la même pente, quatre-vingts pour cent, finir en équilibre ; pieds bien placés mais sol intact ; feuilles près de la balle laissées en place.

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