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Technique

Dévers, dénivelé, altitude : les quatre pentes du golf romand

Une pente change le loft réel du club et, en dévers, son angle de lie réel. Ce n'est pas un défaut de swing. L'adresse pour chacune des quatre, du Plateau morainique aux parcours au-dessus de mille mètres.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 10 min
Fairway vallonné et buttes herbeuses sur un parcours de golf
Photo Calvin Seng / Pexels

En bref

  • Balle au-dessus des pieds : la face pointe à gauche, la balle part en hook. Main basse, viser à droite, un club de moins.
  • Balle en dessous des pieds : la face pointe à droite. Plus de flexion, tenir la hauteur, viser à gauche, un club de plus.
  • La montée ajoute du loft : deux clubs de plus. La descente en retire : un ou deux de moins.
  • En montagne, corriger la pente d'abord, l'altitude ensuite, et additionner les deux.

Tous les coups que vous avez frappés au practice l’ont été depuis une surface qu’une machine a rendue plate. En Suisse romande, sur le parcours, presque aucun ne l’est. Entre le Léman et les Alpes vaudoises et valaisannes, les trous suivent le relief parce que le terrain n’offre pas autre chose, et la position d’appui horizontale est un luxe.

Il n’existe que quatre pentes, et chacune produit un effet parfaitement prévisible sur la face du club et sur la distance. Savoir ce que le terrain va faire ne rend pas le coup plus facile : cela change la cible et le club. Cela ne coûte rien et fait gagner plus de coups sur une saison que n’importe quelle correction de swing.

Le terrain agit en premier

Une pente change deux choses avant que vous ayez bougé. Elle change le loft réel du club, puisque le loft se mesure par rapport au sol sur lequel vous vous tenez et non par rapport à l’horizon. Et sur un dévers latéral, elle change l’angle de lie réel, ce qui oriente la face à gauche ou à droite de l’endroit où vous croyez viser.

Ni l’un ni l’autre n’est un défaut de swing, et ni l’un ni l’autre ne se corrige en tapant plus fort. C’est le prix du terrain. Votre travail consiste à adapter la position d’adresse, puis à viser là où la balle va réellement partir.

Balle au-dessus des pieds

La pente aimable, et c’est bien pour cela qu’elle coûte tant de greens. La balle est plus près de vous, la pointe du club s’abaisse, et la face pointe de fait vers la gauche. La balle part à gauche et continue vers la gauche. Un droitier va jouer un draw ou un hook ici, qu’il le veuille ou non.

Le swing s’aplatit aussi. Vous êtes sur un talus, le club tourne autour de vous plutôt qu’il ne monte, et cela ajoute à la même courbe. Lutter contre produit un bloc à droite, qui est le pire résultat disponible.

Prenez donc la courbe. Descendez la main de trois à cinq centimètres sur le grip, parce que le club est désormais trop long pour la distance qui vous sépare de la balle. Tenez-vous un peu plus droit, mettez un peu de poids sur l’avant des pieds pour ne pas basculer en arrière, et visez à droite proportionnellement à la pente : un ou deux mètres sur une inclinaison douce, toute la largeur du green sur un talus raide.

Prenez un club de moins. Une face fermée délivre moins de loft, la balle sort plus bas et plus vite, et le draw roule à l’arrivée.

Balle en dessous des pieds

La pente difficile, et la seule où l’équilibre est vraiment en jeu. La balle est plus loin, le talon du club s’abaisse, la face pointe de fait vers la droite, et la balle part à droite puis continue vers la droite. Ajoutez le réflexe de se redresser pour atteindre une balle située plus bas et vous obtenez la faute type : la balle toppée sur l’arête basse de la face.

La position d’adresse est de celles qu’on n’adopte jamais sur terrain plat. Plus de flexion des hanches, beaucoup plus de flexion des genoux, poids en arrière sur les talons, et club tenu tout au bout du grip. Puis il faut tenir cette hauteur jusqu’après l’impact. Se redresser, c’est toute la faute.

Visez franchement à gauche, puisque la balle part à droite. Prenez un club de plus, car la flexion supplémentaire coûte de la vitesse et la face délivre plus de loft que prévu. Et swinguez à quatre-vingts pour cent : sur ce dévers, l’équilibre vaut mieux que la longueur, et le swing complet est le chemin le plus court vers le shank.

Montée

La plus indulgente des quatre, et celle où les joueurs restent court sans comprendre pourquoi.

Placez les épaules parallèles à la pente, épaule avant plus haute que l’épaule arrière, et laissez l’essentiel du poids sur le pied arrière. Balle légèrement plus avancée que d’habitude. Puis swinguez en remontant la pente, et non dedans. Vouloir rester horizontal et frapper vers le bas dans un terrain qui monte, c’est ainsi qu’on plante le club trente centimètres derrière la balle.

Une pente montante ajoute du loft. Donc de la hauteur, un angle de chute raide et une perte de distance sérieuse. Sur une inclinaison nette, prenez deux clubs de plus, pas un. La balle aura aussi tendance à partir en draw, parce que le poids reste en arrière et que les mains se relâchent tôt : comptez un ou deux mètres à droite.

Descente

La plus dure des quatre, et celle qui punit qui n’y a pas réfléchi. Le terrain fuit devant vous, l’épaule avant est basse, et le sol s’écarte de la tête de club juste après l’impact au lieu de juste avant.

Même principe, inversé : épaules sur la pente, poids sur le pied avant, balle en arrière du centre. Poursuivez la tête de club vers le bas de la pente à travers l’impact plutôt que d’essayer d’aider la balle à monter. Le geste de cuillère, réflexe naturel, est exactement ce qui produit la balle fine qui file par-dessus le green.

Une pente descendante retire du loft. Un fer 7 se comporte comme un fer 5, la balle part bas, se pose à plat et roule loin. Prenez un ou deux clubs de moins et prévoyez le roulement. La balle a tendance au fade, visez donc un peu à gauche. Si la pente est raide et que le green ne retiendra pas une balle basse, le coup intelligent est un wedge sur une zone plate, puis un coup complet depuis cette zone.

Les quatre règles qui couvrent tout

Chaque dévers se ramène à la même courte liste. Elle mérite d’être sue par cœur, parce que vous serez debout sur un talus quand vous en aurez besoin.

  • Épaules parallèles à la pente en montée et en descente, pour que le club longe le sol au lieu d’y entrer.
  • Main basse sur le grip quand la balle est au-dessus des pieds, tout au bout du grip quand elle est en dessous.
  • Viser à l’opposé de la courbe : à droite quand la balle est au-dessus, à gauche quand elle est en dessous.
  • Swinguer à quatre-vingts pour cent et finir en équilibre. Si vous tombez du coup, le reste de la liste ne sert à rien.

Et une règle qui n’a rien de technique : faites un swing d’essai supplémentaire à côté de la balle, sur la même inclinaison, en frôlant l’herbe. Cela vous dit où le club va toucher sur ce morceau de terrain précis, et aucune théorie ne le remplace.

Ce que les règles autorisent et ce qui coûte deux coups

Il n’existe aucun dégagement pour une position inconfortable ou un stance difficile. Vous pouvez jouer la balle telle qu’elle repose et prendre votre stance de manière raisonnable, mais vous n’avez pas droit à un stance confortable. C’est la règle 8.1, et c’est celle que les joueurs de club enfreignent le plus souvent sans s’en apercevoir.

Tasser la pente du pied pour se fabriquer une plateforme plate coûte deux coups de pénalité. De même qu’aplatir l’herbe derrière la balle avec un swing d’essai, écarter une branche de la zone de montée, ou appuyer fermement le club derrière la balle. Vous pouvez retirer les détritus et poser le club légèrement, mais vous ne pouvez pas améliorer la position. Les swings d’essai se font donc à l’écart, jamais juste à côté de la balle.

Si la balle bouge pendant que vous vous adressez à elle sur une pente raide, replacez-la sans pénalité, à condition de ne pas avoir causé son mouvement. Si la position est vraiment injouable, la balle injouable coûte un coup et revient souvent moins cher qu’un swing que vous ne pouvez pas exécuter en sécurité.

Où les golfeurs romands rencontrent ces quatre pentes

La Suisse romande est probablement le terrain le plus exigeant d’Europe occidentale sur ce sujet, et ses parcours se rangent en trois familles qui posent trois problèmes différents.

Sur le Plateau et autour du Léman, les parcours reposent sur des collines morainiques et d’anciennes cuvettes glaciaires. Les inclinaisons y sont faibles et sournoises : elles ressemblent à une position plate, penchent de quelques degrés, ne sont donc pas remarquées et pas compensées. S’y ajoute le sol lourd et argileux du printemps et de la fin d’automne, dans lequel le club s’enfonce en montée. La perte de distance dépasse alors la règle empirique, et deux clubs de plus sont plutôt un minimum qu’une correction généreuse.

Sur les balcons, entre Lavaux, le Jorat et les hauts du Chablais, les trous sont taillés à flanc de coteau. La position plate y est l’exception, et deux choses s’additionnent que beaucoup de joueurs mélangent : la différence d’altitude jusqu’au green et l’inclinaison sur laquelle vous êtes. Réglez d’abord le dénivelé, ensuite le dévers, dans cet ordre, puis engagez-vous. Qui estime les deux en un seul geste se trompe à tous les coups.

Et il y a le golf de montagne, celui de Crans-Montana, de Villars, de Verbier, de Montana et des parcours au-dessus de mille mètres. Là, une troisième variable s’ajoute aux deux premières : l’air raréfié. La balle vole sensiblement plus loin, et d’autant plus que le parcours est haut. C’est cette combinaison qui coûte des parties entières. En descente, vous prenez déjà un à deux clubs de moins, et l’altitude ajoute encore de la longueur par-dessus. L’approche en dévers descendant en montagne est le coup qui passe le plus souvent derrière le green en Suisse. Prenez la correction de la pente, puis celle de l’altitude, et additionnez-les au lieu de les compenser l’une par l’autre.

Le travailler reste le vrai problème, puisque aucun practice du pays n’a de pente dans sa zone de frappe. Deux solutions ne coûtent rien. Le talus qui borde le green d’entraînement est un vrai dévers latéral, et vingt minutes de chipping depuis ce talus apprennent plus qu’une heure sur le tapis. Et un neuf trous tranquille en fin d’après-midi, quand personne ne suit, permet de poser une deuxième balle sur une pente et de la jouer : supplément CHF 0, le green-fee étant déjà payé. Les joueurs affiliés à l’ASGI ou porteurs de la Migros GolfCard trouvent sur les parcours publics romands les départs de fin de journée les moins chers pour cela. Demandez à l’accueil si la deuxième balle passe, et laissez passer les parties derrière vous.

Cinq choses à essayer lors de votre prochaine partie

  • Avant de sortir un club sur une pente, nommez à voix haute laquelle des quatre positions c’est.
  • Swing d’essai sur la même inclinaison, à côté de la balle, et regardez où le club frôle l’herbe.
  • En montée et en descente, changez de club et pas seulement de cible. Deux de plus en montant, un ou deux de moins en descendant.
  • En montagne, appliquez d’abord la correction de pente, puis retirez encore un club pour l’air raréfié.
  • Swinguez à quatre-vingts pour cent et tenez la position finale. Si vous n’y arrivez pas, c’était un club de trop.

Aucune des quatre pentes ne demande un autre swing. Elles demandent une autre adresse, un autre club et une autre cible, décidés avant de se placer sur la balle et non constatés après coup. Sur un parcours de montagne, où le dénivelé, le dévers et l’altitude s’additionnent, c’est le progrès le moins cher qui existe.

Les références aux règles renvoient aux règles de golf en vigueur en 2026, en particulier la règle 8.1 sur l’amélioration des conditions affectant le coup et les dispositions sur la prise de stance de manière raisonnable.

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