Aller au contenu
Technique

Balles en pente de Villars à Crans : quatre positions, trois corrections à additionner

Sur les parcours romands de coteau et de montagne, la balle repose rarement à plat, le green n'est pas à la même hauteur et l'air allonge les coups. Chaque effet se corrige séparément, puis s'additionne.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 9 min
Fairway vallonné et buttes herbeuses sur un parcours de golf
Photo Calvin Seng / Pexels

En bref

  • Balle plus haute que les pieds : face orientée à gauche, viser à droite ; plus basse : face à droite, viser à gauche.
  • La montée ajoute du loft, la descente en retire : un à deux clubs de plus ou de moins selon la pente.
  • À 1'500 mètres, la balle porte environ 6 % plus loin : 120 mètres valent à peu près 113 mètres de plaine.
  • Tasser la pente pour se faire une plateforme coûte la pénalité générale (Règle 8.1).
  • Une balle déplacée par la gravité se joue de son nouvel emplacement (Règle 9.3).

« Plein sud, 1’600 mètres d’altitude, les Diablerets et le Grand Muveran devant vous. » C’est ainsi que le Golf Club Villars présente son parcours. La phrase dit aussi, sans le vouloir, ce qui attend le golfeur de plaine qui monte y jouer : des balles posées sur des pentes, un air plus léger qui allonge chaque coup, et des greens dont l’altitude diffère de celle du départ. Au practice, pourtant, presque tout le monde s’entraîne sur un tapis ou un gazon plat.

Ce décalage coûte des coups à chaque partie. Il n’existe que quatre situations de pente, et chacune modifie la face du club et la distance de manière prévisible. Les connaître ne rend pas le coup plus facile, mais permet de choisir le bon club et la bonne cible avant de se placer sur la balle.

Avant de choisir le club, trois questions

Sur un terrain qui n’est pas plat, trois éléments se superposent. Les traiter séparément évite la plupart des erreurs.

  1. Comment la balle repose-t-elle ? Plus haut que vos pieds, plus bas, en montée ou en descente. C’est ce qui modifie l’orientation de la face et le loft effectif.
  2. Quel est le dénivelé jusqu’au green ? Un green plus haut ou plus bas que la balle change la distance à jouer, indépendamment de la pente sous vos pieds.
  3. À quelle altitude êtes-vous ? Selon une mesure de Titleist reprise par GOLF.com, la balle porte environ 1,2 % plus loin par tranche de 1’000 pieds, soit à peu près 305 mètres d’altitude. À 1’500 mètres, comme à Crans-sur-Sierre ou au parcours des Moulins à Verbier, cela fait environ 6 %.

Répondez dans cet ordre, corrigez chaque élément, puis additionnez. Le joueur qui estime tout d’un seul coup d’œil se trompe presque toujours dans le même sens : il oublie une des trois corrections.

Les quatre pentes en un tableau

Situation Effet Adresse Cible et club
Balle plus haute que les pieds Face orientée à gauche, trajectoire plus plate Main plus bas sur le grip, buste plus droit, poids vers l’avant des pieds Viser à droite, souvent un club de moins
Balle plus basse que les pieds Face orientée à droite, équilibre précaire Genoux plus fléchis, poids sur les talons, club tenu au bout Viser à gauche, souvent un club de plus
Montée Loft ajouté, balle plus haute et plus courte Épaules parallèles à la pente, poids sur le pied arrière Un à deux clubs de plus
Descente Loft retiré, balle plus basse et plus roulante Épaules parallèles à la pente, poids sur le pied avant, balle plus en arrière Un à deux clubs de moins, prévoir le roulement

Les valeurs « un club de plus ou de moins » sont des points de départ. Plus la pente est marquée, plus la correction grandit ; le swing d’essai, décrit plus bas, sert à l’ajuster.

Balle plus haute que les pieds : accepter la courbe

La balle est plus proche de vous et le talon du club tend à toucher le sol en premier, ce qui oriente la face vers la gauche. Le swing devient aussi plus plat, parce que le club tourne davantage autour du corps. Pour un droitier, la balle part à gauche et tourne encore vers la gauche.

Chercher à empêcher cette courbe produit souvent un coup bloqué à droite, le pire des deux mondes. Mieux vaut l’accepter. Descendez la main de quelques centimètres sur le grip, puisque la balle est plus proche. Restez un peu plus droit, poids légèrement vers l’avant des pieds pour ne pas basculer en arrière. Visez à droite de la cible, d’autant plus que la pente est forte. La face plus fermée enlève du loft : la balle sort plus basse et roule davantage, d’où un club de moins dans bien des cas.

Si cette situation vous pose un problème récurrent, l’angle de lie de vos fers peut aggraver l’effet. Notre guide du fitting des fers explique comment le faire vérifier.

Balle plus basse que les pieds : garder la hauteur

C’est la pente où l’équilibre est le plus menacé. La balle est plus loin, la pointe du club touche le sol la première et le talon se relève, ce qui oriente la face vers la droite. Le réflexe de se redresser pendant le mouvement, pour « aller chercher » une balle plus basse, produit le coup fin ou le shank.

Construisez une adresse inhabituelle : plus de flexion des hanches et surtout des genoux, poids sur les talons, club tenu près du bout du grip. Puis gardez cette hauteur jusqu’après l’impact. Visez franchement à gauche et prenez souvent un club de plus, parce qu’un swing plus contrôlé produit moins de vitesse. Un swing à environ quatre cinquièmes de l’amplitude habituelle protège l’équilibre.

En montée : suivre la pente, pas la combattre

C’est la situation la plus confortable des quatre, et pourtant la balle reste souvent courte. La pente ajoute du loft : la balle monte plus haut, retombe plus verticalement et avance moins.

Placez les épaules parallèles au terrain, l’épaule avant plus haute que l’autre, et laissez le poids sur le pied arrière. Avancez légèrement la balle dans le stance. Puis swinguez le long de la pente. Rester horizontal et frapper vers le bas plante le club dans le terrain derrière la balle. Prenez un club de plus sur une pente douce, deux sur une pente nette, et prévoyez une légère tendance à gauche.

En descente : laisser le club descendre avec le terrain

Le terrain s’éloigne de la tête de club juste après l’impact. Le réflexe de vouloir faire monter la balle en la « cuillérant » produit un coup fin qui file loin.

Épaules parallèles à la pente, poids sur le pied avant, balle un peu en arrière du centre. Accompagnez la tête de club vers le bas de la pente après l’impact. La pente retire du loft : la balle part plus bas et roule plus loin. Prenez un club de moins, parfois deux, visez un peu à gauche si la balle a tendance à partir à droite, et prévoyez de la faire atterrir avant le green. Si la pente est forte et que le green ne retiendra pas une balle basse, un coup de wedge vers une zone plate, suivi d’une approche complète, coûte souvent moins cher qu’un coup héroïque.

En station : additionner au lieu de compenser

Prenons un exemple chiffré sur un parcours situé vers 1’500 mètres. Il reste 120 mètres jusqu’au drapeau, la balle repose en descente et le green est au même niveau que la balle.

  • La pente descendante retire du loft : le club habituel pour 120 mètres enverra la balle plus loin, d’où un club de moins.
  • L’altitude ajoute environ 6 % de portée : ces 120 mètres « valent » à peu près 113 mètres de plaine.

Les deux corrections vont dans le même sens. Le joueur qui applique seulement l’une des deux termine derrière le green. Celui qui les additionne choisit un club nettement plus court que son club de 120 mètres en plaine. En montée, les effets s’opposent partiellement : la pente fait perdre de la distance, l’altitude en rend une partie. Là encore, il faut calculer chaque effet séparément.

Le swing d’essai qui renseigne

Avant de jouer, faites un swing d’essai sur une inclinaison identique, à côté de la balle et à une distance suffisante pour ne rien améliorer. Regardez où le club touche l’herbe : plus en arrière que prévu en montée, plus en avant en descente. Ce contact vous dit où placer la balle dans le stance mieux que n’importe quelle règle générale.

Sur les parcours de montagne, cela suppose d’avoir les bons clubs sous la main. La page « Bon à savoir » du Golf Club Crans-sur-Sierre recommande de laisser le chariot ou la voiturette à distance et d’emporter le nombre de clubs nécessaires. Sur une pente, prenez-en trois : celui que vous pensez jouer, un de plus et un de moins.

Ce que les Règles permettent sur une pente

Aucune règle n’accorde de dégagement pour un stance inconfortable. La Règle 8.1 interdit d’améliorer les conditions affectant le coup, notamment en modifiant la surface du sol. Tasser la pente avec les pieds pour se fabriquer une plateforme, ou aplatir l’herbe derrière la balle avec un swing d’essai, entraîne la pénalité générale, soit deux coups en stroke play. Vous pouvez en revanche prendre votre stance de manière raisonnable, y compris en plaçant fermement les pieds.

Si la balle se déplace pendant que vous vous préparez, la Règle 9 distingue les causes. Déplacée par des forces naturelles, comme la gravité sur une pente, elle se joue normalement depuis son nouvel emplacement, sans pénalité. Déplacée par votre action, elle doit être replacée et vous encourez un coup de pénalité. Enfin, si la position est réellement impossible à jouer en sécurité, la balle injouable coûte un coup et reste souvent la décision la moins chère.

Où s’entraîner aux pentes en Suisse romande

Le practice ne reproduit pas ces situations, et les terrains ont leurs propres règles. Au Golf de Lavaux, le règlement interne interdit l’entraînement avec plusieurs balles sur le parcours : poser une deuxième balle sur un dévers n’y est donc pas une option. Il existe d’autres solutions.

  • Les abords des zones de petit jeu. Au Golf Parc Signal de Bougy, l’utilisation des installations de chipping et de pitching est gratuite, avec deux grandes zones d’approches. Jouer depuis les bords en pente de ces zones permet de travailler le petit jeu autour du green dans des positions inconfortables.
  • Un parcours d’approche en altitude. Le parcours des Moulins, à Verbier, est un 18 trous par 54 situé à 1’500 mètres, ouvert aux golfeurs avec ou sans autorisation de parcours. Pentes et altitude s’y combinent sur des coups courts.
  • La partie elle-même. Notez pendant une partie chaque coup joué depuis une pente, la situation et le résultat. Au bout de quelques parties, vous saurez laquelle des quatre vous coûte le plus.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs cités.

La liste pour votre prochaine partie en pente

  • Nommez la situation : balle plus haute, plus basse, en montée ou en descente.
  • Corrigez ensuite le dénivelé jusqu’au green, puis l’altitude si vous jouez en station.
  • Faites un swing d’essai sur la même inclinaison, à distance de la balle.
  • Emportez trois clubs quand la balle repose sur une pente.
  • Swinguez à quatre cinquièmes et tenez la position finale.

Aucune pente n’exige un autre swing. Elle exige une autre adresse, un autre club et une autre cible, décidés avant de jouer plutôt que constatés en regardant la balle partir.

Sources consultées le 17.09.2026 : pages du Golf Club Villars et du Golf Club Crans-sur-Sierre, règlement interne du Golf de Lavaux, tarifs du Golf Parc Signal de Bougy, fiche du parcours des Moulins (Verbier), GOLF.com pour l’étude Titleist, Règles de golf R&A (Règles 8, 9 et 19).

Un article par jour ne suffit pas ?

La lettre mensuelle rassemble ce qu’il fallait lire, sans le bruit.

À lire aussi

Parcours de notre annuaire

Golf de Noas

Neuf trous publics entre 850 et 900 mètres au-dessus de Sierre, exposés au sud : ouverts toute l'année sauf neige, et accessibles sans handicap.

Golf de Pra Roman

Un centre d'entraînement de cinq hectares sur les hauteurs de Lausanne, avec un parcours de trois trous : le chaînon manquant entre le practice…

Golf de Supercrans

Un neuf trous compact de 815 mètres sur les hauteurs de Crans-Montana : normale 30, accès sans handicap, et l'altitude qui fait dépasser le…