Practice avant le travail autour du Léman : 20 minutes utiles
Vingt minutes ne sont pas un pis-aller : des séances courtes et espacées fixent mieux un geste, et quarante balles avec un plan valent mieux que deux cents sans. Quatre minutes pour réveiller le corps, huit sur un seul changement, six à jouer des trous imaginaires, deux sur le coup de départ qui vous coûte le plus. Reste à trouver, autour du Léman, un practice ouvert assez tôt.
En bref
- Quarante balles, trois matins espacés dans la semaine : mieux qu'une longue séance le dimanche. Au Signal de Bougy, le driving range est gratuit et les balles coûtent CHF 3.50 les 20 pour un visiteur.
- De 0 à 4 minutes : deux minutes de mobilité sans balle, puis huit demi-wedges pieds serrés. Le driver reste dans le sac.
- De 4 à 12 minutes : un changement, un club, une pensée de cinq mots, quinze balles vers un drapeau entre 120 et 150 mètres. De 12 à 18 minutes : changer de club et de cible à chaque balle.
- Terminer par le coup de départ le plus difficile, joué une fois. Retour à l'heure d'hiver le 25 octobre 2026 : à Genève, le soleil se lève à 7 h 07 ce jour-là, puis à 8 h 15 le 21 décembre, et l'hiver se passe en indoor.
Vingt minutes de practice avant le travail, cela ressemble à un pis-aller : la séance qu’on se contente de faire parce que la vraie ne rentre pas dans l’agenda. C’est presque l’inverse. Une pratique courte et fréquente est la manière dont les gestes s’apprennent réellement, et le golfeur qui tape quarante balles avec un plan trois matins par semaine progresse en général plus vite que celui qui en tape deux cents le dimanche.
Seulement, vingt minutes ne laissent aucune place à ce que la plupart d’entre nous font au practice : le driver en premier, la longue recherche d’une sensation, le téléphone calé contre le sac. Ce qui tient dans ce temps-là, c’est une liste courte, dans un ordre fixe, la même à chaque fois.
Pourquoi vingt minutes suffisent
La recherche sur l’apprentissage moteur le répète : une pratique répartie sur plusieurs séances tient mieux que la même quantité concentrée en une seule, parce que le cerveau consolide un mouvement entre les séances. La séance du lundi n’est pas perdue si le mercredi ne semble pas meilleur. Le gain se montre le vendredi.
Deuxième argument, la fatigue. Sur une longue séance, les cinquante dernières balles, tapées avec un geste qui dérive, sont celles que votre corps a répétées en dernier. Une séance de vingt minutes s’arrête pendant que l’impact est encore bon.
Troisième argument, l’honnêteté. Avec une heure devant soi, on travaille sur tout, donc sur rien. Avec vingt minutes, vous travaillez une seule chose, et vous savez en regagnant la voiture si elle a eu lieu.
Quarante balles, c’est le bon nombre. Au-delà, vous vous précipitez ; en deçà, il n’en reste pas assez pour le dernier bloc.
De 0 à 4 minutes : réveiller le corps, puis des demi-swings
Le matin est le pire moment pour faire à froid un mouvement rapide et en rotation. Les disques de la colonne se chargent d’eau pendant la nuit et sont à leur plus raide dans les deux premières heures après le lever, raison pour laquelle les spécialistes du dos déconseillent de mettre en torsion une colonne qui sort du lit. Faites la version courte de l’échauffement, mais ne la sautez pas.
Deux minutes, sans balle : dix rotations lentes du buste avec un club sur les épaules, dix flexions de hanches avec le club le long du dos, dix swings avec deux fers courts tenus ensemble, un peu plus amples à chaque fois. Ensuite huit balles au wedge, pieds serrés, mains à hauteur de hanche et pas plus haut. La position étroite impose l’équilibre et un impact centré.
Le driver reste dans le sac. Aujourd’hui, vous ne le sortez pas.
De 4 à 12 minutes : un changement, un club, quinze balles
C’est la partie qui construit quelque chose, et elle ne fonctionne que si vous arrivez en sachant de quoi il s’agit. Décidez dans la voiture, pas sur le tapis. La meilleure source, c’est votre dernière partie : le coup qui vous a coûté le plus de points, pas celui qui vous a le plus agacé. Pour la plupart des golfeurs qui tournent autour de 95, c’est le contact avec les fers ou la face à l’impact, pas le driver.
Prenez un fer 7 ou un fer 8, et une pensée de swing qui tient en cinq mots. Posez une baguette d’alignement au sol le long de vos pieds, choisissez un vrai drapeau entre 120 et 150 mètres plutôt que le milieu du terrain, et tapez-y quinze balles. Quinze balles réfléchies en huit minutes, c’est un rythme confortable ; quinze en trois minutes, c’est une mitraillette.
Si le changement ne prend pas après quinze balles, il ne prendra pas à la soixantième. Notez-le et apportez la question à votre prochaine leçon. Forcer, c’est construire une compensation.
De 12 à 18 minutes : jouer au golf, pas des swings
Ce qui précède relève de la pratique bloquée : le même coup, encore et encore. C’est ainsi qu’un changement se construit, mais c’est un mauvais indicateur de ce qui se passe sur le parcours, où l’on ne joue jamais deux fois de suite le même club.
L’étude de référence est celle de Shea et Morgan, publiée en 1979 : les personnes qui s’exerçaient dans un ordre aléatoire faisaient moins bien pendant l’entraînement que celles qui répétaient une seule version, et nettement mieux lors du test ultérieur. Pour une séance courte, la leçon est simple : terminer en aléatoire.
Jouez donc quatre trous sur le practice avec les douze balles suivantes, trois coups par trou : un hybride ou un bois depuis le « départ » vers un repère, un fer vers un green, puis un wedge vers le drapeau le plus proche, à moins de 70 mètres. Changez de club et de cible à chaque balle, avec votre routine complète depuis derrière la balle. Notez-vous honnêtement : le coup suivant serait-il jouable ? Inscrivez le score sur votre téléphone, pas la pensée de swing.
C’est le bloc qu’on coupe quand on est en retard, et c’est lui qui se retrouve le samedi. Si l’horloge presse, raccourcissez plutôt le premier.
De 18 à 20 minutes : le premier coup de départ de la journée
Gardez les dernières balles pour votre coup de départ le plus difficile, celui du trou où votre partie bascule d’habitude, et jouez-le une fois avec le club que vous y prenez vraiment. Routine complète, une balle, puis quittez le tapis quelques secondes. C’est ainsi que ce coup se présente sur le parcours : à froid, une seule fois, avec des conséquences.
Si un putting green se trouve près de la sortie, passez plutôt les deux dernières minutes sur dix putts d’un mètre, tout autour du trou. C’est là que fuit le score d’un golfeur pressé.
Ce qu’on laisse de côté
- Le driver. Le club le moins utile en séance courte, et le plus fatigant. Donnez-lui sa propre séance toutes les deux semaines.
- Filmer chaque swing. Un swing filmé en début de semaine, un en fin de semaine. Entre les deux, la caméra mange le temps.
- Étalonner ses distances. Les balles de practice volent moins loin et moins régulièrement que la vôtre. Servez-vous-en pour les écarts entre clubs, pas pour vos chiffres de parcours.
- Le conseil de la vidéo de ce matin. Le changement choisi dans la voiture est le seul qui monte sur le tapis.
Caser la séance dans une journée de travail
La séance échoue sur la logistique, pas sur le tapis. Mettez le sac dans la voiture la veille, avec le wedge, le fer 7, un hybride, une baguette d’alignement et un linge sur le dessus. Gardez de vieilles baskets dans le coffre : les crampons ne servent à rien sur un tapis, et vos chaussures de bureau n’aiment pas l’herbe mouillée de rosée. Une couche légère, qu’on enlève après le premier bloc, évite d’arriver raide au bureau.
L’objectif, c’est trois matins par semaine. Deux, ça marche. Un, c’est de l’entretien. Et l’espacement compte plus que le nombre : lundi, mercredi et vendredi valent mieux que trois matins d’affilée.
Où s’entraîner avant le travail en Suisse romande
La question n’est pas où se trouve le plus beau practice, mais lequel ouvre assez tôt sur votre trajet. Or les practices romands ouverts aux non-membres présentés ici n’ouvrent pas avant 8 heures. Cela convient à qui commence à 9 heures ou a des horaires flexibles, beaucoup moins à qui prend le train de 7 heures.
Sur l’Arc lémanique, le premier réflexe est le Golf Parc Migros du Signal de Bougy, entre Genève et Lausanne. L’accès au driving range y est libre et gratuit, seules les balles se paient : CHF 3.50 les 20 balles pour un visiteur, soit sept francs pour la séance décrite ici. Le practice compte 60 places, dont 22 couvertes, et 10 postes équipés d’un système de suivi de balle. L’accueil et le driving range affichent une ouverture à 8 heures du lundi au samedi : de quoi faire sa séance avant d’arriver vers 9 heures à Morges ou à Rolle.
Côté genevois, le golf de la Vieille-Bâtie, à Collex-Bossy, fonctionne à la fois comme golf public et comme club. Son practice de 24 places, dont 7 couvertes, ouvre à 8 heures du mardi au samedi, mais à midi seulement le lundi. À Lausanne, le golf public de Pra Roman accueille les non-membres avec une entrée journalière, mais ses horaires de semaine visent la pause de midi plutôt que l’aube. Membre d’un club, vous aurez peut-être accès plus tôt ; renseignez-vous, car beaucoup de clubs commencent la journée par le ramassage des balles et la tonte.
Reste la lumière. Le retour à l’heure d’hiver tombe le dimanche 25 octobre 2026 : à Genève, le soleil se lève à 8 h 05 le samedi 24 et à 7 h 07 le lendemain. Cette heure regagnée tient quelques semaines, puis les matins se referment : 7 h 58 le 1er décembre, 8 h 15 le 21 décembre. Ajoutez le brouillard qui colle au Léman et au Plateau les matins d’automne, et la bise qui glace un practice exposé. Ces jours-là, le premier bloc se fait sous un poste couvert.
De novembre à mars, l’habitude se garde à l’intérieur. Certains centres indoor à simulateurs donnent à leurs membres un accès par badge en dehors des heures d’accueil : Let’s Golf, à Bussigny, annonce neuf simulateurs accessibles 365 jours par an, 24 heures sur 24, pour ses membres. C’est précisément l’accès matinal que vous payez ; posez la question avant de signer.
Que vous jouiez le samedi avec la Swiss Golf Card de votre club, comme membre de l’ASGI ou avec la Migros GolfCard, ce sont ces matins-là qui se retrouvent sur la carte. Si rien n’ouvre à temps près de chez vous, les deuxième et quatrième blocs se font dans un filet au jardin.
Une semaine de matins
- Lundi : mobilité, huit demi-wedges, quinze balles sur le changement, quatre trous de practice, un coup de départ difficile.
- Mercredi : la même chose, même changement, même ordre.
- Vendredi : encore la même chose, puis un swing filmé du changement, à comparer avec celui du lundi.
- Samedi sur le parcours : aucune pensée de swing. Jouez les cibles que vous avez répétées.
Quarante balles, trois matins, un changement à la fois. Pour construire une séance plus longue quand vous avez l’heure, voyez comment rendre une séance de practice utile, et pour les dix minutes avant une partie, l’échauffement qui sauve les trois premiers trous. Panxis Golf n’entretient aucune relation commerciale avec les installations citées ici.



