Gruyère, Fribourg, Valais : les parcours de campagne à découvrir
Entre l'arc lémanique saturé et les stations d'altitude, il existe une troisième catégorie : les parcours de campagne, où l'on réserve la veille pour le lendemain.
En bref
- La Gruyère : par 68 sur 5'058 mètres, green fee de CHF 70.– à 115.–.
- Vuissens : par 72 boisé sur 6'070 mètres, l'inverse de La Gruyère.
- Sion démarre plus tôt et finit plus tard que le reste de la Romandie.
- Villars, à 1'660 mètres : dix pour cent de portée en plus, et du dénivelé.
- Deux parcours par week-end, pas trois.
Entre l’arc lémanique saturé et les stations d’altitude, la Suisse romande garde une troisième catégorie de parcours : ceux de campagne et de moyenne montagne, où l’on réserve la veille, où le green fee reste raisonnable et où l’on croise trois flights dans la journée. En voici cinq qui valent le détour.
La Gruyère, à Pont-la-Ville
Dix-huit trous en par 68 sur 5’058 mètres, à 700 mètres d’altitude, posés au bord du lac de la Gruyère avec les Préalpes en toile de fond. La saison court de mars à novembre, et le green fee dix-huit trous se situe entre CHF 70.– et CHF 115.– selon le jour et la période, contre CHF 65.– à 80.– pour neuf trous.
Par 68 signifie une carte courte et peu de trous d’aération : le score se joue sur les par 3 et le petit jeu, pas sur la longueur. C’est aussi ce qui en fait un excellent parcours pour un joueur qui sort de l’autorisation de parcours.
Vuissens, dans la Broye fribourgeoise
Dix-huit trous boisés en par 72 sur 6’070 mètres, à 650 mètres d’altitude, autour d’un château du douzième siècle. C’est le contraire de La Gruyère : long, dessiné entre les forêts, avec de vrais trous de placement. Un parcours où la carte se construit au départ, pas au putting.
Payerne, le parcours de plaine
Dans la Broye vaudoise, Payerne est un parcours de plaine accessible au public, sans le protocole des clubs lémaniques. C’est l’adresse pour une journée simple : on réserve, on joue, on rentre. Vérifiez les conditions et les tarifs du jour sur la fiche du parcours, ils bougent selon la saison.
Sion, le Valais central
Dix-huit trous en par 70 sur 5’543 mètres, à 450 mètres d’altitude, en plaine du Rhône. L’intérêt du Valais central est climatique autant que golfique : la saison y démarre plus tôt et se termine plus tard qu’ailleurs en Romandie, ce qui en fait une bonne destination de mars et de novembre, quand les parcours de montagne dorment encore.
Villars, la montagne à 1’660 mètres
Fondé en 1922, le Golf Club Villars occupe un plateau exposé au sud face aux Alpes et au Mont-Blanc, à 1’660 mètres. Dix-huit trous en par 69 sur 5’288 mètres.
À cette altitude, la balle vole environ dix pour cent plus loin qu’en plaine, mais le dénivelé reprend une partie de ce cadeau. Prévoyez une paire de chaussures qui tient, et de l’eau : dix-huit trous à 1’660 mètres fatiguent plus qu’on ne l’imagine.
Et Verbier, si vous montez encore
Verbier, à 1’531 mètres, complète la série avec ses parcours des Esserts et des Moulins, ouverts de mai à novembre selon l’enneigement. La réservation est indispensable le week-end.
Ce que ces parcours ont en commun
Trois choses, et elles expliquent pourquoi ils sont sous-utilisés. Ils sont à trente ou soixante minutes des grandes villes romandes, c’est-à-dire juste au-delà du rayon dans lequel on cherche spontanément. Ils n’ont pas de nom connu à la télévision. Et ils prennent le visiteur sans protocole, souvent avec une réservation en ligne et sans index minimal élevé.
Golfiquement, ils forment un ensemble cohérent : des parcours de campagne et de coteau, taillés dans le terrain plutôt que modelés à la pelle mécanique, avec des dénivelés qui ne figurent pas sur la carte de parcours. Un club de plus en montée, un de moins en descente, et la carte se lit autrement.
Et ils partagent une saison plus longue que celle des stations : de mars à novembre pour la plupart, davantage encore en plaine du Rhône. C’est la raison principale de les connaître, parce qu’ils couvrent les deux mois où les parcours d’altitude dorment et où l’arc lémanique est déjà pris d’assaut.
Ce qu’il faut demander avant de partir
Quatre questions, un appel, et elles décident de la journée. Les visiteurs sont-ils admis le jour souhaité, ou le samedi matin appartient-il aux membres ? Quel index est demandé ? Une compétition interne bloque-t-elle le parcours plusieurs heures ? Et à quand remonte le dernier carottage ?
La dernière question est celle que l’on oublie le plus souvent et la plus agaçante à découvrir sur place : après aération et sablage, les greens restent irréguliers deux à trois semaines. Les green fees sont souvent réduits pendant cette période, ce qui plaide pour une sortie improvisée et contre le week-end qu’on attend depuis février.
Demandez dans le même appel les longueurs des différentes marques de départ. Un par 72 de six mille mètres depuis l’arrière est une épreuve d’endurance pour la majorité des amateurs ; le même parcours depuis les marques avancées est une bonne journée.
Comment enchaîner ces parcours
Un mot sur le rythme avant les combinaisons. Deux parcours par week-end, pas trois : les temps de trajet entre la Broye, la Gruyère et le Valais sont plus longs que ce que suggère la carte, et un parcours d’altitude coûte physiquement davantage qu’un parcours de plaine.
Les paires qui fonctionnent : La Gruyère et Vuissens, à moins d’une heure l’un de l’autre ; Sion et Verbier, la plaine le matin et la montagne le lendemain ; Payerne et Vuissens pour un week-end sans altitude. Réservez les départs avant l’hébergement, jamais l’inverse.
Quand y aller
Mars et novembre sont les deux fenêtres qui justifient à elles seules de connaître ces parcours. En plaine du Rhône, à Sion en particulier, la saison démarre plus tôt et finit plus tard qu’ailleurs en Romandie, et l’on y joue sur greens d’été quand le Plateau est encore sur provisoires.
Mai et septembre sont les meilleurs mois pour les parcours de campagne : surfaces en bon état, départs disponibles, tarifs plus bas qu’en plein été. Juillet et août concentrent la fréquentation et les prix, et c’est le moment où le Valais et la Gruyère se réservent à l’avance.
Et pour les parcours d’altitude, Villars et Verbier, la fenêtre se resserre : de mai à octobre selon l’enneigement, avec un cœur de saison en juillet et en août. Téléphonez avant de monter, en montagne c’est la neige qui fixe l’ouverture, pas le calendrier.
Le tarif, honnêtement décomposé
L’écart à l’intérieur d’un même parcours est plus grand que l’écart entre deux parcours. Quatre variables décident : le jour de la semaine, l’heure, la saison et la carte avec laquelle vous vous présentez.
Le jour pèse le plus. Entre un mardi et un samedi matin, la différence se compte en dizaines de francs, et sur les clubs les plus demandés le visiteur n’obtient tout simplement pas de départ avant le début d’après-midi le week-end.
La carte vient ensuite : la Migros GolfCard supprime le supplément de green fee sur plus de la moitié des parcours suisses et donne des tarifs spéciaux dans les Golfparcs, et l’ASGI ouvre des conditions sur une série d’installations. Annoncez votre carte au moment de réserver, on ne vous la demandera pas spontanément.
Comptez enfin les à-côtés : le seau de balles avant de partir, la location de chariot ou de voiturette, et un jeu de clubs de location si vous arrivez en train. Posez la question dans le même appel que celui où vous faites confirmer le green fee.
Pour qui ces parcours sont faits
Pour trois profils en particulier. Le joueur qui sort de l’autorisation de parcours et cherche des installations où l’on ne se sent pas de trop : ces clubs prennent le visiteur sans cérémonie et les cartes courtes y sont moins décourageantes qu’un par 72 de six mille mètres.
Le joueur régulier qui n’obtient plus de départ le week-end sur l’arc lémanique et qui, pour trente minutes de route en plus, trouve un samedi matin libre à un tarif inférieur. Et le groupe de quatre qui cherche deux parcours différents à moins d’une heure l’un de l’autre sans changer d’hôtel.
Y aller sans voiture
La Broye et la Gruyère sont desservies par le rail, et la plaine du Rhône l’est très bien. Un sac de golf compte comme un bagage que l’on porte soi-même dans les trains suisses ; réservez une place près des zones multifonctions.
Le dernier kilomètre se fait en taxi ou en bus régional, et les secrétariats connaissent la liaison même quand elle ne figure pas sur leur site. Demandez-la, cela évite une location de voiture pour une journée.
Les trois erreurs de visiteur
La première est de partir sans appeler. Ces clubs sont accueillants et ils ont tout de même des compétitions internes, des journées de club et des périodes de carottage, et rien de tout cela n’est visible sur un formulaire de réservation en ligne.
La deuxième est de jouer depuis les marques arrière parce que les autres le font. Un par 72 de six mille mètres depuis l’arrière transforme la journée en épreuve d’endurance, et le système d’index recalcule correctement chaque couleur de départ : il n’y a aucun désavantage à avancer.
La troisième est de vouloir tout voir. Deux parcours en deux jours, avec du temps entre les deux, laissent un meilleur souvenir que trois enchaînés dont le dernier se joue à moitié.
Où réserver
- Golf Club La Gruyère : fiche, tarifs et saison sur l’annuaire de Swiss Golf.
- golf.ch pour Vuissens, Payerne, Sion et l’ensemble des parcours romands, avec leurs conditions d’accès.
- Golf Club Villars.
- Golf Club Verbier.
Vérifiez l’ouverture avant de partir : sur ces parcours, c’est la météo du matin qui décide, pas le calendrier.
Ces cinq adresses ne figureront jamais dans un classement international, et c’est précisément leur intérêt : on y obtient un départ la veille pour le lendemain, en pleine saison, à un tarif qui n’oblige à rien.
Où ça se joue vraiment
Trois parcours de notre annuaire qui valent le détour.
- Golf & Country Club de Neuchâtel : Un parcours de coteau de 1975 au-dessus du lac de Neuchâtel : arbres clairsemés, greens rapides et difficiles à lire, et un dénivelé que la carte ne dit pas.
- Golf Club Vuissens : Jeremy Pern dans un vallon de la Broye au pied d’un château du treizième siècle : dans les cinq meilleurs de Suisse depuis son ouverture, et à l’écart de tout.
- Golf Club Les Bois : Le seul dix-huit trous du canton du Jura, à mille mètres dans les Franches-Montagnes : trois trous que les joueurs placent parmi les plus beaux de Suisse.
Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.



