Cotisation ou green-fee : faites le calcul
Comptez les parties que vous avez jouées, pas celles que vous vouliez jouer. Puis comparez le coût annuel complet d'une cotisation, frais annexes compris, à ce que vous dépenseriez autrement.
En bref
- La plupart des golfeurs surestiment d'un tiers : regardez vos cartes enregistrées.
- Une cotisation achète un parcours connu, un index et un calendrier, pas que des green-fees.
- Demandez le coût annuel complet, et si des travaux sont prévus.
- La ffgolf permet de garder licence et index sans être membre d'un club à l'année.
- Jouez trois fois en invité aux jours et heures où vous joueriez vraiment.
La question n’est pas de savoir si une cotisation est rentable dans l’absolu. C’est de savoir combien de parties vous jouez réellement, où, et quelle part de votre golf est compétitive. Faites le calcul honnêtement et la réponse apparaît en dix minutes.
Ce qui rend l’exercice trompeur, c’est que les deux choses comparées ne sont pas le même produit. Un green-fee achète une partie de golf. Une cotisation achète un parcours, un practice, une licence et un index, un calendrier de compétitions et un groupe de gens, et vous n’aviez comparé qu’un cinquième de la chose.
Comptez vos parties, pas vos intentions
Regardez la saison passée. Pas ce que vous comptiez jouer : ce que vous avez joué. La plupart des golfeurs surestiment d’un bon tiers, et la surestimation est systématique : on se souvient de la saison prévue en mars, pas de celle qui a survécu au mois d’août.
Vos cartes enregistrées sont le relevé honnête si vous les avez rentrées, et votre relevé bancaire l’est si vous ne les avez pas rentrées.
Prenez ensuite la cotisation annuelle affichée sur le site du club qui vous intéresse, en euros, et divisez par ce nombre. Si le résultat approche ce que vous dépensez déjà en green-fees pour le même nombre de parties, la cotisation commence à se défendre avant même d’avoir compté le reste.
N’utilisez pas de moyenne nationale, ni pour l’une ni pour l’autre. Les écarts entre un club associatif de province, un parcours commercial de périphérie et un golf d’Île-de-France sont considérables, et une moyenne entre les trois ne décrit aucun endroit réel.
Ce qu’une cotisation contient au-delà du golf
Le green-fee est la partie visible. Le reste fait souvent la différence.
Le practice illimité. Dans beaucoup de clubs les balles sont comprises, et pour quelqu’un qui s’entraîne chaque semaine c’est déjà un montant substantiel à lui seul.
Un parcours que vous connaissez. Jouer les mêmes dix-huit trous cinquante fois par an vaut plusieurs coups : on apprend où manquer, quels drapeaux sont accessibles et ce que font les greens en août, et rien de cela ne se transporte sur un parcours joué une fois.
Licence et index tenus sans y penser, et l’accès aux compétitions qui comptent.
Un calendrier et des gens qui joueront avec vous un mardi soir. C’est la partie qui garde un joueur pendant dix ans, et celle que personne ne chiffre.
Pour qui veut progresser et jouer en compétition, ces quatre-là valent de l’argent réel. Pour qui joue quinze parties par an sur quinze parcours différents parce que la variété est précisément l’intérêt, elles ne valent presque rien, et aucun calcul ne rendra la cotisation raisonnable.
Les formules intermédiaires que l’on oublie
Entre la cotisation pleine et le green-fee à l’unité, il existe un large milieu, et le marché français en propose plus qu’on ne le croit.
Les cotisations restreintes : semaine, jeune, étudiante, hors périodes de pointe, ou catégories dont le tarif monte par paliers d’âge. Elles coûtent souvent une fraction du tarif plein et sont rarement mises en avant.
Les abonnements multi-parcours des groupes de golfs, qui donnent accès à plusieurs sites pour une seule cotisation et conviennent particulièrement à quelqu’un qui se déplace.
Les carnets de green-fees et les formules prépayées, qui sont une cotisation sans le club.
L’affiliation à une association sportive pour la licence. La ffgolf permet de conserver licence et index en s’affiliant à une association sans être membre d’un club à l’année, ce qui règle la question de l’index pour qui joue surtout en green-fee, et donne accès aux compétitions fédérales.
Les coûts qui n’apparaissent pas dans la cotisation
C’est là que le calcul se trompe le plus souvent, parce que le chiffre affiché n’est pas celui que vous paierez.
Droit d’entrée, part sociale, minimum de consommation au restaurant, location de casier, voiturette à l’année, et participations exceptionnelles aux travaux : tout cela existe et se paie. Les appels de fonds pour des travaux de parcours ou de club-house arrivent sans prévenir et peuvent être substantiels.
Demandez le coût annuel complet d’un membre dans la catégorie qui vous concerne, par écrit, et demandez directement si des travaux sont prévus ou en discussion. Un club qui répond franchement à cette question vous dit quelque chose d’utile sur la façon dont il est géré.
Essayez avant de signer
Jouez le parcours trois fois en invité, aux jours et aux heures où vous joueriez vraiment.
Un golf désert le mercredi matin et saturé le samedi n’est pas la même proposition selon vos horaires de travail. Demandez à un membre combien de temps dure une partie à votre créneau habituel, et à quoi ressemble la grille de départs un samedi de juin.
La plupart des clubs acceptent de faire jouer un futur membre, et beaucoup proposent une formule d’essai sur une saison. Les deux valent mieux que n’importe quelle brochure, et un club qui refuse de vous laisser voir ses heures de pointe répond à la question à sa façon.
Deux autres questions valent la peine : l’âge moyen des membres et celui d’il y a cinq ans, et si les parties de neuf trous et les départs de fin de journée font partie de la culture du club ou sont seulement tolérés.
La réponse « golf public », souvent la bonne
Le golf commercial et public français est bon, et dans beaucoup de régions il est très bon. Une formule multi-parcours, une licence via une association sportive, et la liberté de jouer un parcours différent quand vous en avez envie constituent une façon parfaitement cohérente d’être golfeur, pour une fraction du prix d’une cotisation pleine.
Vous perdez deux choses. L’avantage du parcours connu, qui est réel. Et le calendrier de compétitions, qui l’est moins : les associations sportives affiliées organisent leurs propres compétitions, les grands prix et les épreuves de ligue sont ouverts à tous les licenciés dans les limites d’index prévues, et un joueur en green-fee peut avoir une saison compétitive complète.
Où vérifier les chiffres en France
Pour les tarifs de green-fee, le site du club est la source fiable, et les grilles des réseaux de golfs commerciaux permettent de comparer une région entière sans se déplacer, y compris les colonnes hors pointe et fin de journée qui décident si le paiement à l’unité vous convient.
Pour les cotisations, demandez le coût annuel complet plutôt que de lire la brochure, et demandez à des membres ce qu’ils dépensent réellement dans l’année.
Pour la licence seule, la ffgolf publie le tarif de la licence et la liste des associations sportives affiliées auprès desquelles la prendre sans être membre d’un club, et la ligue régionale renseigne sur les compétitions ouvertes.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, réseaux ou organismes cités.
Le calcul, en cinq lignes
- Parties jouées l’an dernier, comptées honnêtement d’après vos cartes ou votre relevé.
- Coût annuel complet de la formule visée, frais annexes et droit d’entrée compris.
- Ce que vous dépenseriez sans elle en green-fees, en balles de practice et en licence.
- La valeur du parcours connu et du calendrier de compétitions, si vous comptez vous en servir.
- Trois parties en invité aux heures où vous joueriez vraiment.
Si la cotisation gagne sur les chiffres, elle gagnera aussi sur tout ce que les chiffres ne mesurent pas. Si elle perd sur les chiffres, aucune ambiance ne rattrapera l’écart d’ici la fin de la saison.






