Lire un green, du bord du Léman aux parcours de montagne
Un green rapide au-dessus du Léman et un green de montagne ne se lisent pas de la même façon, mais la méthode reste la même : pente générale, fin du putt, vitesse, puis un point de visée.
En bref
- Le paysage, lac ou vallée, donne une hypothèse de pente, jamais une certitude.
- Lisez le dernier mètre en premier : c'est là que la balle tourne le plus.
- Décidez la vitesse avant la ligne ; visez une balle qui finirait 30 à 50 cm après le trou.
- La Règle 13.1e interdit de tester le green pendant le tour, sauf sur le green terminé entre deux trous.
- Certains clubs, comme Lavaux, publient la vitesse des greens du jour sur leur site.
Le 17 septembre 2026, le Golf de Lavaux affichait sur son site une vitesse de greens de 3,1 mètres, pendant la semaine du Lavaux Ladies Open. Sur des surfaces de ce type, perchées au-dessus du Léman, la balle réagit à la moindre pente. Dans un club du Jura ou sur un parcours de montagne, le même putt se comportera autrement. Lire un green, en Suisse romande plus qu’ailleurs, c’est donc d’abord savoir adapter une méthode simple à des terrains très différents.
Cette méthode tient en quelques étapes : repérer la pente générale, lire la fin du putt, décider de la vitesse, puis viser un point. Ce guide les détaille, rappelle ce que les Règles autorisent sur le green, et propose un exercice de dix minutes à faire avant chaque partie.
Deux décisions, pas une
Un putt se résume à deux choix liés : la ligne de départ et la vitesse. La ligne n’a pas de sens sans la vitesse, puisque la même pente fait tourner beaucoup une balle lente et peu une balle rapide. La plupart des putts manqués par les amateurs ne sont pas mal lus : ils sont bien lus pour une vitesse qui n’a pas été jouée.
Décidez donc toujours dans cet ordre : d’abord la vitesse, puis la ligne qui correspond à cette vitesse.
Étape 1 : la pente générale, avant même d’arriver sur le green
En approchant du green, regardez le terrain autour de lui : d’où vient l’eau, où elle s’écoule. Un lac, une rivière, une vallée ou simplement le point bas du parcours indiquent la direction dans laquelle le terrain penche globalement. Sur un green qui paraît plat, cette information vaut souvent plus que tout ce que l’on voit de près.
En Suisse romande, les repères sont nombreux : le Léman en contrebas des parcours de Lavaux ou de la côte vaudoise, la vallée du Rhône sous les parcours valaisans. Traitez-les comme une hypothèse de départ, jamais comme une loi. Les architectes modèlent les greens, et un green peut très bien pencher contre la pente du paysage. Vérifiez toujours avec les étapes suivantes.
Les greens surélevés, comme ceux que l’architecte Jeremy Pern a redessinés en 1996 au Golf Club de Lausanne, méritent une attention particulière : leurs bords descendent souvent de plusieurs côtés, et un putt qui dépasse le trou peut s’éloigner beaucoup.
Étape 2 : lire le dernier tiers en premier
Une balle tourne le plus quand elle ralentit, c’est-à-dire dans les derniers mètres avant le trou. Au départ, la balle roule vite et suit presque une ligne droite, même en dévers.
Commencez donc la lecture autour du trou, dans un rayon d’environ un mètre. Regardez la pente depuis le côté bas du putt, à mi-distance entre la balle et le trou : c’est la position où l’œil perçoit le mieux l’inclinaison. Puis remontez vers la balle.
Étape 3 : laisser parler les pieds
Marchez le long de la ligne, à côté d’elle pour ne pas abîmer le chemin de votre balle ou de celle d’un partenaire. Vos chevilles sentent une pente que les yeux ne voient pas, surtout sur les greens qui paraissent plats.
Faites-le pendant que vos partenaires jouent. Une lecture efficace ne prend pas plus de temps que les autres : elle se fait dans les temps morts.
Ce que les Règles permettent, et ce qu’elles interdisent
Les Règles de golf, que Swiss Golf applique dans leur version officielle du R&A, encadrent précisément les gestes sur le green :
- Autorisé : marquer, relever et nettoyer sa balle ; enlever du sable et de la terre meuble ; réparer un dommage sur le green, par exemple un impact de balle ou une trace de chaussure, avec la main, le pied, un relève-pitch, un tee ou un club (Règle 13.1c).
- Interdit pendant le tour : tester délibérément le green en frottant la surface ou en y faisant rouler une balle (Règle 13.1e).
- L’exception utile : entre deux trous, un joueur peut frotter la surface ou faire rouler une balle sur le green du trou qu’il vient de terminer et sur n’importe quel green d’entraînement.
Profitez de cette exception : sur un parcours inconnu, un putt roulé sur le green que vous venez de finir renseigne sur la vitesse du suivant, à condition de ne pas retarder le groupe.
Étape 4 : décider de la vitesse
La vitesse de référence est celle d’une balle qui, si elle manquait le trou, s’arrêterait légèrement au-delà, une trentaine à une cinquantaine de centimètres. À cette vitesse, la balle reste sur la ligne lue et le putt retour reste court.
Sur un green rapide et en descente, visez plutôt une balle qui meurt dans le trou, et élargissez la ligne en conséquence. Sur un green lent ou humide, en début de matinée, jouez plus ferme et réduisez la casse prévue. Pour les longues distances, notre article sur les putts longs détaille le travail du dosage.
Étape 5 : viser un point, pas une courbe
Une fois la ligne choisie, repérez le point du green par lequel la balle doit passer en partant, quelques décimètres devant elle : un brin d’herbe plus clair, une ancienne marque réparée. Alignez la face du putter sur ce point, puis jouez un putt droit vers lui, à la vitesse décidée. La pente fera la courbe.
Si votre balle porte une ligne, alignez-la sur ce point en la replaçant. C’est autorisé et cela évite de se tromper d’intention à l’adresse.
Le grain : un sujet pour les voyages
Sur les gazons de climat chaud, fréquents dans les destinations de golf d’hiver du sud de l’Europe et d’Afrique du Nord, le sens de pousse de l’herbe, appelé grain, modifie nettement la vitesse et la trajectoire. Une surface qui paraît brillante indique en général un putt dans le sens du grain, donc plus rapide ; une surface mate, un putt à contre-grain, plus lent.
Sur les greens des parcours suisses, cet effet est beaucoup moins marqué, et la pente reste le facteur principal. Ne cherchez pas le grain en Romandie avant d’avoir bien lu la pente.
L’exercice de dix minutes avant la partie
Sur le green d’entraînement, choisissez un trou posé sur une pente. Placez quatre balles à environ trois mètres, autour du trou : une en montée, une en descente, deux en dévers opposés. Lisez chaque putt avec la méthode complète, jouez-le, puis observez où la balle a réellement tourné.
Refaites le tour une deuxième fois en corrigeant. En dix minutes, l’œil a appris comment se comportent les greens du jour, ce que la plupart des joueurs découvrent seulement au quatrième trou.
Où s’entraîner à lire les greens en Suisse romande
Le green d’entraînement du parcours que vous allez jouer reste le meilleur endroit, puisqu’il est en général entretenu comme les greens du parcours et accessible avec le green-fee. Consultez aussi la page d’état des installations du club : certains, comme Lavaux, publient la vitesse des greens du jour, ce qui aide à se préparer avant même d’arriver.
Pour comparer des surfaces différentes, alternez les parcours au fil de la saison : un parcours de plaine au bord du lac, un parcours boisé du Plateau comme le Golf Club de Lausanne, qui accueille les membres d’autres clubs en semaine, et un parcours de montagne en été. Si vous jouez comme visiteur, rappelez-vous les usages du jeu en invité, notamment la réparation des impacts sur les greens.
Pour un regard extérieur, un enseignant de la Swiss PGA, trouvé grâce à l’annuaire « Find a Pro » de l’association, peut filmer votre routine et vérifier l’orientation de la face à l’impact. Si la balle part systématiquement à côté de la ligne choisie, le problème vient parfois du matériel : un fitting ou le choix d’un putter mieux adapté peut régler ce que la lecture ne règle pas.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs ou organismes cités.
La méthode en résumé
- Repérez la pente générale en approchant du green, comme une hypothèse à vérifier.
- Lisez le dernier mètre en premier, depuis le côté bas du putt.
- Marchez le long de la ligne et écoutez vos chevilles.
- Décidez la vitesse, puis la ligne qui lui correspond.
- Visez un point proche et jouez un putt droit vers lui.
- Entre deux trous, faites rouler une balle sur le green terminé pour sentir la vitesse.






