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Technique

Bunker de green : trois préparations et un swing qui accélère

Au Signal de Bougy, le bunker d'entraînement est gratuit et presque toujours vide. C'est pourtant le coup que les amateurs redoutent le plus, alors que le club n'y touche jamais la balle et qu'un swing ordinaire suffit.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 7 min
Bunker de sable devant un green de golf
Photo Martin Magnemyr / Pexels

En bref

  • Ouvrez la face au sol, puis prenez le grip : le bounce peut alors rebondir.
  • Enfoncez les pieds et raccourcissez la prise d'autant ; ne touchez pas le sable près de la balle.
  • Visez un point cinq centimètres derrière la balle et accélérez jusqu'au bout.
  • Sable mouillé : face moins ouverte, amplitude réduite. Balle plombée : face carrée.
  • À Lavaux, le règlement impose de sortir du bunker par le côté le moins abrupt.

Au Golf Parc Migros du Signal de Bougy, le bunker d’entraînement fait partie des installations gratuites, au même titre que le putting green et la zone de chipping. Pourtant, un après-midi de semaine, on y voit rarement plus d’un joueur, pendant que le practice affiche complet. C’est le paradoxe du bunker de green : le coup que les amateurs redoutent le plus est aussi celui qu’ils travaillent le moins, alors qu’il est l’un des plus simples à mettre en place.

Pourquoi c’est plus facile qu’il n’y paraît

Dans un bunker de green, la tête du club ne touche pas la balle. Elle pénètre dans le sable quelques centimètres en arrière, glisse sous la balle, et c’est la masse de sable déplacée qui la projette sur le green. Il n’y a donc pas de contact précis à trouver, contrairement à une approche sur un gazon ras où un centimètre sépare une balle topée d’une balle grattée. Ce qu’on demande au joueur, c’est de répéter le même point d’entrée et la même vitesse. La régularité, pas la précision.

Une fois cette idée acquise, la technique se résume à un swing ordinaire, modifié par trois préparations.

Préparation 1 : la face ouverte, puis le grip

Posez le sand wedge au sol, tournez la face vers le ciel jusqu’à ce qu’elle soit ouverte, et seulement ensuite refermez les mains sur le grip. Si vous prenez d’abord le grip et tournez les mains ensuite, elles reviendront d’instinct en position neutre à l’impact et la face se refermera.

La face ouverte met en avant le bounce, cette semelle arrondie sous le club, qui rebondit dans le sable au lieu de s’y planter. Un sand wedge en porte en général 12 à 14 degrés. Présenté bord d’attaque en premier, ce bounce ne sert à rien.

Préparation 2 : les pieds dans le sable

Tortillez les pieds pour les enfoncer d’un ou deux centimètres, et raccourcissez votre prise sur le grip d’autant. Sans cette compensation, le club entre plus tôt que prévu. Les pieds sont aussi votre sonde : vous sentez si le sable est épais et meuble, ou compact et peu profond, et cette information vaut plus qu’un regard.

Attention à la règle : vous pouvez enfoncer les pieds pour prendre position, mais vous n’avez pas le droit de toucher le sable avec le club juste devant ou derrière la balle, ni lors d’un swing d’essai. En revanche, depuis 2019, retirer une feuille, une pomme de pin ou un caillou est permis, et poser le club dans le sable ailleurs que près de la balle, par exemple pour s’appuyer, n’est plus pénalisé.

Préparation 3 : un point dans le sable, pas la balle

Choisissez un point quatre à cinq centimètres derrière la balle et fixez-le du regard pendant tout le swing. C’est là que le club doit entrer. Le reste est une question d’accélération.

Le défaut numéro un : lever le pied à l’impact

Presque tous les échecs viennent de la même cause : le joueur fait une grande montée, sent qu’il va trop loin et ralentit en descendant. Le bounce ne rebondit pas, le bord d’attaque se plante, la balle reste dans le bunker. Au coup suivant, l’appréhension fait ralentir davantage.

La solution va à l’encontre de l’instinct : raccourcissez la montée et accélérez franchement jusqu’au bout, les mains finissant hautes. Un trois-quarts de swing à pleine vitesse déplace plus de sable qu’un swing complet freiné, et c’est le sable qui fait le travail.

Doser la longueur

Deux leviers, et un seul à la fois. Pour allonger, prenez moins de sable en gardant la même vitesse ; pour raccourcir, prenez-en plus. Avec une entrée à cinq centimètres et un trois-quarts de swing, beaucoup de joueurs sortent la balle à une quinzaine de mètres, mais seule votre séance vous donnera votre propre repère. Celui qui modifie à la fois la vitesse et la quantité de sable obtient des résultats aléatoires et finit par croire que le bunker est une loterie.

Le troisième levier, pour plus tard, est le loft : le même geste avec un lob wedge de 58 ou 60 degrés sort la balle plus haut et plus court, ce qui aide derrière une lèvre raide avec peu de green disponible.

Sable mouillé, sable sec

Après une nuit de pluie ou tôt le matin, le sable est plus lourd et plus compact. Le bounce rebondit davantage et la balle sort plus vite et plus loin : ouvrez un peu moins la face, entrez un peu plus près de la balle et réduisez l’amplitude. À l’inverse, un sable sec et profond en plein été freine le club : ouvrez davantage et gardez de la vitesse. Les pieds, en s’enfonçant, vous disent dans quelle situation vous êtes avant même le premier swing.

La balle enfoncée

Une balle plombée dans la lèvre ou dans son propre impact demande l’inverse : face carrée ou légèrement fermée, balle en arrière dans le stance, frappe descendante et ferme juste derrière. La balle sortira basse, sans effet, et roulera. Visez le début du green et acceptez deux putts. Ouvrir la face sur ce lie, c’est risquer de rester dans le sable et d’écrire un 7.

Si le lie est vraiment injouable, la règle offre une sortie coûteuse mais sûre : avec deux coups de pénalité, vous pouvez dropper hors du bunker, sur la ligne qui prolonge le drapeau et la balle vers l’arrière. C’est souvent moins cher qu’un troisième essai.

Et le bunker de fairway ?

Tout ce qui précède s’inverse. Sur un bunker de fairway, la balle doit être touchée en premier : prise raccourcie, balle un peu en arrière, jambes stables, un club de plus pour compenser un swing plus court. Et avant tout, la lèvre : si le club de la distance ne la passe pas, prenez celui qui la passe.

Quitter le bunker proprement

Le règlement interne du Golf de Lavaux le précise noir sur blanc : ne pas grimper sur les faces des bunkers, en sortir par l’endroit le moins abrupt, et ratisser ses traces. Entrez et sortez par le côté bas, tirez le sable vers le fond, et laissez le râteau là où le club le demande. C’est une question d’étiquette, mais aussi de jeu : le joueur suivant tombera dans votre trace de pied si vous ne la lissez pas.

Où travailler le sable en Suisse romande

Un bunker d’entraînement accessible. Au Signal de Bougy, à 720 mètres au-dessus de Rolle, la grille tarifaire mentionne le bunker d’entraînement parmi les installations offertes, avec le practice, la zone de pitching, la zone de chipping et le putting green. C’est l’une des plus grandes infrastructures d’entraînement de l’arc lémanique, selon Migros Golf. Ailleurs, posez la question à l’accueil avant de payer un panier de balles : tous les practices n’ont pas de sable, et certains ferment leur bunker hors saison.

Au bon moment. Si votre club a un bunker d’entraînement, allez-y juste après le passage des jardiniers : l’épaisseur de sable est régulière et ce que vous y apprenez se transpose sur le parcours.

Avec un professionnel. Une leçon de petit jeu dans un vrai bunker avec un pro membre de la Swiss PGA fait gagner plus vite que n’importe quel volume de balles au practice sur ce coup précis. Beaucoup d’académies de club incluent une séance de sable dans leurs cours collectifs.

Si le club se plante malgré tout. Le problème peut être matériel : trop peu de bounce pour votre geste ou pour le sable de votre parcours. Certains magasins spécialisés proposent des fittings gratuits en saison sur plusieurs parcours, ainsi qu’un atelier pour changer les grips. Un fitting de wedge vérifie le bounce et la semelle en quelques minutes.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs et enseignes cités et ne touche aucune commission.

Vingt minutes par semaine

  • Dix swings sans balle sur une ligne tracée dans le sable : regardez où le club entre et la forme de la trace, une écorchure large comme la main plutôt qu’un cratère.
  • Dix balles vers une cible fixe avec le même swing, en ne variant que la quantité de sable.
  • Cinq balles dans du sable tassé ou humide, face moins ouverte.
  • Deux balles volontairement enfoncées, face carrée.
  • Cinq balles de bunker de fairway, contact balle d’abord, lèvre vérifiée.

Le bunker de green a mauvaise réputation parce qu’on le travaille peu. Vingt minutes régulières dans un bunker d’entraînement suffisent à le faire passer de coup redouté à coup ordinaire.

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