Putt d’un mètre en Suisse romande : donné en partie amicale, à rentrer en compétition
Selon les données de Shot Scope, un handicap 20 rentre 84 % de ses putts à moins de 1,80 mètre, un scratch 92,8 %. L'écart se joue sur presque chaque green, et le golfeur qui se voit donner ces putts tout l'été le découvre le jour de sa première compétition.
En bref
- Shot Scope : à moins de 1,80 mètre, 92,8 % de réussite pour un scratch, 89,3 % pour un handicap 10, 84 % pour un handicap 20.
- En match play le putt peut être concédé (Règle 3.2b), en stroke play il faut terminer le trou sous peine de disqualification (Règle 3.3c).
- Visez un repère à trente centimètres devant la balle, reculez court et accélérez vers la balle.
- Au Golf Parc Signal de Bougy, le putting, le chipping et le pitching green sont gratuits.
Sur la page « Bon à savoir » du Golf Club Crans-sur-Sierre, une consigne de rythme de jeu tient en une ligne : en partie libre, adoptez si possible le putting continu et donnez les putts courts. La recommandation est juste, elle fait gagner des minutes à chaque green. Elle a pourtant un effet secondaire que personne n’affiche au départ du 1 : le golfeur qui ramasse sa balle à un mètre tout l’été arrive en compétition sans avoir joué un seul de ces putts pour de vrai.
Cet article part de ce paradoxe très romand, entre parties amicales données et compétitions où tout se joue jusqu’au fond du trou. Il propose une routine courte, une façon de viser, trois exercices qui fabriquent de la pression et les endroits de la région où l’on peut s’entraîner sans payer de supplément.
Ce que mesurent les données d’amateurs
Shot Scope, qui enregistre des parties réelles de ses utilisateurs, a publié les taux de réussite par catégorie de handicap. Entre 0 et 6 pieds, soit jusqu’à environ 1,80 mètre, le joueur scratch rentre 92,8 % de ses putts, le handicap 10 en rentre 89,3 % et le handicap 20 en rentre 84 %. Le handicap 25 reste à 82,5 %.
Deux lectures s’imposent. La première rassure : même à handicap 20, plus de huit putts courts sur dix tombent. La seconde est moins confortable. L’écart d’environ neuf points entre le scratch et le handicap 20 paraît modeste, mais ces putts reviennent sur presque chaque green, et chaque point perdu se transforme, au fil d’une saison, en coups que rien d’autre ne rattrape. Un bunker raté se discute ; un putt d’un mètre manqué est un coup net, sans circonstance atténuante.
Donné le samedi, obligatoire le dimanche
Les Règles expliquent pourquoi ce putt change de nature selon la formule. En match play, la Règle 3.2b permet de concéder le coup suivant de l’adversaire : le putt d’un mètre peut ne jamais être joué. En stroke play, la Règle 3.3c impose de terminer chaque trou ; si vous ne rentrez pas la balle, vous êtes disqualifié. Entre les deux, le stableford autorise à relever dès qu’aucun point n’est plus possible, ce que Crans rappelle aussi sur la même page.
Le golfeur romand passe donc d’un régime à l’autre sans transition. Le samedi, trois amis se donnent tout ce qui tient dans une longueur de putter. Le dimanche, lors d’une première compétition de club, le même putt se joue devant un marqueur qui note le score. Ce n’est pas le swing qui lâche ce jour-là, c’est l’absence d’habitude.
La correction ne coûte rien. Une fois par mois, jouez une partie entière en rentrant tout, et enregistrez-la comme score General Play dans la Swiss Golf App si vous remplissez les conditions de Swiss Golf pour un score comptant pour le handicap (formule reconnue, accompagnant qui signe). Vous saurez alors ce que valent vraiment vos putts d’un mètre avant que cela compte pour un classement.
Quatre gestes, toujours dans le même ordre
Une routine ne sert pas à se rassurer. Elle sert à donner exactement les mêmes informations au joueur calme de l’entraînement et au joueur tendu du 18. Si elle change quand l’enjeu monte, elle ne sert plus à rien. Voici une version en quatre temps, à dérouler sur tout putt de moins de trois mètres.
- Lire, accroupi derrière la balle. Regardez le côté bas du trou, une dizaine de secondes au maximum. À cette distance, soit la pente se voit, soit elle ne compte guère. Prolonger l’examen fabrique du doute.
- Annoncer la cible. Intérieur gauche, intérieur droit ou centre. Formulez-le mentalement, en mots. Un putt sans cible énoncée part au hasard des mains.
- Un seul essai, les yeux sur le trou. Un mouvement à côté de la balle pour sentir l’amplitude, pas trois pour répéter une technique.
- La face d’abord, puis les pieds, puis un regard. Posez le putter perpendiculaire à la ligne, construisez la position autour, regardez le trou une fois et jouez dès que les yeux reviennent sur la balle. Le second regard est celui où la tension s’installe.
Chronométrez l’ensemble une seule fois à la maison. Autour de quinze secondes, c’est suffisant et compatible avec la cadence demandée sur les parcours. Ensuite, oubliez la montre.
Viser un brin d’herbe plutôt qu’un trou
Les Règles fixent le diamètre du trou à 108 millimètres. À un mètre, cette ouverture paraît immense, et c’est justement le problème : une cible large autorise un mouvement approximatif.
Choisissez plutôt un repère sur la ligne, à une trentaine de centimètres devant la balle : une nuance de couleur, un brin plus clair, l’ancien impact d’une balle réparé. Faire passer la balle sur ce point est une tâche que les yeux contrôlent pendant tout le geste, alors que le trou sort du champ de vision au moment de frapper. Ce changement ne demande aucun entraînement et c’est souvent celui qui produit l’effet le plus rapide.
Un geste qui accélère au lieu de freiner
Sur les putts courts manqués, le scénario mécanique se répète. Le putter part trop loin en arrière, le joueur le sent au sommet et ralentit les mains à la descente. Une face qui décélère tourne, et quelques degrés suffisent à sortir la balle du trou.
Inversez les proportions. Un recul volontairement court, un accompagnement plus long que le recul, et une tête de putter qui prend de la vitesse jusqu’à la balle. Le bénéfice se voit sur les derniers centimètres : une balle qui roule encore avec de l’élan dévie moins sur les petites irrégularités, marques de chaussures et traces d’une journée de passage.
La pente : l’effacer ou la respecter
Sous 1,20 mètre, sur un green plat ou presque, la fermeté permet de viser l’intérieur du trou et d’ignorer la plus grande partie de la pente. L’arithmétique de l’erreur joue en votre faveur : un putt visé au bord et frappé un peu fort passe à côté, un putt visé au centre et frappé un peu fort touche souvent le fond du trou.
Le putt en descente rapide ne se traite pas ainsi. Il faut le jouer avec la vitesse d’une balle qui s’arrêterait à une trentaine de centimètres derrière le trou, et accepter de prendre la pente. Avant la partie, cherchez l’information que le club donne : le Golf de Lavaux affiche la vitesse de ses greens sur sa page d’état du parcours, 3,1 mètres le 17 septembre 2026. Ce chiffre ne remplace pas trois putts d’essai, mais il prépare les mains à ce qu’elles vont trouver.
Trois exercices qui simulent l’enjeu
S’entraîner aux putts courts sans conséquence revient à répéter un geste que vous maîtrisez déjà quand rien ne compte. Ce qui manque, c’est la version sous pression. Ces trois formats la créent volontairement.
Le portillon, pour diagnostiquer. Plantez deux tees à peine plus écartés que la largeur de la balle, trente centimètres devant elle, sur la ligne. Puttez depuis 1,20 mètre. Si la balle touche un tee, la face n’était pas droite à l’impact, ce que vous ne pouvez pas sentir mais qui suffit à manquer un putt d’un mètre. Deux minutes en début de séance.
La série de dix, pour la pression. Un mètre cinquante, toujours le même trou, et le compteur revient à zéro au premier putt manqué. Le neuvième putt d’une série intacte procure une sensation très proche du dernier green d’une compétition. Ne quittez pas le green avant d’avoir terminé la série et observez ce que font vos mains quand le compteur approche de dix.
La couronne, pour la lecture. Six balles en cercle autour d’un trou placé sur une légère pente, à un mètre puis à un mètre cinquante. Il faut rentrer les six avant de reculer. Chaque balle présente une pente différente, ce qui oblige à relire au lieu de répéter mécaniquement.
Une douzaine de minutes, deux fois par semaine, suffit. C’est moins long qu’un seau de balles au practice et bien plus directement relié au score.
Où s’entraîner en Suisse romande sans supplément
Le golfeur qui joue avec l’ASGI ou la Migros GolfCard n’a souvent pas de club d’attache à proximité de son domicile. Pour lui, l’entraînement au putting dépend des installations accessibles, et plusieurs adresses de la région le permettent.
- Golf Parc Signal de Bougy. Selon la grille tarifaire du parc, l’utilisation du driving range et de toutes les installations d’entraînement pour le pitching, le chipping et le putting est gratuite, bunkers d’entraînement compris. Le parc compte un putting green, un chipping green et un pitching green.
- Golf de Lavaux. La page d’état du parcours indique l’ouverture de la zone de petit jeu et la vitesse des greens du jour. Utile pour arriver dix minutes avant son départ et caler la longueur.
- Let’s Golf, Bussigny. Accès sept jours sur sept toute l’année, avec un putting green et une zone d’approches de 70 m², une solution quand les parcours de plaine ferment.
- Millennium, Crissier. Une plateforme de putting dont la pente varie de 0 à 5 %, pour travailler la lecture pendant l’hiver.
À la maison, deux mètres de tapis plat suffisent pour le putt court. Le tapis a ses limites sur les longs putts, parce qu’il roule toujours à la même vitesse, mais à un mètre il entraîne la ligne de départ et la longueur du recul, deux éléments qui se transfèrent au parcours. Pendant l’hiver, c’est la seule partie du jeu qui ne demande ni radar ni simulateur. Le travail du petit jeu autour du green complète naturellement ces séances.
Si le portillon révèle une face qui arrive ouverte ou fermée à chaque essai, le problème est mécanique et non mental. C’est le cas où une leçon avec un pro se justifie ; le ProFinder de la Swiss PGA permet d’en trouver un près de chez soi. Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, centres et organismes cités.
Sur le green, deux points de règle à connaître
La Règle 13.1c autorise à réparer les dommages sur le green, y compris les impacts de balle et les marques laissées par des chaussures. Elle exclut en revanche les trous d’aération et les rainures de verticutage, qui relèvent de l’entretien normal. À l’automne, quand les greens romands sont aérés, vous jouez donc la surface telle qu’elle est, sauf si le comité a adopté la Règle locale type E-4.
La Règle 10.1c interdit de jouer en plaçant délibérément les pieds de part et d’autre de la ligne de jeu ou de son prolongement derrière la balle, ou un pied dessus. La Règle 10.2b(4) empêche votre cadet de se tenir derrière vous, dans le prolongement de la ligne, pour vous aider à vous aligner. Pour le reste, notre point sur les règles souvent mal appliquées fait le tour des malentendus fréquents.
Le plan pour votre prochaine partie
- Arrivez dix minutes plus tôt et jouez quelques putts d’un mètre sur le putting green du jour.
- Déroulez la routine en quatre temps sur chaque putt de moins de trois mètres, même donné ou sans enjeu.
- Visez un repère à trente centimètres devant la balle.
- Reculez court, accélérez vers la balle.
- Notez le nombre de putts manqués à moins de 1,80 mètre : ce chiffre dit plus que le total de putts.
- Une partie par mois, ne donnez rien et enregistrez la carte si elle remplit les conditions.
Rien de cela ne demande de talent particulier ni de matériel. Seulement de la répétition dans les conditions du jeu réel, et quelques minutes volées au parking.
Sources consultées : pourcentages de réussite par handicap publiés par Shot Scope ; Règles de golf R&A (Règles 3, 10 et 13) ; pages « Bon à savoir » du Golf Club Crans-sur-Sierre, tarifs du Golf Parc Signal de Bougy, état du parcours du Golf de Lavaux, sites de Let’s Golf et de Millennium, lus le 17.09.2026.






