Argile du Bassin parisien et sable de la Côte d’Opale : combien de wedges, quels degrés
Votre pitching wedge n'est pas le dernier fer de la série. C'est le premier de vos wedges, et il se situe aujourd'hui entre 43 et 48 degrés. Toutes les autres décisions de loft en découlent. Combien de wedges porter, à quel écart les espacer, et pourquoi la terre lourde de la plaine et le sable du Touquet ne demandent pas la même semelle.
En bref
- Chercher d'abord le loft de son pitching wedge : les séries récentes vont de 43 à 48 degrés, les fers d'aide au jeu descendent à 42.
- Quatre à six degrés entre deux wedges, soit dix à quinze mètres. Au-delà, il reste une distance qu'on ne peut atteindre qu'en forçant ou en freinant un club.
- Bounce : 4 à 6 degrés sur les links de la Manche et les sols sableux, 7 à 10 comme choix sûr, au-delà de 10 sur l'argile mouillée et dans un sable fin et profond.
- Le Vokey SM11 est affiché 198 € chez Golf Plus, pour un catalogue à 220 €. Moins cher que tout achat : faire mesurer les lofts de ceux qu'on possède déjà.
La plupart des golfeurs achètent leurs wedges comme on achète des fusibles : le jour où quelque chose cesse de fonctionner. Le sand wedge arrive avec la série de fers, le lob wedge s’ajoute après un après-midi calamiteux dans les bunkers, et le gap wedge apparaît deux ans plus tard parce qu’il y a un trou dans le sac que personne n’a mesuré. Trois clubs jamais choisis ensemble, chargés de la portion du parcours où se joue la moitié de vos coups.
Les wedges sont les seuls clubs du sac qu’on peut acheter correctement avec une simple opération. Les deux nombres gravés sur la semelle, le loft et le bounce, disent presque tout. Voici ce qu’ils signifient, combien de wedges il vous en faut vraiment, et comment choisir les degrés sans deviner.
Commencez par le loft que vous possédez déjà
Avant d’acheter quoi que ce soit, cherchez ce qu’est réellement votre pitching wedge. Pas le P gravé sur la tête, mais le loft indiqué par le fabricant pour votre modèle et votre millésime.
Le loft du pitching wedge se renforce depuis vingt ans. Le pitching classique faisait 48 degrés. Aujourd’hui la plupart des séries se situent entre 43 et 48, et les fers dits d’aide au jeu descendent à 42 ou 43 degrés, parce qu’un loft plus fort fait voler le fer 7 plus loin sur le tapis de démonstration. Il n’y a là rien de scandaleux, mais cela éloigne de sept mètres le bas de votre série et ouvre en dessous un trou que le reste du sac doit combler.
Notez le chiffre. Votre pitching wedge n’est pas le dernier fer de la série. C’est le premier de vos wedges, et toutes les autres décisions de loft en découlent.
Combien de wedges : comptez à rebours depuis quatorze
Vous avez droit à quatorze clubs. Partez de l’autre bout du sac et regardez ce qu’il reste.
Un putter, un driver, et les bois ou hybrides que vous jouez vraiment. Puis les fers jusqu’au pitching wedge. Comptez le reste. Onze clubs avant les wedges laissent la place à trois. Dix en laissent quatre.
Trois conviennent à la majorité. Quatre conviennent à un profil précis : celui qui prend beaucoup de greens à moins de 110 mètres et veut là des paliers plus fins qu’au bout long du sac. Si vous traînez encore un fer 3 que vous ne faites jamais monter, ce créneau vaut davantage en quatrième wedge. Si vous ne passez pas une lèvre de bunker à 35 mètres, un quatrième wedge n’est pas la réponse à votre problème.
L’envie du quatrième wedge est la plus forte chez ceux qui en ont le moins besoin. Un index 20 joue beaucoup plus de coups de 140 mètres que de 50, et le quatrième wedge chasse le plus souvent un hybride qui aurait servi plus souvent.
Les degrés : quatre à six, sans exception
Entre deux wedges consécutifs, il faut quatre à six degrés. En dessous de quatre, deux clubs vont à la même distance et vous gaspillez un emplacement. Au-dessus de six, il reste une distance que vous ne pouvez atteindre qu’en freinant un club ou en forçant l’autre, et c’est précisément le coup que les amateurs ratent le plus.
Quatre degrés représentent une dizaine à une quinzaine de mètres pour la plupart des joueurs. C’est le trou que vous cherchez à combler, et c’est pour cela que les chiffres de loft comptent infiniment plus que le nom du modèle.
Faites le calcul avec un pitching à 45 degrés. Ajoutez 50, 54 et 58 : vous avez des marches de cinq degrés jusqu’en bas, trois wedges, aucun trou. Refaites-le avec un pitching à 43 degrés, comme en ont beaucoup de séries récentes. Le même 50 est désormais à sept degrés. Soit vous ajoutez un 47 ou un 48 et vous portez quatre wedges, soit vous acceptez un trou exactement là où se jouent vos approches.
Deux compositions méritent d’être nommées. Pitching, 50, 54, 58 est la réponse à quatre clubs pour une série fortement loftée : le pitching reste un fer et trois vrais wedges s’installent en dessous. Pitching, 52, 56, 60 est le classique à trois wedges, et il tombe juste quand le pitching fait 46 ou 47 degrés, pas quand il en fait 43.
Une mise en garde sur le bas du sac. Un wedge de 60 degrés est plus difficile à frapper proprement qu’un 56, il coûte du contrôle de distance, et il sanctionne un mauvais contact plus durement que n’importe quel club du sac. Sur un fairway sec d’août, c’est celui qui produit la pire faute. Si vous n’êtes pas déjà à l’aise avec un 56 sur une balle posée serrée, le 60 ne vous sauvera pas. La plupart des joueurs de club marqueraient mieux en s’arrêtant à 58.
Le bounce : le chiffre que vous ignorez depuis toujours
Le bounce est l’angle entre l’arête avant du club et le point le plus bas de la semelle, club posé à plat. Il décide si le club creuse dans le sol ou s’il glisse dessus. C’est le nombre le plus utile gravé sur un wedge, et celui que presque personne ne regarde.
Un bounce faible, c’est environ 4 à 6 degrés. Il convient aux sols fermes, aux balles posées serrées, au sable grossier ou tassé et à un swing plat qui ne prend presque pas de divot. Arête propre, et aucune aide si vous arrivez raide.
Un bounce moyen, c’est environ 7 à 10 degrés. C’est la réponse sûre pour un sol ferme à normal et pour la plupart des swings, et c’est pour cela que presque tous les modèles le proposent en version standard. Si vous achetez sans fitting, achetez celui-là.
Un bounce élevé, c’est au-delà de 10 degrés. Il convient aux sols mous, aux balles perchées dans l’herbe, au sable fin et profond et à un swing raide qui prend un divot épais. La semelle touche le sol la première et garde le club en mouvement au lieu de laisser l’arête s’enfoncer.
Votre propre swing se lit sans capteur. Regardez vos divots après neuf trous. Profonds et longs : vous creusez, il vous faut plus de bounce. Une simple éraflure, ou rien du tout : vous balayez, il vous en faut moins. Presque tout le monde prend un divot au wedge et aucun au bois de parcours, c’est normal, et c’est le divot de wedge qu’il faut lire.
Ensuite, regardez le sol sur lequel vous jouez. C’est la partie de la décision que personne ne prend assez localement.
Le grind, en un paragraphe
Le grind est la mise en forme de la semelle : de la matière retirée au talon, en pointe ou sur l’arête arrière pour que le club se comporte autrement quand vous tournez la face. Vous n’avez pas besoin d’apprendre les codes de lettres. Vous avez besoin d’une règle. Si vous ouvrez la face pour jouer quoi que ce soit, il vous faut un dégagement au talon, sinon la face ouverte soulève l’arête avant du sol et vous topez la balle. Si vous jouez tout carré, une semelle pleine standard convient et vous donne plus de tolérance sur sol mou. Dites au fitter lequel de ces deux golfeurs vous êtes, et laissez-le choisir la lettre.
Ce que cela coûte, et où ne pas mettre l’argent
Un wedge haut de gamme neuf n’est pas bon marché. Le Titleist Vokey SM11 à manche acier est affiché 198 € chez Golf Plus cette saison, pour un prix catalogue de 220 €. Trois de ces clubs représentent près de 600 €, davantage que ce que beaucoup de joueurs de club ont payé leur série de fers. À l’autre bout du rayon, un wedge de marque en entrée de gamme se trouve autour de 90 €, et sur le geste de base il fait le travail.
Deux façons de dépenser moins sans acheter moins bien. D’abord le modèle de l’an dernier. La technique des wedges avance lentement, les rainures sont plafonnées par la règle, et la génération précédente de la même tête coûte en général un tiers de moins pour un résultat identique sur tout ce qui compte. Ensuite, le bon ordre. Remplacer les trois d’un coup n’a presque jamais de sens : commencez par celui que vous jouez le plus, et pour presque tout le monde c’est le sand wedge.
Ce qui vaut vraiment son prix, ce sont des rainures fraîches. Les faces de wedge s’usent, et un 56 fatigué prend nettement moins d’effet depuis un rough mouillé qu’un neuf. Si vos wedges ont cinq ans et que vous jouez chaque semaine, ce sont les rainures qui expliquent la balle qui file derrière le drapeau, pas votre technique.
Où les sols français changent la réponse
La France fait jouer sur trois sols très différents, et le bounce qui convient à l’un ne convient pas à l’autre.
Les parcours de plaine sur argile sont l’argument en faveur d’un bounce élevé, au moins de novembre à mars. Un parcours du Bassin parisien, de la Beauce, de la Picardie ou du Nord sur terre lourde est mou tout l’hiver, la balle s’enfonce, et le divot sort comme une part de gâteau. Le même parcours en août, après trois semaines sèches, devient assez dur pour qu’une semelle à 14 degrés renvoie l’arête droit dans le milieu de la balle. C’est le vrai dilemme de celui qui joue le même parcours toute l’année. Le compromis qui tient : un bounce moyen sur le sand wedge, là où se jouent la plupart de vos petits coups, et un bounce plus faible sur le lob wedge que vous sortez des lies serrés autour du green.
Les links de la Manche sont l’argument inverse. Le Touquet, Hardelot, Wimereux, Dieppe, Granville et Omaha Beach poussent sur du sable libre, drainent en quelques heures et donnent des balles posées serrées sur un socle ferme, comme les parcours de Sologne et des Landes sur leurs sols sableux. Là, 4 à 8 degrés sur le wedge le moins lofté est le choix raisonnable. La Côte d’Azur et le Languedoc, secs et caillouteux une grande partie de l’année, tirent dans le même sens.
Le sable des bunkers va dans la même direction et se vérifie à la main. Beaucoup de clubs français ont un sable fin, mou et profond dans lequel seul un bounce élevé passe sous la balle. Les parcours plus anciens ont souvent un sable mince, grossier et tassé qui fait rebondir cette même semelle sur le fond dur et envoie la balle dans la lèvre. Mettez la main dans le bunker d’entraînement de votre parcours avant d’acheter un club de bunker : le sable de chez vous est un fait, la recommandation d’un catalogue n’en est pas un.
Pour le fitting, Golf Plus et les grandes enseignes disposent de cabines et de capteurs et font une séance de gapping sur leur matériel, comme un nombre croissant de studios indoor. Les journées d’essai des fabricants tournent sur les parcours d’avril à septembre et ne coûtent rien. Le moins cher et le plus oublié : votre propre enseignant de club passe en dix minutes les wedges que vous avez déjà sur une machine à loft et lie. Un wedge se déforme à l’usage, et un 54 devenu un 52 sans prévenir est un trou que vous contournez depuis une saison sans le savoir.
Cinq choses à faire avant d’acheter
- Chercher le loft de votre pitching wedge. Tous les autres chiffres en dépendent.
- Compter à rebours depuis quatorze pour savoir si vous avez la place de trois wedges ou de quatre.
- Garder quatre à six degrés entre deux wedges, et être honnête sur l’utilité d’un 60.
- Lire vos divots, puis votre sol et le sable de vos bunkers, et acheter le bounce sur lequel les deux s’accordent.
- Faire mesurer les lofts des wedges que vous possédez avant d’en remplacer un seul.
Les wedges décident de votre score sur les trous qui tournent mal. Choisis comme un ensemble, à quatre à six degrés les uns des autres, avec le bounce du sol sur lequel vous vous tenez réellement en février, ils couvrent toutes les distances à moins de 110 mètres sans un seul coup à inventer. Choisis un par un, dans l’urgence, après une mauvaise partie, ils en couvrent les deux tiers.



