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Équipement

Cocheurs : combien, quels degrés, quel rebond entre un mai mou et un octobre gelé

Votre cocheur d'allée n'est pas le dernier fer de la série. C'est le premier de vos cocheurs, et il se situe aujourd'hui entre 43 et 48 degrés. Toutes les autres décisions d'ouverture en découlent. Combien de cocheurs porter, à quel écart les espacer, et pourquoi une saison québécoise est en réalité trois surfaces différentes.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 10 min
Semelle d'un club posée derrière la balle sur le gazon
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • Chercher d'abord l'angle d'ouverture de son cocheur d'allée : les séries récentes vont de 43 à 48 degrés, les fers d'aide au jeu descendent à 42.
  • Quatre à six degrés entre deux cocheurs, soit dix à quinze verges. Au-delà, il reste une distance qu'on ne peut atteindre qu'en forçant ou en freinant un bâton.
  • Rebond : élevé pour un mai gorgé d'eau sur argile, faible pour un octobre ferme et pour les sols sablonneux des Laurentides, moyen sur le cocheur de sable.
  • Le Vokey SM11 à manche d'acier est affiché 279,99 $ chez Golf Town. L'hiver, quand il n'y a pas de golf à jouer, est le bon moment pour faire mesurer ses ouvertures.

La plupart des golfeurs achètent leurs cocheurs comme on achète des fusibles : le jour où quelque chose cesse de fonctionner. Le cocheur de sable arrive avec la série de fers, le cocheur de lob s’ajoute après un après-midi pénible dans les fosses, et le cocheur intermédiaire apparaît deux ans plus tard parce qu’il y a un trou dans le sac que personne n’a mesuré. Trois bâtons jamais choisis ensemble, chargés de la portion du parcours où se joue la moitié de vos coups.

Les cocheurs sont les seuls bâtons du sac qu’on peut acheter correctement avec une simple opération. Les deux nombres gravés sur la semelle, l’angle d’ouverture et le rebond, disent presque tout. Voici ce qu’ils signifient, combien de cocheurs il vous en faut vraiment, et comment choisir les degrés sans deviner.

Commencez par l’ouverture que vous possédez déjà

Avant d’acheter quoi que ce soit, cherchez ce qu’est réellement votre cocheur d’allée. Pas le P gravé sur la tête, mais l’angle d’ouverture indiqué par le fabricant pour votre modèle et votre millésime.

L’ouverture du cocheur d’allée se referme depuis vingt ans. Le cocheur d’allée classique faisait 48 degrés. Aujourd’hui la plupart des séries se situent entre 43 et 48, et les fers dits d’aide au jeu descendent à 42 ou 43 degrés, parce qu’une ouverture plus forte fait voler le fer 7 plus loin sur le tapis de démonstration. Il n’y a là rien de scandaleux, mais cela éloigne de huit verges le bas de votre série et ouvre en dessous un trou que le reste du sac doit combler.

Notez le chiffre. Votre cocheur d’allée n’est pas le dernier fer de la série. C’est le premier de vos cocheurs, et toutes les autres décisions d’ouverture en découlent.

Combien de cocheurs : comptez à rebours depuis quatorze

Vous avez droit à quatorze bâtons. Partez de l’autre bout du sac et regardez ce qu’il reste.

Un fer droit, un bois de départ, et les bois ou hybrides que vous jouez vraiment. Puis les fers jusqu’au cocheur d’allée. Comptez le reste. Onze bâtons avant les cocheurs laissent la place à trois. Dix en laissent quatre.

Trois conviennent à la majorité. Quatre conviennent à un profil précis : celui qui atteint beaucoup de verts à moins de 120 verges et veut là des paliers plus fins qu’au bout long du sac. Si vous traînez encore un fer 3 que vous ne faites jamais monter, ce créneau vaut davantage en quatrième cocheur. Si vous ne passez pas la lèvre d’une fosse de sable à 40 verges, un quatrième cocheur n’est pas la réponse à votre problème.

L’envie du quatrième cocheur est la plus forte chez ceux qui en ont le moins besoin. Un joueur dont le facteur de handicap est de 20 joue beaucoup plus de coups de 150 verges que de 55, et le quatrième cocheur chasse le plus souvent un hybride qui aurait servi plus souvent. Dans un pays où la saison est courte, cet hybride est aussi ce qui vous sauve une partie de mai, quand plus rien ne porte sa distance habituelle.

Les degrés : quatre à six, sans exception

Entre deux cocheurs consécutifs, il faut quatre à six degrés. En dessous de quatre, deux bâtons vont à la même distance et vous gaspillez un emplacement. Au-dessus de six, il reste une distance que vous ne pouvez atteindre qu’en freinant un bâton ou en forçant l’autre, et c’est précisément le coup que les amateurs ratent le plus.

Quatre degrés représentent une dizaine à une quinzaine de verges pour la plupart des joueurs. C’est le trou que vous cherchez à combler, et c’est pour cela que les chiffres d’ouverture comptent infiniment plus que le nom du modèle.

Faites le calcul avec un cocheur d’allée à 45 degrés. Ajoutez 50, 54 et 58 : vous avez des marches de cinq degrés jusqu’en bas, trois cocheurs, aucun trou. Refaites-le avec un cocheur d’allée à 43 degrés, comme en ont beaucoup de séries récentes. Le même 50 est désormais à sept degrés. Soit vous ajoutez un 47 ou un 48 et vous portez quatre cocheurs, soit vous acceptez un trou exactement là où se jouent vos approches.

Deux compositions méritent d’être nommées. Cocheur d’allée, 50, 54, 58 est la réponse à quatre bâtons pour une série fortement fermée : le cocheur d’allée reste un fer et trois vrais cocheurs s’installent en dessous. Cocheur d’allée, 52, 56, 60 est le classique à trois cocheurs, et il tombe juste quand le cocheur d’allée fait 46 ou 47 degrés, pas quand il en fait 43.

Une mise en garde sur le bas du sac. Un cocheur de 60 degrés est plus difficile à frapper proprement qu’un 56, il coûte du contrôle de distance, et il sanctionne un mauvais contact plus durement que n’importe quel bâton du sac. Si vous n’êtes pas déjà à l’aise avec un 56 sur une balle posée serrée, comme il y en a partout sur une allée de mai encore clairsemée, le 60 ne vous sauvera pas. La plupart des joueurs de club marqueraient mieux en s’arrêtant à 58.

Le rebond : le chiffre que vous ignorez depuis toujours

Le rebond est l’angle entre l’arête avant du bâton et le point le plus bas de la semelle, bâton posé à plat. Il décide si le bâton creuse dans le sol ou s’il glisse dessus. C’est le nombre le plus utile gravé sur un cocheur, et celui que presque personne ne regarde.

Un rebond faible, c’est environ 4 à 6 degrés. Il convient aux sols fermes, aux balles posées serrées, au sable grossier ou tassé et à un élan plat qui ne prend presque pas de motte.

Un rebond moyen, c’est environ 7 à 10 degrés. C’est la réponse sûre pour un sol ferme à normal et pour la plupart des élans, et c’est pour cela que presque tous les modèles le proposent en version standard. Si vous achetez sans essai d’ajustement, achetez celui-là.

Un rebond élevé, c’est au-delà de 10 degrés. Il convient aux sols mous, aux balles perchées dans l’herbe, au sable fin et profond et à un élan raide qui prend une motte épaisse. La semelle touche le sol la première et garde le bâton en mouvement au lieu de laisser l’arête s’enfoncer.

Votre propre élan se lit sans capteur. Regardez vos mottes après neuf trous. Profondes et longues : vous creusez, il vous faut plus de rebond. Une simple éraflure, ou rien du tout : vous balayez, il vous en faut moins. Presque tout le monde prend une motte au cocheur et aucune au bois de parcours, c’est normal, et c’est la motte de cocheur qu’il faut lire.

Ensuite, regardez le sol sur lequel vous jouez, et le mois qu’il est. Ici, les deux changent la réponse.

Le meulage de la semelle, en un paragraphe

Le meulage est la mise en forme de la semelle : de la matière retirée au talon, en pointe ou sur l’arête arrière pour que le bâton se comporte autrement quand vous tournez la face. Vous n’avez pas besoin d’apprendre les codes de lettres. Vous avez besoin d’une règle. Si vous ouvrez la face pour jouer quoi que ce soit, il vous faut un dégagement au talon, sinon la face ouverte soulève l’arête avant du sol et vous frappez la balle en son milieu. Si vous jouez tout carré, une semelle pleine standard convient et vous donne plus de tolérance sur sol mou. Dites à l’ajusteur lequel de ces deux golfeurs vous êtes, et laissez-le choisir la lettre.

Ce que cela coûte, et où ne pas mettre l’argent

Un cocheur haut de gamme neuf n’est pas bon marché. Le Titleist Vokey SM11 à manche d’acier est affiché 279,99 $ chez Golf Town cette saison. Trois de ces bâtons dépassent 800 $, davantage que ce que beaucoup de joueurs de club ont payé leur série de fers.

Deux façons de dépenser moins sans acheter moins bien. D’abord le modèle de l’an dernier. La technique des cocheurs avance lentement, les rainures sont plafonnées par la règle, et la génération précédente de la même tête coûte en général un tiers de moins pour un résultat identique sur tout ce qui compte. Ensuite, le bon ordre. Remplacer les trois d’un coup n’a presque jamais de sens : commencez par celui que vous jouez le plus, et pour presque tout le monde c’est le cocheur de sable.

Ce qui vaut vraiment son prix, ce sont des rainures fraîches. Les faces de cocheur s’usent, et un 56 fatigué prend nettement moins d’effet depuis une herbe longue mouillée qu’un neuf. Avec une saison de vingt-cinq ou trente parties, une série de cocheurs dure plus longtemps ici qu’en Floride : c’est le seul avantage d’une année courte, achetez bien et vous les gardez longtemps.

Où les sols québécois et la courte saison changent la réponse

Une saison de golf québécoise, ce sont en réalité trois surfaces différentes, et la plupart des golfeurs achètent leurs cocheurs pour une seule des trois.

Mai est mou. Les parcours des basses-terres du Saint-Laurent, de la Montérégie et de la région de Québec sortent de la neige gorgés d’eau, et sur une terre argileuse les trois premières semaines la motte part comme une part de gâteau. C’est la météo du rebond élevé, et c’est aussi le moment où la balle s’enfonce dans une allée encore clairsemée. Juillet et août sur le même parcours sont fermes, et bien des clubs ferment l’arrosage des allées pour protéger les verts, ce qui donne des balles posées serrées et plaide en sens inverse. Octobre est ferme et froid, le sol durcit, et la réponse du rebond faible reprend le dessus juste avant la fermeture.

La géographie ajoute sa part. Les parcours des Laurentides et des Cantons-de-l’Est, posés sur un sous-sol sablonneux et rocheux, drainent vite et jouent fermes une grande partie de l’été. Ceux de la plaine agricole sur argile lourde restent mous plus longtemps. Un parcours de la Gaspésie ou de Charlevoix exposé au vent sèche plus vite qu’un parcours abrité. Si vous jouez le même parcours toute l’année, le compromis qui tient : un rebond moyen sur le cocheur de sable, là où se jouent la plupart de vos petits coups, et un rebond plus faible sur le cocheur de lob que vous sortez des lies serrés autour du vert.

Le sable des fosses se vérifie à la main. Beaucoup de clubs québécois ont un sable en place depuis des années, grossier et tassé, sur lequel une semelle à 14 degrés rebondit et vous envoie la balle dans la lèvre. Les clubs qui ont fait livrer du sable neuf en ont souvent un fin et profond, où seul un rebond élevé passe sous la balle. Le sable de votre parcours d’entraînement est un fait ; la recommandation d’un catalogue n’en est pas un.

Pour l’ajustement, Golf Town dispose de cabines et de moniteurs de lancement dans ses plus grandes succursales et fait une séance de paliers sur son matériel, et les studios de simulateur qui font vivre le golf d’ici de novembre à avril sont de plus en plus équipés pour cela. C’est l’avantage discret de l’hiver québécois : le seul moment de l’année où vous n’avez pas de golf à jouer est le bon moment pour régler vos cocheurs. Le moins cher et le plus oublié : votre propre enseignant de club passe en dix minutes les cocheurs que vous avez déjà sur une machine à ouverture et à inclinaison. Un cocheur se déforme à l’usage, et un 54 devenu un 52 sans prévenir est un trou que vous contournez depuis une saison sans le savoir.

Cinq choses à faire avant d’acheter

  • Chercher l’angle d’ouverture de votre cocheur d’allée. Tous les autres chiffres en dépendent.
  • Compter à rebours depuis quatorze pour savoir si vous avez la place de trois cocheurs ou de quatre.
  • Garder quatre à six degrés entre deux cocheurs, et être honnête sur l’utilité d’un 60.
  • Lire vos mottes, puis votre sol et le sable de vos fosses, et acheter le rebond sur lequel les deux s’accordent.
  • Faire mesurer, pendant l’hiver, les ouvertures des cocheurs que vous possédez avant d’en remplacer un seul.

Les cocheurs décident de votre pointage sur les trous qui tournent mal. Choisis comme un ensemble, à quatre à six degrés les uns des autres, avec le rebond du sol sur lequel vous vous tenez réellement en mai, ils couvrent toutes les distances à moins de 120 verges sans un seul coup à inventer. Choisis un par un, dans l’urgence, après une mauvaise partie, ils en couvrent les deux tiers.

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