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Départ du 1 : apprivoiser la tension, de l’échauffement au Go to 36

La nervosité du premier coup est une décharge d'adrénaline qui raccourcit et accélère le swing. Elle se gère par le club choisi et la routine, puis s'use en compétition : neuf trous comptent pour le handicap depuis 2024.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 7 min
Golfeurs et chariots sur un fairway vallonné
Photo Martin Magnemyr / Pexels

En bref

  • L'adrénaline raccourcit la montée du club et accélère le rythme : ce n'est pas une panne technique.
  • Arrivez vingt minutes avant et frappez une douzaine de wedges, ou dix putts à défaut.
  • Au départ du 1, un hybride ou un bois 5 reste en jeu bien plus souvent que le driver.
  • Désignez une cible précise et décidez à l'avance du coup qui suivra un départ manqué.
  • Les tournois Go to 36 de l'ASGI et les compétitions des Golfparcs Migros multiplient les premiers départs.

Samedi, huit heures dix, départ du 1. La terrasse du club-house donne sur la zone de départ, le starter vient d’appeler votre nom, et trois partenaires que vous ne connaissez pas encore attendent que vous jouiez. Tout golfeur romand connaît ce moment, qu’il débute avec une autorisation de parcours toute neuve ou qu’il joue depuis vingt ans. Ce qui suit ne supprime pas la tension. Il l’empêche de décider de votre coup.

Votre corps ne triche pas, il se prépare à fuir

La nervosité du premier coup n’a rien de mental au sens où on l’entend souvent. C’est une décharge d’adrénaline, et ses effets sur un swing sont assez précis pour qu’on les anticipe.

  • Les muscles se raidissent un peu à l’avance, ce qui raccourcit la montée du club.
  • Le temps paraît s’accélérer, et le rythme du swing suit.
  • Le sang va vers les gros muscles au détriment des mains, qui perdent de leur finesse.

D’où la balle qui part beaucoup trop loin ou beaucoup trop à côté, et cette impression d’avoir « tiré » le club dès le départ. Savoir que la cause est physiologique a une conséquence pratique : inutile de chercher une panne technique. La réponse se trouve dans le choix du club et dans la routine.

Cette chimie retombe d’elle-même. Vers le troisième trou, la plupart des joueurs ont retrouvé leur swing, ce qui explique que les premiers trous d’une carte soient si souvent les plus mauvais.

Le premier coup ne se joue pas au départ

Il se joue une demi-heure plus tôt, sur le parking. Le joueur qui arrive six minutes avant son heure et sort son driver sans avoir bougé fabrique lui-même son mauvais départ.

Comptez vingt minutes. Une douzaine de wedges au practice, quelques putts, et le coup du départ du 1 devient votre huitième ou dixième frappe de la journée plutôt que la première. Si le temps manque, cinq minutes de mouvements près de la voiture valent déjà mieux que rien : rotations du buste, grands cercles de bras, quelques swings lents avec deux clubs tenus ensemble. Le détail d’un bon échauffement tient en une page.

Un club sans practice ouvert à cette heure ? Dix putts sur le putting green. L’intérêt est autant psychologique que physique : vous avez déjà frappé des balles aujourd’hui.

Laissez le driver dans le sac

C’est le conseil que presque personne n’applique, et c’est pourtant le plus rentable. Le driver combine le manche le plus long, le loft le plus faible et la plus petite tolérance au décentrage. Exactement ce qu’il ne faut pas confier à un swing raccourci et accéléré.

Essayez pendant une saison entière de jouer le premier départ avec un hybride ou un bois 5, et notez sur votre carte combien de fois la balle est restée en jeu. Vos partenaires ne s’en apercevront pas. Les quelques dizaines de mètres abandonnées pèsent beaucoup moins qu’une balle provisoire ou une sortie latérale depuis le bois.

Une routine qu’on ne peut pas bâcler

Sous l’effet de l’adrénaline, tout s’accélère. Il faut donc placer dans la routine un élément dont la durée ne peut pas se compresser.

Une longue expiration avant de prendre position fonctionne très bien. Un swing d’essai joué sur un décompte fixe aussi. L’objectif n’est pas de devenir calme, ce qui ne se commande pas, mais de garantir au corps le même temps d’exécution que d’habitude.

Mesurez cette routine au practice, montre en main, pour savoir combien de secondes elle dure normalement. Le jour où elle tient au départ du 1, elle tiendra aussi sur un dernier putt de match.

Regardez où va la balle, pas où elle ne doit pas aller

Au départ du 1, l’attention file vers le hors limites à droite et vers les regards de la terrasse. Le corps obéit fidèlement à ce qu’on regarde, et « surtout pas à droite » n’est pas une consigne qu’il sait exécuter.

Choisissez une cible petite et précise : la pointe d’un sapin, un pylône, le bord d’un bunker au loin. Dites-la tout haut si cela aide. Un esprit qui vise a moins de place pour craindre.

Et pour les spectateurs : ils ne pensent pas à vous. Les joueurs de la partie suivante répètent leur propre coup et s’en inquiètent autant que vous. Souvenez-vous du dernier inconnu que vous avez vu manquer son départ. Vous l’aviez oublié avant qu’il ait rejoint sa balle.

Préparer la suite avant de frapper

Le premier coup raté coûte rarement un coup. Il en coûte trois ou quatre, parce qu’il déclenche la tentative de rattrapage : la trouée entre deux arbres, le fer long depuis le rough épais, et un 7 inscrit sur la carte.

Décidez donc, avant de poser la balle sur le tee, de ce que vous ferez si le coup part mal : sortie la plus simple vers le fairway, bogey accepté, et la partie commence vraiment au 2. Cette décision est facile à prendre au calme sur la zone de départ. Elle est presque impossible à prendre dans les arbres, énervé.

L’inverse existe aussi. Le joueur qui réussit un départ splendide passe souvent les trous suivants à courir après ce coup-là, au lieu de jouer ceux qui sont devant lui.

La compétition soigne ce qu’elle provoque

La tension du premier départ ne recule pas en évitant les compétitions. Elle recule en les multipliant. C’est l’exposition répétée qui l’use, et le système suisse offre des marches très basses pour commencer.

Les tours de neuf trous comptent pour le handicap. Depuis 2024, Swiss Golf calcule pour un tour d’au moins neuf trous un « score escompté » sur les trous non joués, ce qui permet d’intégrer immédiatement ce tour au calcul du handicap index. Une compétition sur neuf trous est donc une vraie compétition, avec deux fois moins d’attente et d’enjeu.

Le General Play permet de s’exercer hors tournoi. Selon l’ASGI, un tour peut compter pour le handicap en dehors d’une compétition s’il a été annoncé au club avant la partie et attesté par un marqueur. Annoncer son tour transforme une partie ordinaire en petit exercice de pression, sans public.

Le premier handicap est à portée. L’ASGI rappelle que 18 points Stableford sur neuf trous, ou 36 sur dix-huit, suffisent pour un premier handicap, le plus haut étant 54, une fois l’examen d’autorisation de parcours réussi.

Où affronter le premier départ en Suisse romande

Les tournois « Go to 36 » de l’ASGI. Cette série est réservée aux nouveaux golfeurs dont le handicap se situe entre 36 et 54. Les épreuves se jouent sur neuf trous, et les membres de l’association bénéficient d’un rabais de CHF 10. C’est sans doute le premier départ le plus bienveillant du pays : tout le monde, sur la zone de départ, en est au même point que vous.

Le Birdie Open by ASGI. Tournois de neuf ou dix-huit trous organisés dans toute la Suisse, avec un rabais de CHF 20 pour les membres. L’étape suivante, quand le format court ne vous suffit plus.

Les compétitions des Golfparcs Migros. Migros Golf indique que des compétitions ont lieu presque tous les jours dans ses six Golfparcs, dont celui du Signal de Bougy, sur la Côte vaudoise. La fréquence est l’atout : on peut enchaîner plusieurs premiers départs en quelques semaines au lieu d’un par mois.

Le GolfCard Trophy. Pour les membres de la Migros GolfCard, la série se joue en 2026 dans 27 clubs de Suisse, avec des classements brut et net et une finale le vendredi 2 octobre au Golfparc Migros d’Oberkirch. Une qualification donne un objectif concret à une saison de premiers départs.

Les compétitions internes de votre club. Les plus accessibles de toutes, souvent en semaine, avec un champ de joueurs que vous connaissez.

Si la tension déborde largement du golf et gâche plus que vos parties, un professionnel de la santé sera plus utile qu’un article. Pour la routine elle-même, en revanche, une leçon avec un enseignant de la Swiss PGA est parfaitement indiquée, même si presque personne ne la demande.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, associations et organismes cités.

Pour samedi prochain

  • Arriver vingt minutes avant l’heure : douze wedges, ou dix putts à défaut de practice.
  • Jouer le départ du 1 avec un club de confiance, et s’y tenir toute la saison.
  • Une longue expiration, puis la routine habituelle à son rythme habituel.
  • Désigner une cible précise plutôt que le danger.
  • Savoir, avant de frapper, quel coup suivra un départ manqué.
  • Inscrire au calendrier un tournoi de neuf trous par mois.

Le départ du 1 ne deviendra jamais un coup comme les autres. Il peut simplement cesser de vous coûter la partie avant qu’elle ait commencé.

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