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Premier tertre : une routine, pas une pensée d’élan

L'adrénaline raccourcit l'élan, accélère le tempo et retire de la finesse aux mains. C'est chimique et non technique, ce qui place la correction dans la routine et dans le club que vous sortez.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 7 min
Golfeurs et chariots sur un fairway vallonné
Photo Martin Magnemyr / Pexels

En bref

  • Le bois 1 est le club le moins tolérant, donc le pire choix pour le coup le plus tendu.
  • Intégrez une chose qui ne peut pas être précipitée : une expiration, un élan compté.
  • Vingt minutes et une douzaine de cocheurs en font le huitième coup de la journée.
  • Nommez une cible : « pas à droite » n'est pas une instruction exécutable.
  • Décidez à l'avance ce que vous jouerez si le drive part mal.

Le premier départ est le seul coup du golf qui ait un public, et presque tous les joueurs le ratent plus souvent que les autres. Ce n’est pas un défaut de caractère mais une réaction physiologique prévisible, et elle se gère avec trois ou quatre habitudes concrètes.

Ce qui se passe réellement

L’adrénaline fait trois choses précises à un élan de golf, et les trois se mesurent plutôt qu’elles ne s’imaginent.

Elle raccourcit le montée, parce que les muscles sont déjà partiellement contractés. Elle accélère le tempo, parce que la perception du temps change. Et elle retire de la finesse aux mains, parce que le débit sanguin privilégie les grands muscles.

C’est pour cela que la balle part vingt verges plus loin que d’habitude ou trente verges de côté, et que le départ du club vous semble précipité à vous aussi. Comprendre que c’est chimique plutôt que technique aide vraiment : cela place la correction dans la routine et dans le choix du bâton, et cela supprime la conclusion qu’il y a quelque chose de cassé dans votre golf.

Cela signifie aussi que l’effet s’estompe. Au troisième trou, l’adrénaline est retombée, ce qui explique que les trois premiers trous de presque tous les golfeurs soient moins bons que les trois suivants.

Prenez un club que vous savez jouer

Le bois 1 est le club le moins tolérant du sac et le pire choix possible pour le coup qui vous tend le plus. Manche le plus long, loft le plus faible, et la plus petite marge sur une frappe décentrée : exactement les trois caractéristiques qui punissent un élan précipité.

Jouez un hybride ou un bois 5 au premier départ pendant une saison entière et comptez combien de fois vous êtes en jeu. Personne dans votre partie ne le remarquera ni ne s’en souciera, et vous commencerez vos parties avec une balle sur l’allée plutôt qu’avec une excuse et une provisoire.

La distance abandonnée est plus faible que celle que vous abandonnez en sortant latéralement des arbres.

Ralentissez la routine volontairement

Sous pression, tout accélère : intégrez donc quelque chose qui ne peut pas être précipité.

Une expiration nette avant de vous placer, ou un élan d’essai que vous comptez à un tempo fixe. Le but n’est pas le calme, qu’on ne fabrique pas sur commande, c’est la durée : donner au corps un temps fixe dans lequel travailler.

Une routine qui survit au premier départ survivra au coup roulé du dix-huitième pour gagner un match, ce qui est la vraie raison d’en construire une. Chronométrez-la au champ de pratique pour savoir ce qu’elle doit donner.

Arrivez assez tôt pour frapper quelque chose

Se présenter six minutes avant l’heure et sortir un bois 1 à froid est la façon dont naissent la plupart des mauvais premiers coups, et c’est entièrement de votre fait.

Vingt minutes, une douzaine de cocheurs et quelques coups roulés transforment le premier départ en huitième coup de la journée. Même cinq minutes de mouvement sur le parking valent mieux que rien : cercles de bras, rotations du buste, quelques élans avec deux bâtons ensemble.

S’il n’y a pas de champ de pratique, tapez dix coups roulés. La valeur tient autant au fait d’avoir déjà fait quelque chose qu’à l’échauffement lui-même.

Ayez une cible, pas une peur

Sur le premier départ, on pense aux arbres à droite et aux gens qui regardent depuis la terrasse. Ce sont deux évitements, et le corps suit l’attention avec une fidélité remarquable.

Choisissez une cible précise, petite et nette : une cime d’arbre, un clocher, un bord de fosse de sable. Nommez-la à voix haute s’il le faut. Donnez à votre esprit quelque chose à viser plutôt que quelque chose à éviter, parce que « pas à droite » n’est pas une instruction qu’un corps peut exécuter.

Les autres pensent à eux

La partie qui attend ne juge pas votre élan. Elle répète son propre premier coup, s’en inquiète exactement de la même façon, et aura oublié le vôtre avant que vous n’atteigniez l’allée.

C’est vrai, cela fait du bien de l’entendre, et cela résiste à l’examen : pensez à la dernière fois que vous avez vu un inconnu rater son coup de départ. Vous n’y avez plus jamais repensé.

Les trois trous suivants comptent davantage

Le premier coup de départ est un coup. Ce qu’il coûte en général, c’est trois ou quatre, parce que le tour est jugé à partir de lui et que ce jugement colore tout ce qui suit.

Le joueur qui tire son premier drive dans les arbres arrive à sa balle agacé, tente une récupération à travers une trouée pour se rattraper, et transforme un mauvais élan en 7. C’est cet enchaînement, et non l’élan lui-même, qui coûte les coups.

Décidez donc de la réponse avant de jouer le coup. Si le coup de départ part mal, le deuxième coup sort latéralement sur l’allée, le trou est un boguey, et la partie commence au deuxième départ. Prendre cette décision sur le départ du 1, au calme, à propos d’un coup qui n’a pas encore eu lieu, est beaucoup plus facile que de la prendre debout dans les arbres.

La version positive existe aussi : celui qui frappe bien le premier passe souvent les trois trous suivants à essayer de recommencer au lieu de jouer les trous qu’il a devant lui.

Si cela gâche vraiment votre golf

L’anxiété du premier départ diminue en jouant plus de compétitions, pas moins, parce que c’est l’exposition qui la réduit et l’évitement qui l’entretient.

Commencez par une compétition de club sur neuf trous, où l’enjeu est faible et le champ bienveillant. Puis une compétition complète. La plupart des joueurs trouvent la deuxième radicalement différente de la première, et la cinquième banale.

Un enseignant de la PGA du Québec peut aussi travailler la routine et le processus de préparation, sujet de leçon parfaitement légitime que presque personne ne demande. Si l’anxiété de performance déborde largement du golf, cela relève d’un professionnel de santé plutôt que d’un enseignant ou d’un article.

Où s’y habituer au Québec

Le meilleur terrain d’entraînement pour les nerfs du premier départ est un parcours public un samedi matin, où vous serez associé à des inconnus et où une partie attendra derrière. Le réserver volontairement, au lieu de l’éviter, fait plus que n’importe quelle technique.

Au-delà, les compétitions internes de votre club sont la compétition la moins intimidante qui existe, et beaucoup de clubs organisent des épreuves de neuf trous en semaine précisément pour cela. Les championnats de votre association régionale, ouverts aux joueurs affiliés dans les limites de facteur de handicap prévues, sont l’étape suivante quand vous la voudrez.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, ligues ou organismes cités.

À faire au prochain premier départ

  • Arriver vingt minutes avant et taper une douzaine de cocheurs, ou dix coups roulés s’il n’y a pas de champ de pratique.
  • Prendre un club de confiance plutôt que le plus long, pendant toute une saison.
  • Une expiration nette, puis exactement la même routine que sur tous les autres coups.
  • Nommer une cible à voix haute au lieu de nommer le danger.
  • Décider à l’avance ce que vous jouerez si le coup de départ part mal.

Le premier départ ne ressemblera jamais au cinquième allée. Il peut cesser de vous coûter un coup avant même le début de la partie.

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