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La première ronde d’un débutant, en juin

Un compact, une formule scramble, trois consignes et rien dit après un mauvais coup. Presque rien dans la réussite d'une première partie ne relève de l'enseignement du golf.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 6 min
Groupe de débutants lors d'un cours collectif
Photo Jopwell / Pexels

En bref

  • Pas votre parcours : un compact ou un neuf trous un soir de semaine.
  • En scramble, il joue son deuxième coup depuis l'allée.
  • Trois consignes seulement : le grip, où se tenir, comment avancer.
  • Ne rien dire après un mauvais coup. Il l'a vu.
  • Trois balles bon marché, et dites-lui de les perdre toutes les trois.

La plupart des golfeurs qui abandonnent le font après une mauvaise première partie, et le responsable est en général l’ami expérimenté qui les a emmenés. Réussir la première partie de quelqu’un est un exercice qui a une méthode, et presque rien dedans ne relève de l’enseignement du golf.

Ce qui déraille part d’une bonne intention. Vous voulez qu’il aime ce que vous aimez, alors vous l’emmenez sur le parcours que vous préférez, le jour où vous êtes libre, et vous l’aidez. Chacune de ces trois décisions est la mauvaise, et ensemble elles produisent un après-midi de cinq heures qui se termine par « le golf, ce n’est pas pour moi ».

Choisissez le bon parcours, qui n’est pas le vôtre

Un compact, une normale 3 ou un neuf trous tranquille un soir de semaine. Pas votre parcours de 6 550 verges un samedi matin avec une partie qui attend à chaque départ.

L’objectif est qu’il frappe des balles et finisse des trous, et un parcours court fournit les deux en une heure. Sur une normale 3, chaque trou commence à portée du vert, ce qui veut dire que le débutant a une chance réelle sur tous les trous plutôt que sur aucun.

L’heure compte autant que le parcours. La fin d’après-midi en semaine, quand la grille est vide et que personne ne suit, supprime la seule vraie source de pression que ressent un débutant : celle de retarder les autres.

Jouez en scramble, pas chacun sa balle

Vous partez tous les deux, on garde la meilleure balle, on rejoue de là.

Le débutant joue son deuxième coup depuis l’allée au lieu du quatrième depuis les arbres, il apporte un coup roulé ou deux qui comptent vraiment, et personne ne passe la soirée à chercher une balle dans l’herbe longue. C’est la meilleure décision que vous puissiez prendre et elle ne coûte rien.

Cela supprime aussi le score comme source de honte, puisque le score appartient à l’équipe. S’il demande ce qu’il aurait rendu tout seul, changez de sujet.

Enseignez trois choses et rien d’autre

Comment tenir le club. Où se tenir en sécurité pendant que quelqu’un joue. Et comment avancer : ramasser quand le trou est fini, emporter deux bâtons jusqu’à la balle, suivre sa propre balle des yeux.

C’est tout le programme d’une première partie. Tout le reste de ce que vous mourez d’envie d’expliquer doit attendre un enseignant, parce qu’un débutant ne peut pas traiter plus d’une idée à la fois et parce que vos idées contrediront celles qu’un professionnel lui donnera ensuite.

S’il pose une question directe, répondez brièvement et arrêtez-vous. Le problème n’est pas de répondre, c’est de proposer.

Ne dites rien après un mauvais coup

C’est la règle la plus difficile et la plus importante.

Un débutant sait que le coup était mauvais : il l’a vu. Ce dont il a besoin, c’est du départ suivant, pas d’une analyse, et surtout pas d’un diagnostic délivré d’une voix bienveillante.

Corriger un débutant en cours de partie est la façon dont les golfeurs expérimentés transforment une soirée agréable en examen, et c’est la première raison pour laquelle on ne revient pas. Ne dites rien, marchez jusqu’au coup suivant, et ne commentez que ce qui a marché : « ça, c’était bien frappé » après un bon contact vaut dix corrections.

Ce qu’il faut prêter et ce qu’il faut acheter

Prêtez un demi-sac. Un fer 7, un cocheur, un hybride et un fer droit suffisent largement pour neuf trous et sont beaucoup plus simples que quatorze bâtons, dont il ne peut utiliser que la moitié et entre lesquels il doit pourtant choisir.

Achetez trois balles bon marché et dites-lui explicitement de les perdre toutes les trois. Cette seule phrase supprime la peur de perdre une balle, qui est ce qui fait s’élancer timidement et en perdre davantage.

Personne ne devrait acheter de matériel avant sa quatrième ou cinquième partie. S’il en arrive là et veut sa propre série, un demi-jeu usagé réglé à sa taille est le bon premier achat, et une série neuve complète le mauvais.

L’étiquette qui compte vraiment le premier jour

Rester immobile et silencieux pendant que quelqu’un joue, et se placer là où le joueur peut voir vos mains plutôt que derrière ou devant lui. Ne pas passer sur la ligne de coup roulé de quelqu’un. Relever son pitch, ratisser la fosse de sable, laisser passer une partie plus rapide.

C’est toute la liste. La tenue et les subtilités des règles peuvent attendre, et charger un débutant de tout cela le premier jour revient à lui dire que cet endroit comporte beaucoup de règles qu’il ne connaît pas encore.

La seule chose à expliquer avant le départ du 1 est ce que veut dire « balle » crié par quelqu’un, et ce qu’il faut faire quand on l’entend.

Quoi répondre quand il vous interroge sur son élan

Il posera la question, en général vers le cinquième trou, et la réponse honnête est la plus utile : que vous n’êtes pas enseignant, qu’une demi-heure avec un professionnel fera plus qu’une saison de vos conseils, et que tous ceux qui jouent bien ont pris des leçons.

C’est vrai, cela vous soulage tous les deux, et cela l’oriente vers ce qui marchera vraiment.

La suite

Si cela lui a plu, l’étape suivante est un cours collectif dans un club ou un champ de pratique, pas une deuxième partie.

Les cours collectifs sont bon marché, sociables, et corrigent grip et posture avant que les mauvaises habitudes ne durcissent, et tout le monde dans le groupe en est au même point. Puis un deuxième neuf trous quinze jours plus tard, même formule, même parcours : la familiarité vaut beaucoup pour une deuxième sortie.

Où l’emmener au Québec

Cherchez d’abord les compacts, parcours à normale 3 et neuf trous les plus proches, ainsi que les golfs publics et commerciaux, qui sont les structures les moins chères et les moins impressionnantes et où personne ne s’offusque d’un débutant. Le répertoire des clubs de Golf Québec les recense tous, y compris ceux qui n’apparaissent dans aucun guide.

Pour la suite, la plupart des clubs et des champs de pratique proposent des stages collectifs découverte encadrés par un professionnel diplômé, souvent sur un week-end ou en cycle de quelques séances, et les formules destinées aux adultes débutants se sont beaucoup développées ces dernières années. Demandez-les par leur nom à l’accueil du golf le plus proche.

Pour son matériel, le jour venu, les rayons d’usagé de Golf Town et des boutiques de club et les bourses aux clubs organisées au printemps donnent bien plus de club pour le même budget qu’une série de débutant neuve. Sports Experts et ses séries d’entrée de gamme restent une option raisonnable pour une première année.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les structures, enseignes ou organismes cités.

Le plan, en une liste

  • Compact ou neuf trous, un soir de semaine, en scramble.
  • Un demi-sac prêté et trois balles bon marché qu’on lui dit de perdre.
  • Trois consignes : le grip, où se tenir, avancer.
  • Rien dit après un mauvais coup, jamais.
  • Un cours collectif ensuite, puis un deuxième neuf trous sur le même parcours.

Faites-le ainsi et il vous demandera quand vous y retournez. Faites-le autrement et il expliquera que le golf n’est pas pour lui, en parlant en réalité de vous.

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