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Première sortie golf avec un proche : là où il a le droit de jouer

En Suisse, un débutant n'entre pas sur la plupart des parcours sans autorisation de parcours. La première sortie se prépare donc sur un range ou un parcours ouvert à tous, en équipe, avec trois consignes et beaucoup de silence.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 7 min
Groupe de débutants lors d'un cours collectif
Photo Jopwell / Pexels

En bref

  • Swiss Golf exige une autorisation de parcours ou un handicap index : votre parcours habituel est exclu.
  • Aux Moulins à Verbier, un par 54 à 1'500 mètres, ouvert à tous pour CHF 35.
  • En scramble à deux, il joue depuis le fairway et le score appartient à l'équipe.
  • Trois consignes seulement, et rien dit après un mauvais coup.
  • Ensuite, un pack autorisation de parcours, par exemple à Pra Roman, plutôt qu'une partie improvisée.

Emmener un ami ou un conjoint découvrir le golf en Suisse commence par une particularité que les golfeurs oublient vite : sur la plupart des parcours, il ne pourra pas jouer. Swiss Golf le rappelle, l’accès aux terrains suppose une autorisation de parcours ou un handicap index, que l’on obtient auprès d’un club, de l’ASGI ou de la Migros GolfCard après un examen fait par un professionnel. Votre parcours du samedi est donc hors de question, et c’est une bonne nouvelle. La première sortie réussie se joue ailleurs, avec une méthode où l’enseignement du swing n’a presque aucune place.

Ce qui fait fuir un débutant

Rarement le golf lui-même. Presque toujours le golfeur expérimenté qui l’accompagne, animé des meilleures intentions : il choisit le parcours qu’il aime, au moment qui l’arrange, et il aide. Beaucoup. Le résultat classique est un après-midi interminable, une dizaine de balles perdues, des conseils à chaque coup, et une conclusion polie : « ce n’est pas vraiment pour moi ».

La première sortie a un seul but : qu’il ait envie d’une deuxième. Tout ce qui suit sert cet objectif.

Le lieu d’abord : là où il a le droit de jouer

Le driving range, pour une première heure. Swiss Golf cite lui-même les driving ranges et les parcours courts comme porte d’entrée pour les débutants. Au Golfparc Migros du Signal de Bougy, l’utilisation du driving range est gratuite, tout comme les zones de putting, de chipping et d’approche. Seules les balles se paient, et la location d’un set de clubs coûte CHF 25, ou CHF 5 le club à l’unité.

Un vrai parcours ouvert à tous. À Verbier, le parcours des Moulins est un 18 trous par 54, à 1’500 mètres d’altitude, expressément accessible aux golfeurs licenciés ou non et aux familles. Le green fee adulte est de CHF 35, CHF 18 pour les juniors jusqu’à 21 ans, et le matériel se loue sur place. En 2026, il est ouvert du 24 mai au 10 novembre, avec inscription au restaurant Les Moulins. Pour une première partie, un par 54 est idéal : chaque trou est à portée, le débutant finit ses trous, et l’on joue en montagne plutôt que dans l’attente d’une partie pressée.

Les petits parcours de club, à vérifier avant de venir. Le Golf de Lavaux, à Puidoux, propose un parcours de six trous à CHF 45 en haute saison et CHF 35 en basse saison. À Lausanne, le Golf de Pra Roman a un parcours de trois trous, mais il précise que seules les personnes titulaires d’une autorisation de parcours peuvent y jouer. Les règles changent d’un lieu à l’autre : téléphonez avant.

Pour le reste de la Suisse romande, la page sur les neuf trous et parcours compacts recense les formats courts.

Le moment compte autant que le lieu

Un soir de semaine ou un créneau creux, jamais un samedi matin. La seule pression réelle que ressent un débutant est celle de faire attendre les autres. Supprimez-la en choisissant une heure où personne ne vous suit, et la sortie change de nature.

Jouer en équipe plutôt que chacun sa balle

Sur le parcours, proposez un scramble à deux : vous jouez tous les deux, vous choisissez la meilleure balle, et vous repartez tous deux de là. Le débutant joue ainsi ses coups depuis le fairway et non depuis les buissons, il rentre des putts qui comptent, et personne ne passe la soirée à fouiller le rough.

Le score devient celui de l’équipe, ce qui supprime la honte d’une carte à trois chiffres. S’il demande ce qu’il aurait fait seul, parlez d’autre chose.

Trois consignes, pas une de plus

  1. Tenir le club. Une prise correcte, montrée une fois. La page grip et position suffit si vous voulez un support.
  2. Où se placer. Face au joueur qui frappe, à distance, jamais derrière lui ni devant la balle.
  3. Comment avancer. Suivre sa balle des yeux, prendre deux clubs jusqu’à elle, ramasser quand le trou est fini.

Le reste attendra un enseignant. Un débutant ne retient qu’une idée à la fois, et vos astuces contrediront souvent ce qu’un professionnel lui apprendra ensuite. Répondez brièvement à ses questions, mais ne proposez rien de vous-même.

Après un mauvais coup, silence

C’est la consigne la plus difficile pour vous. Il a vu le coup partir de travers ; il n’a besoin ni d’explication ni d’encouragement appuyé. Marchez vers la balle suivante. Réservez vos commentaires aux réussites : « joli contact » après une balle bien frappée pèse plus que dix corrections, et un diagnostic en pleine partie transforme une sortie en examen.

Le matériel : prêter léger

Un demi-sac suffit largement : un fer 7, un wedge, un hybride et un putter. C’est plus simple que de lui confier quatorze clubs entre lesquels il devrait choisir sans savoir. Faute de clubs à prêter, la location au club à l’unité, comme au Signal de Bougy, permet de composer exactement ce demi-sac.

Apportez trois balles bon marché et dites-lui de les perdre. La peur de perdre une balle raidit le swing et en fait perdre davantage.

Pas d’achat avant la quatrième ou cinquième sortie. Ensuite, un demi-jeu d’occasion adapté à sa taille vaut mieux qu’une série neuve complète.

L’étiquette du premier jour, et elle seule

Immobile et silencieux quand quelqu’un joue. Ne pas marcher sur la ligne de putt d’un autre. Relever son impact sur le green, ratisser le bunker, laisser passer une partie plus rapide. Et savoir que le cri « balle ! » signifie qu’il faut se protéger la tête et se détourner, pas chercher d’où elle vient.

Le code vestimentaire et les subtilités des règles attendront. Tout expliquer dès le premier jour revient à lui dire que ce monde est plein de règles qu’il ne connaît pas.

Quand il vous demande ce qui cloche dans son swing

La question tombe en général au milieu de la sortie. La meilleure réponse est honnête : vous n’êtes pas enseignant, une demi-heure avec un professionnel lui apportera plus qu’une saison de vos conseils, et tous les bons joueurs ont pris des leçons. Cela vous libère tous les deux.

Où l’orienter ensuite en Suisse romande

S’il a aimé, la suite logique n’est pas une deuxième partie improvisée mais le chemin vers l’autorisation de parcours, parce que c’est elle qui ouvre les terrains.

Un pack préparé. Le Golf de Pra Roman, à Vers-chez-les-Blancs sur les hauts de Lausanne, propose un « Pack Autorisation de Parcours » destiné à préparer les débutants à l’examen. Le site dispose d’un driving range de 25 places, dont 10 couvertes, d’un putting green et de deux greens d’approche ; l’accès journalier coûte CHF 30 pour un adulte, deux séries de 28 balles comprises.

Les deux organisations de golf public. Swiss Golf indique qu’il n’est pas nécessaire d’être membre d’un club pour jouer, à condition de détenir une autorisation de parcours ou un handicap index, et que l’ASGI et la Migros GolfCard délivrent cette preuve. L’ASGI propose une plateforme « Start Golf » destinée aux non-golfeurs, et, une fois l’autorisation obtenue, ses tournois « Go to 36 » sur neuf trous accueillent les joueurs de handicap 36 à 54.

Un point à savoir s’il a commencé en vacances. Swiss Golf précise qu’une autorisation de parcours obtenue à l’étranger n’est en général pas valable en Suisse, et que l’examen doit être fait par un professionnel suisse.

Le matériel, plus tard. Certains magasins spécialisés de Suisse romande permettent de voir et de prendre en main les clubs avant d’acheter. Et une deuxième sortie aux Moulins ou au range, quinze jours après la première, sur le même lieu : la familiarité rassure.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les clubs, organisations et enseignes cités.

Le plan en six lignes

  • Un lieu où il a le droit de jouer : range, parcours ouvert à tous comme les Moulins à Verbier, ou petit parcours vérifié par téléphone.
  • Un créneau creux, en scramble.
  • Un demi-sac et trois balles à perdre.
  • Trois consignes : la prise, la place, le rythme.
  • Silence après les mauvais coups, compliments après les bons.
  • Ensuite, un pack autorisation de parcours plutôt qu’une deuxième partie improvisée.

Réussie, cette sortie se termine par une question : « on y retourne quand ? ». Ratée, elle se termine par « le golf, ce n’est pas pour moi », et c’est rarement du golf qu’il parle.

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