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Saison

Voyage de golf en hiver : Majorque, Andalousie, Algarve, Maroc

Sur ces destinations, l'hiver est la haute saison : novembre, début décembre et mai donnent les mêmes parcours pour bien moins cher. Le détail qui gâche les séjours s'appelle le regarnissage.

La rédaction Panxis Golf, desk Suisse romande (Loïc Chappuis) · · 8 min
Parcours de golf désertique bordé de palmiers
Photo Khuram Naseem / Pexels

En bref

  • Février à avril sont les tarifs les plus élevés ; les ailes de saison sont la bonne fenêtre.
  • Demandez les dates de regarnissage par écrit si vous partez à l'automne.
  • Vérifiez le transport du sac à la réservation, pas à l'aéroport, et prenez une tige de renfort.
  • Quatre ou cinq tours sur une semaine, pas sept d'affilée.
  • Les gazons chauds accrochent autour du green : la balle roulée est le coup sûr.

De décembre à mars, le golf suisse se joue sur greens d’hiver ou ne se joue pas. C’est la saison où les golfeurs partent au sud, et où les destinations proches se disputent le même public. Voici comment organiser ce voyage sans payer la haute saison sans le savoir.

La chose la plus utile à comprendre avant de réserver quoi que ce soit tient en une phrase : sur ces destinations, le calendrier est inversé. Tout ce qui suit en découle, les tarifs comme l’entretien des parcours.

Les trois destinations classiques au départ de la Suisse

Le Portugal, Algarve en tête, concentre une densité de parcours rare et des vols directs depuis Genève et Zurich vers Faro. Le climat reste jouable tout l’hiver, avec des matinées fraîches et des après-midis souvent parfaits, et les parcours sont regroupés sur une bande côtière étroite, ce qui limite les trajets.

L’Espagne, Andalousie et Costa del Sol, offre le plus grand nombre de parcours d’Europe continentale et le meilleur réseau d’hôtels golfiques, avec Malaga desservie toute l’année depuis la plupart des aéroports suisses. C’est aussi le marché le plus fréquenté en février et mars.

Le Maroc, Marrakech et Agadir, propose des tarifs souvent inférieurs, des vols courts et un décalage horaire nul ou minime selon la saison. Marrakech offre plus de choix de parcours, Agadir un climat plus doux en plein hiver.

À côté de ces trois-là, les Canaries garantissent la météo la plus stable de décembre à février, avec moins de parcours et des vols plus longs, et la Costa Blanca autour d’Alicante joue le même rôle que la Costa del Sol avec un peu moins de monde.

La haute saison n’est pas celle que vous croyez

Sur ces destinations, l’hiver est la haute saison golfique. Les green-fees et les hôtels sont au plus haut de février à avril, quand les Européens du Nord arrivent en nombre et que les tour-opérateurs bloquent les créneaux.

Les meilleures conditions tarifaires se trouvent en novembre, début décembre et en mai : on joue exactement les mêmes parcours, dans des conditions très proches, pour nettement moins cher, et les départs sont disponibles à quelques jours.

La contrepartie des ailes de saison est la variabilité météo plutôt que la qualité. Une semaine de novembre en Algarve peut être à vingt degrés et parfaite, ou pluvieuse et venteuse, et vous ne le saurez pas dix jours avant. En février vous payez une prime qui achète en partie de la certitude.

Le regarnissage, la quinzaine à éviter

C’est le détail qui gâche le plus de séjours et que presque aucun visiteur ne connaît.

Les parcours de ces régions poussent sur des gazons de climat chaud qui entrent en dormance l’hiver. Beaucoup les regarnissent à l’automne avec du ray-grass pour rester verts et jouables pendant la saison, et l’opération ferme le parcours ou déplace le jeu sur des surfaces provisoires pendant une période, avec un gazon fin pendant une quinzaine ensuite.

Chaque parcours publie ses dates. Demandez-les par écrit au moment de réserver, surtout si vous partez en octobre ou en novembre, et considérez un tarif anormalement intéressant à cette période comme une question plutôt que comme une aubaine.

Réserver dans le bon ordre

  1. Les vols d’abord, parce que ce sont eux qui varient le plus et qu’ils fixent les dates.
  2. Les départs ensuite, directement auprès des parcours ou via l’hôtel, qui obtient souvent de meilleurs créneaux et des tarifs combinés.
  3. L’hôtel en dernier, en comparant les formules incluant les green-fees et celles qui ne les incluent pas : selon le nombre de tours prévus, l’écart change de sens, et une formule tout compris n’est intéressante qu’à partir d’un certain nombre de parties.

Comparez systématiquement le total d’un forfait avec le total des mêmes éléments réservés séparément. Les deux gagnent selon les cas, et l’écart se joue souvent sur les voiturettes, les taxes de séjour et les transferts plutôt que sur le green-fee.

Le transport des clubs

Toutes les compagnies ne traitent pas le sac de golf de la même façon. Chez certaines il entre dans la franchise bagage, chez d’autres il constitue un supplément à réserver à l’avance, et les compagnies à bas coût facturent presque toujours, parfois davantage que le billet lui-même sur une promotion.

Vérifiez les conditions au moment de la réservation et non à l’aéroport, et gardez la page de la compagnie sur votre téléphone : un agent qui applique la mauvaise règle se corrige plus facilement avec le texte sous les yeux.

Prévoyez une housse rigide ou un sac de voyage matelassé, et surtout une tige de renfort qui dépasse au-dessus du driver : les casses arrivent presque toujours quand un sac chargé est posé debout puis renversé, et c’est le manche le plus long qui encaisse.

La location sur place, proposée par la plupart des resorts, coûte souvent moins que l’aller-retour du sac pour un séjour de trois ou quatre tours. Elle prive en revanche de ses propres wedges et de son putter, ce qui n’est pas anodin : emportez ces deux-là en soute même si vous louez le reste.

Combien de tours prévoir

Un joueur qui ne joue pas l’hiver surestime systématiquement son endurance.

Sur une semaine, quatre ou cinq tours espacés valent mieux que sept d’affilée : le corps désentraîné n’encaisse pas, et les derniers jours deviennent pénibles pour tout le monde. Prévoyez une journée sans golf au milieu, et faites du jour d’arrivée un jour de practice ou de neuf trous plutôt que du meilleur parcours du séjour.

Les golfs de ces destinations imposent par ailleurs souvent la voiturette, ce qui change le rythme et le budget.

Le jeu change, un peu

Les gazons chauds ne se jouent pas comme les gazons suisses. La balle repose plutôt bien sur le fairway, ce qui donne envie de prendre moins de club. Autour du green, l’herbe accroche la tête du club et referme la face, ce qui rend une balle levée nettement plus risquée qu’elle n’en a l’air : la balle roulée basse est le coup sûr.

Sur les greens, le grain change la vitesse. Surface brillante, le grain s’éloigne et le putt est rapide ; surface mate, le putt remonte le grain et il est lent. Comptez un tour entier pour recalibrer, et jouez le premier jour sur un parcours qui n’est pas le plus cher du séjour.

Le vent, enfin, est une donnée permanente sur les côtes portugaise et andalouse, et il tourne dans la journée.

Ce qu’il faut emporter

  • Un pull et un coupe-vent : les matinées d’Algarve en janvier sont fraîches, parfois moins de dix degrés au départ.
  • Des chaussures de rechange, l’humidité du matin ne sèche pas dans la journée.
  • Sa carte de membre Swiss Golf et son certificat de niveau : certains parcours demandent un index maximum, en général autour de 36.
  • De la crème solaire, y compris en décembre, et un gant de rechange.
  • Une tige de renfort dans la housse, et un traceur dans une poche du sac.

Où chercher, et quoi demander

Les offices de tourisme régionaux et les associations de parcours de l’Algarve et de la Costa del Sol publient des cartes des parcours et des forfaits multi-green-fees, ce qui est le moyen le plus simple de repérer une grappe de parcours proches les uns des autres.

Les voyagistes spécialisés golf suisse couvrent ces trois destinations et négocient des tarifs de groupe qu’un particulier n’obtient pas ; comparez leur total avec une réservation en direct avant de choisir, l’écart va dans les deux sens.

Quatre questions à poser à chaque parcours au moment de réserver : les dates de regarnissage, si la voiturette est obligatoire, s’il existe un index maximum exigé, et s’il y a un tarif de groupe pour votre nombre. La dernière fait souvent gagner davantage que la comparaison des sites.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les destinations, les parcours ou les voyagistes cités.

Avant de partir

  • Comparez les tarifs de novembre, de février et de mai sur le même parcours avant de fixer les dates.
  • Demandez les dates de regarnissage par écrit si vous partez en automne.
  • Vérifiez les conditions de transport du sac auprès de votre compagnie, à la réservation puis avant le départ.
  • Vérifiez l’index requis, la tenue exigée et si la voiturette est obligatoire.
  • Prévoyez quatre ou cinq tours sur une semaine, pas sept, et une journée sans golf au milieu.

Un courriel au starter suffit à apprendre l’essentiel, et il vaut mieux le poser en février qu’à l’arrivée.

Où ça se joue vraiment

Trois parcours de notre annuaire qui tiennent hors saison.

  • Golf Club de Payerne : Un par 72 en plaine de la Broye, ouvert toute l’année : très bien entretenu et varié malgré le terrain plat, avec du bruit de route et beaucoup de hors limites.
  • Golf de Noas : Neuf trous publics entre 850 et 900 mètres au-dessus de Sierre, exposés au sud : ouverts toute l’année sauf neige, et accessibles sans handicap.
  • Golf Club de Sion : Quarante-deux hectares en plaine du Rhône, dessinés par Peter Harradine : normale 70 de 5 556 mètres, ouverte douze mois sur douze grâce au soleil valaisan.

Nous n’avons pas joué ces parcours ; chaque fiche dit sur quoi elle s’appuie.

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