Reprise du golf en Suisse romande : le compte à rebours de six semaines
Au bord du Léman ou à 1'500 mètres, la première partie ne tombe pas à la même date. Comptez six semaines à rebours : le corps d'abord, le petit jeu ensuite, les chiffres et le matériel pour finir.
En bref
- L'hiver abîme d'abord le swing complet ; putting et approches résistent mieux.
- Deux semaines de demi-swings au fer court évitent le dos de mars.
- Air frais et sol mouillé raccourcissent la portée ; l'altitude l'allonge.
- Radars en salle autour de Lausanne : Le Mont-sur-Lausanne, Bussigny, Crissier.
- Première partie depuis un départ avancé, carte au vestiaire.
En Suisse romande, la date de la première partie dépend moins de votre envie que de l’altitude de votre club. Au bord du Léman, les parcours de plaine reprennent un rythme normal au printemps. À Crans-sur-Sierre, à 1’500 mètres, le club annonce une saison de mai à fin octobre. Entre les deux, les calendriers s’étalent sur plusieurs semaines. Quelle que soit votre date, comptez six semaines à rebours : c’est le délai qui permet d’arriver au premier départ avec un jeu qui a déjà servi, plutôt qu’avec un swing à redécouvrir trou après trou.
Ce que l’hiver abîme, et dans quel ordre
Tout ne se dégrade pas au même rythme pendant la pause. C’est ce constat qui dicte l’ordre du programme ci-dessous.
Le putting et les approches résistent bien : ce sont des gestes courts et lents, sans recherche de vitesse. Le swing complet, lui, se détériore en premier, et avec lui la mobilité et l’enchaînement qui le rendent répétable. Consacrer autant de temps à chacun des trois revient à gaspiller une bonne partie de la préparation. On commence donc par le corps, on affûte ensuite ce qui a survécu, et on termine par les chiffres et le matériel.
J-42 à J-29 : remettre le corps en rotation
Les deux premières semaines n’ont qu’un but : retrouver de l’amplitude sans se blesser. Où va la balle ne compte pas encore.
Prenez un fer 8 ou un fer 9, faites des demi-swings, par séries de vingt balles, et arrêtez dès que quelque chose tire. Deux ou trois séances hebdomadaires suffisent. Chacune débute par cinq minutes de mobilité : rotation du buste, ouverture des hanches, cercles d’épaules. Si vous suivez un programme de renforcement en hiver, gardez surtout le travail de rotation et l’équilibre sur une jambe, les deux qualités qui passent le plus directement dans le swing.
L’erreur classique a un nom dans tous les clubs : le dos de mars. Elle frappe celui qui, après quatre mois d’arrêt, enchaîne les drivers à froid dans un filet ou sur un simulateur. La vitesse se réintroduit en dernier. Et une douleur qui persiste se montre à un professionnel de santé, pas à un article de golf.
J-28 à J-15 : le petit jeu, là où les coups se gagnent vite
Voici la phase que presque tout le monde saute, et c’est celle qui rapporte le plus rapidement.
Puisque les approches et le putting ont moins souffert de l’hiver, deux semaines de travail se retrouvent directement sur la carte. Vous ne reconstruisez rien : vous aiguisez un savoir-faire encore là.
Dix minutes par jour sur un tapis de putting, à la maison, rendent le geste et surtout la direction de départ de la balle. Une vingtaine d’approches roulées par semaine, sur un tapis ou un coin de pelouse, entretiennent le contact. Et si la zone d’entraînement de votre club rouvre avant le parcours, ce qui arrive souvent, c’est l’endroit le plus rentable de tout le domaine pendant ces semaines-là.
Au putting, deux priorités. Les putts d’un mètre, qui décident de l’humeur de vos premières parties. Et le dosage des longs putts : vous le recalerez de toute façon sur de vrais greens, mais la sensation se conserve en intérieur.
J-14 à J-1 : chiffres réels et sac en ordre
Deux séances de practice avec vos propres balles et un télémètre, ou une heure sur un radar en salle, suffisent à dresser votre tableau de distances. Notez la portée et non la distance totale, et retenez la valeur qui revient le plus souvent, pas le meilleur coup.
Ce tableau compte davantage au printemps qu’en plein été. L’air frais est plus dense et freine la balle, et un sol encore gorgé d’eau supprime le roulement. Le joueur qui garde ses références d’août reste court sur toutes ses approches pendant des semaines et croit que son swing s’est dégradé. À l’inverse, si votre première partie a lieu en altitude, l’air plus léger allonge la portée : les distances mesurées en plaine ne se transposent pas telles quelles à Crans ou à Verbier.
Ensuite, le sac. Vérifiez les grips devenus lisses ou durs, les rainures de votre wedge le plus utilisé, et l’écart de distance sous le pitching que vous deviez combler l’an dernier.
- Grips : tout ce qui brille se remplace. C’est la dépense la plus modeste du golf, et elle modifie la tenue du club sans effort conscient.
- Crampons : si les pointes sont arrondies, changez-les. Sur un sol humide, glisser coûte des coups et peut blesser.
- Contenu du sac : videz tout. Balles oubliées, gant racorni, vieilles cartes de score, tout sort.
- Loft et lie : sur des fers joués depuis plusieurs saisons, faites-les contrôler. Deux degrés de lie trop à plat suffisent à envoyer les balles à droite de la cible.
- Wedge : sans rainures, la balle ne freine plus, et aucune technique ne compense.
La leçon se réserve avant que les agendas se remplissent
Un changement de swing met deux à trois semaines à ne plus sembler étrange. En début de saison, cette période ne coûte rien, puisque aucune carte n’est encore en jeu. En juillet, elle vous coûte l’été.
Les professionnels ont aussi plus de disponibilités avant le rush du printemps. Un cycle de trois ou quatre leçons réservé tôt vous donne des créneaux choisis plutôt qu’un quart d’heure glissé entre deux membres un samedi. Présentez un symptôme précis : « voici ma balle manquée, voici ce que j’ai déjà essayé ». Avec cela, l’enseignant peut construire un plan pour toute la saison.
Où préparer la saison autour du Léman
En salle, avec un radar. Plusieurs structures de la région lausannoise permettent d’établir un tableau de distances en une séance, quelle que soit la météo :
- ABR Golf Indoor, En Budron B19 au Mont-sur-Lausanne, équipé de TrackMan 4 et ouvert toute l’année.
- Let’s Golf, Industrie 49 à Bussigny, neuf simulateurs, accès sept jours sur sept toute l’année, et un centre de fitting. L’abonnement Gold y est affiché à CHF 1’250, l’abonnement senior à CHF 850.
- Millennium Golf & Play, chemin de Mongevon 25 à Crissier, une salle privative de 80 m² avec simulateur Golfzon pour six personnes au plus, affichée à CHF 99 l’heure.
Pour le matériel. Certains magasins spécialisés de la région proposent le changement de grips, les réparations et le fitting. D’autres organisent des fittings gratuits et sans obligation d’achat dans des clubs durant la saison. Le pro-shop de votre club reste une option, et il aura plus de temps à vous consacrer avant l’ouverture qu’en juin. Pour aller plus loin sur le fitting, notre article dédié détaille ce qu’une séance apprend.
Pour les leçons. La Swiss PGA, association faîtière des professionnels de golf en Suisse, propose sur son site un outil de recherche d’enseignants, le ProFinder. Le pro de votre propre club garde l’avantage de connaître le parcours sur lequel vous jouerez.
Côté mesure, les radars de mesure personnels sont une alternative si vous préférez travailler chez vous. Et n’oubliez pas l’échauffement avant chaque séance de reprise.
Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec les enseignes ou organismes cités.
Le jour de la première partie
Choisissez un départ avancé, une partie amicale, et laissez la carte au vestiaire. L’objectif est de marcher quatre heures sur un parcours, pas de vérifier si votre index a résisté à l’hiver. Celui qui transforme cette sortie en examen rend souvent huit coups de plus que sa moyenne et rumine toute la semaine : piètre récompense pour six semaines d’efforts. Si vous avez respecté les règles, enregistrez le score ; mais ne bâtissez pas la journée autour de lui.
Le compte à rebours résumé
- J-42 à J-29 : mobilité, demi-swings au fer court, séries de vingt balles.
- J-28 à J-15 : approches et putting, trois courtes séances par semaine.
- J-14 à J-1 : portées mesurées, grips, crampons, rainures, loft et lie.
- Dès que possible : un cycle de leçons réservé avant le rush.
- Première partie : départ avancé, sans carte, pour le plaisir de marcher.
Rien de tout cela n’est compliqué. C’est même plutôt fastidieux, et c’est justement pour cette raison que ceux qui s’y tiennent commencent la saison avec une longueur d’avance.






