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Matériel

Combien de clubs faut-il vraiment dans son sac ?

La règle autorise quatorze clubs. Presque aucun amateur n'a besoin des quatorze, et beaucoup joueraient mieux avec neuf : un sac trop fourni ajoute une décision à chaque coup.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 6 min
Bois et fers posés sur l'herbe à côté d'une balle.
La règle autorise quatorze clubs ; presque personne n'en a besoin de quatorze. — Photo Mikhail Nilov / Pexels

En bref

  • Mesurer ses distances réelles avant de décider.
  • Les trous dans le sac se cachent sous le pitching wedge.
  • Un sac allégé accélère aussi le rythme de jeu.
  • Recompter son sac chaque printemps.

La règle autorise quatorze clubs. Presque aucun amateur n’a besoin des quatorze, et beaucoup joueraient mieux avec neuf. Un sac trop fourni ne coûte pas seulement au dos : il ajoute une décision à chaque coup, et les décisions sont exactement ce qui fait perdre des points.

Ce que dit la règle

Vous ne pouvez pas commencer un tour avec plus de quatorze clubs, ni en ajouter pendant le tour si vous êtes déjà à quatorze. En revanche, rien ne vous oblige à en avoir quatorze : partir avec huit est parfaitement régulier. La pénalité pour excès de clubs est de deux coups par trou concerné, plafonnée à quatre coups par tour en stroke play.

Le sac minimal qui couvre tout

Neuf clubs suffisent à couvrir toutes les distances utiles à un joueur qui tourne autour de 100 :

  • un driver,
  • un bois 5 ou un hybride,
  • les fers 6, 7, 8 et 9,
  • un pitching wedge et un sand wedge,
  • un putter.

Ce qui disparaît : les fers 3, 4 et 5, que la plupart des amateurs frappent moins loin et moins haut qu’un hybride, et les wedges intermédiaires, dont l’usage demande un contrôle de distance que peu de joueurs possèdent.

Les trous entre les clubs

L’exercice utile tient sur une feuille. Notez, sur un practice avec repères de distance, la portée moyenne de chacun de vos clubs sur dix balles, en écartant la meilleure et la pire. Vous obtiendrez une échelle avec, presque à coup sûr, deux anomalies : deux clubs qui font la même distance, et un trou de trente mètres quelque part.

Le trou se situe le plus souvent entre le bois de départ et le premier fer, et entre le pitching wedge et le sand wedge. C’est là qu’un hybride et un gap wedge trouvent leur place, pas dans un fer 3 que vous ne sortez jamais.

Le cas des wedges

Trois wedges valent mieux que quatre pour la plupart des joueurs. Un pitching autour de 46 degrés, un gap autour de 50 ou 52, un sand autour de 56 : cela donne trois distances pleines espacées d’une douzaine de mètres, ce qui est déjà beaucoup à contrôler. Le lob wedge de 60 degrés est un club d’expert : entre des mains moyennes, il produit surtout des tops et des grattes.

Un joueur qui maîtrise trois wedges à trois amplitudes couvre plus de distances qu’un joueur qui possède quatre wedges à une seule amplitude.

Ce que le sac allégé change sur le parcours

Moins de clubs veut dire moins d’hésitation au moment de choisir, donc plus d’engagement dans le coup. Cela veut dire aussi que vous jouez plus souvent les mêmes clubs, donc que vous les connaissez mieux. Et si vous portez votre sac, l’économie de poids sur dix-huit trous se sent dans les quatre derniers.

L’expérience à tenter une fois : jouez un tour avec sept clubs seulement, en inventant les distances manquantes par des swings partiels. Presque tous les joueurs qui essaient rentrent avec un score équivalent, et une meilleure idée de ce dont ils ont vraiment besoin.

Prochaine étape : sortez votre sac, posez les clubs par terre et retirez ceux que vous n’avez pas joués lors de vos trois derniers tours. Regardez ce qui reste.

Mesurer avant de décider

Tout ce qui précède suppose une chose que la plupart des joueurs n’ont pas : la liste écrite de leurs distances de portée, club par club.

Prenez dix balles avec chaque club, écartez les deux meilleures et les deux pires, et retenez la valeur qui revient. En portée, pas en distance totale, parce que le roulement parle du sol et non du club, et parce qu’une approche se décide sur l’endroit où la balle se pose.

Le moment où la liste est écrite est celui où les deux défauts classiques apparaissent : un écart de plus de quinze mètres entre deux clubs consécutifs, ou deux clubs qui vont exactement à la même distance. La plupart des sacs ont les deux, et personne ne le sait avant d’avoir mesuré.

Une heure de radar suffit, et les structures indoor à l’heure comme les espaces de fitting des enseignes en sont équipées. À défaut, un télémètre, vos propres balles et un champ vide au petit matin donnent la même liste pour rien du tout.

Alléger change aussi le rythme de jeu

Un argument rarement avancé en faveur du sac réduit : il accélère la partie.

Moins de clubs veut dire moins de temps passé à hésiter entre deux options presque identiques, et un sac léger veut dire que l’on emporte deux ou trois clubs jusqu’à la balle plutôt que de revenir chercher celui qui manque. Sur dix-huit trous et quatre joueurs, cela représente plusieurs dizaines de minutes.

Un sac léger change également la façon dont on joue le golf. Il rend la marche plus agréable, donc plus fréquente, donc les neuf trous du soir plus probables. C’est un effet indirect et c’est probablement le plus important de tous : le meilleur sac est celui qui vous fait sortir plus souvent.

C’est aussi l’argument du demi-sac comme second équipement : six ou sept clubs, quelques kilos, et une partie de neuf trous après le travail devient une décision de dernière minute plutôt qu’une expédition.

Le quinzième club, et ce qu’il coûte

Une règle qu’on n’apprend en général qu’en la subissant : porter un quinzième club coûte deux coups de pénalité par trou en stroke play, plafonnés à quatre coups pour le tour, et le club doit être déclaré hors jeu dès que l’on s’en aperçoit.

Cela arrive presque toujours de la même façon : un club d’essai posé dans le sac au practice, oublié le jour de la compétition. Le réflexe qui l’évite tient en trois secondes, à faire sur le parking : compter les clubs avant chaque compétition.

C’est aussi le bon moment pour vérifier que le sac ne contient pas trois balles inutiles, un gant durci et un parapluie cassé, ce qui est l’autre bénéfice de l’opération.

Le sac se recompte chaque saison

Vos distances changent avec les années, avec la forme et avec le matériel, et un sac composé il y a cinq ans ne correspond plus forcément à votre jeu d’aujourd’hui. Refaites la liste des portées au début de chaque saison : c’est une heure, et cela révèle en général un écart qui s’est creusé sans que personne le remarque.

Où compléter ou alléger son sac

Retirer trois clubs ne coûte rien ; combler un trou de distance, si. Avant d’acheter un club de plus, faites mesurer les distances de ceux que vous avez déjà : les enseignes spécialisées le font gratuitement à l’essai.

  • Les chaînes spécialisées : essai avant achat, fitting sur rendez-vous et rayon d’occasion, utile pour acheter un seul hybride sans reprendre une série entière.
  • Les magasins dotés d’un atelier : c’est là qu’on fait recouper une longueur, changer un grip ou remplacer un shaft plutôt que de racheter.
  • Les grandes chaînes de sport : pour compléter à l’unité en entrée de gamme, avec Inesis.

En ligne, plusieurs sites spécialisés vendent aussi le club à l’unité. Vérifiez toujours la référence exacte du shaft et son flex avant de commander : c’est l’information que les annonces décrivent le plus mal, d’occasion comme en neuf.

Panxis Golf n’a aucun lien commercial avec ces enseignes et ne perçoit rien sur vos achats.

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