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Saison

Golf à la chaleur : lire l’humidex, de l’été québécois aux voyages dans le Sud

La saison tire à sa fin au Québec, mais la chaleur attend les golfeurs dans le Sud cet hiver, puis ici l'été prochain. Ce n'est pas le premier trou qui coûte cher, c'est le 15e. Voici comment lire l'humidex, s'hydrater, se protéger et savoir quand arrêter.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 13 min
Golfeuse en chapeau à larges bords et polo rouge, une balle à la main, appuyée sur son club sous un soleil chaud
Photo Mikhail Nilov / Pexels

En bref

  • Selon Environnement et Changement climatique Canada, un humidex de 40 à 45 signifie beaucoup d'inconfort : évitez les efforts ; au-delà de 45, il y a risque de coup de chaleur.
  • Santé Canada recommande un écran solaire à large spectre FPS 30 ou plus, réappliqué au moins toutes les deux heures : une fois au virage, au minimum.
  • Une température buccale de plus de 39,5 °C, une peau sèche et rouge ou des paroles confuses sont des signes de coup de chaleur selon Québec.ca : composez le 911.
  • Vos parties d'hiver en Floride comptent pour le handicap : Golf Canada demande de les inscrire auprès de votre club d'attache québécois.

Le 1er octobre, parler de chaleur peut sembler hors de saison. Les matins sont frais, les érables virent au rouge, et plusieurs terrains du Québec comptent déjà leurs dernières fins de semaine. Pourtant, c’est le bon moment pour y penser : dans quelques semaines, des milliers de golfeurs québécois prendront l’avion vers la Floride, l’Arizona, le Mexique ou les Caraïbes, souvent sans transition entre une partie à 8 °C et une autre sous un soleil de plomb. Et l’été prochain ramènera ses journées lourdes, où l’humidex fait plus de dégâts sur la carte de pointage que n’importe quelle fosse de sable. Dans les deux cas, ce n’est pas le premier trou qui coûte cher. C’est le 14e, le 15e, le 16e, quand les jambes s’alourdissent, que les coups roulés restent courts et que les décisions deviennent paresseuses. Voici comment préparer une partie par temps chaud pour que le golfeur qui termine soit le même que celui qui a pris le départ.

Au Québec, le vrai thermomètre s’appelle l’humidex

Un 30 °C sec en Arizona et un 30 °C collant à Montréal ne donnent pas la même partie. Ce qui fait la différence, c’est l’humidité : plus l’air en est chargé, moins la sueur s’évapore, et moins le corps se refroidit. Environnement et Changement climatique Canada résume cet effet dans l’humidex, un indice qui décrit la sensation de chaleur et d’humidité ressentie par une personne moyenne. Il apparaît dans les conditions observées dès que la température atteint 20 °C et que l’humidex la dépasse d’au moins un degré, et dans les prévisions à partir de 25 °C.

Le ministère publie une échelle simple, qu’il vaut la peine de garder en tête :

  • De 20 à 29 : un peu d’inconfort.
  • De 30 à 39 : un certain inconfort. Au-delà de 30, le ministère conseille de limiter ou d’adapter l’exercice en plein air selon votre âge, votre condition, vos vêtements et la météo.
  • De 40 à 45 : beaucoup d’inconfort ; évitez les efforts. À ce niveau, il recommande de réduire toute activité physique inutile.
  • Au-delà de 45 : danger, risque de coup de chaleur.

Pour un golfeur, la lecture est assez claire. Une partie de 18 trous, c’est quatre heures et plus d’effort modéré, sans ombre la plupart du temps. Un humidex dans la trentaine se gère avec un peu de méthode. Un humidex de 40 et plus transforme la partie complète en pari, et c’est le moment de réduire la voilure plutôt que de serrer les dents. Consultez la prévision horaire, pas seulement le maximum de la journée, et regardez surtout la valeur prévue à l’heure où vous serez au 13e tertre de départ.

La fin de parcours se joue la veille

La décision la plus efficace se prend avant même d’avoir sorti les bâtons du coffre : l’heure de départ. Santé Canada rappelle que le rayonnement UV est à son maximum entre 10 h et 15 h. Un départ à l’aube vous fait jouer les heures les plus fraîches, sur un terrain souvent assez tranquille pour boucler la partie avant que la chaleur de l’après-midi s’installe.

Le départ en fin de journée a ses adeptes, et il se défend, mais à condition d’être lucide. Le sol et l’air ont emmagasiné toute la chaleur de la journée, et le soir n’est pas toujours moins humide que le matin. Il convient surtout si vous pouvez faire neuf trous avant la noirceur et si vous avez bien mangé et bien bu pendant la journée.

Si vous êtes coincé avec un départ en plein midi un jour de canicule, raccourcissez. Une partie de neuf trous compte pour le handicap dans le Système de handicap mondial, et neuf trous bien joués valent mieux que dix-huit dont les six derniers se jouent à vide.

Boire par habitude, pas par réflexe

La soif arrive tard. Quand vous la sentez, vous êtes déjà en retard sur vos besoins, et la précision du petit jeu en paie le prix avant tout le reste : la vitesse d’un coup roulé dépend d’un toucher fin qui s’émousse dès que le corps manque d’eau. La Croix-Rouge canadienne recommande de boire beaucoup de liquides frais, même sans avoir soif.

Sur le terrain, la façon la plus simple d’y arriver est de transformer l’hydratation en rituel : quelques gorgées à chaque tertre de départ, que vous ayez soif ou non. Commencez avant même la partie, avec un grand verre d’eau au déjeuner et un autre au champ de pratique. Une bouteille mise au congélateur la veille fond lentement dans le sac et reste froide jusqu’au virage.

Deux nuances. D’abord, l’eau seule ne remplace pas le sel perdu dans la sueur : sur une longue partie chaude, prévoyez une boisson électrolytique ou une collation salée au virage. Ensuite, la Croix-Rouge canadienne conseille d’éviter la caféine et l’alcool, qui favorisent la déshydratation. La bière du neuvième trou peut attendre le 19e.

Manger léger, mais manger

Un gros repas avant de partir mobilise la digestion au moment où le corps a besoin de toute son énergie pour se refroidir. Mieux vaut un déjeuner léger, puis une petite collation tous les quatre ou cinq trous : une banane, une poignée de noix, une moitié de sandwich. Le passage à vide que tant de golfeurs ressentent vers le 15e trou ressemble beaucoup à une baisse de sucre dans le sang, et c’en est souvent une en partie.

Chapeau, manches et écran solaire : une protection qui doit tenir quatre heures

Les couleurs pâles réfléchissent le soleil ; les tissus amples et respirants laissent la sueur s’évaporer. Le polo foncé et moulant fait exactement l’inverse. Pour le reste :

  • La tête et la nuque. Un chapeau à large bord protège les oreilles et l’arrière du cou, que la casquette laisse à découvert. Si vous tenez à votre casquette, couvrez la nuque d’écran solaire ou d’un couvre-nuque.
  • L’écran solaire. Santé Canada recommande un produit à large spectre avec un facteur de protection solaire (FPS) de 30 ou plus, appliqué au moins 15 minutes avant l’exposition et réappliqué au moins toutes les deux heures. Les produits « résistant à l’eau » ou « sport » tiennent mieux à la sueur, mais doivent quand même être réappliqués. Une partie dure plus de deux heures : glissez un petit tube dans le sac et remettez-en au virage.
  • Les mains. Deux serviettes, une pour le visage, l’autre gardée sèche pour les poignées, et un gant de rechange. Un gant détrempé tourne dans la main à la descente.
  • Le linge mouillé. Une serviette trempée dans l’eau froide de la glacière et posée sur la nuque entre les coups, c’est la climatisation la moins chère du terrain.

Voiturette, chariot ou sac sur l’épaule?

Marcher, c’est du bon golf et un bon exercice, et rien ici ne s’y oppose par temps normal. Mais quand l’humidex dépasse 40, porter son sac sur plusieurs kilomètres ajoute une charge réelle. Le chariot, manuel ou électrique, est un bon compromis : vous gardez le rythme de la marche sans le poids sur l’épaule.

Si vous prenez la voiturette, servez-vous-en intelligemment. Garez-la à l’ombre quand c’est possible, gardez la glacière sur le siège plutôt qu’en plein soleil et profitez de chaque trajet pour boire. La voiturette ne vous rafraîchit que si le temps passé dedans sert à récupérer, pas seulement à vous rendre plus vite à la balle suivante.

Ce que la chaleur change sur le terrain

La chaleur ne fatigue pas seulement le joueur. Elle modifie aussi le parcours, et en tenir compte fait partie d’une bonne fin de partie.

  • La balle porte un peu plus loin. L’air chaud est moins dense, ce qui allonge légèrement les coups par rapport à un matin frais. Ne cherchez pas les verges supplémentaires ; remarquez simplement si vos coups d’approche passent le drapeau, et prenez un bâton de moins si c’est le cas.
  • Les allées roulent, les verts pas forcément. En période de canicule, les allées durcissent et la balle roule davantage, alors que les surintendants arrosent souvent les verts et relèvent parfois la hauteur de coupe pour protéger le gazon. Faites quelques coups roulés sur le vert d’exercice avant de présumer qu’ils sont rapides.
  • Le vent de l’après-midi. Sur bien des parcours, la brise se lève à mesure que le sol se réchauffe. Prévoyez des coups plus bas et mieux contrôlés pour le retour.
  • Moins de temps au soleil. Choisissez votre coup à l’ombre de l’arbre près du tertre, puis avancez et frappez. Rester planté au-dessus de la balle ne fait qu’ajouter de la chaleur.

Une question de règlement revient souvent. Selon la règle 10.2b(5) des Règles de golf, vous pouvez tenir votre propre parapluie ou porter des vêtements protecteurs pendant le coup, mais vous ne devez pas jouer pendant que votre cadet, une autre personne ou un objet placé délibérément vous protège du soleil, de la pluie ou du vent. Le parapluie d’un partenaire est donc bienvenu entre les coups, jamais pendant l’élan. La pénalité est la pénalité générale : deux coups en partie par coups, perte du trou en partie par trous.

Reconnaître le coup de chaleur, et savoir arrêter

Le gouvernement du Québec dresse une liste de malaises à surveiller par temps chaud : maux de tête, crampes musculaires, enflure des mains, des pieds et des chevilles, petits boutons rouges sur la peau, fatigue inhabituelle ou épuisement, nausées ou vomissements, et signes de déshydratation comme une forte soif, un besoin d’uriner moins fréquent, une urine foncée, une peau sèche, un pouls et une respiration rapides. Devant ces signes, la consigne est de se rendre sans tarder dans un endroit frais et de boire de l’eau. Pour un golfeur, cela veut dire une chose : on arrête la partie, et on rentre au chalet.

Le coup de chaleur, lui, est une urgence. Québec.ca en décrit les signes : une température de plus de 39,5 °C au thermomètre buccal ou de plus de 40 °C au thermomètre rectal, une peau sèche, rouge et chaude ou au contraire pâle et froide, des étourdissements ou des vertiges, des paroles confuses et illogiques, un comportement agressif ou bizarre. Dans ce cas, comme en présence de convulsions, de perte de conscience ou de difficulté à respirer, on compose le 911. Pour une question sur votre état ou celui d’un partenaire, sans signe d’urgence, Info-Santé 811 répond jour et nuit au Québec.

En attendant les secours, la Croix-Rouge canadienne recommande de refroidir la personne rapidement et par plusieurs moyens à la fois : avant-bras et mains dans l’eau froide, eau froide versée sur les vêtements, serviettes mouillées sur la poitrine, et ventilation pour favoriser l’évaporation. Une glacière de golf contient souvent tout ce qu’il faut.

Sur un terrain, le plus difficile n’est pas le secourisme, c’est la décision. Personne ne veut être celui qui abandonne au 12e. Entendez-vous au premier départ : n’importe qui peut arrêter sans se justifier, et les autres le ramènent en voiturette. Si vous avez besoin d’aide, appelez la boutique du club et dites où vous êtes : le personnel connaît le chemin le plus rapide vers chaque trou pour une ambulance, vous non.

Où la chaleur vous attend : étés québécois et allées du Sud

Ici, l’été. Au Québec, les journées où l’humidex grimpe au-dessus de 40 se concentrent au cœur de l’été, et elles se suivent parfois plusieurs jours. Environnement et Changement climatique Canada émet alors des avertissements de chaleur, en général de 18 à 24 heures avant l’épisode, selon des seuils qui varient d’une région à l’autre. L’application MétéoCAN permet de recevoir une notification pour votre secteur : activez-la pour la ville de votre terrain, pas seulement pour celle où vous habitez. La veille d’une partie, un avertissement en vigueur est un bon prétexte pour avancer votre départ ou passer à neuf trous.

Maintenant, la fin de saison. Golf Canada fixe la saison active d’inscription des scores au Québec du 15 avril au 31 octobre. Les parties jouées ici après cette date ne comptent plus pour votre facteur de handicap. En revanche, Golf Canada précise qu’un golfeur rattaché à un club québécois qui joue en Floride l’hiver, où la saison active dure toute l’année, doit inscrire ces scores auprès de son club d’attache. Autrement dit, vos parties dans le Sud comptent : raison de plus pour ne pas gâcher leurs derniers trous.

Là-bas, l’hiver. Les destinations soleil ne présentent pas toutes le même risque, et la saison change tout.

  • Floride. En plein hiver, les journées y sont le plus souvent douces, mais l’humidité demeure et le soleil d’après-midi tape plus fort qu’on ne l’imagine quand on arrive d’un mois de janvier québécois. Le corps n’est pas acclimaté : les premières parties du séjour sont les plus exigeantes.
  • Arizona. La chaleur y est sèche, ce qui la rend trompeuse : la sueur s’évapore si vite qu’on a l’impression de ne pas transpirer, et on boit trop peu. Les voyages de fin de saison, quand les températures remontent, demandent d’autant plus de prudence.
  • Mexique. Le gouvernement du Canada signale, dans ses conseils aux voyageurs, que de fortes vagues de chaleur touchent l’ensemble du pays d’avril à septembre, et rappelle que la déshydratation et le coup de chaleur peuvent être mortels. Un voyage de golf au printemps n’est donc pas à l’abri. Le numéro d’urgence y est le 911.
  • Caraïbes. En République dominicaine, le numéro d’urgence est aussi le 911. La saison des ouragans s’y étend du début juin à la fin novembre, selon voyage.gc.ca : un voyage réservé pour novembre mérite un œil sur la météo tropicale autant que sur l’humidex.

Un conseil vaut pour toutes ces destinations : gardez les deux ou trois premières parties du séjour plus courtes ou plus matinales, le temps que le corps s’habitue. Et notez dès l’arrivée le numéro du club et celui des urgences locales, puisque l’Info-Santé 811 ne vous suivra pas hors du Québec.

La liste à cocher pour une partie chaude

  • La veille : consultez l’humidex prévu heure par heure pour votre départ et les trois heures suivantes. Réservez le premier départ possible, ou prévoyez neuf trous si l’humidex dépasse 40.
  • Avant de partir : une bouteille congelée, une autre pleine, une boisson électrolytique ou une collation salée, deux serviettes, un gant de rechange, un écran solaire FPS 30 ou plus et un chapeau à large bord.
  • Au premier tertre : entendez-vous pour que chacun puisse arrêter sans se justifier, et notez le numéro de la boutique du club.
  • À chaque tertre de départ : quelques gorgées d’eau, soif ou pas.
  • Au virage : écran solaire de nouveau, collation, bouteilles remplies. La bière attendra.
  • À partir du 13e : décisions plus rapides, coups plus bas si le vent se lève, et un examen honnête de votre état.
  • En voyage : premières parties courtes et matinales, numéro d’urgence local en mémoire.

Une partie jouée de cette façon n’a rien d’héroïque. C’est simplement une partie où le 18e trou est joué aussi bien que le premier, et par temps chaud, c’est déjà un exploit.

Comment cette page a été faite : l’échelle de l’humidex et les avertissements de chaleur proviennent d’Environnement et Changement climatique Canada (canada.ca), les malaises liés à la chaleur, les signes du coup de chaleur et le rôle d’Info-Santé 811 et du 911 du gouvernement du Québec (Québec.ca), les gestes de refroidissement et les conseils d’hydratation de la Croix-Rouge canadienne, les recommandations sur l’écran solaire et les heures de rayonnement UV maximal de Santé Canada, la saison active d’inscription des scores de Golf Canada, les conseils sur le Mexique et la République dominicaine de voyage.gc.ca, et la règle du parapluie de la règle 10.2b(5) des Règles de golf, le tout consulté en octobre 2026. Cette page est une information générale, pas un avis médical : si vous avez un problème cardiaque ou prenez un médicament qui modifie votre tolérance à la chaleur, parlez-en à votre médecin avant de jouer par temps chaud. Panxis Golf n’entretient aucune relation commerciale avec les organismes cités.

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