Canicule en Suisse romande : lire les alertes de MétéoSuisse et finir son parcours à 30 °C
L'été 2026 a placé l'Arc lémanique et le Valais central au degré 4 de canicule. Alors que la saison romande s'achève et que les voyages golf au soleil se préparent, voici comment lire les alertes, boire, s'habiller et jouer pour que le 18 ressemble encore au 1.
En bref
- MétéoSuisse émet ses alertes canicule selon la température moyenne du jour : degré 3 dès 25 °C pendant trois jours, degré 4 dès 27 °C pendant trois jours.
- Ces alertes concernent en principe les régions situées jusqu'à 800 mètres ; en altitude, le rayonnement UV augmente d'environ 10 % par tranche de 1000 mètres.
- L'OFSP déconseille l'effort physique de 11 h à 17 h par forte chaleur : réservez le premier départ ou jouez neuf trous, qui comptent pour le handicap.
- Vertiges, confusion, crampes ou nausées : à l'ombre, allongé, linges humides et boisson ; sans amélioration rapide, appelez le 144.
Le 22 juin 2026, MétéoSuisse relevait 36,1 °C à Payerne et à Sion, 35,4 °C à Genève et 35,3 °C à Nyon, et plaçait tout l’Arc lémanique ainsi que le Valais central au degré 4, le plus élevé qu’elle utilise pour une canicule. Ce jour-là, un 18 trous commencé en début d’après-midi relevait de l’imprudence. Aujourd’hui, 1er octobre, la saison touche à sa fin sur nos parcours, et parler de chaleur peut sembler hors de propos. Ce ne l’est pas : c’est maintenant que beaucoup d’entre vous préparent une semaine de golf au soleil pour l’automne ou l’hiver, et c’est aussi le bon moment pour tirer les leçons d’un été qui a de nouveau battu des records. Voici comment aborder une partie par trente degrés et plus, sans que les six derniers trous se jouent en pilote automatique.
Le corps lâche rarement au départ du 1
Par forte chaleur, une partie ne se perd presque jamais sur les premiers trous. Pendant une heure ou deux, vous vivez sur vos réserves : l’eau bue au petit-déjeuner, l’énergie du repas, la fraîcheur relative du matin. La facture arrive plus tard, souvent autour du 12 ou du 13, sous une forme discrète. Les putts restent courts. Vous prenez le driver là où un fer suffisait. Vous ne faites plus le tour du green pour lire la pente.
Le golf a un piège bien à lui : l’effort est modéré et jamais essoufflant. Vous marchez, vous vous arrêtez, vous frappez, vous attendez. Rien ne vous signale que la réserve se vide. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) rappelle que la transpiration fait perdre beaucoup de liquide et de sels minéraux, et que la dilatation des vaisseaux fait baisser la tension. Sur quatre heures et demie au soleil, ces deux mécanismes travaillent en silence. Tout ce qui suit vise un seul objectif : que le joueur qui arrive au 18 soit encore celui qui a quitté le 1.
Comprendre les alertes de MétéoSuisse avant de réserver
En Suisse, l’outil de référence n’est pas la température maximale annoncée, mais l’alerte canicule de MétéoSuisse. Elle se fonde sur la température moyenne de la journée, de minuit à minuit, ce qui inclut la nuit. Le choix n’est pas anodin : quand les nuits restent chaudes, le corps récupère mal et aborde le lendemain déjà fatigué. MétéoSuisse utilise trois degrés :
- Degré 2 : une température moyenne d’au moins 25 °C attendue pendant au moins un jour.
- Degré 3, danger marqué : au moins 25 °C de moyenne pendant au moins trois jours consécutifs.
- Degré 4, fort danger : au moins 27 °C de moyenne pendant au moins trois jours consécutifs.
Une moyenne de 25 °C paraît modeste. Elle signifie pourtant, en pratique, un après-midi bien au-delà de trente degrés et une nuit qui ne descend guère. Au début de juillet 2026, MétéoSuisse annonçait par exemple des maximales de 31 à 35 °C avec des minimales nocturnes de 15 à 23 °C, alors que le Plateau romand était en degré 3.
Un détail compte pour les golfeurs de montagne : ces alertes sont normalement émises pour les régions situées jusqu’à 800 mètres d’altitude. Un parcours valaisan ou vaudois perché plus haut n’est donc pas couvert de la même façon. L’air y est plus frais, mais le soleil y est plus dur, comme on le verra plus loin.
Le réflexe à prendre : la veille de votre partie, consultez l’application ou le site de MétéoSuisse, ou ceux d’Alertsuisse, comme le recommande l’OFSP. Regardez la prévision heure par heure pour le créneau où vous serez sur le retour, pas seulement le chiffre de l’après-midi.
L’heure du départ décide de presque tout
L’OFSP conseille d’éviter l’effort physique pendant le soleil de midi, de 11 h à 15 h, et pendant les heures les plus chaudes, de 15 h à 17 h, et de lui préférer le début de matinée ou la fin de soirée. Pour un golfeur, cette recommandation se traduit très simplement : le premier départ de la journée est le meilleur cadeau que vous puissiez vous faire en pleine canicule. Le parcours est calme, le rythme rapide, et vous rentrez avant que la chaleur ne s’installe.
La fin de journée est l’autre option, avec une réserve. Après une journée à plus de trente degrés, le sol, les bunkers et l’air ont emmagasiné la chaleur, et la sensation peut rester pénible jusqu’au coucher du soleil. Elle convient si vous avez mangé et bu correctement dans la journée et si neuf trous vous suffisent.
Car c’est souvent la meilleure décision : raccourcir. Une carte de neuf trous compte pour le handicap selon le système mondial WHS, que Swiss Golf applique en Suisse. Neuf trous joués lucides valent mieux que dix-huit dont le dernier tiers se joue à vide.
Boire avant d’avoir soif, et pas seulement de l’eau
La soif arrive tard. Quand elle se manifeste, le déficit est déjà installé. La seule méthode qui fonctionne sur un parcours est mécanique : quelques gorgées à chaque départ, que vous en ayez envie ou non. Commencez avant la partie, avec un grand verre au petit-déjeuner et un autre au practice.
L’OFSP recommande en période de chaleur de boire régulièrement, au moins un litre et demi par jour, de préférence de l’eau du robinet, et de renoncer aux boissons alcoolisées ou sucrées. Pour un golfeur qui transpire quatre heures, ce minimum quotidien est vite dépassé. L’Office ajoute un point que beaucoup négligent : la transpiration fait perdre des minéraux, et il est judicieux de manger un peu salé pour les compenser. Il cite le jus de pomme dilué avec de l’eau parmi les boissons utiles en cas de coup de chaleur, avec les boissons pour sportifs.
Deux nuances. Si vous souffrez d’insuffisance cardiaque ou rénale, l’OFSP demande de fixer la quantité à boire avec votre médecin. Et la bière au club-house après le 9 n’aide en rien : gardez-la pour la terrasse, une fois la carte signée.
Manger léger, souvent, et un peu salé
Un repas copieux avant de partir mobilise la digestion au moment où le corps a besoin de toute son énergie pour se refroidir. L’OFSP conseille de manger plus léger, plus souvent et en plus petites quantités, en privilégiant fruits et légumes riches en eau et en évitant les plats gras. Sur un parcours, cela donne un petit-déjeuner simple, puis quelque chose tous les quatre ou cinq trous : un fruit, une poignée de fruits secs salés, un demi-sandwich. Le passage à vide du 15, que beaucoup attribuent à la fatigue, ressemble souvent à une simple baisse de sucre.
S’habiller pour le soleil suisse, plus fort qu’on ne le croit
Inutile d’investir des centaines de francs dans un équipement spécial. Les principes sont connus, et la Ligue suisse contre le cancer les résume bien : rester à l’ombre entre 11 h et 15 h quand c’est possible, porter chapeau, lunettes et vêtements couvrants, qui protègent la peau plus sûrement que la crème seule, et appliquer régulièrement et en quantité suffisante un écran solaire à filtres UVA et UVB d’indice 30 ou plus.
- Le chapeau à larges bords protège les oreilles et la nuque, que la casquette laisse à découvert. Si vous tenez à votre casquette, protégez la nuque autrement.
- Des vêtements clairs, amples et à mailles serrées, comme le recommande l’OFSP : ils réfléchissent la lumière, laissent la sueur s’évaporer et arrêtent une partie des UV.
- La crème au départ du 10. Une partie dure plus longtemps que l’intervalle entre deux applications. Un petit tube dans le sac règle la question.
- Deux linges. Un pour le visage, un gardé sec pour les grips. Ajoutez un gant de rechange : un gant trempé tourne dans la main à la descente.
- Un linge humide sur la nuque. L’OFSP cite les linges froids sur la nuque et le front parmi les moyens de faire baisser la température du corps. Trempé dans la glacière, il fait des merveilles entre deux coups.
L’indice UV mérite un coup d’œil au même titre que l’alerte canicule. MétéoSuisse le calcule chaque jour pour les différentes régions et altitudes, avec une première prévision la veille. La Ligue contre le cancer recommande de se protéger dès un indice de 3, d’éviter l’exposition directe dès 8, et rappelle que par ciel nuageux, 80 % des ultraviolets atteignent encore le sol.
Adapter son jeu plutôt que lutter contre la chaleur
La chaleur modifie le parcours autant que le joueur. Quelques ajustements simples vous évitent de perdre des coups en plus de l’énergie.
- La balle porte un peu plus. L’air chaud est moins dense. Ne cherchez pas des mètres supplémentaires : observez simplement si vos approches passent le drapeau, et prenez un club de moins si c’est le cas.
- Les fairways roulent, les greens pas forcément. En période sèche, les fairways durcissent, mais les greenkeepers arrosent souvent les greens pour les garder en vie. Faites quelques putts d’essai avant de conclure qu’ils sont rapides.
- Décidez à l’ombre. Choisissez le club et la cible sous l’arbre près du départ, puis avancez et frappez. Chaque seconde de plus au-dessus de la balle, en plein soleil, se paie au 16.
- Le chariot plutôt que le sac sur l’épaule. Marcher reste excellent, mais porter un sac sur plusieurs kilomètres par degré 4 ajoute une charge inutile. Si vous roulez en voiturette, utilisez ces minutes pour boire, pas seulement pour souffler.
Un point de règle revient chaque été. Selon la règle 10.2b(5) des Règles de golf, vous pouvez tenir votre propre parapluie ou porter des vêtements protecteurs pendant le coup. En revanche, vous ne devez pas jouer pendant que votre cadet, un partenaire ou un objet placé délibérément vous protège du soleil. Le parapluie d’un ami entre deux coups, oui ; pendant le swing, non. La pénalité est la pénalité générale : deux coups en stroke play, la perte du trou en match play.
Reconnaître le malaise, et oser s’arrêter
L’OFSP regroupe sous le nom de stress thermique les troubles que la chaleur peut provoquer, de l’épuisement au coup de chaleur. Les signes à surveiller chez vous et chez vos partenaires sont les suivants : faiblesse ou fatigue, vertiges, confusion ou troubles de la conscience, maux de tête, crampes musculaires, bouche sèche, nausées, vomissements ou diarrhée, température corporelle élevée, forte transpiration, pouls rapide.
Si l’un de ces signes apparaît, l’OFSP indique la marche à suivre : gagner un endroit frais ou ombragé, s’allonger, rafraîchir le corps avec des linges humides, boire de l’eau fraîche et une boisson riche en électrolytes. Sans amélioration rapide, appelez immédiatement un médecin ou le 144. Une personne confuse, qui tient des propos incohérents ou perd connaissance n’a pas à attendre : composez le 144 tout de suite.
Sur un parcours, le plus difficile n’est pas le geste de secours, c’est la décision. Personne ne veut être celui qui quitte la partie au 11. Convenez au départ du 1 que chacun peut arrêter sans se justifier, et que les autres le raccompagneront. Enregistrez le numéro du secrétariat dans votre téléphone : en cas d’urgence, le personnel sait comment une ambulance rejoint chaque trou, et vous non.
Enfin, l’OFSP range parmi les personnes plus vulnérables à la chaleur les plus de 75 ans, les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales, de diabète, ainsi que celles qui prennent des diurétiques, des médicaments contre l’hypertension ou des psychotropes. Si vous vous reconnaissez dans cette liste, parlez à votre médecin avant de jouer en pleine canicule.
Où la chaleur vous attend : de nos parcours de plaine aux golfs du soleil d’hiver
En Suisse romande, la chaleur se concentre là où se trouvent la plupart de nos parcours. Le 22 juin 2026, c’est précisément l’Arc lémanique, le Valais central, la plaine de l’Orbe et le versant est des lacs de Neuchâtel et de Bienne qui ont été placés en degré 4 par MétéoSuisse. Les records mensuels ont été battus à Payerne et à Nyon. Les golfs de La Côte, du Chablais, de la plaine du Rhône et du Nord vaudois sont donc les premiers concernés lors d’un épisode de canicule. Au début de juillet, une nouvelle vague a remis le Plateau romand en degré 3, avec des alertes prévues jusqu’au 13 juillet au moins. L’OFSP le constate lui-même : le changement climatique augmente le nombre de jours de chaleur et de canicules en Suisse.
Ceux qui fuient vers la montagne gagnent quelques degrés, mais pas sur tous les plans. La Ligue contre le cancer rappelle que le rayonnement UV augmente d’environ 10 % par tranche de 1000 mètres d’altitude. Sur un parcours valaisan d’altitude, il fait plus frais, mais le coup de soleil arrive plus vite, et les alertes canicule, réservées en principe aux régions situées sous 800 mètres, ne vous diront rien de l’intensité du soleil. Pour la montagne, c’est la prévision de l’indice UV de MétéoSuisse qu’il faut consulter.
Reste la chaleur que l’on va chercher. À partir d’octobre, quand les greens romands ferment ou passent en régime d’hiver, beaucoup de golfeurs partent au sud : Andalousie, Algarve, Maroc, Canaries, ou plus loin, le Golfe et l’Asie du Sud-Est. Trois pièges guettent le golfeur suisse en voyage :
- Le corps n’est pas acclimaté. En juillet, vous aviez quelques semaines de chaleur derrière vous. En novembre, vous passez du brouillard du Plateau à un soleil franc en quelques heures d’avion. Le corps met plusieurs jours à s’habituer : ne prévoyez pas deux parcours par jour dès l’arrivée.
- Le soleil d’hiver du sud reste un soleil fort. Une journée douce dans le sud de l’Espagne ou au Maroc peut cacher un indice UV qui justifie la crème et le chapeau. Consultez l’indice local, comme vous le feriez chez vous.
- Le Golfe et les tropiques sont une autre catégorie. Là-bas, octobre et novembre restent des mois chauds et humides. Les premiers départs, la voiturette et des pauses à l’ombre ne sont pas un luxe. Renseignez-vous auprès du resort sur ses horaires et sur les points d’eau du parcours.
Dernier conseil pour le voyage : l’avion déshydrate, et le premier départ suit souvent de près une nuit courte. Buvez pendant le vol, dormez avant de jouer, et gardez le parcours vedette du séjour pour le troisième ou le quatrième jour.
Votre check-list pour une partie par forte chaleur
- La veille : consulter l’alerte canicule et l’indice UV de MétéoSuisse pour votre région et votre altitude, regarder la prévision heure par heure pour votre retour, réserver le premier départ ou prévoir neuf trous.
- Avant de partir : une gourde congelée, une deuxième pleine, de quoi grignoter salé, deux linges, un gant de rechange, la crème indice 30 ou plus, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil.
- Au départ du 1 : convenir que chacun peut arrêter sans explication, et enregistrer le numéro du secrétariat.
- À chaque départ : quelques gorgées, soif ou pas soif.
- Au passage du 9 : crème à nouveau, quelque chose de salé, gourdes remplies, pas d’alcool.
- À partir du 13 : décisions prises à l’ombre, un point honnête sur votre état, et le 144 en tête si un partenaire devient confus.
Une partie bien jouée par trente-cinq degrés n’a rien d’héroïque. C’est simplement une partie où le 18 se joue aussi bien que le 1, ce qui, un jour de canicule sur les bords du Léman, est déjà une belle performance.
Méthode : les seuils et le fonctionnement des alertes canicule proviennent du document de MétéoSuisse décrivant les degrés de danger ; les températures et les régions en alerte de juin et juillet 2026 proviennent des relevés et prévisions de MétéoSuisse rapportés par la RTS ; les règles de conduite, les symptômes du stress thermique, les personnes à risque et le recours au 144 proviennent de la page « Protection contre la chaleur » de l’OFSP, et la prévision de l’indice UV de la page de l’OFSP qui lui est consacrée ; les recommandations solaires et l’effet de l’altitude proviennent de la Ligue suisse contre le cancer ; le point de règle provient de la règle 10.2b(5) des Règles de golf. Toutes ces sources ont été consultées en octobre 2026. Cette page est une information générale, pas un avis médical : si vous avez une maladie chronique ou prenez un traitement, demandez conseil à votre médecin avant de jouer par forte chaleur. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les organismes cités.






