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Saison

Golf par forte chaleur : vigilance canicule, consignes ffgolf et séjours golf au soleil cet hiver

L'été est fini en métropole, mais la chaleur attend les golfeurs qui partent jouer au Maroc, en Andalousie, aux Antilles ou à La Réunion. Et après la canicule historique de juin 2026, l'été prochain se prépare aussi. Voici comment garder un retour aussi solide que l'aller.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Julien Moreau) · · 13 min
Golfeuse en chapeau à larges bords et polo rouge, une balle à la main, appuyée sur son club sous un soleil chaud
Photo Mikhail Nilov / Pexels

En bref

  • Le 25 juin 2026, 72 départements étaient en vigilance rouge canicule, une situation inédite depuis la création de la vigilance en 2004 selon Météo-France.
  • L'INRS recommande, pour le travail par forte chaleur, un verre d'eau toutes les 15 à 20 minutes, même sans soif : sur un parcours, quelques gorgées à chaque départ.
  • En outre-mer, l'Institut national du cancer conseille d'éviter le soleil entre 10 h et 14 h, contre 12 h à 16 h en métropole.
  • Coup de chaleur : fièvre au-delà de 39 °C, peau chaude et sèche, propos incohérents ; on appelle le 15 ou le 112.

Fin juin 2026, beaucoup de golfeurs français ont découvert ce que coûte un parcours joué en pleine canicule : un aller correct, puis un retour où les jambes pèsent, où les putts restent courts et où l’on choisit le driver par lassitude plutôt que par stratégie. Le 1er octobre, l’été est derrière nous et les départs de l’après-midi sont redevenus agréables en métropole. Mais la question revient vite pour ceux qui partent jouer au soleil cet automne ou cet hiver, au Maroc, au Portugal, en Andalousie, aux Antilles ou à La Réunion, et elle reviendra pour tout le monde l’été prochain. Voici comment organiser une partie par trente degrés pour que les six derniers trous ressemblent aux six premiers, en s’appuyant sur ce que disent Météo-France, les autorités de santé et la ffgolf.

Juin 2026, un rappel grandeur nature

L’épisode de chaleur qui a duré du 17 au 30 juin 2026 a battu plusieurs repères. Selon le bilan publié par Météo-France le 3 juillet, 72 départements étaient placés en vigilance rouge canicule le 25 juin, et 14 autres en vigilance orange, une situation que l’établissement qualifie de totalement inédite depuis la création de la vigilance canicule en 2004. La ffgolf avait publié le 18 juin un appel à la vigilance destiné aux joueurs comme aux clubs, et le ministère de la Santé avait activé dès le même jour sa ligne Canicule info service.

Ce qui frappe, avec le recul, c’est que la plupart des difficultés sur le parcours ne venaient pas du premier trou. Une partie de golf est un effort modéré mais long : quatre heures et plus debout, plusieurs kilomètres de marche, et quelques dizaines d’accélérations brèves. Rien ne vous essouffle, donc rien ne vous alerte. La déshydratation s’installe par petites touches, et c’est le toucher de balle qui part en premier, puis la patience. Quand la soif se fait vraiment sentir, le déficit est souvent déjà là.

Lire la vigilance avant de réserver

En métropole, l’outil de référence est la carte de vigilance de Météo-France, consultable sur vigilance.meteofrance.fr. Elle est mise à jour au moins deux fois par jour, à 6 h et à 16 h, et couvre le jour même et le lendemain, département par département. Pour la canicule, les couleurs ont un sens précis :

  • Vert : pas de vigilance particulière.
  • Jaune : un pic de chaleur court, sur un ou deux jours, ou un épisode qui dure plus de trois jours, avec un risque pour les personnes fragiles ou très exposées.
  • Orange : une canicule au sens propre, c’est-à-dire une période de chaleur intense pendant au moins trois jours et trois nuits consécutifs, qui concerne toute la population.
  • Rouge : une canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité ou son étendue, avec des effets sanitaires et sociaux importants.

Le détail qui compte pour un golfeur : Météo-France calcule ces niveaux à partir d’un indicateur biométéorologique qui combine les températures minimales et maximales sur trois jours. Autrement dit, ce sont aussi les nuits qui pèsent. Après deux nuits chaudes, vous arrivez au départ moins reposé, et votre organisme a moins de marge, même si le thermomètre du matin semble raisonnable. Un fairway en plein soleil à 14 h n’offre aucune ombre : la température ressentie y est nettement supérieure à celle annoncée, qui est mesurée sous abri.

Prenez donc l’habitude de regarder la prévision heure par heure pour le créneau où vous serez au départ du 13, pas seulement la maximale de la journée.

L’heure de départ, première décision

Parmi les recommandations de la ffgolf de juin 2026, la première est aussi la plus efficace : privilégier les départs les plus matinaux. Le premier tee time de la journée vous donne les heures les plus fraîches et souvent un parcours fluide. L’Institut national du cancer conseille par ailleurs d’éviter le soleil entre 12 h et 16 h en métropole ; un départ à 7 h 30 vous fait sortir du 18 avant ce créneau.

Le départ de fin de journée est une autre option, souvent moins chère, mais il faut être lucide. Le sol et l’air ont accumulé la chaleur de toute la journée, et l’organisme aussi. Il convient surtout à un neuf trous joué en fin d’après-midi, après une journée où vous avez bu et mangé normalement.

Si vous n’avez qu’un créneau de mi-journée, raccourcissez. La fédération recommande explicitement de reporter, écourter ou réorganiser une activité quand les conditions l’exigent. Neuf trous joués lucidement valent mieux qu’un dix-huit dont le dernier tiers se fait à vide, et le score compte pour l’index dans le système de handicap mondial, qui retient les cartes de neuf trous.

Boire avant d’avoir soif, et à heure fixe

Santé.fr, le service public d’information en santé, résume la règle en une phrase : boire régulièrement sans attendre d’avoir soif. Pour la traduire en rythme, le plus parlant vient de l’INRS, l’organisme de prévention des risques professionnels : un verre d’eau toutes les 15 à 20 minutes pour les personnes qui travaillent dehors par forte chaleur. Sur un parcours, cela revient à quelques gorgées à chaque départ, que vous ayez soif ou non.

Quelques ajustements pratiques :

  • Commencez avant. Un grand verre au petit-déjeuner, un autre au practice. Vous ne rattraperez pas sur le parcours un retard pris à la maison.
  • Prévoyez large. Deux gourdes, dont une passée au congélateur la veille, restent fraîches jusqu’au retour. Repérez les points d’eau du parcours au départ, et remplissez au trou 9.
  • Pensez au sel. L’eau seule ne remplace pas ce que la transpiration emporte. Sur une longue partie, alternez avec une boisson de l’effort ou mangez quelque chose de salé au retour.
  • Laissez l’alcool au club-house. Santé.fr le rappelle : l’alcool ne rafraîchit pas, il accélère la déshydratation et diminue la vigilance. La bière du 9 attendra le 19e trou.

Côté assiette, la même logique vaut. Un repas lourd juste avant le départ mobilise la digestion au moment où le corps a besoin de se refroidir. Un petit-déjeuner léger, puis une banane, une poignée de fruits secs ou un demi-sandwich tous les quatre ou cinq trous, maintiennent une énergie régulière. Le coup de mou du 15 ressemble souvent à une petite hypoglycémie, parce que c’en est en partie une.

Se couvrir intelligemment

Les recommandations de l’Institut national du cancer sont simples et s’appliquent très bien au golf : des vêtements amples, un chapeau à larges bords, des lunettes de soleil avec filtre anti-UV, une crème d’indice 50 renouvelée toutes les deux heures et après une baignade. L’institut rappelle aussi que l’ombre et les vêtements protègent mieux que n’importe quelle crème, qui ne filtre jamais la totalité des UV.

  • Le chapeau plutôt que la casquette. Une casquette laisse les oreilles et la nuque à découvert, précisément là où l’on brûle sur un parcours. Si vous tenez à la vôtre, ajoutez de la crème sur la nuque ou un couvre-nuque.
  • Des couleurs claires. Elles renvoient la lumière ; un polo foncé et ajusté fait l’inverse.
  • La crème dans le sac. Une partie dure plus de deux heures : un petit tube au départ du 10 suffit à tenir la règle.
  • Deux serviettes. Une pour le visage, une gardée sèche pour les grips, plus un gant de rechange. Un gant trempé tourne dans la main à la descente du club.
  • Mouiller la peau. Santé.fr conseille de se mouiller le visage et les avant-bras plusieurs fois par jour. Sur le parcours, une serviette imbibée d’eau fraîche posée sur la nuque entre deux coups produit le même effet.

Un point de règle revient souvent l’été. La règle 10.2b(5) des Règles de golf autorise à tenir son propre parapluie ou à porter des vêtements protecteurs pendant le coup, mais interdit de jouer pendant que votre cadet, un partenaire ou un objet placé délibérément vous protège du soleil. L’ombre du parapluie d’un ami est donc permise entre les coups, pas pendant le swing. La pénalité générale s’applique : deux coups en stroke play, perte du trou en match play.

Voiturette, chariot ou sac sur l’épaule

Marcher reste la meilleure manière de jouer au golf, et rien ici ne plaide contre en temps normal. En vigilance orange ou rouge, porter le sac sur plusieurs kilomètres ajoute pourtant une vraie charge. La ffgolf demande de réduire l’intensité de l’effort aux heures les plus chaudes : un chariot, manuel ou électrique, garde le rythme de la marche sans le poids sur l’épaule.

Si vous prenez une voiturette, servez-vous-en pour ce qu’elle apporte vraiment : quelques minutes à l’ombre pour boire. Garez-la à l’ombre quand c’est possible, gardez la glacière sur le siège plutôt qu’au soleil, et évitez de passer d’un toit ombragé à une montée au green au pas de course.

Adapter son jeu à la chaleur

La chaleur change le joueur, mais aussi le terrain. Quelques réflexes aident à bien finir :

  • La balle porte un peu plus. L’air chaud est moins dense, la balle vole légèrement plus loin qu’un matin frais. Ne cherchez pas les mètres supplémentaires ; constatez simplement si vous êtes long et prenez un club de moins le cas échéant.
  • Fairways roulants, greens incertains. En période sèche, les fairways durcissent et la balle roule davantage. Pour protéger l’herbe, les intendants de terrain peuvent remonter la hauteur de tonte et arroser les greens : faites quelques putts au putting green avant de supposer qu’ils sont rapides.
  • Le vent de l’après-midi. Sur beaucoup de parcours, la brise se lève quand le sol chauffe. Préparez le retour avec des coups plus bas et plus contrôlés.
  • Décider à l’ombre. Choisissez votre club sous l’arbre du départ, puis avancez au soleil et jouez. Rester longtemps au-dessus de la balle ne fait qu’ajouter de la chaleur.

Les signes qui doivent arrêter la partie

Le premier niveau d’alerte est discret : crampes, fatigue inhabituelle, maux de tête, vertiges ou nausées. Dans ce cas, on s’arrête, on cherche un endroit frais, on desserre les vêtements, on se mouille et on boit par petites gorgées. Personne ne vous en voudra de rentrer au club-house au 11.

Le coup de chaleur est une urgence. Santé.fr en liste les signes : une fièvre supérieure à 39 °C, une peau chaude, rouge et sèche, sans transpiration, des maux de tête intenses, des vertiges, des nausées, des propos incohérents, un comportement inhabituel ou une perte de connaissance. Appelez le 15 (Samu) ou le 112, installez la personne au frais, découvrez-la et rafraîchissez son corps en attendant les secours.

Sur un parcours, la difficulté est moins le geste de premiers secours que la décision. Convenez au départ que chacun peut arrêter sans se justifier et que les autres le raccompagneront. Enregistrez le numéro de l’accueil du club dans votre téléphone : le personnel sait par où une ambulance accède à chaque trou, vous non.

Pour toute question sur la chaleur et la santé, le ministère de la Santé active pendant les épisodes de canicule la ligne Canicule info service, au 0 800 06 66 66, appel gratuit depuis la métropole, de 9 h à 19 h. Elle n’est ouverte que pendant ces épisodes ; en dehors, le site vivre-avec-la-chaleur.fr de Santé publique France rassemble des conseils, y compris pour continuer une activité sportive par forte chaleur.

Où la chaleur vous attend cet automne et cet hiver

En métropole, octobre ramène des températures confortables, et la question de la chaleur se déplace avec les golfeurs. Plusieurs destinations prisées des joueurs français pour un séjour d’arrière-saison ou d’hiver restent chaudes, et chacune a ses particularités.

Maroc, Portugal et sud de l’Espagne. En octobre, les après-midi peuvent encore y être très chauds, surtout à l’intérieur des terres. Les règles décrites plus haut s’appliquent telles quelles : départ tôt, eau à chaque départ, chapeau, crème. Avant de partir, consultez la prévision du service météo du pays plutôt qu’une application généraliste. En Espagne et au Portugal, les avertissements des services nationaux sont aussi repris par Meteoalarm, le portail européen des alertes météo, avec le même code couleur que chez nous. Renseignez-vous auprès du club sur la possibilité de louer une voiturette ou un chariot, et sur les points d’eau du parcours.

La Réunion. Le calendrier y est inversé. Météo-France La Réunion décrit une saison plus chaude et plus humide de novembre à avril, l’été austral : un séjour golf de Toussaint ou de Noël tombe donc au début de la période la plus chaude. L’Institut national du cancer recommande, en outre-mer, d’éviter le soleil entre 10 h et 14 h, et non entre 12 h et 16 h comme en métropole : avancez vos départs d’autant. L’indice UV y dépasse facilement ceux que l’on connaît en Europe.

Antilles. La saison cyclonique de l’Atlantique court officiellement du 1er juin au 30 novembre. Un séjour en novembre ou en décembre se joue dans une chaleur humide, où la transpiration s’évapore mal et refroidit moins. Là aussi, la plage 10 h à 14 h est celle à éviter, et Météo-France publie une vigilance propre aux Antilles, à consulter avant chaque partie.

L’été prochain en métropole. Après juin 2026, il serait imprudent de considérer la canicule comme une exception. La ffgolf demande aux clubs d’adapter leurs activités pendant les épisodes de forte chaleur : surveiller la météo, informer les joueurs, prévoir de l’eau potable accessible, des espaces ombragés, du matériel de secours et un personnel sensibilisé. Lisez le règlement de la compétition de votre club : un horaire avancé ou un format raccourci en vigilance orange n’est pas de l’excès de prudence, c’est l’application de ces consignes.

La check-list d’une partie par trente degrés

  • La veille : carte de vigilance Météo-France, prévision heure par heure pour votre départ et les trois heures suivantes. Réservez le premier créneau possible, ou un neuf trous.
  • Avant de partir : une gourde congelée, une gourde pleine, de quoi compenser le sel, deux serviettes, un gant de rechange, crème indice 50, chapeau à larges bords, lunettes.
  • Au départ du 1 : se mettre d’accord sur le droit de chacun à arrêter. Numéro de l’accueil du club enregistré.
  • À chaque départ : quelques gorgées d’eau, soif ou pas.
  • Au trou 9 : crème à nouveau, quelque chose de salé, gourdes remplies, pas d’alcool.
  • À partir du 13 : décisions plus rapides, coups plus bas si le vent se lève, et un point honnête sur votre état.
  • Au moindre signe inquiétant : arrêt, ombre, eau ; le 15 ou le 112 si la personne est confuse ou ne transpire plus.

Une partie jouée ainsi n’a rien d’héroïque. C’est simplement une partie où le 18 est joué aussi bien que le 1, ce qui, par trente degrés, est déjà une belle performance.

Comment cette page a été préparée : les niveaux de vigilance canicule, leur mode de calcul et le bilan de l’épisode de juin 2026 viennent de Météo-France (meteofrance.com et vigilance.meteofrance.fr) ; les saisons de La Réunion de Météo-France La Réunion ; les signes du coup de chaleur, les numéros d’urgence et les conseils d’hydratation de Santé.fr, le service public d’information en santé ; le rythme d’un verre d’eau toutes les 15 à 20 minutes d’une fiche de l’INRS pour le travail par forte chaleur ; les conseils de protection solaire et les créneaux horaires de l’Institut national du cancer ; les recommandations aux joueurs et aux clubs du communiqué de la ffgolf du 18 juin 2026 ; la règle du parapluie de la règle 10.2b(5) des Règles de golf. Toutes ces sources ont été consultées en octobre 2026. Cette page est une information générale, pas un avis médical : si vous avez une maladie cardiaque ou prenez un traitement qui modifie la tolérance à la chaleur, demandez l’avis de votre médecin avant de jouer par forte chaleur. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les organismes cités.

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