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Saison

Petit jeu sur sol gelé : la fin de saison au Québec, puis le bermuda dormant de Floride et d’Arizona

Fin octobre, l'approche qui s'arrêtait à trois pieds en juillet rebondit sur le tablier gelé et file au fond du vert. Sur un sol dur et une herbe qui ne pousse plus, le coup levé devient le pari et l'approche roulée devient le coup sûr. Voici comment adapter le petit jeu aux dernières semaines de la saison au Québec, puis au bermuda dormant de la Floride et de l'Arizona.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 9 min
Un bunker au bord d'un green, sous un ciel pâle d'automne et devant une lisière de bois
Photo cottonbro studio / Pexels

En bref

  • Un sol froid et ferme fait rebondir la balle plus haut et rouler plus loin, et le givre qui dégèle en après-midi peut changer le même coup entre 8 h et 14 h.
  • Faites rouler la balle tôt : le fer droit hors du vert d'abord, puis l'approche roulée au fer 9 ou au fer 7, et le coup levé seulement s'il faut franchir un obstacle.
  • Sur le territoire de Golf Québec, la saison active va du 15 avril au 31 octobre ; en Floride et en Arizona, actives toute l'année, une ronde d'hiver compte pour l'index.
  • Lisez les règles locales avant de partir : la Règle locale type E-3 (placer la balle), la Règle 16.3 (balle enfouie) et les fosses de sable fermées changent vos options.

Fin octobre, un matin à deux degrés : votre balle d’approche touche le tablier, rebondit à hauteur de genou et file au fond du vert. Le même coup, en juillet, se serait posé et arrêté à trois pieds du trou. Vous n’avez rien perdu de votre toucher pendant l’été. C’est le sol qui a changé sous vos pieds : plus ferme, parfois gelé en surface, couvert d’une herbe qui ne pousse presque plus. Sur ce terrain, le coup levé et coupé qui faisait votre fierté devient le plus risqué du sac, et l’approche roulée, modeste, devient le plus sûr. Voici comment adapter chaque coup autour du vert pendant les dernières semaines de la saison québécoise, puis sur le bermuda dormant de la Floride ou de l’Arizona si vous partez jouer au sud cet hiver.

Sol dur, herbe au repos, balle froide : trois changements en même temps

Le premier changement est sous la balle : un sol froid se raffermit, et le givre du matin ajoute une croûte qui dégèle dans l’après-midi. Une balle qui tombe sur cette surface rebondit plus haut et roule beaucoup plus loin que vos repères d’été ne le prévoient.

Le deuxième changement tient à l’herbe. Les graminées de climat frais de nos allées et de nos verts ralentissent quand le sol se refroidit : gazon plus mince, balle qui repose plus bas, aucun coussin pour pardonner un contact gras.

Le troisième, c’est la balle : froide, elle sort de la face avec un peu moins de vitesse et d’effet rétro, ce qui rend le coup levé encore moins fiable.

Le fer droit d’abord, même hors du vert

Commencez votre réflexion par le bâton le plus simple. Quand le tablier et l’abord du vert sont fermes et tondus court, une balle frappée au fer droit les traverse de façon bien plus prévisible qu’en été. Un coup roulé qui sort de sa ligne d’un pied finira encore près du trou ; un coup d’approche frappé un quart de pouce trop tôt, lui, peut rester à mi-chemin.

Deux situations doivent toutefois vous faire changer d’avis. Une plaque de givre ou une zone détrempée dans la ligne va freiner la balle sans prévenir. Un tablier laissé long, avec un grain marqué, peut la dévier. Regardez donc le sol entre la balle et le vert avant de choisir, et donnez plus de vitesse que votre instinct ne le suggère : une herbe froide qui pousse peu retient souvent la balle davantage que le gazon de juillet.

Variante utile : l’hybride joué comme un coup roulé, dont la semelle large glisse sur une surface mince. Essayez-le d’abord sur le vert de pratique.

L’approche roulée, coup de base de l’arrière-saison

Si le fer droit ne convient pas, la deuxième option est l’approche roulée. L’idée : faire atterrir la balle tôt, juste sur le vert ou même un peu avant si l’abord est lisse, et laisser le sol faire le reste du travail. Elle pardonne beaucoup plus qu’un coup levé, parce qu’elle ne demande pas au bâton de glisser sous la balle. Sur une position serrée, un contact un peu gras ou un peu mince suffit à rater un coup levé.

Plusieurs enseignants raisonnent en proportions entre le vol et le roulement : avec le cocheur d’allée, la balle vole environ un tiers du trajet ; avec le fer 9, environ un quart ; avec le fer 8 ou le fer 7, encore moins. Sur un sol froid et ferme, chacun de ces coups roulera plus que ces proportions ne l’indiquent. Prenez donc un bâton de moins d’angle que d’habitude, ou visez un point d’atterrissage plus court.

Pour la technique, quatre repères suffisent :

  • Pieds rapprochés, poids sur le pied avant, balle légèrement en arrière du centre.
  • Mains devant la balle à l’adresse, et encore devant à l’impact.
  • Un mouvement de balancier des épaules, comme pour un long coup roulé, avec très peu de jeu des poignets.
  • Avant de commencer, regardez votre point d’atterrissage, pas le drapeau.

Où le petit jeu change : fin de saison au Québec, bermuda dormant au sud

Les dernières semaines au Québec. Sur le territoire de Golf Québec, la saison active pour l’inscription des pointages va du 15 avril au 31 octobre. Une ronde jouée sur un terrain québécois à partir du 1er novembre n’entre donc plus dans votre index de handicap, même si votre club a encore des heures de départ. En octobre, les pointages comptent encore, mais les matins sont déjà hivernaux. Attendez-vous à des départs retardés quand le givre couvre le terrain, car marcher sur une herbe gelée brise les brins et laisse des traces visibles longtemps. Une fois sur le terrain, jouez bas par défaut le matin, puis réévaluez après le dîner, quand la surface aura dégelé. En fin de saison, certains clubs passent aussi à des verts temporaires : sur ces surfaces souvent bosselées, une balle roulée depuis l’allée reste plus fiable qu’un coup levé.

La Floride et l’Arizona en hiver. Si vous descendez au sud entre novembre et avril, le problème change de nature. Les terrains y reposent en grande partie sur le bermuda, une graminée de climat chaud qui entre en dormance au froid : l’herbe jaunit, cesse de pousser, et la balle repose serrée sur un sol ferme et rapide autour des verts. Bien des terrains y sèment du ray-grass à l’automne pour garder le vert de la pelouse. Résultat : la balle peut reposer haut sur un ray-grass dense à un endroit, puis à plat sur du bermuda dormant trois pas plus loin, là où le semis n’a pas pris. Examinez la position à chaque coup et choisissez le bâton selon ce qu’il y a sous la balle, pas selon ce qui a fonctionné la veille.

Bonne nouvelle pour votre index : la Florida State Golf Association et l’Arizona Golf Association ont une saison active toute l’année. Selon l’USGA, une ronde jouée dans une région en saison active doit être inscrite si elle répond aux critères d’un pointage acceptable, même quand votre région d’origine est en saison inactive. Votre ronde de février à Naples ou à Scottsdale compte donc, à inscrire comme pointage joué à l’extérieur.

Quand il faut porter la balle : le cocheur au rebond le plus marqué

Parfois, rouler n’est pas possible : une fosse de sable entre vous et le drapeau, un vert perché sur un plateau. La balle doit voler. Acceptez alors deux réalités : elle roulera plus loin qu’en été, et la qualité du contact n’a jamais autant compté.

Prenez le cocheur dont l’angle de rebond est le plus prononcé, en général le cocheur de sable, plutôt que le cocheur d’allée ou le cocheur d’approche à faible rebond. Le rebond, c’est l’angle de la semelle qui empêche le bâton de s’enfoncer. Sur un sol dur, cette semelle peut toutefois ricocher vers la balle : gardez la tige plus droite à l’adresse qu’en été, et faites un élan plus plat qui effleure le sol au lieu de le frapper vers le bas. Choisissez un point d’atterrissage nettement plus court qu’en juillet, et attendez-vous à voir la balle repartir.

Sur un sol vraiment gelé, visez le centre du vert : deux coups roulés de là sont un excellent résultat.

Les fosses de sable quand le froid s’installe

Selon la météo des jours précédents, le sable d’automne est tassé par la pluie, ferme en surface et meuble dessous, ou croûté par le gel.

Un sable mouillé et tassé se joue davantage comme une position ferme que comme une fosse. L’explosion large, qui projette beaucoup de sable, fonctionne mal parce que la semelle rebondit sur la surface. Ouvrez moins la face, entrez un peu plus près derrière la balle et faites un élan plus court et plus ferme. La balle sortira plus bas et roulera plus loin. Si la lèvre est basse et le sable dur, un coup au fer droit ou une approche roulée au fer 9 peut être plus sûr, à condition de ne pas toucher le sable avec votre bâton avant le coup, ce que les Règles interdisent.

Certains terrains ferment leurs fosses de sable en fin de saison ou les déclarent terrain en réparation. Lisez les règles locales affichées au premier départ ou sur la carte de pointage : elles peuvent vous accorder un dégagement sans pénalité là où vous auriez dû jouer le coup.

Ce que les règles peuvent vous accorder

La première est la Règle locale type E-3, « Placer la balle ». Quand le comité l’adopte, une balle qui repose dans une zone tondue à la hauteur de l’allée ou moins, dans la zone générale, peut être placée dans une petite zone de dégagement dont le comité fixe la taille, par exemple une longueur de bâton ou la longueur d’une carte de pointage, sans se rapprocher du trou. Si elle est en vigueur, servez-vous-en : elle transforme une position serrée et boueuse près du vert en position propre.

La seconde est la Règle 16.3, « Balle enfouie ». Une balle qui reste dans sa propre marque d’impact dans la zone générale, une partie sous le niveau du sol, donne droit à un dégagement sans pénalité. Le point de référence est situé juste derrière la balle, et la zone de dégagement mesure une longueur de bâton à partir de ce point, sans se rapprocher du trou. Il n’y a pas de dégagement si la balle est enfouie dans le sable d’une partie de la zone générale qui n’est pas tondue à la hauteur de l’allée ou moins.

Avant votre prochaine ronde d’arrière-saison

Trois exercices, faisables sur l’aire de petit jeu de votre club tant qu’elle est ouverte, vous donneront de vrais repères :

  • L’échelle de trois bâtons. Du même endroit, juste à côté du vert, jouez la même approche avec le cocheur d’allée, le fer 9 et le fer 7 vers le même trou. Notez où chacune doit atterrir : ces écarts deviennent votre carnet de distances de fin de saison.
  • La serviette. Posez une petite serviette sur le vert à quelques pas et faites-y atterrir chaque approche. En arrière-saison, elle se rapproche de vous.
  • Le matin et l’après-midi. Si vous le pouvez, jouez la même approche tôt puis en fin de journée. Vous verrez à quel point le dégel change le roulement.

Le jour de la ronde, gardez l’ordre en tête : fer droit, puis approche roulée, puis coup levé seulement s’il le faut. Lisez les règles locales au premier départ, et rappelez-vous qu’après le 31 octobre une ronde jouée au Québec ne compte plus pour l’index, alors qu’en Floride ou en Arizona elle compte.

L’arrière-saison ne rendra pas votre petit jeu plus spectaculaire. Elle récompense le golfeur qui choisit le coup le plus simple pour le sol qu’il a devant lui, et cette habitude vous suivra jusqu’au printemps.

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