Balles déroutées sur le col : régler le problème cet hiver au simulateur et avec un pro au Québec
Dérouter la balle n'a rien d'une malédiction. Le col arrive là où devrait se trouver le centre de la face, quelques défauts de posture et d'élan l'expliquent, et la longue saison morte québécoise laisse le temps de le régler au simulateur ou avec un professionnel avant le printemps.
En bref
- Une balle déroutée frappe le col arrondi du bâton et non la face, d'où son départ presque à angle droit, sans courbe.
- Les coupables : mauvaise distance à la balle, poids qui file vers les orteils, redressement pendant la descente, trajectoire qui sort vers l'extérieur et prise crispée.
- Poudre pour pieds sur la face, bras qui pend à la prise de position et vidéo de derrière révèlent votre version en dix minutes.
- La saison active de Golf Québec finit le 31 octobre : le répertoire Find a Pro de la PGA du Canada et les simulateurs intérieurs permettent de corriger le tir d'ici avril.
Dernière ronde d’octobre, le sol est froid, les feuilles couvrent la moitié de l’allée. Vous prenez votre cocheur pour une approche de 60 verges, l’élan vous paraît normal, et la balle part à angle droit, basse et rapide, vers les érables à droite. Personne ne dit rien dans le groupe, mais tout le monde a reconnu le bruit. Le coup suivant, vous serrez le bâton un peu plus fort, vous ralentissez, et il recommence. Si la saison se termine là-dessus, vous risquez de traîner cette crainte tout l’hiver. Bonne nouvelle : ce coup n’a rien d’une malédiction. Il a une seule cause mécanique, quelques coupables connus et des exercices simples qui se font très bien dans un centre intérieur entre novembre et avril. Voici comment le comprendre, trouver votre version à vous et arriver au printemps débarrassé du problème.
Dérouter : le mot juste et ce qu’il désigne vraiment
Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française donne le verbe dérouter comme équivalent de l’anglais shank, dans le domaine du golf. On dit donc qu’on a dérouté la balle. Le même dictionnaire nomme col (hosel), ou col de la tête, ou encore douille, la partie creuse de la tête du bâton dans laquelle la tige est fixée. Ces deux mots suffisent à expliquer tout le phénomène.
Sur un fer ou un cocheur, la face plate se termine du côté du talon par ce col arrondi. Quand vous déroutez la balle, elle ne rencontre pas la face, ou à peine son extrême bord, mais la surface courbe du col. Une surface courbe renvoie la balle presque de côté : à droite pour un droitier, à gauche pour un gaucher. La balle ne tourne presque pas en vol ; elle part simplement dans la mauvaise direction.
D’où la seule règle à retenir : peu importe l’allure de votre élan, une balle déroutée signifie que le col est arrivé à l’endroit où le centre de la face aurait dû se trouver. À l’impact, la tête du bâton était plus loin de votre corps qu’à la prise de position, d’environ un pouce. Tous les remèdes qui suivent servent soit à la ramener vers vous, soit à l’empêcher de s’éloigner.
Cette précision évite une erreur courante : confondre ce coup avec la balle qui courbe vers la droite. La courbe vient d’une face ouverte par rapport à la trajectoire du bâton. La balle déroutée vient de l’endroit du contact. Corriger l’une ne corrige pas l’autre, et chercher du côté de la face quand le problème est une question de distance fait perdre des semaines.
Dix minutes de diagnostic avant de changer quoi que ce soit
On a envie de tout corriger d’un coup. Mieux vaut d’abord savoir ce qui se passe, et trois vérifications suffisent.
Regardez où la balle frappe la face. Vaporisez de la poudre pour pieds en aérosol sur la face d’un fer 7, ou collez-y du ruban d’impact, puis frappez cinq balles. Si les marques se regroupent près du talon, à quelques millimètres du col, vos balles déroutées ne sont pas des accidents isolés : vous frappez déjà sur le bord, et le coup raté n’est que le pire d’une série. C’est plutôt encourageant, parce que la même correction rendra aussi vos bons coups plus solides.
Mesurez votre distance à la balle. Placez-vous normalement avec le fer 7, lâchez le bâton de la main arrière et laissez ce bras pendre librement. Il devrait tomber à peu près entre la main avant et le corps. S’il pend nettement plus près de vous que vos mains, vous allez chercher la balle trop loin. Si vos mains frôlent presque vos cuisses, vous êtes collé dessus.
Filmez-vous de derrière. Un téléphone posé au sol derrière vos mains, aligné sur la ligne de jeu, montre si les hanches avancent vers la balle pendant la descente et si la tête monte ou plonge vers l’avant. Comparez seulement deux images : la position de départ et l’impact. L’écart saute aux yeux.
Les coupables habituels
Les professionnels qui enseignent revoient sans cesse les mêmes schémas. La plupart des golfeurs qui déroutent la balle en cumulent un, parfois deux.
Une mauvaise distance dès le départ. Trop près, le bâton n’a plus d’espace pour revenir à sa place sans que les mains partent vers l’extérieur. Trop loin, le poids glisse vers la pointe des pieds pendant l’élan pour aller chercher la balle. Dans les deux cas, le col arrive au rendez-vous.
Le poids qui file vers les orteils. C’est la cause la plus répandue chez les amateurs. Au départ, le poids repose au milieu des pieds ; pendant la descente, il avance vers les orteils, le corps se rapproche de la balle et les mains suivent. Ça arrive souvent en fin de ronde, quand la fatigue s’installe, ou quand la balle est plus basse que vos pieds dans une pente.
Le redressement pendant la descente. Si les hanches avancent vers la balle en descendant, ce que les enseignants appellent l’extension précoce, l’espace entre le corps et la balle rétrécit. Les bras sont poussés vers l’extérieur pour passer, et la tête du bâton part avec eux.
Une trajectoire qui sort vers l’extérieur. Certains déroutent la balle en lançant le bâton par-dessus au début de la descente. D’autres, souvent de meilleurs joueurs, font l’inverse : le bâton arrive trop de l’intérieur, la face reste ouverte et les mains sont poussées vers la balle pour sauver le coup. Deux mouvements opposés, un même résultat.
La crispation. Une prise serrée et des avant-bras bloqués empêchent la face de se refermer et les bras de rester près du corps. Après une première balle déroutée, presque tout le monde serre davantage et ralentit, ce qui prépare la suivante. Voilà pourquoi ce coup semble arriver par grappes.
Le froid de fin de saison. En octobre, avec plusieurs épaisseurs sur le dos, l’élan raccourcit et les bras ont moins de liberté. Bien des golfeurs compensent en avançant le haut du corps vers la balle. Ce n’est pas une cause à part entière, mais c’est souvent l’élément déclencheur des dernières rondes.
Quatre exercices qui se font aussi bien sur un tapis
Choisissez celui qui correspond à ce que le diagnostic vous a montré. Commencez par des demi-élans avec un cocheur ou un fer 9, et passez aux élans complets seulement quand le contact est propre.
La barrière à l’extérieur. Posez une deuxième balle, ou un couvre-bâton, à environ un pouce et demi au-delà de la balle à frapper, du côté opposé à vos pieds. Frappez la balle intérieure sans toucher l’autre. Si les deux bougent, le bâton s’est éloigné. C’est l’exercice classique parce que la réponse est immédiate et qu’il pousse le cerveau à viser la pointe de la face. La plupart des golfeurs alignent dix contacts propres en quelques minutes.
Viser la pointe. Placez la balle vis-à-vis de la pointe du bâton plutôt que du centre. Beaucoup découvrent qu’ils frappent alors en plein centre. La sensation paraît étrange pendant une douzaine de balles, puis elle devient un repère qu’on peut emporter sur le parcours.
Le poids sur les talons. Frappez des demi-coups en soulevant légèrement les orteils dans vos souliers. Si le poids ne peut pas aller vers l’avant des pieds, le corps ne peut pas glisser vers la balle. Dix coups ainsi, puis dix coups normaux en gardant la même sensation dans les talons.
Le fessier contre l’appui. Placez une chaise ou un sac de golf juste derrière vous et touchez-le légèrement avec le fessier à la prise de position. Faites des élans lents en gardant ce contact jusqu’à l’impact. Les hanches restent en arrière et l’espace devant vous reste ouvert. D’abord sans balle, puis avec des coups faciles quand le contact tient.
Quel que soit l’exercice, relâchez la prise. Sur une échelle de un à dix, tenez le bâton autour de quatre : assez ferme pour le contrôler, assez souple pour que les avant-bras tournent. Ce seul changement règle déjà une partie des cas.
Si ça arrive pendant une des dernières rondes
Les exercices se font au champ de pratique. Sur le parcours, il faut quelque chose de plus simple pour jouer le coup suivant sans démonter tout l’élan.
- Reculez d’un demi-pouce. C’est la correction la plus rapide et celle qui risque le moins de créer un autre défaut.
- Sentez le poids dans les talons à la prise de position, et faites un élan un peu plus court et plus coulé.
- Regardez la partie intérieure de la balle, celle qui est la plus proche de vous. Les yeux guident souvent le bâton.
- Prenez un bâton de plus et frappez moins fort. L’effort pousse le corps vers la balle. Un élan aux trois quarts, aux deux tiers de la vitesse, déroute beaucoup moins.
- Autour du vert, laissez tomber le cocheur si la petite levée vous fait peur. Une approche roulée au fer 7, jouée comme un coup roulé, retire le col du jeu le temps de terminer la ronde.
Un mot sur les règles. Une balle déroutée qui franchit les piquets blancs est hors limites, et la réponse normale est coup et distance. Si le comité a adopté la règle locale type E-5, vous pouvez, avec deux coups de pénalité, laisser tomber une balle près de l’endroit où la première est sortie, jusqu’au bord de l’allée la plus proche, au lieu de retourner jouer. Elle ne s’applique pas si la balle est allée dans une zone de pénalité ni si vous avez déjà joué une balle provisoire. Au Québec, des clubs la réservent au jeu ordinaire et aux ligues et l’écartent de leurs championnats : lisez les règles locales affichées au premier tertre ou sur la carte de pointage.
Où corriger le tir au Québec pendant l’hiver
La saison active de Golf Québec se termine le 31 octobre. Pour la plupart des golfeurs, il reste donc cinq mois sans parcours, et c’est une excellente nouvelle pour ce problème précis : on peut le régler au calme, sans carte de pointage, avant même de revoir une allée.
Un professionnel de la PGA du Canada. Ce coup est l’un de ceux qu’un enseignant règle le plus vite, souvent en une leçon, parce que la cause se voit à la vidéo. Le répertoire Find a Pro du site de la PGA du Canada permet de chercher un professionnel par ville et province ou par code postal, dans un rayon en kilomètres, et de cocher la spécialisation enseignement. Les professionnels du Québec appartiennent aussi à la PGA du Québec, la section provinciale. Dites dès le départ que vous venez pour des balles déroutées : vous gagnerez vingt minutes. Notre guide pour planifier ses leçons l’hiver et choisir son pro explique comment préparer la séance.
Le simulateur intérieur. Golf Canada rapporte que 41 % des golfeurs canadiens jouent désormais sur simulateur, contre environ 23 % en 2022, et les centres intérieurs se sont multipliés un peu partout dans la province. L’écran montre la direction de départ de la balle : une balle déroutée y est flagrante, même quand l’emplacement de l’impact n’est pas affiché. Apportez votre aérosol ou votre ruban d’impact, et la séance devient un vrai test. Une mise en garde, toutefois : sur un tapis, le bâton rebondit sur la surface, si bien qu’un coup légèrement gras peut sembler correct. Jugez l’endroit du contact sur la face, pas le chiffre à l’écran. Notre dossier sur les radars et simulateurs pour l’hiver aide à interpréter ces chiffres.
Le sous-sol. Les exercices du fessier contre l’appui et des orteils soulevés se font sans balle, devant un miroir, quelques minutes par soir. Ils entretiennent la bonne sensation entre deux visites au centre intérieur.
La posture d’abord. Une bonne part des balles déroutées commence avant même que le bâton bouge, par une position de balle ou une posture qui a dérivé au fil de l’été. Révisez les bases avec notre article sur la prise, la posture et l’alignement. Au printemps, avant la première ronde, une séance de champ de pratique bien organisée permettra de vérifier que la correction tient sur du vrai gazon.
Le plan pour arriver au printemps sans crainte
- Ce qui se passe : le col arrive là où le centre de la face devrait être ; le bâton est plus loin de vous à l’impact qu’au départ.
- Le diagnostic : aérosol sur la face, bras qui pend à la prise de position, vidéo de derrière.
- Les exercices : la barrière à l’extérieur, viser la pointe, le poids sur les talons, le fessier contre l’appui.
- Sur le parcours : reculer un peu, poids sur les talons, regarder l’intérieur de la balle, frapper moins fort.
- L’aide : une leçon avec un professionnel de la PGA du Canada trouve généralement la cause à la vidéo.
Cette semaine, à votre prochaine visite au champ de pratique ou au centre intérieur, apportez une bombe de poudre pour pieds et une deuxième balle. Marquez la face, frappez cinq fers 7 et regardez les traces. Si elles sont près du talon, installez la barrière et frappez vingt demi-coups de cocheur sans toucher la balle extérieure. Un quart d’heure, une fois par semaine jusqu’en avril : pour la plupart des golfeurs, c’est la fin des balles déroutées, ou du moins la fin de la peur qui vient avec.






