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Technique

Shank au practice d’hiver : d’où vient le socket et où le corriger en France, du tapis au pro PGA

Le socket n'est pas une malédiction. Il a une seule cause physique, le col du club qui arrive là où devrait se trouver le centre de la face, quelques habitudes qui le provoquent, et des exercices simples que les séances d'hiver sur tapis permettent de travailler à fond avant le printemps.

La rédaction Panxis Golf, desk France (Camille Laurent) · · 11 min
Golfeur vu de dos sur un practice, le club encore levé après la frappe, des balles éparpillées autour d'un drapeau jaune
Photo Kampus Production / Pexels

En bref

  • Dans un shank, la balle frappe le col arrondi du club et non la face : elle part presque à angle droit au lieu de tourner comme un slice.
  • Spray sur la face, test du bras qui pend et vidéo de dos désignent la cause en un quart d'heure : distance à la balle, poids sur les orteils, redressement, trajectoire ou grip trop serré.
  • Sur tapis, jugez le point de contact plutôt que la trajectoire ; sur un parcours d'hiver gras, reculez de quelques centimètres et jouez un club de plus en trois quarts.
  • Un pro trouvé via la recherche de PGA France corrige souvent le shank en une leçon ; la règle locale E-5 dépend du comité de votre club, la ffgolf ne l'applique pas en épreuves fédérales.

Novembre, un practice de club à la tombée du jour, des tapis alignés sous l’auvent et un seau de balles qui fond vite. Vous enchaînez des fers 8 corrects, puis une balle part à angle droit, rase le sol et file vers le filet de droite, presque dans les pieds du voisin. Le shank, que beaucoup appellent aussi le socket, est le coup le plus humiliant du golf parce qu’il ne prévient pas et qu’il laisse une trace dans la tête : on se crispe, on ralentit, on « fait attention », et c’est précisément ce qui en provoque un deuxième. Pourtant ce coup n’a rien de mystérieux. Il obéit à une seule loi physique, il naît de quelques habitudes bien identifiées, et l’hiver, avec ses séances sur tapis et ses parcours détrempés, est le meilleur moment de l’année pour le faire disparaître avant le retour des compétitions de printemps.

Un seul coupable : le col du club

Sur un fer ou un wedge, la tête est reliée au manche par une pièce arrondie, le hosel, qu’on appelle aussi le col du club. Quand vous shankez, la balle ne touche pas la face, ou à peine son extrême talon. Elle percute ce col, et comme la surface est courbe, elle repart presque à la perpendiculaire : franchement à droite pour un droitier, à gauche pour un gaucher.

Retenez la conséquence, elle simplifie tout le reste. Quelle que soit l’allure de votre swing, un shank signifie toujours que le col est arrivé à l’endroit où aurait dû se trouver le centre de la face. Autrement dit, à l’impact, la tête de club était plus loin de votre corps qu’à l’adresse, de deux ou trois centimètres. Chaque correction proposée ici sert à une seule chose : ramener la tête vers vous, ou l’empêcher de s’éloigner pendant la descente.

Cette loi explique aussi pourquoi corriger un slice ne règle pas le shank. Le slice est une affaire de face ouverte par rapport à la trajectoire du club : la balle part puis tourne. Le shank est une affaire de point de contact : la balle ne tourne presque pas, elle part simplement dans la mauvaise direction dès le départ. Deux problèmes distincts, deux traitements distincts.

Trois tests avant de toucher à votre swing

Inutile de démonter votre technique au hasard. Un quart d’heure de diagnostic sur un poste de practice suffit pour savoir de quel shank vous souffrez.

Le marquage de la face. Vaporisez un spray pour les pieds en poudre sur la face d’un fer 7, ou collez une étiquette d’impact, puis frappez cinq balles. Regardez où s’impriment les traces. Si elles se groupent côté talon, tout près du col, votre shank n’est pas un accident isolé : vous frappez déjà au bord de la zone utile, et le socket n’est que le pire coup d’une série décentrée. C’est plutôt rassurant, car la correction améliorera du même coup vos frappes ordinaires.

Le bras qui pend. Prenez votre posture habituelle avec le fer 7, lâchez le club de la main arrière et laissez ce bras tomber, détendu. Il doit pendre à peu près entre votre main avant et vos cuisses. S’il tombe nettement plus près du corps que vos mains, vous êtes trop loin de la balle et vous allez chercher le coup ; si vos mains frôlent presque vos cuisses, vous êtes collé à la balle et le club n’a plus de place pour revenir.

La vidéo de dos. Posez votre téléphone au sol derrière vos mains, aligné sur la ligne de jeu, et filmez trois swings. Comparez seulement deux images : l’adresse et l’impact. Vos hanches se sont-elles avancées vers la balle ? Votre tête s’est-elle relevée ou déplacée vers l’avant ? Vos mains sont-elles plus loin de vos cuisses qu’au départ ? Ces trois questions désignent presque toujours la cause.

Les cinq chemins qui mènent au socket

Les enseignants retrouvent les mêmes schémas d’un élève à l’autre. La plupart des joueurs qui shankent en cumulent un, parfois deux.

Une distance à la balle mal réglée. Trop près, le club ne peut pas revenir à son point de départ sans que les mains s’écartent du corps. Trop loin, le poids glisse vers l’avant des pieds pour aller chercher la balle. Dans les deux cas, le col arrive en premier.

Le poids qui bascule sur la pointe des pieds. C’est la cause la plus fréquente chez les amateurs. À l’adresse, le poids repose au milieu des pieds ; pendant la descente, il file vers les orteils, le buste se rapproche de la balle et les mains suivent. La fatigue de fin de partie et les balles situées plus bas que les pieds favorisent ce glissement, ce qui explique les shanks qui surgissent au 16 ou dans une pente.

Le redressement pendant la descente. Quand le bassin avance vers la balle au lieu de tourner, mouvement que les pros appellent souvent l’extension précoce, l’espace entre le corps et la balle se réduit. Les bras doivent alors s’écarter pour passer, et la tête de club part avec eux.

Une trajectoire qui s’éloigne du corps. Certains joueurs shankent en lançant le club vers l’extérieur dès le début de la descente, le fameux mouvement par-dessus. D’autres, souvent de meilleurs niveaux, font l’inverse : le club descend trop par l’intérieur, la face reste ouverte, et les mains sont poussées vers la balle pour sauver le coup. Deux trajectoires opposées, un même point d’impact.

La crispation. Un grip serré et des avant-bras bloqués empêchent la face de se refermer et désolidarisent les bras du corps. Après un premier socket, presque tout le monde serre davantage et ralentit, ce qui prépare le suivant. Voilà pourquoi le shank arrive rarement seul : il s’alimente de la peur qu’il crée.

Des exercices de practice, du plus simple au plus fin

Choisissez l’exercice qui correspond à ce que vos tests ont montré. Commencez toujours par des demi-swings avec un wedge ou un fer 9, et ne passez au swing complet qu’après une dizaine de frappes propres d’affilée.

La balle sentinelle. Posez une deuxième balle, ou une housse de bois, à environ quatre centimètres à l’extérieur de celle que vous allez frapper, du côté opposé à vos pieds. Frappez la balle intérieure sans toucher la sentinelle. Si les deux partent, votre club s’est éloigné de vous. C’est l’exercice de référence contre le shank parce que la sanction est immédiate et que le cerveau se met de lui-même à viser la pointe de la face. En quelques minutes, la plupart des joueurs alignent dix frappes sans toucher l’obstacle.

La balle en face de la pointe. À l’adresse, placez la balle en face de la pointe du club plutôt qu’au centre de la face. Beaucoup de joueurs qui shankent touchent alors pile le centre. La sensation paraît étrange pendant une douzaine de balles, puis elle devient un repère que vous pourrez emporter sur le parcours.

Les talons lestés. Frappez des demi-coups en soulevant légèrement les orteils dans vos chaussures, ou en glissant un club au sol sous l’avant de vos pieds. Si le poids ne peut pas partir vers les orteils, le corps ne peut pas plonger vers la balle. Dix coups ainsi, puis dix coups normaux en cherchant à garder la même sensation dans les talons.

Le fessier contre l’appui. Placez votre sac ou une chaise juste derrière vous et prenez votre posture en l’effleurant du bassin. Faites des swings lents en gardant ce contact jusqu’après l’impact. Le bassin reste en arrière et l’espace devant vous reste ouvert. Commencez sans balle ; quand le contact tient, frappez des coups tranquilles.

Dans tous les cas, desserrez le grip. Sur une échelle de un à dix, tenez le club autour de quatre : assez ferme pour le contrôler, assez souple pour laisser tourner les avant-bras. Pour beaucoup de joueurs, ce seul réglage suffit. Et si vous voulez structurer vos seaux de balles plutôt que de les vider à la chaîne, notre méthode pour une séance de practice utile s’applique très bien à ce travail.

Où travailler son shank cet hiver en France

De novembre à mars, la plupart des golfeurs français passent plus de temps au practice qu’en partie, et les practices de club restent ouverts tout l’hiver, souvent avec une partie des postes couverts et éclairés. C’est une chance pour qui veut régler un shank : le volume de balles est là, la pression du score ne l’est pas. Encore faut-il savoir lire ce que l’hiver vous montre.

Le tapis, un juge indulgent. Sur un tapis, le club rebondit sur la surface : un coup légèrement gratté passe quand même et semble correct. En revanche, le tapis ne ment pas sur le point de contact, et le bruit d’une frappe en talon, plus sourd et métallique, s’entend nettement. Concentrez-vous donc sur l’endroit où la balle touche la face, marquée au spray, et pas sur la trajectoire. Vérifiez aussi l’alignement du tapis : beaucoup de postes ne sont pas parfaitement orientés vers les cibles, et un joueur qui s’aligne de travers compense souvent en poussant les mains vers la balle.

Les conditions grasses sur le parcours. Quand vous jouez en hiver, les allées sont lourdes et les balles souvent posées dans une herbe humide, parfois sur des lies en pente que le terrain détrempé rend glissants. Le réflexe naturel consiste à aller chercher la balle en avançant le poids vers les orteils, exactement le mouvement qui produit le socket. Écartez-vous de quelques centimètres, élargissez un peu les appuis pour la stabilité, et sur sol boueux, préférez un club de plus joué en trois quarts.

Un enseignant PGA France. Le shank fait partie des défauts qu’un pro corrige le plus vite, souvent en une seule leçon, parce que la cause se voit à la vidéo. Le site de PGA France, pgafrance.org, propose une recherche d’un pro avec un filtre par ligue, ainsi qu’une recherche de cours sur carte pour trouver un enseignant près de chez vous. Annoncez d’emblée que vous venez pour un shank : vous gagnerez vingt minutes. Notre guide pour tirer parti d’une leçon de golf explique comment préparer la séance.

Les débutants en route vers la carte verte. Si vous préparez le Pass Carte Verte ffgolf, le parcours d’apprentissage en trois niveaux proposé par les clubs et les enseignants PGA France, ne laissez pas un shank s’installer pendant la formation. Parlez-en à votre enseignant dès qu’il apparaît : à ce stade, il vient presque toujours de la posture ou de la distance à la balle, et se corrige en quelques séances. Avant tout, repassez par les bases de notre guide sur le grip et la posture : une bonne part des shanks commence avant même que le club bouge.

Sur le parcours : finir la partie sans rechute

Les exercices sont pour le practice. En partie, il vous faut quelque chose de plus simple, qui vous permette de jouer le coup suivant sans rouvrir tout le chantier du swing.

  • Reculez d’un ou deux centimètres par rapport à la balle. C’est la correction la plus rapide et celle qui risque le moins d’en créer une autre.
  • Installez le poids dans les talons à l’adresse, et raccourcissez légèrement le swing.
  • Fixez la face intérieure de la balle, celle qui est tournée vers vous. Le regard guide souvent la tête de club.
  • Prenez un club de plus et swinguez en douceur. L’effort pousse le corps vers la balle ; un trois quarts à vitesse réduite shanke beaucoup moins.
  • Autour du green, rangez le wedge si une petite approche levée vous inquiète soudain. Une approche roulée au fer 7 ou un coup de putter depuis l’avant-green gardent le col hors du jeu jusqu’à la fin de la partie.

Un mot sur les règles, car un shank finit souvent au-delà des piquets blancs. Hors limites, la procédure de base reste le coup et distance. Depuis 2019, les Règles de golf prévoient une règle locale type E-5 qui permet, si le comité l’a adoptée, de dropper près de l’endroit où la balle est sortie avec deux coups de pénalité, sans retourner au point de départ. En France, la ffgolf précise dans les règles locales de ses épreuves fédérales que cette règle n’y est pas applicable ; dans votre club, en partie amicale ou en compétition de club, c’est le comité qui décide. Consultez les règles locales affichées au club ou demandez à l’accueil, et revoyez au passage notre article sur les règles de golf les plus mal comprises, balle provisoire comprise.

Votre plan pour la prochaine séance

  • Comprendre : le col arrive où devrait être le centre de la face ; à l’impact, le club est plus loin de vous qu’à l’adresse.
  • Diagnostiquer : spray sur la face, test du bras qui pend, vidéo de dos.
  • Corriger : balle sentinelle, balle face à la pointe, poids dans les talons, bassin contre un appui.
  • Jouer : un peu plus loin de la balle, poids dans les talons, regard sur la face intérieure, swing plus doux.
  • Se faire aider : une leçon avec un pro PGA France suffit souvent à trouver la cause à la vidéo.

Pour votre prochaine séance d’hiver, glissez dans le sac une bombe de spray pour les pieds et une balle de plus. Marquez la face, frappez cinq fers 7 depuis le tapis et lisez les traces. Si elles se trouvent vers le talon, installez la sentinelle et enchaînez vingt demi-wedges sans la toucher. Un quart d’heure suffit, et pour la plupart des joueurs c’est la fin du shank, ou du moins la fin de la peur qui l’accompagne. Au printemps, quand les allées auront séché, vous retrouverez le parcours avec un repère solide plutôt qu’une appréhension.

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