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Technique

Étangs et milieux humides : les options de la zone de pénalité que les golfeurs québécois oublient

La Règle 17 offre jusqu'à quatre façons de sortir d'une zone de pénalité, et la plupart des golfeurs n'en utilisent qu'une. Jouer la balle sans pénalité, rejouer du départ, reculer sur la ligne jusqu'à sa distance préférée, mesurer le dégagement latéral depuis le bon point : chaque option a son trou. Et au Québec, il faut aussi savoir lire l'herbe haute au bord de l'eau, les piquets à sommet vert des milieux humides et les feuilles d'automne.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 9 min
Plan d'eau au premier plan, piquets rouges sur la berge, bunkers et green au fond
Photo CK Seng / Pexels

En bref

  • Dans une zone de pénalité, vous pouvez poser votre bâton au sol et enlever les détritus : jouer la balle comme elle repose ne coûte aucun coup.
  • Le dégagement par recul sur la ligne n'a pas de limite de distance : reculez jusqu'à un plein coup de cocheur plutôt que de lober par-dessus l'eau.
  • Le dégagement latéral, réservé aux zones rouges, se mesure depuis le point où la balle a traversé la limite en dernier lieu, parfois du côté du vert.
  • Piquets à sommet vert : zone de jeu interdit, souvent un milieu humide protégé. Le dégagement y est obligatoire, et on n'y entre pas chercher sa balle.

Postez-vous un samedi matin au bord d’un étang et vous verrez toujours la même scène. Une balle fait plouf, le golfeur marche jusqu’à la rive, laisse tomber une balle à deux longueurs de bâton de l’eau et joue un demi-coup dont il n’avait aucune envie. Il existait presque toujours un meilleur choix.

Les Règles de golf offrent jusqu’à quatre façons de sortir d’une zone de pénalité, et la plupart des golfeurs n’en utilisent qu’une. La Règle 17 prévoit les trois autres pour les situations où le dégagement évident est le mauvais, et bien les choisir sauve plus de coups qu’un mois d’exercices de coups roulés.

D’abord, votre balle est-elle vraiment dans la zone de pénalité ?

Une balle est dans une zone de pénalité lorsqu’une partie de la balle touche le sol ou quoi que ce soit à l’intérieur de la limite, ou se trouve au-dessus. Une balle posée sur la ligne est dedans. Quand seuls des piquets définissent la limite, elle passe entre leurs points extérieurs au niveau du sol ; une ligne peinte fait elle-même partie de la zone.

Le second fait compte davantage. Pour vous dégager sans avoir retrouvé votre balle, il doit être établi ou pratiquement certain qu’elle est dans la zone de pénalité. Voir l’éclaboussure, ça compte. Penser qu’elle a sans doute roulé dans l’herbe longue près du ruisseau, non : sans cette quasi-certitude, la balle est perdue, et c’est coup et distance. Dans le doute, une balle provisoire est permise, et souvent avisée.

Rouge ou jaune ? Le rouge donne droit à toutes les options, le jaune à toutes sauf le dégagement latéral. Une zone de pénalité non marquée est traitée comme rouge.

Option un : jouer la balle comme elle repose, sans pénalité

C’est l’option qu’oublient ceux qui ont appris le jeu avant 2019. Aujourd’hui, une balle dans une zone de pénalité se joue selon les mêmes règles que dans la zone générale. Vous pouvez poser votre bâton au sol derrière la balle, faire des élans d’essai qui effleurent l’herbe ou l’eau, et enlever des détritus comme les feuilles, les brindilles et les cocottes. Rien de tout cela ne coûte un coup.

Une balle bien assise dans l’herbe sèche à l’intérieur des piquets rouges, sur le gravier d’un ruisseau à sec ou dans un peu d’eau en bordure, le haut de la balle visible, peut souvent être renvoyée dans l’allée sans pénalité.

Le test : pouvez-vous frapper la balle franchement, vers une sortie qui vous place mieux qu’un dégagement ? Si oui, jouez-la. Sous l’eau, collée à une roche ou enfouie dans les quenouilles, c’est un pari, pas un coup de golf.

Option deux : coup et distance, celle qui a l’air d’une capitulation

Moyennant un coup de pénalité, vous pouvez toujours rejouer de l’endroit du coup précédent. On y voit le pire choix parce qu’il sacrifie la distance ; sur certains trous, c’est le meilleur. Le cas classique : une normale 3 au-dessus de l’eau. Votre coup de départ est court et tombe dans l’étang. Le point d’entrée se trouve devant le tertre de départ ; le recul sur la ligne vous envoie derrière le tertre ou dans une pente, et le dégagement latéral vous met sur la rive, face au même survol. Revenir au départ vous redonne le coup que vous venez de jouer, à la même distance, et vous pouvez de nouveau placer la balle sur un té.

Même logique pour une approche jouée de l’allée qui trouve le lac. Frappée d’une position à plat à 140 verges, elle vous laisse, en revenant au même endroit, un coup de 140 verges à plat. Avancez jusqu’à l’eau et vous pourriez hériter d’une approche délicate de 60 verges par-dessus la limite, en pente descendante.

Option trois : le dégagement par recul sur la ligne, aussi loin que vous voulez

C’est l’option la plus sous-utilisée. Trouvez le point où votre balle a traversé en dernier lieu la limite de la zone de pénalité. Tracez une ligne imaginaire du trou à ce point et prolongez-la : vous pouvez reculer sur cette ligne autant que vous le voulez.

Depuis 2023, la procédure est simple : laissez tomber la balle, de la hauteur du genou, sur la ligne elle-même. L’endroit où elle touche le sol devient le centre d’une zone de dégagement d’une longueur de bâton dans toutes les directions ; la balle doit s’y immobiliser, pas plus près du trou que le point où la balle originale a traversé la limite.

C’est dans « autant que vous le voulez » que se cachent les coups sauvés. Votre balle est entrée dans un ruisseau à 45 verges du vert. Un dégagement au bord de l’eau vous laisse une approche lobée de 45 verges par-dessus le ruisseau. Reculez de 50 verges sur la ligne et vous avez un plein coup de cocheur à 95 verges, avec un élan normal, le ruisseau hors du jeu.

Option quatre : le dégagement latéral, mesuré depuis le bon endroit

Pour les zones de pénalité rouges seulement, vous pouvez laisser tomber une balle à deux longueurs de bâton du point où la balle a traversé la limite en dernier lieu, pas plus près du trou, à l’extérieur de la zone. Beaucoup de golfeurs la mesurent depuis le mauvais endroit.

Le point de référence, c’est l’endroit où la balle a traversé la limite, pas celui où elle s’est immobilisée ni celui où vous vous tenez. Pour une balle qui se courbe vers un lac le long d’une allée, il peut se trouver 30 ou 40 verges derrière l’éclaboussure.

Ce point joue aussi en votre faveur. Votre approche franchit un ruisseau devant le vert, touche la rive opposée et redescend dans l’eau. Elle a traversé la limite en dernier lieu du côté du vert : c’est de là que se mesure le dégagement latéral. Vous laissez tomber la balle du côté du vert et jouez une courte approche.

Le dégagement du côté opposé, de l’autre côté de l’eau à la même distance du trou, n’est pas une option de base. Il n’existe que si le comité adopte la règle locale type B-2 : vérifiez la carte de pointage avant d’y compter.

Aires d’allégement, zones de jeu interdit et une option rare

Une aire d’allégement, où l’on laisse tomber la balle, est un choix supplémentaire offert par le comité, pas une obligation, sauf si la règle locale en fait le seul dégagement permis. Si elle vous laisse un coup plus difficile que coup et distance, vous pouvez généralement choisir coup et distance.

Certaines zones de pénalité contiennent une zone de jeu interdit, souvent un milieu humide fragile signalé par des piquets à sommet vert. Là, le dégagement est obligatoire, même si la balle semble jouable.

Si vous jouez depuis une zone de pénalité et que la balle finit dans la même zone, hors limites ou perdue, la Règle 17.2 ajoute une option : moyennant un coup de pénalité de plus, retournez à l’endroit de votre dernier coup joué de l’extérieur de la zone.

Impossible, en revanche, de déclarer une balle injouable dans une zone de pénalité, ou d’obtenir un dégagement gratuit pour un terrain en réparation, de l’eau fortuite ou une balle enfouie. Seule exception : le danger impliquant un animal, dont on reparle plus bas.

Où les golfeurs québécois croisent les zones de pénalité

Au Québec, la zone de pénalité est le plus souvent un étang, un fossé ou un ruisseau, et sa limite n’est pas toujours peinte. Édouard Rivard, arbitre à Golf Québec et à Golf Canada et formateur en règles, l’explique dans ses chroniques : quand il n’y a pas de ligne au sol, on considère que la balle est dans la zone de pénalité lorsqu’elle repose dans l’herbe haute qui borde habituellement nos fossés, lacs et rivières. C’est aussi dans cette herbe que les balles disparaissent sans qu’on les ait vues entrer dans l’eau : ici, la quasi-certitude compte plus que la couleur des piquets.

Au Club de golf de Cowansville, dans les Cantons-de-l’Est, le trou 14 est une normale 3 de 164 verges où, selon le club, le coup de départ passe entièrement au-dessus de l’eau vers un vert en île. Au 15, une normale 5 de 527 verges, le vert est cerné d’eau de part et d’autre. Sur un trou comme le 14, comparez le retour au départ, balle sur un té, avec l’aire d’allégement si la carte de pointage en prévoit une.

Viennent ensuite les milieux humides, protégés depuis 2017 par la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, fondée sur le principe d’aucune perte nette. Les golfs n’y échappent pas : en août 2025, le ministère de l’Environnement a transmis un avis de non-conformité pour des travaux faits sans autorisation dans un milieu humide sur un terrain de golf privé à Austin, près du lac Memphrémagog. D’où les zones de jeu interdit autour des marais. Certains clubs l’écrivent dans leurs règlements : au Club de Golf Canton, à Warwick, on demande d’éviter de traverser et de jouer sur les espaces humides, encordés ou signalés par des fanions. Du vert au sommet des piquets : n’y entrez pas, même pour chercher votre balle.

Côté animaux, le danger impliquant un animal, un ours ou des abeilles par exemple, est la seule situation où l’on peut se dégager depuis une zone de pénalité : sans pénalité dans la zone, ou avec la pénalité habituelle à l’extérieur. Pas d’alligators ici, et, rappelle le même arbitre, les couleuvres et les mulots ne sont pas des animaux dangereux.

Enfin, la fin de saison change la donne. Les feuilles tombent dans les ruisseaux et sur les rives : ce sont des détritus, que vous pouvez enlever même à l’intérieur des piquets rouges, sans déplacer la balle. Mais une balle disparue sous les feuilles au bord d’un étang n’est pas forcément dans l’eau : annoncez plus vite une provisoire. Pour les tournois de club d’automne, lisez les règles locales affichées au premier départ.

À retenir pour votre prochaine partie

Avant de partir, repérez sur la carte de pointage les zones de pénalité, les aires d’allégement et les zones de jeu interdit. Quand une balle trouve l’eau, trouvez le point de référence et demandez-vous quel coup chacune des quatre options vous laisse. Le dégagement ordinaire gagnera souvent ; les autres jours, vous reculerez de 50 verges pour un plein coup de cocheur pendant que vos partenaires se battent avec la vase.

Pour les autres règles qui piègent les golfeurs du samedi, lisez huit règles de golf que presque tout le monde applique de travers. Pour tenir la balle loin de l’eau dès le départ, voyez comment sauver des coups sans changer votre élan et comment lire la carte d’un parcours au Québec. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les clubs mentionnés dans cet article.

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