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Technique

Piquets bleus, écrans de voiturette et indice de pente : lire un parcours au Québec

Une carte de parcours ne corrige pas l'élan : elle empêche de viser le seul endroit du trou où un bon coup coûte cher. Mesuré depuis où, jusqu'où, à quelle échelle ; atteindre ou franchir une fosse de sable ; planifier le trou à reculons depuis le vert. Et au Québec, lire aussi les piquets de couleur, l'évaluation de parcours et l'indice de pente de la carte de pointage, puis corriger pour le relief de Charlevoix ou des Laurentides.

La rédaction Panxis Golf, desk Québec (Étienne Tremblay) · · 9 min
Parcours de golf vu d'en haut, greens, bunkers et plans d'eau entre les arbres
Photo lil artsy / Pexels

En bref

  • Avant de croire un chiffre : mesuré depuis quel tertre, et jusqu'au centre ou à l'avant du vert ? La carte de pointage le précise en petits caractères.
  • Pour une fosse de sable, le chiffre pour l'atteindre et celui pour la franchir peuvent différer de 20 à 25 verges. Planifiez chaque trou à reculons, depuis votre distance d'approche préférée.
  • Code répandu, notamment au Club de golf Port-Alfred : piquets bleus à 200 verges, blancs à 150, rouges à 100, au centre du vert. Il varie : vérifiez au comptoir.
  • L'indice de pente va de 55 à 155, 113 étant la moyenne. Sur les parcours vallonnés, comme Le Manoir Richelieu ou Le Géant, corrigez vous-même pour le dénivelé : la fonction pente du télémètre est interdite.

La plupart des golfeurs regardent le plan d’un parcours comme la carte du métro dans une ville étrangère : juste assez longtemps pour trouver la prochaine station. Le croquis au dos de la carte de pointage, le panneau au tertre de départ, l’écran de la voiturette, le livret de parcours vendu à la boutique du club en disent pourtant plus qu’un dessin du trou. Bien lus, ils vous indiquent de quel côté le trou veut que vous ratiez, ce qui vaut plus, pour un golfeur qui joue dans les 90, qu’un mois de champ de pratique.

Ce que la carte d’un parcours vous dit vraiment

Quatre sortes de cartes se croisent sur un parcours, et elles ne disent pas la même chose. Le croquis de la carte de pointage est une esquisse : la forme du trou, les principaux obstacles, quelques chiffres, rarement à l’échelle. Le livret de parcours, lui, est dessiné à l’échelle à partir d’un relevé, avec les distances pour atteindre ou franchir les fosses de sable et l’eau. L’écran GPS, sur la voiturette ou dans une appli, s’appuie sur une image satellite et mesure depuis l’endroit où vous êtes.

Avant de croire un chiffre, posez deux questions. Mesuré depuis où ? Les panneaux comptent depuis un repère fixe sur le tertre, et les marqueurs de départ ont peut-être bougé de dix verges ce matin. Mesuré jusqu’où ? La plupart des parcours mesurent jusqu’au centre du vert, certains jusqu’à l’avant. La carte de pointage le précise en petits caractères, et c’est la ligne la plus coûteuse à sauter.

Trouvez ensuite l’échelle. Une allée qui paraît généreuse sur le croquis peut ne mesurer que 30 verges de large là où tombe votre coup de départ. Sur un livret, mesurez une distance connue avec votre pouce : vous avez une règle pour tout le trou.

Cinq choses à repérer sur chaque trou avant de frapper

  • Votre zone d’atterrissage. Prenez votre portée réelle avec le bâton prévu, pas votre meilleur coup de l’année. Qu’y a-t-il à cette distance : l’allée, une fosse de sable, une zone de pénalité, un coude que vous allez traverser ?
  • La largeur à cette distance. L’allée peut mesurer 45 verges de large à 200 et 25 verges à 250. C’est souvent le meilleur argument pour un bâton plus court au départ.
  • Les lignes qui coûtent des coups. Les piquets blancs marquent le hors limites : coup et distance. Les rouges et les jaunes marquent les zones de pénalité, où l’on se dégage avec un coup de pénalité. Hors limites serré d’un côté, zone de pénalité de l’autre : la carte vient de vous dire de quel côté jouer.
  • La profondeur et la forme du vert. Un vert de 35 verges de profondeur fait deux ou trois bâtons d’écart selon le drapeau. Un vert en haricot avec une fosse de sable dans le creux, ce sont deux petites cibles.
  • Le mauvais côté. Rater du côté sans fosse de sable, avec de la surface pour travailler, c’est un boguey au pire. Rater de l’autre côté, c’est ainsi que naissent les doubles bogueys.

Lire les chiffres : atteindre, franchir, avant, arrière

Un bon livret donne deux chiffres par obstacle, et les confondre est la façon la plus courante de trouver la fosse de sable qu’on voulait survoler. Le chiffre pour l’atteindre, c’est la distance jusqu’à son bord avant ; pour la franchir, jusqu’à son bord arrière. L’écart peut atteindre 20 ou 25 verges. Un coup de départ de 220 verges vers une fosse de sable à 205 pour l’atteindre et 228 pour la franchir finit dedans.

Les verts fonctionnent de la même façon. Un trou de 152 verges au centre peut en faire 138 à l’avant et 166 à l’arrière. Un drapeau à l’avant rend le chiffre du centre trop long d’un bâton, un drapeau à l’arrière trop court d’un bâton. Beaucoup de parcours indiquent la position des drapeaux du jour ou utilisent des drapeaux de couleur : demandez au comptoir.

Le dénivelé est ce qu’une carte montre le plus mal. Quand un coup monte nettement, prenez plus de bâton que le chiffre ne l’indique.

Planifier le trou à reculons, depuis le vert

L’habitude qui transforme une carte en coups sauvés : décidez d’où vous voulez jouer votre approche, puis remontez jusqu’au tertre de départ.

Prenez une normale 4 de 390 verges. La carte montre une fosse de sable d’allée à gauche, à 230 verges pour l’atteindre et 255 pour la franchir, et une zone de pénalité le long de la droite, de 235 à 280 verges. Le vert fait 30 verges de profondeur, avec une fosse de sable court à gauche. Le bois 1 semble le bâton naturel. C’est aussi celui qui met les deux obstacles en jeu.

Remontez le trou. Votre approche pleine la plus fiable est un fer 9, à environ 135 verges. Pour la jouer, le coup de départ doit parcourir 255 verges, exactement là où les deux obstacles resserrent l’allée. Un hybride à 200 verges laisse 190 verges, une longue approche, mais depuis la partie la plus large de l’allée. Un bois 3 à 225 verges laisse 165 verges au fer 6, en deçà de la fosse de sable et de la zone de pénalité. La carte a transformé un bois 1 plein d’espoir en choix entre deux bâtons raisonnables, et vous dit de viser la moitié droite du vert, loin de la fosse de sable court à gauche.

Annoter sa carte, dans le respect des Règles

Si vous jouez souvent le même parcours, imprimez les croquis des trous et annotez-les : votre portée au bois 1, au bois 3 et à l’hybride, les endroits où un coup raté coûte un coup, votre distance d’approche préférée sur chaque normale 4 et normale 5.

Les Règles de golf, appliquées au Canada par Golf Canada, permettent tout cela. Les notes manuscrites sont permises, tant que vous ne reproduisez pas une carte détaillée des pentes du vert. Depuis le 1er janvier 2019, l’USGA et le R&A limitent les images des verts utilisées pendant une partie à une échelle de 3/8 de pouce pour 5 verges (1:480) ou plus petite ; les guides de parcours traditionnels, qui montrent le contour du vert et ses pentes générales, restent permis. Un télémètre ou un GPS est autorisé, sauf si le comité a adopté la règle locale type G-5 qui les interdit, mais la fonction qui mesure le dénivelé doit être désactivée. Une première infraction entraîne la pénalité générale ; une deuxième pendant la même partie, la disqualification.

Les erreurs courantes

  • Prendre le chiffre du centre pour celui du drapeau. Il coûte un bâton sur chaque drapeau à l’avant ou à l’arrière.
  • Lire le mauvais tertre. Les croquis donnent souvent la distance depuis les tertres arrière. Si vous jouez ceux du milieu, soustrayez avant de planifier.
  • Planifier pour son meilleur coup. Utilisez la portée obtenue sept fois sur dix. La carte est là pour protéger les trois autres.

Où trouver les bons repères sur un parcours québécois

Commencez par les piquets dans l’allée. Un code répandu : bleu à 200 verges, blanc à 150 et rouge à 100, jusqu’au centre du vert. C’est celui du Club de golf Port-Alfred, qui utilise aussi la couleur des drapeaux pour situer la coupe : bleu à l’arrière du vert, blanc au centre, rouge à l’avant. Aucun de ces codes n’est universel, et sur certains parcours des têtes d’arrosage portent aussi une distance. Vérifiez la carte de pointage ou demandez au comptoir avant le premier départ : centre ou avant du vert ?

La carte de pointage est elle-même une carte. Son dos, sous les règles locales, précise le hors limites, les zones de dégagement et les consignes de circulation des voiturettes. Son recto donne, pour chaque jeu de tertres, deux chiffres établis par Golf Québec selon le système d’évaluation de parcours et Slope de Golf Canada : l’évaluation de parcours et l’indice de pente, souvent imprimés sous les mentions « Évaluation » et « Slope ». L’indice de pente va de 55 à 155, et 113 correspond à un parcours de difficulté moyenne. La topographie, les fosses de sable, l’eau et la hauteur de l’herbe longue font partie des éléments évalués : un indice élevé depuis vos tertres annonce un parcours qui punit les coups ratés, où le plan à reculons compte davantage.

Les écrans de voiturette existent au Québec, sans être la norme. À Lac-Beauport, le Golf du Mont Tourbillon propose des voiturettes munies d’un écran pour se repérer sur le parcours. Demandez-vous s’il connaît le drapeau du jour ou seulement le milieu du vert. À défaut d’écran, l’appli gratuite de Golf Canada affiche des distances GPS trou par trou pour plus de 1 500 parcours canadiens, avec l’avant, le milieu et l’arrière du vert.

Reste le relief, le vrai piège de la carte au Québec. Au Club de golf Fairmont Le Manoir Richelieu, à La Malbaie, les 27 trous sont sculptés dans un flanc de colline qui surplombe le fleuve Saint-Laurent. À Tremblant, Le Géant, dessiné par Thomas McBroom, aligne des départs à flanc de montagne et des allées vallonnées. Sur ces terrains de Charlevoix et des Laurentides, un croquis plat ment : un coup de départ vers le bas roule bien au-delà du chiffre, une approche vers un vert surélevé demande un bâton de plus. Et comme la fonction de dénivelé du télémètre doit rester éteinte, la correction vous revient.

Là où il existe, le livret de parcours se vend à la boutique du club. Sur un parcours qui n’offre qu’un panneau au départ, comptez vos pas depuis le piquet le plus proche et trouvez le mauvais côté du vert.

Une routine de trente secondes à chaque départ

  • Vérifiez votre tertre et si les chiffres vont au centre ou à l’avant du vert.
  • Trouvez votre portée réelle sur la carte, ce qui s’y trouve et la largeur du trou.
  • Repérez le hors limites et les zones de pénalité, et choisissez le côté à privilégier.
  • Choisissez votre distance d’approche idéale et le bâton de départ qui la laisse.
  • Notez le mauvais côté du vert, et corrigez pour la pente si le trou monte ou descend.

Cinq questions, trente secondes, dix-huit trous. Pour aller plus loin, lisez comment sauver des coups sans changer votre élan, et si vous hésitez sur l’appareil qui vous donnera les chiffres, télémètre ou GPS : lequel fait baisser vos pointages. Pour choisir les tertres d’où planifier, voyez quels tertres de départ vous devriez vraiment jouer. Panxis Golf n’a aucune relation commerciale avec les parcours et applis mentionnés dans cet article.

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